Affecter un film à un genre est un souhait bien naturel afin de disposer d'un classement qui facilite la recherche et permette de mieux organiser les œuvres. De plus c'est une tendance propre à notre cerveau que de vouloir classer et catégoriser...
Mais on s'aperçoit vite que de nombreux films ne se laissent pas classer aussi facilement. Certains d'entre eux appartiennent à plusieurs genres, d'autres à aucun !
Cependant, j'ai voulu ici aborder quelques-uns des genres que l'on retrouve classiquement dans les bases de données consacrées au cinéma.
Vous en trouverez ci-dessous, une dizaine, par ordre alphabétique, ce qui, donc, ne préjuge en rien de leur importance respective...
Une liste de catégories est toujours arbitraire... Il suffit de consulter différentes sources...
Aristote distingue comédie et tragédie. Dans la tragédie, le conflit est surdéterminé par des forces morales ou sociales qui échappent aux personnages. La comédie quant à elle, peint les travers d'une société.
Le documentaire cherche en principe à ne pas manipuler le réel. - Le drame s'attache au destin vécu par le personnage. Les personnages sont dignes et l'intrigue sérieuse. La comédie privilégie l'esprit de légèreté et une distance assumée vis à vis du sujet. La dérision vis à vis de l'intrigue est de plus en plus grande de la comédie sociale à la comédie burlesque en passant par la comédie sentimentale.
Dans cet esprit on peut distinguer huit genres. L'appartenance à ces huit genres n'est pas exclusive de l'appartenance aux genres thématiques.
Le documentaire cherche à capter le réel sans jugement, définit le point zéro sur l'axe des distances. Un documentaire vaut surtout par sa capacité à laisser au spectateur les moyens de reconstruire le réel par lui-même. Mais toute représentation est ambiguë.
Côté drame. Le Drame épique. Le metteur en scène s'applique à décrire le parcours du personnage comme un destin. Le personnage est poussé par une force qui le pousse à transformer la société. Il regroupe les tragédies et les aventures d'hommes au destin exceptionnel. - Le Drame sentimental. Il s''apparente au drame lyrique. Le personnage ressent beaucoup d'affects, il est saisi par la situation présente. Fragile, fatigué, exalté ou révolté, il est souvent en deçà de la psychologie et de la compréhension sociale. Focalisation interne. - Le Drame psychologique. proche du roman d'apprentissage de la littérature dans lequel le héros accomplit un parcours initiatique qui le transforme. Portraits d'hommes et de femmes qui se cherchent eux-mêmes. - Le Drame social. Le drame social est parfois proche du documentaire. Il peut s'agir du parcours initiatique d'un individu, c'est alors un drame humain , ou bien du sort d'un un individu ou d'un groupe confronté à un événement historique ou social. - Le drame "lyrique" accorde une place privilégiée aux émotions individuelles. L'immense majorité des films qui le composent comportent une problématique amoureuse ; c'est alors le drame sentimental, concession faite au critère thématique.
Côté comédie. - Comédie sociale. Mise en scène de la tragicomédie de l'existence. Elle met en évidence la distance entre l'imaginaire individuel des personnages et la représentation sociale plus cohérente et complète dessinée par le metteur en scène. On y trouve notamment la Comédie italienne. - Comédie Sentimentale. Concentration narrative sur l'histoire d'un couple au détriment de la représentation sociale, le plus souvent reléguée à l'arrière-plan. - Comédie burlesque. Caractérisée par l'intrusion permanente du gag dans la narration. Avec le parlant les gags deviennent moins nombreux mais exploitent les incongruités du langage, le non-sens, la manipulation de l'image. La comédie burlesque se transforme alors en comédie loufoque.
Douze genres classiques du cinéma peuvent être distingués selon l'axe thématique
Policier. Lutte du bien et du mal, parmi lesquels film Noir, film de détective, film de gangster. Aventures Un héros, du suspens, de l'exotisme, où l'on trouve par exemple les films bibliques, les road-movie... Western où domine l'esprit de conquête, fondation d'une communauté dans un environnement hostile. Espionnage Recherche du secret d'Etat. Fantastique dans des mondes inconnus ou extrapolés Guerre Politique Représenter, identifier les enjeux en terme de pouvoir qui guident ou que subissent les personnages. Analyse de la prise de pouvoir ou engagement pour la justice sociale ou encore vivre ensemble entre groupes dissemblables Érotique Description du plaisir et de la sensualité. Mélodrame Utilisation de situations de paroxysme pour susciter l'émotion du spectateur. Musical Le moment d'émotion est accentué par des passages chantés.
