L’implantation de Foissac, sur un plateau argilo-calcaire, en bordure de la vallée du Lot, s’explique dans le courant du moyen âge par la présence d’un château situé sur un site dominateur.
Cependant, la présence humaine révélée dans la grotte en 1965 est bien plus ancienne, comme de prouvent les peintures rupestres et la statuette mise à jour récemment.
Les recherches archéologiques attestent donc, d’une vie sociale sur la commune de Foissac, il y a plus de quinze mille ans. Parmi, les nombreux facteurs qui expliquent cette présence humaine, l'eau est l'un des éléments le plus important.
Au Chalcolithique, le phénomène karstique a conditionné le développement d’une activité économique importante avec la fabrication des poteries. Les eaux de surface, par infiltration ou ruissellement, dissolvent le calcaire contenu dans les roches. Les argiles résiduelles se déposent et s’accumulent dans les cavités pour former de véritables gisements qui serviront de carrières. L'homme les exploitera pour réaliser ses poteries.
Non seulement l’eau nous est indispensable pour vivre et nous développer, mais elle possède en plus le privilège de nous émerveiller.
En 1965, suite à l'arrivée de l'eau au robinet, la Fontaine va connaître un lent mais inéluctable déclin qui la conduira à l’abandon. Son état de décrépitude aujourd’hui, n’est que le pâle reflet de ce haut lieu de convivialité, comme point de rencontre et de rendez-vous. De manière plus explicite, le lavoir était le domaine réservé des femmes.
L’acheminement du linge s’effectuait à l’aide d’une brouette en bois, dans laquelle, on disposait des corbeilles en osier pour contenir les tissus. La dimension des bacs permettait le lavage des draps des couvertures et autres objets volumineux. Le lavoir se composait de trois bacs alimentés par un courant continu d’eau. Le bac inférieur, le plus grand, était utilisé pour savonner le linge. Les deux bacs situés en amont servaient au rinçage. Ce dispositif simple et astucieux évitait toute pollution.
Une dizaine de lavandières pouvait intervenir de concert.
Les premiers témoignages, attestent la présence au XIIème siècle, d’un château situé au centre du village de Foissac. Cet édifice et l’habitat associé permettent d’émettre l’hypothèse de l’existence de puits sur le site pour assurer le besoin vital d’approvisionnement en eau.
Les puits sur la commune dessinent les contours de l’habitat au niveau du village et des différents hameaux, comme en témoigne cette vue aérienne.
En 1901, une délibération du Conseil Municipal stipule que Foissac connaît une pénurie d’eau pendant les mois de sécheresse. Le puits présent au centre du bourg fournit peu d’eau, il convient donc de procéder à des travaux d’agrandissement, de façon à augmenter ses performances et sa capacité de stockage. Le financement des travaux s’effectuera au moyen d’une souscription volontaire auprès des habitants de la commune.
L’extraction de l’eau s’effectuait à l’aide d’un seau métallique descendu au bout d’une corde, puis remonté à l’aide d’un treuil en bois doté de poignées.
Dans les années 1910, le puits « de sur la place » sera équipé d’une pompe manuelle rotative permettant le jaillissement de l’eau en surface. L’eau est utilisée pour les besoins domestiques essentiellement boisson, cuisine et toilette, l’essentiel du linge est lavé au lavoir de la fontaine. Les paysans du bourg transportent l’eau à seaux pour les animaux à l’étable. Les deux boulangers viennent s’approvisionner en eau pour la fabrication du pain.
Les citernes, destinées à récupérer les eaux de toitures, complètent le dispositif des puits. En stockant l’eau, elles répondent aux problèmes de sécheresse dans le cadre d’une utilisation domestique. A Foissac, elles se sont vraisemblablement développées à la fin du XIXème siècle
Ces petites réserves d’eau creusées souvent près des fermes étaient utilisées pour la boisson des animaux domestiques. Chaque ferme de la commune avait sa mare. Cependant, la mare du « Bout du lieu », située à l’entrée du bourg, devant l’église, occupait une place singulière. C’était un lieu de breuvage pour les troupeaux qui rentraient du pâturage. Les prestigieuses foires doivent en partie leur succès à la présence de cette mare, en effet, comment déplacer à pied des centaines d’animaux, sans les faire boire à leur arrivée sur le foirail ?
C’était un endroit très prisé pour les canards du bourg qui plongeaient à la recherche de nourriture et initiaient leur progéniture au plaisir de la nage. C’était l’hiver, une formidable patinoire pour les enfants et l’été une aire de jeu propice à la navigation de petits bateaux de bois confectionnés à partir de planches de palettes issues de la quincaillerie Muratet. C’était « l’océan » dans lequel, on précipitait sa Majesté Carnaval, le mardi gras, après l’avoir incinéré. C’était enfin un lieu de convivialité, les passants trouvaient toujours quelqu’un assis sur la margelle pour partager les nouvelles du pays et les soirs d’été venus, profiter d’un moment de fraîcheur au bord de l’eau.
Les infrastructures permettant la capture de l’eau, son stockage, sa distribution et son utilisation (Puits, citernes, résurgences, mares, etc.) ont permis à la population de Foissac de subsister pendant plusieurs siècles sur le plateau. Cependant, l’eau, en tant que produit rare sur le causse, a toujours constitué une problématique majeure. Les nombreux puits creusés manuellement, le plus souvent dans la roche, témoignent de cet investissement humain.
Au début du XXème siècle, l’évolution de la société englobante et le progrès technique ouvrent un champ des possibles jusque là inespéré.
La délibération du conseil municipal, du 8 septembre 1936, affirme cette volonté et marque le début d’une ère nouvelle où l’eau ne serait plus une contrainte, mais un atout pour vivre mieux.
La deuxième guerre mondiale va donner un coup d’arrêt à cet essor. Il faudra attendre 1965, soit près de 30 ans, pour que le rêve devienne, enfin, réalité!