Les artistes en résidence

Manolo Mylonas

Résidence du 15 octobre 2016 au 30 décembre 2018.

Les photographies sont réalisées en Seine-Saint-Denis et dans ses alentours, un département dont la population est la plus jeune de France, pleine de fierté, d’audace et d’insolence.

Cette série est une approche sur l’utopie, les rêves d’une jeunesse et de ses héros, dans des domaines aussi variés que la pop culture foisonnante, le sport, la religion…

La série présente des situations rencontrées ou l’humain est toujours au cœur de la ville comme une « effraction à la réalité » contournée, détournée, transcendée, libérée. C’est une approche photographique libérée du seul carcan documentaire qui invite à l’imaginaire.

Réalisé sans trucage ni mise mise en scène , ce projet est une recherche photographique qui renseigne mais n’explique pas et où l’étrange aura sa part.

Dans le cadre de sa résidence, Il participe à une cartographie de l’imaginaire aux côtés des élèves du Lycée Germaine Tillon. L’occasion de transmettre l’intention photo, la lecture des images et comprendre les rêves d’une jeunesse qui capte à tout-va son quotidien via le smartphone, s’en sert afin de créer du lien.

Yves Tremorin

Résidence du 15 octobre 2016 au 30 décembre 2018.

UN RÊVE D’ICARE

Le corps une enveloppe à soigner, à compléter, à perfectionner ou à quitter pour un devenir machine ?

Tourner le regard vers le ciel, décoller du sol.

Un rêve que la technologie rend possible avec le matériel d’assistance mécanique ou bionique qui prolonge le corps et lui permet de retrouver des fonctionnalités déficientes voire perdues et lui permet d’en acquérir de nouvelles. On appareille le corps pour fonctionner différemment, on étudie la capacité du corps humain à supporter le confinement, une pesanteur différente avec un oxygène minutieusement calculé. Des applications qui dérivent des technologies développées par les études de pointe en aérospatiale et s’appliquent dans la vie quotidienne.

Le Musée dans une présentation assez lyrique nous propose le rêve, voler, être libre, un dépassement par la science et la volonté des pionniers des données originelles. Il exalte, suscite des vocations même si l’apprentissage des pilotes et ingénieurs est long et très difficile. Le centre de rééducation ramène à une réalité terrestre, la souffrance, physique et psychologique. L’effort régulier jusqu’à la limite du possible. Les instruments utiles et conçus fort ingénieusement ont du mal a s’intégrer dans une esthétique quotidienne, hormis l’esthétique des salles de sport où l’exercice est volontaire.

Un appareil électronique ne dit rien de ses capacités techniques au regard, de sa fonctionnalité propre, de son utilité. Son image est plus ou moins évocatrice suivant le point de vue choisi pour sa représentation. Une technologie est reliée à une époque, la datation d’un objet se fait par son design. L’image du corps humain, elle, est toute suite signifiante, ce n’est pas la forme qui est forcément lue en premier, l’oeil n’est pas objectif. Il s’agit pour moi de penser le futur avec les moyens d’aujourd’hui. Les images réalisées le seront en 2016-2017 et proposeront par une utilisation de la photographie adaptée une réflexion sur le rapport du corps à la technologie et à artificialité, un rapport difficile, parfois contraint, parfois ardemment désiré.

Tendance Floue

Résidence de janvier 2016 à mai 2017

Les deux photographes Bertrand Meunier et Alain Willaume (membres du collectif Tendance Floue) parcourent ensemble et à pied le vaste territoire du département de la Seine-Saint-Denis, l’interprétant chacun à leur manière, recueillant des témoignages sonores, à la découverte de voix, silhouettes et signes tournant le dos à ceux stigmatisant les « quartiers » qui le parsèment. Ils cherchent ainsi à faire éclore de la gangue des préjugés, un regard nouveau évoquant ces terres fantasmées, volontiers calomniées où tant d’enjeux se nouent et s’entrelacent au plus profond de nos questions démocratiques.

Ce travail photographique à deux voix revendique la prise en compte du nouveau contexte politique et social apparu après les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 qui, d’une certaine façon, a délégitimé les conditions probables d’un vivre-ensemble de fait et la perception des « quartiers » et de leurs habitants. Ce faisant, les images mêlées de Meunier et Willaume proposent un déplacement des points de vue. Le lent et patient arpentage de ces territoires périphériques, la traversée de sites aux constitutions complexes, le repérage d’ancrages et d’affiliations géographiques assumées, les traces de fragiles sédimentations territoriales, le franchissement des partitions et limites engagent un ré-examen de nos préjugés sur l’unité (entité) de ces territoires périphériques. Exprimer la touffeur et l’épaisseur de ces vies si diverses et démultipliées et des territoires et espaces qui vont avec. Comment faire état de cette complexité, sans magnification ni humiliation ? Comment ne pas résumer, simplifier, juste évoquer, et construire les fragments d’une fiction de mémoire, qui laisse tout ouvert pour que l’accumulation prenne le pas sur l’érosion, et qu’on s’y retrouve ?

Philippe Bréson

Résidence de Juin 2015-Juin 2018

Depuis 2011, je parcours les champs de bataille de la Grande Guerre. Je suis les lignes de front des Flandres jusqu’à Verdun. Je cherche les cartes d’états-majors, les croquis des batailles et les journaux de route des régiments. Je cherche des lieux précis et documentés. Une fois sur place, j’interprète le paysage.

