<.youtube>, 2020
Origine : français
Réalisateur : Stan Neumann
Synopsis : Depuis plus d'un siècle, le cinéma transforme notre manière de voir le monde. Mais la caméra n'est pas un oeil. C'est une machine. En remontant là où le cinéma se fabrique, où l'intuition créatrice est inextricablement liée à la technique, ce documentaire permet de découvrir la face cachée des images qui nous fascinent. Dans les réserves de la Cinémathèque, des centaines de caméras et de machines plus originales les unes que les autres dorment sur les étagères. Les plus anciennes ont la beauté involontaire des objets d'autrefois, avec leurs mécanismes apparents, peu soucieux d'élégance ou d'ergonomie.
Commentaire : L'histoire du cinématographe, né de l'union de l'appareil photographique et de la machine à coudre, méritait d'être racontée à travers celle des inventions techniques qui l'ont émaillée et permise. De l'illusion du mouvement créée par une succession d'images fixes au récent avènement du numérique, ces mille et une trouvailles en disent long sur l'importance accordée au septième art au cours du xxe siècle. En rendre compte en à peine une heure relevait de la gageure. Pari remporté haut la main par Stan Neumann qui, loin de jouer les antiquaires ou les historiens vétilleux, se fait conteur tout au long de ce film élégant et vif, modèle de pédagogie souriante. On y comprend ce que les cadrages de Griffith doivent à l'invention du viseur. Comment le cadre rectangulaire s'imposa malgré la préférence marquée d'Eisenstein pour le format carré. Ou comment le passage au parlant favorisa le suspense hitchcockien. Du triomphe de la couleur à l'impasse de l'Odorama, 120 ans d'inventions au cinéma excelle à nous instruire sur les hauts et les bas de cette histoire trépidante, en mettant à profit avec astuce et pertinence certains procédés cinématographiques.
arte.tv/fr/videos/RC-019811/walt-disney/
Réalisation : Sarah Colt
Pays : États-Unis
Année : 2015
Un portrait foisonnant et très documenté du père de Mickey, tout à la fois créateur visionnaire et figure autoritaire rêvant à un monde idéalisé, qui marqua durablement l’imaginaire occidental. Premier volet : au début des années 1920, le jeune dessinateur publicitaire Walter Elias Disney a l'ambition de faire mieux que tout ce qu'il voit comme cinéma d'animation…
Au début des années 1920, le jeune dessinateur publicitaire Walter Elias Disney est animé par deux ambitions : devenir l'exact opposé de son père, qui a collectionné les échecs professionnels, et pouvoir faire mieux que tout ce qu'il voit sur les écrans en matière de cinéma d'animation, alors émergent. À 20 ans, il fonde sa première société de production, et après quelques fortunes diverses, son équipe et lui décrochent la timbale en 1928 avec Steamboat Willie, marquant la naissance officielle de Mickey Mouse. Le personnage de cette souris futée et batailleuse, en qui beaucoup voient l'alter ego de Disney, rencontre un immense succès auprès de la jeunesse et génère de lucratifs produits dérivés. La fortune des studios est assurée mais leur patron, obsessionnel et aventureux, voit déjà plus grand avec, pour la première fois sur les écrans, un long métrage d'animation, Blanche-Neige et les sept nains.
En 1941, Walt Disney connaît la plus grosse désillusion de sa carrière. Mortifié par la grève géante qui touche ses studios, il ne comprend pas que son paternalisme ne suffit plus à satisfaire ses employés mal payés et surexploités. Pour le créateur de Fantasia et Dumbo, la cassure est forte avec l'esprit communautaire dont il a toujours rêvé. D'autres critiques le visent, sans le faire vaciller de son socle idéologique (l'Amérique éternelle et bien-pensante). Accusé de donner une image glorifiée de l'esclavagisme avec Mélodie du Sud (1946), il n’a pas non plus hésité à lister le nom des meneurs prétendument communistes de la grève de 1941. Face au réel et à la vie sociale, Walt Disney se prend à rêver à un monde idéalisé et clos sur lui-même : un parc d'attraction thématisé…
Société idéale
Mort en décembre 1966 d'un cancer, le grand fumeur Walt Disney n'aura pas eu le temps de faire aboutir Epcot, son projet de cité idéale située en Floride. Une société planifiée selon ses propres valeurs – à la fois conservatrices (la famille avant tout) et tournées vers le futur –, qui devait constituer le point d'orgue de l'irrésistible expansion de son empire.
