Le far west, ses héros, ses lois, ses légendes
Même si les poursuites impitoyables, les chevauchées fantastiques et les hors-la-loi sont toujours là, le western a définitivement changé. Les gentils ne sont pas toujours les cow-boys et les Indiens ne sont plus uniquement présentés comme des méchants.
«Y a-t-il quelque chose de plus beau qu'un plan général d'un homme sur un cheval galopant libre à travers une plaine?» demandait John Ford, l'un des maîtres du western. Poursuites impitoyables, chevauchées fantastiques, hors-la-loi au grand cœur, braves cow-boys et farouches indiens: le western célèbre l'héroïque épopée des pionniers partis à la conquête de l'Ouest, en mêlant l'histoire et la légende.
De grandes odyssées. Tournés loin d'Hollywood, les films des années 20 sont plus ambitieux et racontent de grandes odyssées comme celle du chemin de fer: La Caravane vers l'Ouest, Le Cheval de Fer ou La Ruée vers l'Ouest connaissent un énorme succès. De jeunes réalisateurs qui débutent à cette époque comme John Ford ou Raoul Walsh donneront au western ses lettres de noblesse. Le far west fourmillait de figures légendaires. Le western s'en empare à partir de 1936: Buffalo Bill, le chasseur de bisons (Une aventure de Buffalo Bill de Cécil B. De Mille), Jesse James, le hors-la-loi (Le Brigand bien-aimé d'Henri King), Wyatt Earp, le shérif (Frontier Marshall d'Allan Dwan).
Les débuts de John Wayne. C'est aussi à cette époque, en 1939, que John Ford tourne le western le plus célèbre de l'histoire: La Chevauchée fantastique. Ce film raconte le voyage de neuf personnes à bord d'une diligence
sur une dangereuse piste de l'Arizona. La psychologie de chacun des héros y joue un rôle important. La vedette, John Wayne, deviendra ensuite la figure marquante du western qui, dans les années 40, continue d'idéaliser les pionniers de la conquête de l'Ouest.
L'état de grâce. De 1950 à 1964, les chefs-d’œuvre se succèdent: La Captive aux yeux clairs, Winchester 73, Je suis un aventurier, La Prisonnière du désert, Rio Bravo ou Les Sept mercenaires. Dans L'Homme qui tua Liberty Valance, l'un des personnages s'exclame: «Quand la légende devient réalité, il faut imprimer la légende». Mais Hollywood commence à se poser des questions d'authenticité et parle de "nation indienne" à la place du péjoratif "Peaux-Rouges". Le plus bel exemple de ce nouveau regard porté sur les Indiens, La Flèche brisée, date de 1950. Le héros, James Stewart, y épouse une princesse Apache. Peu à peu, les westerns délaissent la légende du far west pour la réalité historique: en effet, derrière l'héroïque conquête de nouveaux territoires se cache la sombre histoire des Indiens impitoyablement exterminés ou chassés de leurs terres.
Les Indiens massacrés. En 1964, John Ford tourne l'un de ses derniers films, Les Cheyennes. Pour la première fois, il montre l'errance de ce peuple affamé et traqué par l'armée américaine. On n'hésite plus à dénoncer le génocide (massacre systématique) des Indiens comme dans Le Soldat Bleu. Dans Little Big Man, le héros, blanc (Dustin Hoffman) choisit de vivre aux côtés des Cheyennes. Le spectateur découvre enfin que les Indiens ne sont pas ces sauvages sanguinaires dépeints dans de nombreux westerns mais un peuple avec une véritable culture. Il était temps !
La fin de l'épopée. Dans Le Dernier des géants, le personnage interprété par John Wayne est abattu d'une balle... dans le dos. Un comble pour celui qui a incarné tant de héros du far west. C'est aussi la dernière apparition de l'acteur, qui meurt en 1979, soit six ans après John Ford. Ensemble, ils ont tourné 18 films. Le western est sur le déclin malgré quelques beaux sursauts comme Jeremiah Johnson de Sidney Pollack avec Robert Redford.
Toujours vivant. Aujourd'hui, seuls quelques rares réalisateurs et comédiens sont attachés à ce genre : Clint Eastwood {Pale Rider, Impitoyable), le réalisateur Lawrence Kasdan {Silverado, Wyatt Earp), ou encore Kevin Costner qui a tourné l'un des plus beaux westerns de ces dernières années: Danse avec les loups.
Les héros seraient-ils fatigués? Le western n'est pourtant pas tout à fait mort: il revient sur les écrans à chaque fois que l'Amérique se penche sur son passé.
Le Cheval de Fer
Pour Le Cheval de Fer, la première superproduction du western (1924), 2 villes furent construites dans le désert du Nevada, on fit appel à 5000 figurants, 800 Indiens, 2000 chevaux... et 500 cuisiniers pour nourrir tout le monde !
John Wayne
Entre 1927 et 1976, ce qui représente une très longue carrière, John Wayne a joué dans 153 films. Et il a tenu 142 fois le premier rôle.
Vous avez dit spaghetti ?
En 1964, un western italien intitulé Pour une poignée de dollars bouscule complètement les règles du genre: les cow-boys sont sales, mal rasés, cyniques et uniquement intéressés par l'appât du gain. Sergio Leone vient de créer un nouveau genre surnommé le western-spaghetti. On y découvre un far west peuplé de bandits (Le Bon, la brute et le truand) ou de tueurs (Il était une fois dans l'Ouest). Un univers bien éloigné de la légende dorée.