Je pratique la photographie parce qu’elle a le pouvoir à la fois d’enregistrer et d’interpréter. Parce que son rapport singulier à la réalité lui permet de jeter des ponts du réel au fictionnel et de questionner sans cesse notre rapport au monde tandis que son ambiguïté naturelle lui permet de jouer à volonté entre le vraisemblable et le faux-semblant.

Je ne suis pas à la recherche de monuments, de ruines ou de vestiges momifiés dans une mise en scène. Je cherche des indices et des traces. Malgré tous les efforts de l’homme pour effacer les traces du désastre, le paysage conserve une mémoire. La terre parle à qui sait l’écouter. Chaque paysage est un ensemble de signes qu’il faut décrypter.

J’explore des endroits précis mais il est important que je me laisse guider par les lignes du paysage.

Je ne suis pas un historien ni un géographe. Je travaille avec mes sensations, mes émotions, je cherche une rencontre, un instant où les choses se mettent en place, où des signes dérisoires prennent sens quand le paysage apparaît. J’inscris cet instant sur du film argentique.Une fois le négatif développé, il faut que je retrouve les sensations vécues. Alors je gratte, je ponce, je patine, je découpe, je raye, je tache. Ce sont des couches de subjectivité que j’applique à l’image. La collection se compose actuellement d’une centaine d’images. Chacune est accompagnée d’un court texte, d’une citation ou d’une référence historique.

« Philippe Bréson a fait le choix d’intervenir à même le négatif d’une photographie d’un lieu sur lequel il s’est longuement documenté. Comme si photographier le paysage était un travail de déconstruction. Dans ce travail de réécriture de la mémoire, la pensée de Jacques Derrida n’est pas loin : « Au commencement était la ruine ». Gabriel Bauret in Beaux-arts Magazine.

Xavier Lambours

Résidence de février 2015 à juin 2016

REIVAX est mon double XAVIER. C’est le héros, anti-héros qui sommeille chez chacun de nous tous, que l’on pourrait tous développer si on en avait envie. La résidence 2015-2016 à la Capsule me donne la possibilité d’écrire une nouvelle page autour de ce personnage dont je vais tracer en quelques lignes son historique.

REIVAX est né en 1980 et sa première apparition publique est le 14 septembre 1981 dans l’exposition « AUTOPORTRAITS PHOTOGRAPHIQUES » au centre GEORGES POMPIDOU. REIVAX est nu avec seulement

son bonnet, ses oreilles en plastique et ses lunettes noires sans verre. Il n’est pas toujours aisé d’être nu, il faut l’habiller. Son premier costume dessiné par le couturier RAFIK sera pour sa première aventure à l’étranger « REIVAX DANS LA GRANDE POMME ». Un romanphoto comique autour de la psychanalyse avec le même scénariste, Olivier Beer et le même photographe, Phil Lefaure avec qui je travaille actuellement dans « On a marché sur la TERRE » avec la CAPSULE du Bourget.

En octobre 1984 lors des journées des jeunes créateurs REIVAX a été choisi comme représentant de la partie photographique pour faire visiter l’exposition organisée par la revue Autrement au président François Mitterrand. Il y avait les Rita Mitsuko pour la musique et Ricardo Mosner pour la peinture.

Une autre aventure cette fois-ci musicale en collaboration avec le compositeur HECTOR ZAZOU donne lieu à un 33 tours présenté comme la musique d’un film qui n’existe pas, édité par CRAMMED disques « REIVAX AU BONGO » satyre des dictatures africaines, tourné au Sénégal en 1985.

En 1989, parallèlement à une résidence photographique en Bavière, REIVAX apparaît sous le forme d’une petite BD dessinée par moi-même, « REIVAX EN BAVIÈRE »

La nouvelle aventure au Bourget est l’occasion de glisser un pied dans l’écologie mondiale due aux pollutions de l’aéronautique en général, voici le résumé de ce que j’exposerai en octobre 2016 à La CAPSULE. L’action se passe sur la planète CALDÉRIE, cachée derrière la Lune où le roi CALDOR grand artiste et créateur de tout ce qui existe est très démoralisé par la disparition de son filsoeuvre préféré , le petit CALDOU, écrasé par la chute d’une sonde spatiale humaine. Pour se venger il expédie REIVAX, (oeuvre illégitime, une trahison de sa femme-Reine-oeuvre CALDERINE) sur Terre pour faire disparaître toutes les machines volantes humaines.

REIVAX tombe du ciel dans une forêt où il ne rencontre pas tout de suite d’êtres humains, il finira par être capturé, (pris pour un animal encore inconnu, une forme humaine avec des ailes de chauve-souris), par deux vétérinaires chasseurs qui le présenteront dans l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Un directeur de cirque réussira à le prendre sous son chapiteau espérant faire fortune avec ce phénomène. REIVAX s’évadera pour accomplir sa mission au salon du Bourget où il s’en donnera à coeur joie avec tant d’avions à faire disparaître. Il aura le soutien d’une partie de la population mais les forces armées humaines auront raison de lui, il sera éliminé par CATHERINE MAUNOURY et son petit avion invincible, REIVAX finira en trophée au musée du Bourget, mais il n’avait pas dit son dernier mot car des milliers de petit REIVAX sont apparus pour envahir la Terre.

