L'histoire de l'école de Foissac se confond en grande partie avec celle de l'Instruction publique, qui progressivement va se libérer de l'emprise de l'église sur le système éducatif, pour devenir l'Education nationale . La rupture est consommée avec la loi de 1905 sur la séparation de l'église et de l'état. A Foissac les deux écoles vont cohabiter jusqu'en 1966.
Nous distinguerons donc deux grandes périodes: 1858-1966 et 1966-2000. Durant la première période, les deux écoles sont au centre des affrontements idéologiques que se livrent les partisans de l'école laïque et les partisans de l'école privée confessionnelle. En 1966, suite à la fermeture de l'école privée, l'école publique fait progressivement consensus. Son développement, voire sa survie, deviennent l'un des moteurs du développement économique et démographique de la commune.
L’examen des archives de la commune met en lumière la notion de « Maison d’école », le premier bail date de 1858, nous ne possédons pas de données antérieure à cette date.
De 1858 à 1926, la commune loue à des particuliers des maisons, utilisées comme bâtiment scolaire, avec salles de classe et logement des Instituteurs laïques ou confessionnels. La classe se fait dans une chambre, les locaux sont peu adaptés à l'enseignement et paraissent forts exigus au regard du nombre d'élèves.
Dans le cas de l’enseignement privé les locations s’établissent avec des congrégations religieuses. La commune finance donc, par le biais du versement d'un loyer, les infrastructures utilisées pa r l’enseignement confessionnel.
Les contrats de baux, de 1858 à 1873, stipulent le nom des propriétaires et décrivent la composition des logements, mais ne précisent pas leur emplacement. Ils permettent de mettre en évidence les conditions matérielles précaires dans lesquelles s'effectuait l'enseignement.
A ce jour, nous possédons peu d’informations sur l’école privée catholique. Les archives paroissiales font état du changement de la religieuse Directrice de « l’école libre » en 1928. Cette dernière exerçait depuis plus de trente ans, donc depuis 1898.
L’exploitation des photos, dont la plus ancienne date de 1898 permet de comptabiliser 29 filles à l’école privée. Cliquer sur la photo pour l'agrandir...
En 1931, l’école privée est uniquement réservée aux filles, elle possède 15 élèves. Faute d’effectifs suffisants (11 élèves), elle s’ouvre aux garçons en 1957 et disparaîtra en 1966.
En 1962, l’école privée compte 20 élèves (filles et garçons).
L’ouverture de l’école privée aux garçons ravive la « guerre scolaire » qui divise la population en deux camps : les « laïques » parfois anticléricaux et les adeptes de la religion catholique qui défendent leurs convictions en utilisant l’école. Le clivage existe aussi au sein des familles entre les partisans de la laïcité et les adeptes du communautarisme religieux.
Les conflits dépassent parfois le cadre scolaire pour entacher la vie communale
En 1870, les effectifs s'élèvent à 63 élèves. On raconte qu’à cette époque, la salle de classe était bien trop petite et les enfants devaient s’asseoir dans l’escalier qui conduit au premier étage pour assister aux cours. Les conditions matérielles étaient donc, pour le moins précaires. En 1870, Foissac compte plus de 700 habitants.
A cet effectif, il faut ajouter les filles inscrites à l’école privée dont nous ne connaissons pas, à ce jour, le nombre précis. Cependant, alors que la population foissacoise ne cesse de baisser, en 1898, l’école privée est dotée de 29 élèves. On peut donc émettre l’hypothèse que 30 ans plutôt les effectifs scolaires (public et privé) devaient être supérieurs à cent.
Cependant, il convient de contextualiser la différenciation entre école Publique et privée, en effet, d’après la loi Falloux de 1850, l’instituteur doit assurer les prières quotidiennes et faire apprendre le catéchisme. Il faut attendre 1881, pour que l’éducation religieuse soit supprimée dans l’enseignement public. En 1881, l’école devient gratuite, donc obligatoire.
En 1886, les religieux se voient interdits de travailler dans l’enseignement public
Les lois de 1904 suppriment l’enseignement confessionnel et en décembre 1905 est officialisée la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Le 23 août 1914, une carte postale envoyée par Apolonie Cavarroc à son mari Edmond atteste de la présence de l’école communale à cet emplacement.