À travers de multiples archives et entretiens avec ses proches, ce film détaille brillamment les étapes essentielles du parcours de Disney. Il brosse le portrait définitif de celui qui fut l'un des premiers à mesurer le pouvoir des images (cinéma, publicité, télévision) et à penser une société des loisirs.
À la fois génie créatif et visionnaire, ainsi que figure autoritaire, Walt Disney aura marqué l'imaginaire occidental comme nul autre, au prix de quelques arrangements avec la réalité de l'Amérique, notamment la ségrégation raciale.
"Un jour, une histoire"
Synopsis : Avec ses tenues minimalistes, sa nature insoumise et ses moues boudeuses, Brigitte Bardot, incarnation de la beauté absolue, a radicalement bouleversé l'image de la femme. Sa retraite artistique anticipée et volontaire, à seulement 38 ans, pour défendre les bébés phoques, y a également contribué. Mais aujourd'hui, l'icône est controversée et sa réputation écornée par des prises de positions qui divisent. Celle qui s'apprête à fêter ses 80 ans et qui a longtemps incarné la liberté vit désormais à l'abri des regards, loin du monde des paillettes qu'elle a contribué à créer. Portrait d'une femme qui n'a cessé d'entretenir avec son image un rapport d'amour et de haine.
Sous-titre : Un génie brisé par Hollywood
Durée : 52 min. Origine : Français. Réalisateur Jean-Baptiste Péretié
Synopsis : Une «face de glace» au regard grave, un corps élastique se pliant avec grâce aux exploits physiques les plus fous, capable d'exprimer des émotions subtiles : Buster Keaton, l'acrobate-poète, est presque né sur une scène de music-hall en 1895. Acteur, réalisateur, producteur, ingénieur, voltigeur : dans son petit studio de cinéma, sa créativité se démultiplie à l'infini pour des petits miracles d'humour, d'élégance et de mélancolie. A la fin des années 20, le roi du muet est au sommet de sa gloire avant la chute, vertigineuse, quand il commet l'erreur de signer à la MGM, renonçant du même coup à sa liberté artistique. Robinson Stévenin conte cette tragédie au fil de l'oeuvre de Keaton, le florilège d'extraits de ses films dessinant le portrait bouleversant d'un romantique dans l'âme, derrière le voile délicat du burlesque.
Commentaire : « Quand on avait un bon début, on cherchait une bonne fin. On savait que le milieu viendrait de lui-même. » C'est en suivant ce principe apparemment tout bête que Buster Keaton a réalisé plusieurs chefs-d'oeuvre courts et longs. En général, au début, son personnage rencontre un obstacle et, à la fin, il se retrouve seul, les cheveux en pétard et le costume de travers. Entre les deux ? Une suite haletante de péripéties, de l'avalanche de pierres à une maison qui s'effondre... sur lui (Cadet d'eau douce). Les films de Buster Keaton sont portés par l'action et les séquences s'enchaînent à la façon d'un marabout de ficelle. Son personnage qui ne rit jamais est élastique, il se relève toujours, comme dans un dessin animé. Sauf que l'acteur assurait toutes ses cascades sans trucage. Et se cassait les os, souvent.
Dans les livres d'histoire du cinéma, Keaton est toujours placé derrière Charlie Chaplin et à côté de Harold Lloyd. Le portrait que lui dresse Jean-Baptiste Péretié le remet sur le devant de la scène et insiste sur la liberté de ton du cinéaste, qui fut cassé par le système des studios dès les années 1930 (la MGM lui imposa des gagmen, refusa d'assurer ses cascades et lui colla souvent d'autres comiques pour faire-valoir). On le voit, âgé, dans un train (sa passion, qu'il sublima dans Le Mécano de la General (1) ), et, soudain, sa ressemblance avec Jacques Tati est bluffante. D'un clown triste à l'autre.