Des images dans les rues du Bourget en particulier autour des architectures remarquables de la ville illustreront ses déplacements. Comme par exemple : la Mairie, le lycée rénové, des façades d’immeubles et des pavillons de la ville.

Ce travail sera exposé à la CAPSULE, il y aura de petites vidéos avec des photos animées ( GIF, STOP MOTIONS) de la musique spécialement composée avec le musicien Monsieur Pierre. Un making of filmé par Arnaud Baumann et des trucages réalisés par le cinéaste Bernard Dartigues. Cette exposition sera aussi l’occasion d’entrer dans le monde de REIVAX. Les dessins du début de l’aventure ont été faits par Roberto Neumiller peu de temps avant sa disparition fin 2015.

Mustapha Azeroual

Résidence de juillet 2015 à août 2017

Mustapha Azeroual (1979) est un photographe autodidacte. Scientifique de formation, son travail se fonde par l’observation et l’expérimentation, confrontant les techniques historiques de prise de vue et de tirages aux enjeux contemporains de la photographie. Entre installation, objet et séquence, ses oeuvres démultiplient les champs et dimensions de la photographie. Représenté depuis 2013 par la Galerie Binôme, il effectue de nombreuses résidences de création. En 2012, sa série «Résurgences» produite à La Capsule, intègre avec le soutien de Françoise Paviot, l’exposition «L’arbre et photographe» à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Egalement représenté au Liban par la Galerie Art Factum à Beyrouth, il participe à des foires internationales au Moyen-Orient : Design days Dubaï, Art Dubaï et Beirut art fair. En 2014, le MACAAL, musée d’art contemporain africain Al Maaden au Maroc, a acquis une grande installation photographique de l’artiste, lequel rejoint la Galerie Cultures Interface à Casablanca. En 2015, il expose au Centre d’art contemporain de MEYMAC (France), à Art Paris Art Fair, ainsi qu’à la Galerie Binôme dans le cadre de la

Biennale des photographes du monde arabe coordonnée par l’Institut du Monde Arabe et la Maison Européenne de la Photographie. Son dernier projet ELLIOS le conduit également en résidence à Oukaïmeden au Maroc et à développer un partenariat avec LESIA (pôle d’observation du soleil de l’Observatoire de Paris-Meudon).

Mustapha Azéroual déconstruit, lui aussi. Tout en gardant un lien fort avec l’histoire du médium. Pour créer ses paysages, il rejoue des techniques anciennes telles que le tirage à la gomme bichromatée ou le daguerréotype. Et entremêle les pratiques : photographier au portable et transférer l’image sur un support argentique. Le grain et le pixel s’échangent, le support photographique devient incertain. Mais le rendu est étonnant. Coup de coeur pour les porcelaines en trois dimensions.

Elodie Lanotte

Résidence de octobre 2015 à août 2016

Le travail d’Élodie Lanotte questionne tout ce qui, dans notre monde d’images, produit, conforte ou défend des normes. Il s’attaque à l’arbitraire des représentations, à tout ce qui se fait passer pour essence, là où il n’y a que contingence, à commencer par ce qui a longtemps dominé la culture classique du point de vue esthétique, mais surtout éthique : le canon. Derrière les proportions et les caractéristiques physiques de corps irréels, irréalisables, s’abritent des concepts et des valeurs morales : bienséance, unité, harmonie. Mens sana in corpore sano. Les oeuvres d’Elodie Lanotte subvertissent la philosophie, la science et la psychologie occidentales, qui ont pensé le corps en termes dualistes et naturalistes, et tentent de le définir, de lui restituer un espace de possibles.

Les époux Peyret

Résidence de octobre 2014 à février 2016

« Il est des villes comme des rêves » observe Italo Calvino et ces rêves prennent une dimension onirique singulière au Bourget berceau de l’aviation. En effet l’aéronautique et le voyage spatial ont modifié profondément notre perception du monde grâce à la photographie. Pour la phase de création à la Capsule, nous développons ce postulat en nous inspirant des renseignements et documents collectés au cours de la phase de contribution à l’inventaire scientifique.

D’autre part, la présence historique de l’aéroport du Bourget et sa mutation impacte de façon singulière le bassin aéroportuaire. Elle génère une activité économique qui lui est propre. Le flux lié à l’aviation d’affaire explique la présence sur le territoire de la Galerie Gagossian, galerie phare sur la scène internationale de l’art contemporain. Nous voulons nous appuyer sur ce constat pour créer une série d’installations photographiques résolument contemporaines au premier étage du centre culturel et pourquoi pas dans la cour. La forme que prend ce travail est toute aussi importante que la photographie elle-même, elle lui donne une nouvelle dimension : la photographie sort de son cadre, opère un basculement du regard. Notre création s’inspire des observations et découvertes faites grâce à l’inventaire et en donne un regard original et personnel à travers différentes séries photographiques. Pour nourrir notre imaginaire nous nous rapprochons également du Musée de l’Air et de l’Espace. Ses collections nous permettent d’explorer les codes, les idées, les objets et le souffle qui anime les acteurs de l’histoire aéronautique et aérospatiale. Nous utilisons la technique photographique pour l’adapter à de nouveaux supports qui empruntent aux registres de l’aviation.

