La forge d’Aisy daterait de la fin du XVIème siècle. Elle est mentionnée dans des actes d’amodiations (autorisation d’exploitation contre le versement d’une rente) dont la plus ancienne date de 1620.
Avant d’installer sa forge à Buffon, Georges Louis Leclerc, comte de Buffon, va procéder à des expériences aux forges d’Aisy, avec le maître de forge Rigoley, dans les années 1750-1760, pour transformer le fer obtenu en fil de fer. Il dénigrera le fer fabriqué à Aisy, le qualifiant de beaucoup moins résistant.
En 1789 des querelles opposeront les maîtres de forge d’Aisy et de Buffon concernant l’extraction du minerai de fer à Etivey. Buffon reproche aux régisseurs de la forge d’Aisy de ne pas utiliser le minerai se trouvant sur la commune d’Asnière-en Montagne qui appartient au comte de La Guiche, aussi propriétaire de la forge d’Aisy. Cela laisserait à Buffon le loisir d’utiliser davantage le minerai d’Etivey.
Le 07 janvier 1834, par ordonnance, la famille de La Guiche, propriétaire de la forge d’Aisy est autorisée à installer un feu de forge et un marteau dans la halle où se trouvent déjà les deux feux existants, ainsi qu’une fenderie et un martinet dans la cage du moulin de Saint-Pourçain. Elle sera donc alors composée de deux feux de forge et deux hauts-fourneaux qui en font une des plus importante de Bourgogne.
Au premier juillet 1834 un nouveau bail est signé pour un loyer de 62 500 francs.
En 1836, la forge d’Aisy produisait en une journée de six heures de travail 8 loupes de fonte ou renards de 35 à 70 livres, mesurant de 15 à 22 pouces de longueur et de 4 à 5 pouces de largeur.
Le 04 juillet 1843, par acte notarié, la famille de La Guiche donne en bail la forge à la société Landel et Compagnie pour une durée de douze ans moyennant le loyer annuel de 75 000 francs plus 500 francs pour diverses charges. James Landel (1802-1890) était maître de forge à Sainte-Colombe-sur-Seine. La famille de La Guiche va rester propriétaire de la forge jusqu’en 1865.
L’activité de la forge va décliner peu à peu et son fonctionnement s’arrêtera définitivement au XIXè siècle. Par contre il est impossible que cela soit en 1851 comme on le lit partout. En effet il y avait toujours un maître de forge en 1862. Il s’est installé à Aisy après août 1854 car à cette date il était aux forges d’Ancy-le-Franc. Il quitte la forge d’Aisy à l’été 1863. On trouve toujours plusieurs forgerons recensés à Rougemont en 1866 et on trouve la naissance d’un enfant en juin 1867 dont le père est forgeron à la forge d’Aisy dans l’État Civil de Rougemont. Mais on ne trouve plus aucun forgeron dans le recensement de 1872. La forge s’est donc arrêtée entre juin 1867 et fin 1870, où apparaissent les premiers tonneliers. D’ailleurs dans le recensement de 1872 on retrouve plusieurs anciens forgerons d’Aisy dans le recensement de Sainte-Colombe-sur-Seine.
Quelques maîtres de forges :
- JOLY Claude, né vers 1645. Maître de forges à partir des années 1681.
- JOLY Charles, né vers 1670. Vers 1730, il est dit bourgeois et non plus maître de forges.
- TRUCHOT Germain, né en 1686 à saint-Germain-du-Bois (71). Vers 1730.
- RIGOLEY Edme, né en 1729 à Montbard. Il est maître de forges vers 1755 et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle (au moins jusqu’à décembre 1798).
- HUMBERT Louis, né en 1754 à Bierry-les-Belles-Fontaines
- HUMBERT Charles, né en 1783 à Montbard (21). Fils de Louis. Présent dans recensement de 1809.
- COUSIN Germain Didier, né en 1801 à Châteauvillain (52). Régisseur de la forge en 1836
- COUCHENEY Didier, né en 1794 à Sennevoy-le-Bas. Il sera ensuite instituteur. Régisseur de la forge en 1851.
- GUENIN Roch Joseph, né en 1817 aux Goules (21). Maître de forge dans l’acte de mariage de sa fille en novembre 1862.
- LAIGNELET François, né en l’an 12 à Aerschot en Belgique