"Un jour, une histoire", Présentateur : Laurent Delahousse
Synopsis : Charlot, étrange personnage de cinéma, clochard tendre et bouleversant, a vu le jour en 1914. Laurent Delahousse présente, depuis le manoir de Ban, dernière demeure de Charlie Chaplin en Suisse, un documentaire sur ce cinéaste hors du commun, mort le 25 décembre 1977. Le film a été tourné dans tous les lieux où il a vécu, notamment à Los Angeles. Le réalisateur Frédéric Martin mélange images d'archives et scènes de fiction pour retracer les grands moments de sa vie. Le récit s'appuie également sur le témoignage de ses proches, enfants, petits-enfants, collaborateurs et biographes, mais aussi les réalisateurs Michel Hazanavicius, Costa Gavras et Milos Forman ou les comédiens Albert Dupontel et Gad Elmaleh.
Commentaire : Les numéros d'Un jour, une histoire (ou Un jour, un destin, entre les deux on s'y perd) se succèdent et ne se ressemblent pas en qualité. Cette fois, pas de doute, Laurent Delahousse a été inspiré et, si on passe sur son incurable propension à l'emphase, il a vraiment le sens du récit. C'est du manoir de Ban, à Vevey, en Suisse, dernière demeure de Chaplin où il s'éteignit la nuit de Noël 1977, qu'il lance ce documentaire quasiment en forme de thriller. Il était une fois un vieil homme vivant en exil depuis plus de vingt ans, qui se vit soudain rappeler par Hollywood pour être célébré... Emotion teintée d'amertume et flash-back : comment Charles Spencer Chaplin, génie du septième art, finit par être considéré comme un ennemi de l'Etat à cause de la paranoïa d'un certain J. Edgar Hoover. Mais aussi pourquoi il fut contraint de se marier à deux reprises, comment lui vint l'idée du Dictateur après un voyage en Allemagne, ou encore à quel point Le Kid était autobiographique... Bourré d'images d'archives intimes et d'interventions de certains de ses enfants (rappelons qu'il en eut huit ne serait-ce qu'avec sa dernière épouse, Oona O'Neill), tourné dans tous les lieux où Chaplin vécut, ce portrait d'un gamin anglais pauvre et abandonné devenu l'un des plus grands artistes du siècle est une mine, une histoire, un destin, tout ce qu'on veut.
Synopsis : Près de trente ans après sa mort, des millions de téléspectateurs suivent encore Louis de Funès dans les scènes mythiques de «La Grande Vadrouille». Derrière le masque de l'humour, on découvre une personnalité complexe. Sur les plateaux, l'acteur était influencé par son épouse Jeanne. Il était aussi un père de famille angoissé à l'idée que sa carrière puisse s'arrêter. Car Louis de Funès a attendu de nombreuses années avant de devenir une star du cinéma comme Bourvil, l'autre génie de l'humour. Des images d'archives, des témoignages de ses proches et de ses partenaires à l'écran permettent de revenir sur le parcours tumultueux de cet homme tourmenté.
Commentaire : Le titre de cette nouvelle « enquête » d'Un jour, un destin ne brille pas par son originalité. On sait, depuis la nuit des temps, que derrière le masque des clowns se cachent angoisse et fragilité. Pourtant, on n'aurait pas imaginé à quel point c'était le cas pour Louis de Funès. Ce tour de vie et de carrière de la plus grande star du cinéma français des années 1960-1970 contient son pesant de révélations.
Ils sont venus, ils sont tous là pour témoigner : les réalisateurs Serge Korber et Edouard Molinaro, Danièle Thompson (fille de Gérard Oury), les comédiens Michel Galabru, Christian Marin, Mireille Darc, Claude Gensac (sa « biche ») et Mylène Demongeot. Il y a même France Rumilly, qui incarna la bonne soeur dans les Gendarmes ! Sans compter les biographes officiels et ses deux fils connus : Olivier, le cadet pondéré, et Patrick, l'aîné plein de fantaisie qui a vraiment le sens de l'anecdote.