Nicolas Henry

Résidence de avril 2014 à février 2015

A travers la série photographique « Traits d’union », Nicolas Henry met en scène des groupes de personnes croisés aux quatre coins du monde. Les mises en scène du photographe retranscrivent directement les histoires qu’il a partagées avec des groupes de personnes rencontrés lors d’un périple de 15 mois qui l’a mené de Madagascar au Népal, en passant par la Chine, la Bolivie, les Etats-Unis ou encore la Nouvelle-Calédonie. Les saynètes que Nicolas Henry nous donne à voir ont pour but de permettre aux habitants qu’il photographie d’afficher leur identité, de partager leurs préoccupations tant passées, présentes que futures. Pour rendre visibles ces témoignages, Nicolas Henry a choisi de mettre en scène des univers plastiques à la frontière du théâtre et de l’installation. Les décors qui accueillent les saynètes ont été construits sur place et avec la participation active des habitants : « Après avoir réfléchi à la mise en scène, nous avons fabriqué tous ensemble les décors et les costumes, à chaque fois à l’aide de matériaux trouvés sur place. Le cliché final, vierge de tout photomontage, représente une sorte de théâtre dans la mesure où un public local a systématiquement assisté à la performance des différents acteurs ». Cette démarche photographique, Nicolas Henry la poursuit également en France et, pour une part en Seine-Saint-Denis où le photographe a choisi de poser, pour un temps, ses valises et son objectif. A travers l’exposition « Africacités # 2 # », ce sont des images réalisées dans le monde entier mais aussi au Bourget et à Pierrefitte-sur-Seine qui seront montrées au public. Dans le cadre d’une résidence croisée entre les 2 villes, Nicolas Henry est allé à la rencontre des habitants afin que ceux-ci nous racontent, à leurs manières « leur » ville.

Tina Mérandon

Résidence de avril 2013 à mai 2014.

Dans le jeu des corps, il se place toujours un rapport éperdu, un instant où le point de contact avec l’autre, se fait lutte avec soi-même. Les photos de Tina Merandon saisissent l’acuité lascive, barbare, de cet impact sur ceux qui nous sont proches. Ses visions se font chorégraphies, dessins dans l’espace, échappées hors du cadre des imposés. Pour ne laisser que la partie libre, et pourtant dérobée, avec ceux qui nous font face. Sans en avoir conscience, il faut nous faire reconnaître par ce qui nous semble le plus étrange. Ce combat pour la reconnaissance peut devenir une grâce, un miracle de l’instant : une révélation. Qui sommes-nous, sans cette sortie de nous-mêmes ? Impossible de nous définir, sans cet effet miroir que nous tend le partenaire. Quand l’enlacement se conjugue avec son contraire, - la séparation -, le corps à corps devient l’unique fulgurance possible d’une liaison. L’évasion de ses modèles par le body fight, leur donne une forme d’innocence, de beauté nue, d’élévation par le risque. La relation est toujours une ouverture dangereuse, qui nous découvre comme trait d’union fatal. Les gestes s’attirent aimantés, rejettent, les mouvements se posent pour une perte de soi, un écart ludique ou une fusion charnelle. Discours amoureux, que ces photographies. Dans ces batailles, que la photographe agence, les modèles y défient le regard par l’absence, comme la pesanteur par sa négation. Ils ne sont pas là pour nous, mais pour eux, ce qui provoque l’effraction de notre regard. Ce qui induit un effet de suspension, d’énigme, à percevoir ce moment de vérité ; qu’il soit abandon au corps de l’autre ou au contraire, résistance à sa persuasion violente. C’est la relation humaine, au plus profond de son intime, qui se révèle, avec sa part d’ombre et de lumière.

Ce travail visuel, comme corporel, s’est construit à travers une attention extrême à l’espace. Non pas celui de l’économie sociale, mais celui que chacun se construit comme un process de lui-même. Quelle est ma place, dans l’espace de la communauté ? Qu’est-ce qui me relie aux autres ? Où puis-je habiter ? Avec quels affects ? Le refus, le rejet, l’exclusion comme horizon noir, se profile dans chacun de nos déplacements. Nous sommes sur un fil, celui du rasoir, qui nous exilerait par la chute, la coupure, ici le coup porté. Qui a dit : l’enfer, c’est les autres ? C’est là que les photographies de Tina Merandon conjurent le mauvais sort. Elles déclenchent ce « saut » hors de la norme, mais sans qu’un jugement ne vienne condamner ces comportements, qui sinon seraient restés cachés, voilés par l’identité sociale. Sa photographie ne cherche pas de vérité documentaire, naturaliste, mais elle enregistre frontalement nos rêves et nos cauchemars devenus visibles par la scénographie. Cette libération dans l’atmosphère d’aériens, sans la peur du vide qui fixe à terre, engendre une harmonie des envolées, malgré les joutes brutales récurrentes. L’adolescence vrille, chavire, danse, la maturité exalte ses songes d’éternité, les exploits se multiplient, les couples s’attachent à leurs sentiments, comme à des cordes de fakirs. Tina Merandon transfigure chacune des postures, en décalant les modèles d’un identifiant reconnaissable. Leurs gestes sont de ceux qu’on invente, ou que l’on répète pour parvenir à une perfection. L’entre-deux devient indiscernable (est-ce appris ou conquis d’un coup sur la gravitation ?), puisque même les couleurs, les matières, les peaux, semblent absorber des corps qui s’y refusent.

