Ouezzane
Eglise de Ouezzane
Bâtiments de la 3e Cie du 4e BI
Mess mixte
Pot d'accueil des nouveaux arrivants ( 22 décembre 1957)
Ouezzane vue de la caserne
Quelques sous-officiers
Sur la terrasse du mess
Moment de détente et de réflexion
A Ouezzane, les missions sont les mêmes qu'à Meknès, charges de sous-officiers de semaine, poste de garde, mais surtout un maintien en condition en privilégiant l'instruction des hommes et la spécialisation des cadres. Une routine s'installe sans fait majeur ne venant la troubler. Il est rare que nous nous éloignions des alentours du quartier, sauf pour des exercices de combat dans le relief montagneux.
Les liaisons routières sont fréquentes sur Souk el Arba du Rharb, en direction de Port Lyautey, pour le ravitaillement et le courrier officiel et privé. J'ai à cet effet un Renault 4X2 pour assurer mes missions qui durent en général la journée. Sans escorte, avec pour seule protection l'armement des occupants du véhicule, c'est-à-dire : le conducteur et moi-même. Aucun incident à déclarer, la population est calme et respectueuse des militaires malgré l'indépendance.
Les sorties en ville non recommandées, ne nous privaient pas, car le quartier européen était des plus réduits. Une seule et unique pénétration dans la Médina accrochée au flanc d'un raidillon, à l'entrée, à droite, se trouvait un petit débit tenu encore par un Pied-noir peu amène qui nous a découragés à récidiver. Le sergent Vilatte possesseur d'une Dauphine m'invita à aller au cinéma à Souk el Arba à la dernière séance. Retour vers les minuit, sans que nous ne fûmes inquiétés tant à la salle de projection que sur l'itinéraire : nous étions en civil.
Néanmoins on se pliait volontiers à la Tradition avec plus ou moins de bonheur, question d'affinité, ça agrémentait quelque peu nos dimanches midi et nous laissait les après-midi à rêvasser ou à écouter la radio sur son lit. Mais voilà, les couples s'emmerdaient passablement et s'invitaient au mess pour meubler le temps. Alors les invitations à déjeuner chez eux se raréfiaient.
Je maigrissais peu à peu sans être affecté par une cause apparente, jusqu'au jour où je découvris fortuitement que j'avais un ténia. Le toubib prit les choses sérieusement et m'administra un traitement de cheval qui l'a éradiqué irrémédiablement.
Un soldat de ma section quelque peu fragile et démoralisé, s'est tiré une balle dans le pied lors d'une garde de nuit. Isolé dans son poste et ne voyant pas de relève, il a sans doute paniqué, enfin c'est ce qu'il dit aux enquêteurs soupçonneux. Il écopa de quelques mois de prison pour mutilation volontaire et ne fut pas rapatrié pour autant.
L'occupation à une fin : Un jour, on convia tout le personnel à former un carré autour du mât des couleurs. Le commandant d'Armes dans un discours révérencieux, nous invita à nous souvenir et à témoigner de cet événement peu commun, l'amener des couleurs de la garnison. Ce fut une cérémonie empreinte d'une émotion forte, nous étions la dernière unité à occuper ce lieu durement acquis par les longues luttes de nos anciens. Chacun s'en est allé perdu dans ses pensées, une messe en ville fut célébrée dans cette magnifique église qu'il faut aussi abandonner. C'est le cœur gros que nous quittions cette cité définitivement.
Pot d'adieu à la garnison
Rengagement pour 1 an pour compter du 15 juin 1957
Avis d'affectation
Fiche de solde de novembre 1958
Documents relatifs à la prise en charge du déménagement de Médiouna à Ouezzane.
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