Comme toujours, certains commentaires (enregistrés) sont plus passionnants que d'autres (en plateau). Surtout, on regrette cette manie de mettre en scène le passé : pourquoi un plan sur une chambre d'hôpital lorsqu'il est question de la première crise cardiaque du grand Louis ? Mais, dans l'ensemble, ce film très documenté (photos, archives, images de tournages) sait dévoiler les joies et les affres d'un génie comique très secret et insatisfait qui pensait, hélas, c'est là qu'est l'os, que le succès pouvait, paf !, s'envoler du jour au lendemain.
Philippe Kohly explore les multiples facettes de ce génie torturé, disparu il y a dix ans, dans un passionnant portrait intime, éclairé par les commentaires de Robert Duvall et Elia Kazan.
SYNOPSIS : Sex-symbol à la puissance de jeu incontestée, Marlon Brando a bousculé lignes et codes dans les très puritaines années 50. Sacré roi des voyous, l'icône d'«Un tramway nommé désir» prend avec force, la décennie suivante, la défense des Noirs et des Indiens, avant d'embrasser d'une lumière crépusculaire «Le Dernier Tango à Paris» ou «Apocalypse Now». De son enfance dévastée - entre un père violent et une mère alcoolique mais vénérée - à sa vieillesse recluse, Philippe Kohly plonge dans les méandres de son existence chaotique. Convoquant ses proches, amis ou amantes, et égrenant sa filmographie, éclairé par les commentaires de Robert Duvall ou Elia Kazan, ce portrait aux riches archives tisse un portrait intime de l'insaisissable Marlon Brando, séducteur compulsif et génie d'un art qu'il n'a cessé de dénigrer.
COMMENTAIRE : « Peut-on être le meilleur acteur du monde malgré soi ? », s'interroge le documentariste Philippe Kohly au tout début de ce joli portrait. Sans doute, est-on tenté de lui répondre, si l'on en croit l'insistance avec laquelle Marlon Brando exprima toute sa vie le peu d'intérêt qu'il portait à l'exercice d'un métier qui fit pourtant sa gloire... et sa déconfiture.
Car c'est l'histoire d'une ascension sidérante et d'un désastre inexorable que lit Philippe Kohly dans la biographie de l'interprète de La Poursuite impitoyable et d'Un tramway nommé Désir (1.) Puisant dans le trousseau d'une enfance tourmentée les clefs d'une existence tumultueuse, vouée à la séduction autant qu'à l'autodestruction, il éclaire les ressorts psychanalytiques à l'oeuvre tout au long d'une carrière et d'une vie intime étroitement mêlées.
Si l'écriture de son commentaire manque quelquefois de légèreté, la vision à l'oeuvre, une heure et demie durant, témoigne de bout en bout d'une perception très fine de son sujet. En résulte un portrait qui, loin de dissiper le mystère d'une personnalité qui rechigna toujours à se laisser saisir, en décrit les contours avec beaucoup d'adresse. Et nous invite à revoir ses films (à commencer par La Vengeance aux deux visages et Le Dernier Tango à Paris, qualifié par Bernardo Bertolucci de « documentaire sur Brando ») à la lumière de sa propre histoire.
Durée 54 min Réalisation : Emmanuelle Franc Pays : France Année : 2016 (<arte.tv/fr/videos/071467-000-A/audrey-hepburn-le-choix-de-l-elegance/>) : une vie marquée par des épreuves
Quelle meilleure compagnie pour clore 2018 que celle, intelligente et fine, d’Audrey Hepburn ? Merci donc à Arte d’avoir programmé ce documentaire signé Emmanuelle Franc. Sobre, clair, très bien documenté et laissant voir (ou revoir) de larges extraits de ses principaux films, Audrey Hepburn, le choix de l’élégance permet, à celles et à ceux qui ne connaissent pas ou mal la vie de l’actrice, de l’appréhender. Les inconditionnels pourront s’y replonger avec délice tant cette femme incarne l’élégance. (Critique <lemonde.fr/>)
Arte <https://www.arte.tv/fr/videos/073120-000-A/fred-astaire-l-homme-aux-pieds-d-or/>. 53 min. Réalisation : Yves Riou Philippe Pouchain Pays : France Année : 2016.