C’est une communication muette, en langue des signes, où chacun essaie de faire de l’autre un alter ego, un double, un gémeau stellaire. À chaque fois, une redistribution étoilée des lieux, des positions, de la physique, une lévitation de ce que l’on impose en tant qu’ordre immuable des choses. Ces photographies sont les séquences d’un même film, dont la communauté de destin des êtres serait le sujet. Les tons ocre, terreux, ou au contraire pastels, immaculés, renforcent cette impression de doublure fantastique du réel, de sombre merveilleux. La distance juste, question principale de la photographie, devient la voltige de l’épreuve de vérité des modèles. Tina Merandon se tient à l’endroit précis, où ils déterminent leur environnement, au moment où ils inventent un monde nouveau de forces et attrapes. C’est son exploration des zones frontières du sensible, inconnues, entre le masculin et le féminin, sentimentales entre le privé et le publique, le virginal et l’impur. La photographie aura, très rarement, réussi à montrer ainsi, l’indistinction native entre la culture (la discipline) et l’organique (le chaos), le neutre et l’expressivité, le banal et l’extraordinaire. C’est autour de ce suspens, que se cristallise son univers géométrique, en passant à travers les gestes de l’art. La gymnastique, les arts martiaux, la crudité de la chair, l’obsolescence de la parole, le glamour effronté, concourent à un jeu de rôles. Les cadres resserrent en plans larges les identités qui jouent avec elles-mêmes. On bascule ainsi sur l’autre versant de cette série, qui glisse vers l’image de soi. La manière de se voir dans ce que l’on projette, et qui nous revient, comme un désir, une brûlure, une caresse interrompue, un trouble des apparences. L’identité devient un vertige (comment un désir passe par le désir de l’autre), la question d’un regard qui nous échappe par tous les bords.

Qui est vu ne voit pas, - et qui se sait ne pas voir, montre de lui ce qu’il n’a jamais vu. C’est tout le mystère de cette série rattachée à un « théâtre des corps ». Si Tina Merandon magnifie ses modèles, c’est en leur donnant les attitudes tantôt languides, tantôt roides des épopées modernes. On pourrait comparer ses plans larges aux tableaux de genre de la peinture classique, il s’y trouve le même héroïsme diffus ou concentré dans un acte de dépassement. Ces photographies réintroduisent de l’aura, dans un art dont on croyait qu’il était le premier à l’avoir bannie. La reproduction numérique devait chasser l’instant unique, la performance du vivant, la magie de la première fois, l’éphémère passage d’un geste. Mais toutes ces photographies nous envoient des messages alternatifs, d’un commun qui nous serait à tous disponible, un partage de l’espace, dont les tâches ne seraient plus mesurables. C’est l’invention d’une autre richesse, non pas quantifiable, mais qui n’aurait d’autre but que l’accès à soi-même. Le travail de l’art photographique, comme un temps retrouvé, une terre promise à l’échange, une voie vers ces « corps évadés », rendus à eux-mêmes indéfiniment.

Yan Ciret

Victoire Thierrée

Résidence de juin 2012 à mai 2013.

En 2006, durant mon cursus à l’école des Gobelins en photographie, j’ai assisté le photographe Jean Larivière sur un de ses projets. Nous sommes partis photographier en Angleterre, dans le Liconshire, un Lancaster de la seconde Guerre Mondiale (Un des deux seuls avion qui vole encore dans le monde). Ce projet m’a immergé pour la première fois dans un univers militaire et aéronautique chargés d’histoires, d’émotions et d’une surprenante beauté. La façon dont Jean Larivière a abordé des sujets très personnels, liés à l’enfance, à travers le sujet détourné: la forteresse volante anglaise, m’a beaucoup marquée.

A partir de ce moment et avec mon entrée aux Beaux Arts de Paris, j’ai développé un travail photographique proche du documentaire dans l’Atelier Pataut-Faigenbaum, ainsi qu’un travail en dessin et métal.

C’est avant tout la matière, le grain et la présence des sujets et objets qui m’interresse. Comme les photographies de Micheal Ackermann ou John Coplans où la matière du grain photographique ou du grain de la peau sont des éléments fondamentaux.

J’ai commencé il y a un an une série de masques qui se sont, avec le temps et l’étude de l’aviation militaire américaine, de plus en plus inspirés des caractéristiques techniques et esthétiques des avions furtifs : F-117 et B2.

Jusqu’à la réalisation (très récente) d’un plastron en métal dont les angles, les aérations, les rivets aéronautiques... sont inspirés de l’avion furtif américain.

Cet avion est soumi à d’innombrables paramètres techniques internes et à des forces extérieurs. Carractéristiques proches d’un corps humain façonné par son histoire, par ses forces auto-contraintes et par «l’atmosphère» l’environnant.

C’est la première fois que mon travail photographique rejoins mon travail en métal et que les deux techniques vont dans le même sens pour retranscrire ma vision (Que je développe par ailleurs dans mon mémoire sur l’avion furtif américain et la stratégie militaire, suivi par Didier Semin).

