C’est au XVIIIè siècle que le réseau routier français va un peu s’étoffer et que les liaisons entre villes vont se développer. Les premiers progrès avaient été fait quand Sully fut nommé Grand Voyer de France en mai 1599 par Henri IV. Quant à la poste elle fut généralisée par Richelieu. Ainsi deux fois par semaine elle partait de Paris pour relier les grandes villes.
Au XVIIIème siècle, le village est traversé par la route de la Poste à Chevaux pour aller de Paris à Dijon. La route est appelée d’abord « Route Blanche » (elle conduisait vers les neiges du Jura), ensuite « Route Impériale n° 5 » en 1824, puis « Nationale 5 », avant de devenir la Départementale 905 en 1978. Il était aussi traversé par la route qui rejoignait Auxerre en passant par Noyers.
En 1615 c’est la création de la 1ère route de poste à chevaux allant de Paris à Chalon-sur-Saône en passant par Dijon. Cette route passe par Montbard et Val-Suzon. Elle sera prolongée jusqu’à Lyon en 1624.
Une nouvelle route pour aller de Paris à Lyon passant par Rouvray et Vitteaux est créée en 1742, la route passant par Montbard est alors supprimée.
Une route passant par Tonnerre, Montbard, Vitteaux est de nouveau créée en 1770.
Le trajet de Paris à Dijon faisait 80 lieues (une lieue = 4,18 km). Il fallait 8 jours en hiver et 7 jours en été pour faire ce trajet, en diligence vers 1692, pour un tarif de 24 livres tournoi par personne (18,30 euros) sans compter les frais d’auberge. Le trajet ne se faisait que deux fois par semaine dans chaque sens.
Les voyages duraient donc plusieurs jours donc il fallait se nourrir, dormir mais aussi trouver des chevaux frais. Il y avait un relais de Poste dans le village, le dernier de l’Yonne. Le suivant était à Montbard.
Le relais de Poste d’Aisy se situait à l’angle de la rue des Bergeries (impasse) et de la rue des Creuses (Jean Strougar). Il pouvait accueillir plus de 100 chevaux. Il a fonctionné dès le début en 1615.
Maître de poste est une charge créée sous l’Ancien Régime. Cette charge restait dans la même famille, se transmettant de génération en génération comme ce fut le cas à Aisy.
Pour exercer cette profession il fallait être titulaire d’un brevet de Maître de Poste obtenu auprès du Surintendant Général des Postes au XVIIIè siècle et auprès du Directeur Général des Postes au siècle suivant . Ce brevet était acheté et il donnait des avantages à son possesseur dont celui de ne pas payer la taille (impôts) comme la noblesse et le clergé ou de ne pas pouvoir être tiré au sort pour le service militaire.
Le 20 mai 1799, la loi fait obligation est faite au maître de poste de résider dans son relais et à partir du 17 octobre 1803 le maître de poste doit de porter un uniforme de drap bleu brodé d’or ou d’argent selon son grade. Ce métier va disparaître en 1873.
Les maîtres de Poste d’Aisy :
- LEGRAND Jean, né vers 1610 à Aisy, il exerce cette fonction jusqu’à son décès en 1688
- LEGRAND Claude, né le 19 février 1644 à Aisy
- PARIS Louis, né vers 1673 à Aisy, gendre de Claude Legrand
- LOUET Jacques, né en 1686 à Aisy, gendre de Claude Legrand, il est en fonction dans les années 1720 et suivantes
- PARIS Thomas Charles, né en 1719 à Aisy, gendre de Jacques Louet
- PARIS Charles Antoine, né en 1712 à Aisy. Fils de Louis ci-dessus
- PARIS Pierre Joseph François, né en 1755 à Aisy, fils de Thomas Charles ci-dessus
- PARIS Pierre, né vers 1798 à Aisy . Il est le régisseur du relais de Poste en 1836.
- LIGERET Hippolyte, né en 1815 à Millery (Chevigny). Après avoir quitté Aisy il part à Paris où il est employé.
Hippolyte Ligeret tient le relais de Poste à partir de 1838. Le relais est alors à la place de l’Hôtel Forestier.
Six personnes du village sont cochers ou postillons dans la première moitié du XIXème siècle.
Le relais de Poste a cessé de fonctionner en 1865. On peut y voir une conséquence de l’essor du Chemin de Fer qui raccourcissait considérablement les temps de transport et en améliorait le confort.
Le dernier relais de la Poste à Chevaux devenu l’Hôtel de Bourgogne.