Aérien, élégant, d'une précision et d'une inventivité folles, Fred Astaire donnait l'impression de s'amuser en dansant. Mais il détestait l'improvisation, et ses chorégraphies résultaient d'un travail acharné. Sur un tempo alerte, ce documentaire retrace la trajectoire élégante du roi de la comédie américaine. Un exaltant tour de piste au bras de Fred Astaire. Le danseur Rudolf Noureev louait sa musicalité et son agilité. Son confrère Mikhaïl Barychnikov le jalousait et disait : "De quoi ai-je l’air à côté ?" Aérien, élégant, d'une précision et d'une inventivité folles, Fred Astaire donnait l'impression de s'amuser en dansant. Mais il détestait l'improvisation, et ses chorégraphies résultaient d'un travail acharné. Sa mère, qui voulait à tout prix que ses enfants s'élèvent au-dessus de leur modeste condition d'émigrés autrichiens, lui met très tôt le pied à l'étrier. Dès l'âge de 4 ans, Fred Astaire apprend la danse aux côtés de sa sœur Adele. Les deux prodiges sont happés par les tournées théâtrales et apprennent leur métier sur les planches. Leur numéro fait de leur couple la coqueluche de Broadway, en partie grâce au charme et à la drôlerie d'Adele, qui ensorcelle littéralement le public. Lorsque sa sœur finit par épouser un lord anglais, histoire qui sera racontée dans la comédie musicale Mariage royal, Fred Astaire, délaissé, rebondit et se lance alors dans la brillante carrière hollywoodienne qu'on connaît.
Arte <https://www.arte.tv/fr/videos/075184-000-A/douglas-fairbanks-je-suis-une-legende/> 53 min.Réalisation : Clara Kuperberg Julia Kuperberg Pays : France Année : 2016.
Star des films de cape et d'épée, le bondissant Douglas Fairbanks a contribué à inventer, entre deux pirouettes, le Hollywood d'aujourd'hui. Raconté par Laurent Lafitte, son parcours flamboyant ressuscite la magie des débuts du cinéma. On l'a oublié, mais Douglas Fairbanks fut l'un des rois d'Hollywood. Jugé mauvais acteur, il démarre par des galipettes dans des comédies bas de gamme. Devenues sa marque de fabrique, ses cascades, associées à son énergie et à son inamovible sourire, font de lui une immense star. En 1916, deux rencontres majeures changent le cours de sa vie déjà mouvementée : Charlie Chaplin, qui deviendra son meilleur ami, et Mary Pickford, "petite fiancée de l'Amérique" et grande vedette de l'époque, dont il tombe éperdument amoureux. En 1919, le trio Fairbanks/Pickford/Chaplin envoie valser Famous Players (la future Paramount) en créant United Artists, premier studio indépendant capable de distribuer ses films. Dès lors, Fairbanks a les mains libres. Le signe de Zorro, Les trois mousquetaires (un vieux rêve), Robin des Bois, Le voleur de Bagdad… : les tournages s'enchaînent, toujours plus ambitieux, dans une débauche de décors grandioses et de folles acrobaties. Fairbanks, acteur et producteur, vit un âge d'or, jusqu'à l'avènement du parlant, à la fin des années 1920.
Le précurseur Le super-héros, les superproductions, le story-board, les Oscars, les foules en délire et même la première villa avec piscine à Beverly Hills… : tout ce qui constitue l'industrie du cinéma américain et le star-system, Douglas Fairbanks l'a inauguré ou en a eu l'intuition. À travers ce destin flamboyant, le pensionnaire du Français Laurent Lafitte raconte en voix off les coulisses d'une industrie florissante mais encore artisanale et la splendeur des films d'aventures qu'elle a produits, dévoilant au passage le secret de certains effets spéciaux. Une foule d'archives étonnantes montrant l'industrieux Hollywood, Fairbanks enthousiaste et conquérant, les clowneries avec Chaplin ou la complicité amoureuse avec Mary Pickford complète ce documentaire au charme innocent, celui des commencements.