J’ai trouvé une importante source d’inspiration dans le travail de Raphael Dallaporta (que j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois et dont le travail à une grande importance pour moi), qui a travaillé sur les mines anti-personnelle dont les caractéristiques monstrueuses sont enveloppées dans une apparence souvent étonnante et charmeuse. Plus récemment, il a accompagné une équipe d’archéologues en Afghanistan avec un drone sur lequel était accroché son appareil photo afin de pouvoir faire des prises de vues zénitales.

Sa façon de travailler au contact de démineurs ou d’archéologues rejoins ma conception de la réalisation d’un travail artistique : nourrit par l’échange et la découverte d’un nouveau milieu, souvent difficile à pénétrer.

C’est pourquoi j ai décidé de réaliser un stage en décembre dans l’atelier de réparation/rénovation d’avions en chaudronnerie dans le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget. J’y ai rencontré en plus d’un grand savoir faire en métallurgie, une équipe passionnée par l’aviation (souvent d’anciens militaires) qui m’ont enseignés les techniques de constructions aéronautiques et m’ont fait découvrir l’existence de nombreux lieux et documents pouvant alimenter mon travail et le faire considérablement évoluer.

Gilles Raynaldy

Résidence de juin 2012 à juillet 2013

Deux maisons de retraite au Bourget

Une exposition photographique évolutive

Après ses séries photographiques sur la cité scolaire Jean-Jaurès à Montreuil et sur le nouveau site des Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine, Gilles Raynaldy, photographe en résidence à la Capsule, présente du 25 avril au 7 juin un travail qu’il a commencé il y a peu au contact des résidents de deux maisons de retraite du Bourget. Le photographe met en lumière ce monde de la vieillesse qu’on évite souvent, jusqu’au moment où la vie nous y confronte.

Cette exposition montrera au public la première étape d’un travail qui se fait lentement. Elle n’a donc pas la même fonction ni le même statut qu’une exposition qui couronnerait un travail terminé. Il n’y aura pas de tirages prestigieux, de cadres ni de matériaux nobles, mais des photocopies dont la qualité esthétique n’est d’ailleurs pas à négliger. Ces photocopies qui permettent au photographe de travailler seront punaisées aux murs de la galerie ou étalées sur des tables. Ce sera, ici, une occasion rare d’observer la genèse d’une œuvre, ses repérages, ses tâtonnements, ses impasses, et même ses ratés. Il s’agira donc d’une exposition en cours d’élaboration, d’une oeuvre « in progress », d’un travail qui n’aura pas encore été achevé !

Des mots, des dessins, des enregistrements accompagneront-ils les photographies ? L’artiste, lui-même, ne le sait pas encore puisque les formes et les contenus qui seront présentés au public évolueront au fil du temps ; ils se construiront lors d’ateliers menés dans l’espace de la galerie avec des personnes âgées et un groupe d’enfants du centre aéré du Bourget. Nous conseillons aux spectateurs intéressés par cette expérience de venir au milieu ou vers la fin de l’exposition pour profiter pleinement de ce travail collaboratif.

Le sujet de cette exposition est fort. Il y est question de la vie, de la mort, de la souffrance et de la solitude, mais aussi de joie, de plaisir, de tendresse, d’amour et de jeux.

Laurent Lafolie

Résidence de juin 2011 à décembre 2012

Le visage est porteur de puissantes symboliques. Il cristallise les accords et désaccords intérieurs et témoigne des flux véhiculés et soutenus par l’âme humaine. Le rapport que le sujet entretient ou non avec l’image de soi y a aussi sa place. Le visage matérialise le temps qui passe et nous rend sensible au mouvement d’un corps qui dans cette dimension, infailliblement nous échappe.Le projet que je propose est une tentative de réappropriation du visage : de s’en saisir comme d’un paysage modulable détaché de son environnement physique et moral, de l’aborder tel un objet aux ressources plastiques multiples afin d’en extraire des possibles, au croisement du désir d’un photographe et de celui d’un modèle en travail.

LA SYMPHONIE DES REGARDS…

En dehors des modes et des contingences, Laurent Lafolie photographie à la chambre. Pour chaque photo il prend le temps d’apprivoiser son sujet avant de lui tirer le portrait. Chez lui l’être est primordial, l’être de chair et son enveloppe corporelle, devenue substantifique moelle de sa matière photographique, comme renvoyé à son état de nature, dépourvu de tout artifice. Des portraits sans complaisance où le sujet s’abandonne à l’objectif de Laurent Lafolie, où tous les accidents de la vie deviennent autant de points d’appui pour le photographe. Il révèle, magnifie, reconstruit à la manière d’un chirurgien qui opérerait le process inverse, là où la chirurgie plastique gomme les traits de caractère, lisse les rides d’expression, vide de sens, obère l’histoire, composant une galerie de faciès inexpressifs et boursouflés, Laurent Lafolie prend le contre-pied pour mieux renvoyer le sujet à lui-même et à ce qu’il est dans l’instant. Chaque sujet est invité à s’abandonner à l’objectif, être tel qu’en lui-même, photographié en lumière naturelle uniquement. Pas de consigne particulière, simplement être présent dans l’instant, disponible, offrant à chacun une carte blanche pour en tirer un fragment de vérité propre à chaque être. Le jaillissement de l’être dans une époque où le paraître supplante trop souvent l’être.