D’après la photo de 1907, l’école publique des filles resterait au Bout du lieu, l’instituteur logeant au premier étage. Nous ne possédons pas la date précise à laquelle s’est effectué le transfert de l’école des filles dans la maison de Mme Chinchole.
En 1920, on peut affirmer avec certitude que l’école des garçons est regroupée avec l’école des filles dans la maison de Mme Chinchole. Voir Plan
Le loyer est de 400 F par an et les impôts sont à la charge de la commune. Consulter le document original
En effet, les locaux de l’école des garçons sont transformés en bureau de poste comme l'atteste le document ci-dessus.
Suite à cette décision, le jardin situé derrière l’église, utilisé par l’institutrice est attribué au nouveau facteur receveur. Consulter l'original
Le loyer payé par l’administration des postes à la commune s’élève à 350 F/an. Voir Etat des lieux du logement, Page 1, Page2
En 1924, une loi promulgue que les programmes des garçons et des filles soient identiques.
Comme le prouve la photo de classe de 1927, les effectifs pléthoriques de 1870 ont fortement baissé. En 1926, Foissac ne compte plus que 444 habitants soit une diminution de 256 habitants, près de 37% de la population a disparu ou a quitté la commune. L'hémorragie se poursuit, 392 habitants en 1936.
Deux raisons principales expliquent cette évolution :
Les premiers voyages scolaires sont organisés dans les années 50. L’occasion pour de nombreux enfants de sortir du village et de découvrir d’autres horizons, comme le Gouffre de Padirac (voir photo). La fête de la Saint Jean à Villefranche devient une destination privilégiée. Mais un exceptionnel voyage à Paris, voir la mythique Tour Eiffel marquera les esprits. Dans les années soixante les voyages de fin d’année s’orientent vers la méditerranée. De nombreux enfants découvrent, alors, la mer, un milieu qui leur était étranger.
L’école, qui avait divisé le village pendant une centaine d’années, va devenir un étendard propre à fédérer toutes les énergies. L’école s'affirme comme l’un des enjeux majeur du développement de la commune. Les stratégies de développement économique et démographiques sont définies en grande partie par la nécessité de préserver une école dans le village. La création des lotissements en 1971 s’inscrit dans cette dynamique..
Durant 25 ans, l’école unifiée se fait « oublier » sur le plan médiatique. Elle entre, cependant dans un lent processus d’érosion de ses effectifs, on passe de 38 élèves en 1968 à 20 élèves en 1987.
Comme par le passé, l’évolution de l’école de Foissac est fortement conditionnée par le contexte éducatif national. Les élèves vont progressivement sortir de la classe et multiplier les activités périscolaires. Les parents vont « entrer » dans l’école par la création du Conseil des parents d’élèves en 1973.
Les activités pédagogiques demandent de plus en plus des moyens financiers : intervenants, transports, visites, utilisation d’infrastructures coûteuses comme la piscine par exemple. Ainsi, le 28/01/1977 à l’initiative de l’association des parents d’élèves de l’école, la piscine de Capdenac est réservée aux enfants les derniers vendredis de chaque mois.
Sur le plan budgétaire, la commune va mobiliser des financements de plus en plus conséquents.
L’association des parents d’élèves, par le biais des activités comme la kermesse, le quine, etc. apporte une contribution non négligeable à l’animation scolaire.
La baisse des effectifs conduit la municipalité à réagir, il convient de redonner un nouveau souffle à l’école, c’est sa survie qui est en jeu…
Le nouveau conseil municipal élu en 1989 va développer des projets selon 3 axes :
Pour ce qui concerne l’école, suite à de nombreuses concertations, les communes de Foissac, et de Montsalès décident, un regroupement pédagogique.
Les objectifs et les modalités en sont clairement définis.
Les objectifs :
Les modalités :
La mise en œuvre de ce regroupement se fera par la création du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple: «Les Dolmens»
Il a pour objet :
Il est constitué pour une durée illimitée.
Son siège est à la Mairie de FOISSAC.
La contribution des communes associées aux défenses du Syndicat est déterminée au prorata :
Le syndicat emploi 4 personnes en contrats aidés, il gère 5 ramassages scolaires et les cantines de Foissac et Gaurels.