Les communes les plus chères de France : géographie des espaces gentrifiés
En France, la capitalisation immobilière a conduit à une élévation des prix inégale selon les territoires. Dans certains d’entre eux, les prix d’acquisition ont atteint des niveaux très élevés, conduisant à un processus de gentrification, c’est-à-dire une saturation du parc immobilier par les populations les plus riches. Si le cas de Paris est connu, la gentrification est un phénomène plus large qui concerne également d’autres territoires
Pour en rendre compte, il est possible de cartographier les communes dans lesquelles le prix médian des maisons est le plus élevé (voir les cartes) : 2873 communes ont un prix médian supérieur à 3000 €/m² pour les maisons et 1519 communes pour les appartements. Parmi elles, 424 communes dépassent 5000€/m² pour les maisons et 233 les 6000 €/m² (les effectifs respectifs étant de 231 et 88 de pour les appartements).
En France, les communes où la gentrification du parc de maisons est la plus forte sont :
- Saint-Jean-Cap-Ferrat : 25 158 €/m²
- Saint-Tropez : 19 812
- Ramatuelle : 17 642
- Neuilly-sur-Seine : 17 124
- Megève : 15 070
- Beaulieu-sur-Mer : 14 577
- Villefranche-sur-Mer : 13 907
- Boulogne-Billancourt : 13 506
- La Clusaz : 13 020
- Lège-Cap-Ferret :12 945
- Chamonix-Mont-Blanc :12 556
Dans ces communes, les catégories aux revenus modestes ou moyens sont susceptibles de rencontrer les plus grandes difficultés pour se loger et sont contraintes de chercher ailleurs.
Dans certains espaces, les zones de prix élevés atteignent des superficies importantes, ce qui entraîne des phénomènes d’éviction sociale hautement préjudiciables pour la cohésion sociale et la transition écologique (voir carte). C’est le cas :
- de l’agglomération parisienne
- de plusieurs métropoles régionales (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes, Aix-Marseille et Lille)
- de la Côte d’azur (en particulier autour de Saint-Tropez et de Monaco)
- des secteurs les plus attractifs de la Côte Atlantique (Saint-Malo, le Golfe du Morbihan, l’île de Ré/La Rochelle, le bassin d’Arcachon, la Côte basque)
- des départements savoyards (les vallées de l’Arve et de la Tarentaise, les périphéries de Genève) et du Sillon alpin.
Dans les zones les plus tendues, qu’il s’agisse des métropoles ou des régions au cadre de vie attractif, l’offre de logements sociaux n’est pas suffisante pour absorber les populations pauvres et intermédiaires marginalisées par la gentrification.
Ailleurs, de vastes ensembles régionaux sont épargnés par la gentrification (le Nord, le Nord-Est*, les marges du Bassin parisien, la diagonale du vide), hormis dans certains quartiers.
* : les données ne sont pas disponibles pour l’Alsace et la Moselle.