Les tirages font partie intégrante du process d’apparition de l’image, réalisés au platine palladium, technique inventée au XIXe siècle, qui permet de donner corps à l’image, qui se trouve intrinsèquement liée à son support. Le rendu photographique est à la fois visuel et kinesthésique, chaud, nuancé et mat. Utilisé par des icônes de la photographie comme Irving Penn ou Edward S. Curtis pour son travail sur les indiens d’Amérique, il est aujourd’hui l’apanage de quelques puristes comme Isabel Munoz ou Yutaka Yamamoto.

Dans son installation Missingu récemment présentée dans le off de la FIAC, Laurent Lafolie suspend 40 de ses portraits tirés sur papier washi, chacun pesant moins d’1 gramme. Arachnéenne composition d’oriflammes carrés qui, à la manière des prières qui ornent les temples bouddhistes, s’abandonnent pour créer une communauté de pensées. Installation de visages cendrés, ombres d’eux-mêmes qui, par le jeu de la superposition, composent une foule évanescente qui vous hypnotise. Difficile de s’y soustraire, tant ses regards littéralement vous aimantent, la fragilité du support étant inversement proportionnelle à l’intensité des regards, telle une avidité sereine qui vous envahie. 40 visages, 40 regards tournés vers l’objectif dont le spectateur prend la place, comme pour se soumettre à cette assemblée muette, qui vous fixe sans fin. Laurent Lafolie sans le savoir devient l’homme-orchestre, celui qui insuffle, donne le tempo, met en mouvement une réflexion sur l’identité, symphonie de regards, de ceux que rien ne peut nous enlever… à l’heure des clones et autres test ADN, Laurent Lafolie capte l’authentique.

Olivier Castaing, pour la revue Vues d’esprit, 1er semestre 2011

Mustapha Azéroual

Résidence de septembre 2009 à décembre 2010

Resurgence

Mustapha Azéroual travaille autour des thèmes de la mémoire et du souvenir au travers de photographies (sténopé et gomme bichromatée) et d’installations portant sur les éléments végétaux,sorte de mise en abyme de la nature et de sa représentation.

« (…) Mustapha Azeroual multiplie les points de vue sur l’espace, préférant aux perspectives cadrées divers foyers répartis. Le fragment donc, comme signe d’une écriture de la lumière, photo-graphie, représentant le présent en son absence, la présence infiniment différée mais à laquelle, au fond il importe peu que nous accédions puisqu’il s’agit de faire jouer ces signes entre eux, pour ce qu’ils sont capables de faire émerger. La focalisation sur le détail n’est pas pour autant dans le travail de Mustapha Azeroual un renoncement à la totalité, à l’ensemble, mais plutôt un procédé de mise à jour, invitant le regard du spectateur à passer des oeuvres de compositions aux fragments qui la composent. » Jérôme Duvigneau, philosophe.

Véronique Ellena

Résidence en 2011-2012

Natures mortes : mémoire de la vie, miroir de la mort.

Parler de l’œuvre photographique de Véronique Ellena n’est pas simple. Pour deux raisons, au moins. L’artiste se refuse à toute sophistication, à toute manière, dans la forme et dans le fond. L’image procède toujours d’une construction simple. Les plans sont frontaux, les cadrages équilibrés. Les lignes, horizontales ou verticales, dessinent l’image. Chaque photographie se donne à voir de manière franche. L’artiste ordonne. A cette économie du simple répondent des sujets ordinaires. Nulle effusion de sang, nulle violence. Pas de pleurs, pas de cris. Véronique Ellena ne traite pas du côté sombre des pulsions de l’homme, n’aime pas les « grandes machines », le pathétique tonitruant, l’exhibition spectaculaire. Elle préfère les temps de silence, les vides, les moments d’absence, l’entre-deux, l’interstice dans lequel tout peut aussi se dire. Elle photographie « ceux qui ont la foi », des scènes du quotidien, les « grands moments de la vie », des vues urbaines, des paysages enneigés, le ciel, la mer, des natures mortes : l’ordinaire qui scande le quotidien des hommes. Qu’est-ce à dire que ce cycliste méditatif ? Qu’est-ce à dire que ces deux adolescents sur un terrain de sport de lycée ? Qu’est-ce à dire que cette femme âgée entourée de ses petites filles ? Qu’est-ce à dire aujourd’hui que ces natures mortes - oiseaux, grenades, poissons, poulets, poulpes et poussins - réalisées à la Villa Médicis ? Les sujets paraissent simples et inoffensifs, voire naïfs. Pourtant les photographies jettent un trouble, poignent le spectateur, dérangent. Car chaque image creuse un abyme indicible, réveille quelque chose d’enfoui dans le tréfonds de la mémoire, quelque chose qui appartient à l’histoire de nos sens, sans qu’on sache précisément nommer ce « quelque chose » : peut-être une ancienne émotion. Non pas que le travail de Véronique Ellena ne se prête au discours, qu’il ne puisse se dire par les mots, mais il impose une honnêteté que demandent les sujets essentiels qu’il traite : la vie, la mort, l’amour, le désir, la blessure, la famille, la mémoire, l’histoire. La série des natures mortes, réalisée à Rome, est une nouvelle pierre dans cet œuvre de réflexion. (...)

