Tlemcen

Quêtes sur le Net :  Capitaine PETIT Jean-Hubert


 
 
 
 
A propos du pont sur les cascades, l'aspirant Point, chef de section à la 12e Cie rapporte :  "Les habitants de Tlemcen l'appellent " le pont Eiffel". Curiosité de l'histoire ! Il a été construit  sous les ordres de mon aïeul Ludovic Marnas, Ingénieurs de mines d'Alès et élève de Eiffel. IL avait 26 ans lorsqu'il est parti  à Alger pour obtenir la concession et les droits de construire la voie ferrée qui va de la frontière marocaine à Oran. "
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La route de Tlemcen à Marnia très souvent empruntée par le 1er bataillon du 7e RI pour se rendre dans les zones opérationnelles à proximité du Maroc, était le souci permanent des combattants qui craignaient l'embuscade facilitée grâce à de nombreux tunnels et de ponts dominés par des pitons aux reliefs saisissants. Certains  ponts étaient protégés par des postes de garde souvent solidaires de l'infrastructure comme le montre  cette photo de 2006 de JD. 


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Jean-pierre B…D…initialement affecté à Aïn Fezza raconte la suite de son aventure algérienne.

La route piègée :

« Après mon affectation d'Aïn Fezza, j'ai été détaché au PC bataillon à TLEMCEN (Axion Psycho du II/5e RI).

 J'ai été blessé au cours d'une ouverture de voie et j'ai perdu un camarade qui était à 6 jours de la quille...Pénible souvenir.  

« Ça n'était pas une embuscade à proprement parler. Je m'étais porté volontaire pour effectuer une ouverture de route aux proches environs de TLEMCEN car un de mes copains, radio et quillard à quelques jours près avait été désigné. Je conduisait la Jeep de tête,  un caporal-chef, chef de bord, était assis à ma gauche, le radio occupait la plage arrière avec les postes de radio fixés à la jeep, il s'était  équipé d'un "laryngophone" (le micro étant collé sur le larynx pour que les sons extérieurs ne perturbent pas la transmission).

Sur une ligne droite j'ai vu sur le macadam des traces plus sombres d'environ 35 cm de diamètre disposées en quinconce. Immédiatement j'ai pensé : MINES. J'ai donc freiné et me suis engagé sur le bas-côté, les roues gauches très près du fossé mais en fait c'était le piège ! Par la disposition des différentes " taches de goudron " factices, les rebelles avaient calculé que le seul passage était ...celui que j'ai pris. Là, il y avait un piège " mécanique " constitué d'une ressort à boudin, compressé lui même par un demi ressort à lame genre suspension de camion qui coinçait le tout en compression. La roue avant droite ayant roulé dessus, toute la suspension de mon véhicule a été virtuellement arrachée, sous l'effet de la déflagration la jeep est partie sur le flanc gauche. Mon copain le radio a été éjecté, mais le laryngo raccordé par son cable au poste radio l'a retenu et lui a arraché la gorge. Il est mort en quelques secondes à si peu de jours de sa libération. Le caporal-chef était indemne et retenait la jeep pour qu'elle ne bascule pas, car mon bras gauche était coincé au niveau de la poignée de la  carrosserie, mes pieds retenus dans le pédalier.  Sans lui, j'aurais été écrasé par la jeep. Nous avons été secourus par les éléments composant le  convoi pour lequel nous faisions l'ouverture de voie. Le coude cassé, j'ai été hospitalisé très peu de temps à l’Hôpital de TLEMCEN. Je n'ai pas voulu être rapatrié, pour ce fait, j'ai été traité de " fayot " par mes camarades. Mon comportement était, à l'époque, simplement dicté par l'envie de continuer, comme les autres. »

Photos confisquées :

Libéré de mes obligations Militaires en Février 1959, à la suite d'une fouille avant l'embarquement sur les quais d'ORAN par un capitaine du Matériel qui m' a saisi  les 500 photos que j'avais pu prendre, tant en opération qu'à titre de souvenir. J'ai pu en sauver quelques unes  mais le temps ne les pas épargnées. Elles avaient été, discrètement, tirées sur papier par un photographe de TLEMCEN. »






Half-track avec un affût quadruple de mitrailleuses 12,7 m/m utilisé fréquemment sur le barrage maroco-algérien. Là non plus, je ne sais plus quelle compagnie du 5e RI en était pourvu. Ce que je sais c'est que j'ai grillé quelques cartouches avec cet engin qui, à l'origine, était destiné à la défense anti-aérienne mais qui avaient été modifié pour tirer quasiment à l'horizontale. Je ne te dis pas le boucan et l’effrayante cadence de tir. Quand ça touche...ça fait mal. (JP.BD) 

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