Pas vraiment thématiques, mais plus orientés vers un mode d'approche, deux genres particuliers, l'Animation. représentation stylisée de la réalité et le Film expérimental travail sur la matière du cinéma.
C'est ainsi une douzaine de genres qui peuvent être distingués et qui représentent la base de la plupart des catégorisations que l'on rencontre.
La plupart des classifications usuelles mélangent ces deux axes de différenciation. J'ai pris ici quatre exemples de classification.
De Blanche-Neige et les sept nains, sorti en 1937, aux oeuvres d'animation des années 1990, on est passé de la technique traditionnelle, dite du "cellulo" , dessiné image par image, à celle du dessin assisté par ordinateur. Avant, le plan était d'abord dessiné au crayon sur du papier et les animateurs décomposaient en différentes étapes chaque mouvement des personnages qui étaient ensuite dessinées sur des calques. Puis les traceurs reportaient les dessins sur des feuilles transparentes en celluloïd. Ces "cellulos" étaient colorés au pinceau par des gouacheurs, et plaqués sur les décors. L'ensemble était alors photographié image par image par une caméra. L'animation fait la part belles aux animaux anthropomorphiques.
Pour en savoir plus et découvrir les sélections, cf. Animation
Intrépides, les vrais aventuriers triomphent toujours des situations les plus désespérées. Vous suivez leurs exploits le souffle coupé? Pas de doute, vous êtes en train de regarder un film d'aventure. Mais où le cinéma va t-il chercher tous ses aventuriers? Le plus souvent dans les livres . On y croise des héros intrépides et de justiciers au grand cœur Cyrano de Bergerac, le Capitaine Fracasse, Scaramouche, Ivanoë., Tarzan, D'Artagnan, Robin des Bois... Des héros de bande dessinée, tels que Superman, Batman, Flash Gordon, Prince Vaillant, Dick Tracy ou The Mask, tous été édités dans les journaux américains avant d'être immortalisés sur grand écran... Des aventuriers taillés pour le cinéma, comme Indiana Jones... L'aventure c'est aussi la mer avec ses corsaires et flibustiers...
Pour en savoir plus et découvrir les sélections, cf. Aventure
Un film biographique ou « biopic » (contraction de « biographical picture »), est une œuvre de fiction, centrée sur la biographie d'un personnage ayant réellement existé. Comme il s'agit d'une œuvre artistique, la représentation donne le champ libre à l'éclairage donné au personnage. Ce genre de film est parfaitement intégré au star system dans la mesure où mzt la lumière autant sur l'acteur que sur le personnage. Le biopic peut relever autant de la superproduction que du cinéma intimiste. Le genre a acquis une particulière popularité depuis les années 1980 grâce aux progrès des techniques d'imagerie rendant possible la reconstitution de paysages, et de zones urbaines d'époque crédibles, voire la fusion d'images d'archives.
Pour en savoir plus et découvrir les sélections, cf. Biographies / Biopics
Charlie Chaplin, Laurel et Hardy ou Buster Keaton ont en commun de savoir nous faire rire. Pourtant, ils ne s'y prennent pas de la même manière. Dès qu'il est né, le cinéma a su faire rire. En 1895, Louis Lumière tourne le premier gag de l'histoire du cinéma : L'arroseur arrosé. Dans les années 10, à Hollywood, le réalisateur Mack Sennett est célèbre pour ses petits films de deux bobines qui font hurler de rire le public Un peu plus tard, il donne sa chance à Charlie Chaplin. L'autre grand maître du burlesque s'appelle Buster Keaton, "L'homme qui ne rit jamais". Parmi les maîtres du burlesque, on ne peut omettre Stan Laurel, le maigre et Oliver Hardy, le gros, qui forment à partir de 1925 un formidable duo comique, ni Buster Keaton qui a su résister à l'arrivée du parlant et fait rire depuis plusieurs générations.