M. Szanto

Caroline Vaillant

Résidence de septembre 2009 à décembre 2010

Le cycle du tricot

Caroline Vaillant est une plasticienne photographe qui travaille sur les problématiques liées à l’interaction entre les êtres et par extension entre l’artiste et son sujet. Ses œuvres nous invitent à nous confronter à la nature même de l’altérité au sens littéral du terme, c’est-à-dire à questionner avec elles le caractère de ce qui est autre. Ses créations mettent en scène la quête de la juste distance entre les êtres, les frontières visibles ou invisibles, le lien, l’entrave…

Caroline Vaillant se sert de la photographie et de l’installation comme médium et du tricot de laine comme matériau. Le cycle se compose de trois séries photographiques : « Voulez-vous tricoter avec moi ? » aujourd’hui achevée qui lui a permis de se confronter à des frontières territoriales et sociales et d’amener ses sujets à s’y mesurer avec elle. « Pouvez-vous tricoter avec moi ? », travail en cours qui explore les limites du dispositif mis en œuvre lors de la première série. « Peloton » en cours de conceptualisation, est issu de travaux préparatoires et vise à mettre en scène les objets produits par les deux séries antérieures.

Erick Mengual

Résidence en 2011

Photographe, expose depuis une trentaine d’années et se consacre depuis une vingtaine d’années aux procédés photos méconnus, notamment les procédés pigmentaires tels que la gomme bichromatée ou le charbon et le cyanotype, procédés au sel de fer.

Après des années de pratique de la photographie en noir et blanc, des essais de coloration de positifs, l’envie d’explorer d’autres possibles, Erick découvre l'œuvre de Robert Demachy et les procédés photographiques du siècle dernier. Il recherche alors les écrits sur les méthodes et la technique de la gomme bichromatée et du cyanotype et tente de les mettre en application. C’est le travail de la couleur, l’utilisation des pigments, le choix des papiers et des pinceaux qui le fascine, car ces techniques se situent au carrefour du réel et de son interprétation avec les instruments du peintre et du chimiste.


Pascale Peyret

Résidence de mars à juin 2010

Happy Garden

Pascale Peyret photographe et plasticienne, propose une promenade dans ses installations qui sont autant de petits jardins en écho à sa série « green memory ». Chacune de ces parcelles recycle des pièces d'ordinateurs abandonnés. Jour après jour, la végétation s'y développe, assimile et submerge ces reliques de notre société de consommation.En réutilisant les pièces informatiques pour construire ses installations où germent des graines, pousses de vie, l'artiste questionne avec poésie notre société contemporaine et son rapport au vivant. « Green Memory » raconte la mémoire verte, celle de la graine, à la fois mémoire de la terre et des origines et également mémoire en devenir, poussée de sève totalement neuve. Elle crée un lien entre la graine germée végétale et la puce informatique, tout aussi petite. Toutes deux contiennent une somme d'informations impressionnante pour un si petit volume et se développent en réseaux, produisent des échanges, évoluent en branchements. Cette analogie produit un vertige saisissant.Les photographies issues de ces installations ont été présentées dans de nombreux festivals à travers l'Europe mais aussi en Chine et en Corée et la série réalisée pour le monde2 sur l'écologie industrielle a été récompensée à New York aux International Photography Awards (catégorie écologie environnement) en 2008. Sur les murs de la ville du Bourget, vous pourrez découvrir la série « bugs in my garden », prolongement de l'exposition au Centre Culturel.

Brigitte Massalve

Résidence de septembre 2009 à mars 2010

Orakaria Corpus

Brigitte Massalve a été accueillie à La Capsule pour poursuivre un travail en studio autour du corps. Dans ses réflexions actuelles, le corps humain y est représenté dans un univers onirique où les questions de multiplicité,d’apparition et d’effacement y sont abordées. Brigitte Massalve utilise différentes techniques dans la photographie comme le collage, le photogramme, le tirage argentique ou à pigment numérique. A travers la diversité de ces procédés, l’artiste semble recherchertoutes les capacités plastiques de la photographie.« Le travail que je poursuis depuis plusieurs années est celui du photographe visionnaire … mon regard ne se veut pas flasheur d’une image réelle, il se veut imaginaire, intérieur …Cette démarche reste expérimentale,elle est celle d’un travail de transformation de l’image que l’oeil a croisé et que la main transforme sur le négatif (pour certain travaux) grâce à des moyens comme le feu ou les encres. Je tente de maitriser le geste pour rendre l’image réalité en celle de l’image informelle, voire indicible.». Brigitte Massalve.

Pascal Rueff

Résidence de septembre 2008 à février 2009

ZONA

Preneur de son, poète et photographe, Pascal Rueff est parti plusieurs fois à Tchernobyl dans la région du réacteur nucléaire « Lénine» accidenté le 26 avril 1986. L’objet de la résidence était de rendre un témoignage réaliste de la situation sur place, situation faite de contradictions que l’artiste a relevé : une nature belle et «sale», des habitants pauvres et dotés d’une grande force de vie, une zonesinistrée mais teintée d’une douceur de vivre, une zone interdite mais également une vraie passoire… L’exposition associait dans une quarantaine de diptyques, des photos noir et blanc réalisées avec un sténopé artisanal, un texte fragmentaire de type « carnet de bord», des éléments audiovisuels et quelques objets « parlants ».


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