Stage de Mortiers lourds après un cours repos à Ifrane
Octobre 1955 : Stage divisionnaire de mortiers lourds (4 pouces 2) à Meknès et El Hajeb. Sur ce cliché, l'une des quatre pièces de la section du 6e RTM. Notre pièce avait la particularité d'être commandé par un sous-officier "Pied-noir", réserviste. Nous avons remporté la coupe divisionnaire de la meilleure pièce, grâce à son expérience et à son aptitude au commandement stricte et sans défaut.
L'instruction théorique était assurée par les soins d'un chef d'escadron d'un régiment d'artillerie stationné à El Hajeb.
La section "mortiers lourds" ainsi formée, rejoindra le sud marocain (Azilal, Ouarzazate, Bou Azzer) et le RIF (Aknoul) pour une campagne de quelques mois. Elle sera dissoute au changement d'appellation du 6e RTM en 1er Zouaves ( mai 1956), quelques semaines après l'Indépendance du Maroc. Les Tirailleurs marocains seront versés en France pour les volontaire et les autres dans l' Armée Royale Marocaine. Quant aux Européens ils poursuivront d'autres missions au Maroc dans diverses unités.
La queue sauve la tête
Le douar d'El Hajeb ne présentait aucun intérêt. Du temps du peloton d'élèves-gradés, peut-être aussi par manque de temps ou de disponibilité, aucun de nous n'y sommes descendus. Au stage de mortiers lourds, nous avions un peu plus de loisirs et avions décidé de faire le tour de ville, pour voir... Prendre la route eut été trop long, nous avons opté pour un raccourci par la descente la plus rapide et non moins la plus pratique dans ce dédale de rochers et de caillasses qui roulaient sous nos pieds. L'entrée des remparts à peine franchie, nous empruntâmes une ruelle pentue au sol pavé. Mon camarade et moi avions été distancés du peloton de tête, néanmoins nous avions envisagé de rattraper le retard en forçant l'allure et en martelant le sol de nos souliers cloutés.
Soudain, derrière nous, un bruit de boule de pétanque qui roule en sautillant sur le pavé. Mon camarade me projette sans ménagement dans le renfoncement d'une maison en saillie et se colle à moi. A l'instant même une explosion se fait entendre à quelques mètres en amont, perforant de ses éclats le mur opposé. D'un bond, en entente parfaite et sans concertation, nous voilà jambes à notre cou rattrapant le peloton de tête à qui cette grenade était destinée si nous n'avions pas par notre retard, gêné le lanceur dans sa décision. Jamais plus nous ne revîmes ce douar qui à l'époque sentaient la poudre comme Meknès. Merci à mon compagnon d'avoir été si brutal, je lui dois sans doute la vie.
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