Pour en savoir plus et découvrir les sélections, cf. Burlesque
Grimaces ou jeux de mots, clins d'œil ou tartes à la crème, humour tendre ou méchant... tous les moyens sont bons pour vous amuser: . gags, bons mots, comique de situation...
Le cinéma américain a ses classiques , comme dans ces comédies, choisies parmi les plus célèbres de l'histoire du cinéma.: La soupe aux canards, Léo McCarey (1933). L'impossible Monsieur Bébé, Howard Hawks (1938), Le Pigeon, Mario Monicelli (1958), Docteur Jerry et Mister Love, Jerry Lewis (1963), Monty Python sacré Graal, T. Gilliam et T. Jones (1974)...
Le cinéma français a les siennes qui ont marqué les mémoires grâce aux fous rires qu'elles ont pu déclencher : Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) , La Grande Vadrouille (1966) , Les aventures de Rabbi Jacob (1973) , Mais où est donc passée la 7e compagnie ? (1973), L'Aile ou la Cuisse (1976) ,Les Bronzés (1978) , La Chèvre (1981) , Le Père Noël est une ordure (1982), Papy fait de la Résistance (1983) , Les Visiteurs (1993) , La Cité de la Peur (1994) , Les Trois Frères (1995), Le Dîner de Cons (1998) , Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre (2002) , Camping (2005) , Brice de Nice (2005) , OSS 117, Le Caire nid d'espions (2006) , Bienvenue chez les Ch'tis (2008) , Intouchables (2011) ...
Et bien d'autres...
Pour en savoir plus et découvrir les sélections,cf. Comédie
Elles nous font le cœur léger, elles nous entêtent et ne nous quittent jamais vraiment. Focus sur les plus grandes comédies musicales du cinéma. Les comédies musicales racontent souvent l'ascension vertigineuse de jeunes vedettes vers les sommets de la gloire. F red Astaire, le roi des claquettes, est la véritable incarnation de ce genre cinématographique. Les studios adaptent pour l'écran les féeries musicales qui sont jouées dans les théâtres de Broadway à New York. Leurs histoires racontent souvent l'ascension vers les sommets de la gloire de jeunes vedettes, inconnues le soir et stars le lendemain. On y décrit, comme dans le célèbre Chantons sous la pluie de Stanley Donen et Gene Kelly, le monde du spectacle et de ses coulisses. L'âge d'or. Les années 30 sont l'âge d'or de la comédie musicale. Rien n'est trop beau : des somptueux tableaux. de brillantes chorégraphies... Toujours plus haut. Fred Astaire forme avec Ginger Rogers, le couple le plus célèbre des films musicaux. Mais il est aussi éblouissant en duo avec Gene Kelly. Depuis, on n'a jamais réussi à faire mieux ! .
Pour en savoir plus et découvrir les sélections, cf. Comédies musicales
La comédie sentimentale cherche avant tout à raconter une histoire d'amour. Le scénario-type de la comédie romantique peut se résumer ainsi : deux personnes que tout oppose en apparence (l'homme psychorigide et la femme excentrique, le riche homme d'affaires et la pauvre prostituée...) se rencontrent et vont progressivement tomber amoureux l'un de l'autre, mais peinent à l'admettre. Finalement, leur amour triomphe des obstacles et les protagonistes finissent ensemble. La comédie sentimentale alterne scènes humoristiques et scènes cherchant davantage à émouvoir. C'est un genre typiquement américain.
La comédie romantique, qui en est proche, cède plus la place aux sentiments et moins à l'humour. On porrait citer, par exemple : Sur la route de Madison ; L'homme qui murmurait à l"oreille des chevaux ; Out of Africa ;
Le fantastique, c'est des frissons, mais c'est aussi du rêve, avec le mode merveilleux des contes et légendes de l'enfance
Il était une fois, dans un royaume perdu hors du temps et de l'espace, une princesse en détresse et un jeune chevalier sans peur. Comme dans les contes de fées et les vieilles légendes, les films fantastiques commencent presque toujours par ces mots magiques : il était une fois... Au temps du cinéma muet, le fantastique était très sombre. Le Cabinet du docteur Caligari (1919) et Nosferatu le vampire (1922), deux chefs-d'œuvre de l'expressionnisme allemand. C'est également en 1931, dans un film de James Whale, que naît le célèbre monstre de Frankenstein, cette créature faite de morceaux de cadavres à laquelle un savant fou donne vie. On l'a retrouvé dans plus de 100 films et, à chaque fois, le frisson est garanti. Ce terrible monstre qui sème la panique n'a pourtant qu'une envie: celle d'être simplement aimé, comme vous et moi. Le premier et sans doute le meilleur interprète du monstre de Frankenstein est un grand acteur au physique inquiétant: Boris Karloff. Pour Ridley Scott, le réalisateur de Legend, «La Belle et la Bête de Jean Cocteau est sans doute le meilleur conte de fées cinématographique réalisé à ce jour».
