Qu’on les appelle matrones, bailles, accoucheuses ou sages-femmes, ce sont elles qui ont mis au monde les enfants du village et suivi les mères pendant la grossesse jusqu’au retour de couche (40 jours après l’accouchement).
Autrefois les seules connaissances médicales qu’elles avaient étaient leur propre expérience. Elles étaient élues par l’ensemble des honnêtes femmes de la paroisse. Elle devait ensuite prêter serment. On demandait à la sage-femme d’avoir une moralité exemplaire, qui passait donc par le mariage, mais aussi d’avoir été mère elle-même. Les accoucheuses à leur élection avaient en général entre 45 et 50 ans, mais il pouvait arriver qu’elles soient plus jeunes. Mais surtout elles devaient savoir ondoyer l’enfant en cas de nécessité car, sans baptême, il allait errer dans les limbes sans pouvoir rejoindre le paradis.
C’est ainsi que Marie Rateau a été élue le 19 avril 1713 à l’issue de la messe pour être la sage-femme du village. Marie Rateau est née vers 1667 (les registres étant lacunaires, on n’a pas la date précise), elle se marie le 20 novembre 1696 avec Jean Chiquet et aura 4 enfants. Elle devient veuve à 38 ans en mars 1705.
Une de ses filles, Jeanne Chiquet (1703-1766) épouse d’Etienne Lalevée, deviendra à son tour sage-femme au milieu du XVIIIè siècle. Puis la fille de Jeanne, Catherine Lalevée (1723-?) épouse de Jean Giffard, lui succédera à la fin du même siècle.
Jeanne Dumont (1762-1837) épouse de Jean Feuillard, une arrière petite-fille de Marie Rateau, va aussi exercer, au début du XIXè siècle, le même métier qu’elle transmettra à sa propre fille Madeleine Feuillard (vers 1794-1869). Madeleine Feuillard épouse Pierre Martinet, tailleur de pierres.
Françoise Martinet (1822- ?) épouse de Jean-Baptiste Martin exerce dans les années 1870. Elle est la fille de Pierre Martinet et Madeleine Feuillard.
Il y a donc eu 6 femmes de la même famille qui ont exercé le métier de sage-femme dans le village.