Mercredi 14 juin 2023 suite
Nous arrivons péniblement en fin de journée au départ de la vallée de Truso, réputée pour sa géologie originale et ses sources colorées chargées de sels minéraux créant de jolis travertins. Pour cela nous avons d'abord, depuis Roshka, rejoint Zhinvali pour reprendre du diesel, puis nous avons bifurqué vers le nord sur la Route Militaire, axe stratégique qui mène à l'unique poste frontière avec la Russie. Du fait de l'embargo des pays occidentaux envers la Russie depuis la guerre en Ukraine, il s'est créé une filière d'importation parallèle via certains pays dont la Géorgie. Des milliers de camions s'agglutinent donc sur cette route en attendant de pouvoir passer la frontière. Ils sont parqués par la police sur le bas-côté, mais quand celui-ci est en dévers, ils stationnent en fait sur la route elle-même, réduisant ainsi l'espace dédié à la circulation des voitures et des camions descendant vers le sud. Ceci combiné au manque de civisme des conducteurs Géorgiens et Russes, qui forcent le passage en double ou triple file crée des bouchons où nous allons restés bloqués plus d'une heure, juste avant la bifurcation vers Truso. Le tout sous une pluie battante et dans une vallée grandiose mais dont les sommets sont cachés par les nuages. Ça nous a fait tout bizarre de voir tous ces Russes en goguette, dans un sens ou dans l'autre, pour affaire ou sur la route des vacances?
Dernière épreuve en quittant la route militaire : les premiers km de piste vers la vallée de Truso sont complètement défoncés, ensuite ça va un peu mieux...
Bref, nous nous posons un peu après le village de Zemo Okrokana dès que cette vallée étroite nous en offre la possibilité...il va pleuvoir encore toute la nuit...
Jeudi 15 juin 2023
Grosse déception ce matin après qq km de piste : un glissement de terrain bloque la piste dans le canyon de Kasari : la marche arrière sur cette piste étroite, boueuse, glissante qui surplombe un torrent en crue n'est pas facile. Fred me guide en crocs sous la flotte et dans la bouillasse! Après un brin de toilette à la fontaine de Kvemo Okrokana, nous regagnons la piste militaire pour poursuivre vers le nord jusqu'à Stepantsminda (alias Kazbegi). Il ne pleut plus et ça roule un peu moins mal qu'hier. Quelle vie pour tous ces chauffeurs routiers bloqués dans la bouillasse pendant des jours! Ça me fait relativiser la déception de ne pas pouvoir accéder à cette vallée de Truso qui me semblait prometteuse...
J'ai repéré un point de vue sur les hauteurs à l'est de Kazbegi, où nous attendons patiemment qu'un rayon de soleil illumine la célèbre église de la Sainte Trinité, si photogénique devant le Mont Kazbek, volcan endormi d'un peu plus de 5000 m!
Puis nous montons jusqu'à l'église, par une nouvelle route goudronnée qui passe un peu au nord du village de Stepansminda (c'est fléché)
puis nous allons voir à quoi ressemble la vallée de Sno où j'ai envie de voir ces étranges sculptures de têtes de héros Géorgiens.
Un peu déçue par l'envers du décor... on a quand même payé nos 5 Gel!
Voilà des chèvres qui n'ont pas froid aux yeux!
Nous remontons la jolie vallée de Sno par une bonne piste jusqu'au village de Juta (où arrive le trek depuis Roshka). Le coin est joli mais très touristique et à peine arrivés, nous sommes sollicités de toutes parts pour nous garer ici ou là sur des parking payants. Bref, nous rebroussons chemin et redescendons plus bas pour pique niquer tranquillement au bord de la rivière. Pas convaincus par l'ambiance de ce coin de Géorgie, nous repartons vers le sud par cette pénible route militaire que nous quittons dès que possible en passant juste au sud de l'Ossétie du sud par une région assez coquette et très tranquille en direction de l'ouest. On va à la mer!
Nous rejoignons l'autoroute un peu à l'ouest de Gori mais celle-ci ne dure pas et nous avançons laborieusement sur une route en travaux. Les Chinois sont à la manoeuvre, pour faire une "vraie" autoroute dont les abords sont sécurisés afin de la protéger des glissements de terrain et autres chutes de pierre. L'encadrement est chinois et les ouvriers sont noirs (on n'en a quasiment pas vu ailleurs en Géorgie) La Nouvelle Route de la Soie est en Marche!
En attendant nous n'avons pas bien vite et préférons nous arrêter pour la nuit près du geyser de Dikhashkho, au sud de Kutaisi et du fleuve Rioni.
Encore une région assez coquette, où la vie semble plus douce qu'ailleurs : nous sommes dans la vallée orientée est-ouest bordée au N par le Grand Caucase et au sud par le Petit Caucase : températures douces en hiver, eau à profusion qui descend de toutes ces montagnes, relief quasiment plat : tout est plus facile et les gens sont d'ailleurs plus ouverts et presque souriants!
Juste avant d'arriver à la source chaude nous rattrapons 2 véhicules de voyage, siglés encore Overlando! Il y a déjà d'autres voitures près du geyser alors nous allons nous poser un peu en aval. Il y a plein de bois flotté : nous allumons un joli feu (facile même sans allume feu avec tous les déchets plastiques qui trainent...) et passons la soirée à planifier la suite du voyage : en fait nous verrons bien, comme toujours en fonction de la météo!