Portraits de grandis personnages ou récits d'événements importants, nombreuses sont les superproductions dites "historiques". Pourtant, la réalité de l'époque que ces films sont censés retracer n'est pas toujours respectée. Quoi de mieux pour faire du grand spectacle qu'un bon film historique? L'Antiquité s'y prête particulièrement. Choisir une époque précise est une chose, respecter la vérité historique en est une autre. Les grandes productions américaines s'accompagnent souvent de recherches méticuleuses pour les reconstitutions. Mais cela n'empêche pas les erreurs. En Italie, le succès des Travaux d'Hercule relance la mode du "Péplum". Là, plus question de vérité historique, ces films racontent avec beaucoup de fantaisie les exploits des héros de la mythologie. Soucieux de recréer le xviiie siècle en s'inspirant des tableaux de grands maîtres de l'époque, Stanley Kubrick a d'abord mené des recherches pendant six mois pour trouver et aménager les lieux du tournage. La confection des costumes a nécessité, à elle seule, un travail d'une année et demi! En France, on préfère se pencher sur la monarchie. Les Anglais se spécialisent dans les personnages de l'histoire britannique ... Et en Russie, on s'est longtemps servi du talent des cinéastes pour faire de la propagande soviétique.
Le film d'horreur dans son essence est à dissocier du genre thriller qui correspond plus à un genre destiné à apporter une certaine tension chez le spectateur, ou encore du film fantastique qui apporte une notion de surnaturel sans pour autant avoir pour but de provoquer la peur. Le film d'horreur, ou film d'épouvante, est un genre cinématographique dont l'objectif est de créer un sentiment de peur et d'angoisse chez le spectateur. Les films impliquant des zombies, des vampires, des revenants, les forces démoniaques ou encore des loup-garous comptent parmi les classiques du genre. Le cinéma d'horreur est partout, il est devenu un phénomène de société incontournable. Auparavant cantonné dans les marges, il s'est mué en un genre majeur. Eli Roth (Hostel), Alexandre Aja (La colline a des yeux), Neil Marshall (The descent), Jaume Balaguero et Paco Plaza (Rec) sont devenus des auteurs singuliers, renouant avec l'énergie contestataire du film d'horreur américain des années 1970. Ces auteurs dessinent les contours de cette nouvelle vague du cinéma d'horreur contemporain.
Tout commence par le western, l'histoire de l'Amérique et surtout de la conquête de l'Ouest. Atteindre la côte pacifique, autrement dit faire reculer la ligne séparant la sauvagerie (les Indiens) de la civilisation (les colons), constitue le thème central du genre. L'Amérique et ses héros se sont construits en se déplaçant et en conquérant de nouveaux territoires. En 1945, un petit film noir pose les jalons de ce que l'on allait appeler à la fin des années 60 « le road-movie », Détour, d'Edgar G. Ulmer. Déjà, il contient les bases du genre : l'importance du déplacement et un sens inné de la fatalité (dans le road-movie. En 1968, deux jeunes allumés du cinéma (Peter Fonda, alors abonné au films de motards, et Dennis Hopper, réalisent un long métrage racontant le périple de deux hippies chevauchant leur Harley Davidson à travers les États-Unis : Easy Rider. Le film change à jamais le visage du cinéma et lance ce que l'on appela plus tard le Nouvel Hollywood. Avec Easy Rider, un genre ontologiquement américain est né. Un seul élément suffit, la route, colonne vertébrale du genre, et son cortège de situations (auto-stop, pannes, poursuites de voitures...).