Les sujets clivants sont souvent les mêmes : violence, religion, sexualité (homosexualité et nudité), événement historique douloureux. politique, drogue, suicide...
<notrecinema>, mai 2015
Regardez n’importe quel film de Seth Rogen et vous aurez un stock d’arguments vantant les mérites de l’utilisation de la marijuana comme médicament plutôt que comme plaisir. Au lieu d’entourer les produits stupéfiants de connotations négatives, les films d'aujourd'hui normalisent et même satirisent la consommation des drogues, traitant avec humour un produit qui pourrait être considéré dangereux. Prenez, par exemple, Pulp Fiction de Tarantino : dans ce qui pourrait être une terrible scène d’overdose d'héroïne, Tarantino rend la souffrance d’Uma Thurman presque comique, et ramène l’actrice à la vie grâce à une rapide piqûre dans le cœur.
Sous forme de long trip délirant, interrompu par de brusques retours à la réalité la plus crue, Requiem... est l'un des films les plus impressionnants consacrés à la drogue, ou plutôt à toutes les drogues, l'héroïne comme les cachets pour maigrir ou la télévision. La réussite du pari d'Aronofsky se juge alors à sa capacité à créer du malaise. Requiem for a Dream appartient à la catégorie, rare et précieuse, des films qui rendent malade . Un film brillant, virtuose, peut-être excessif dans son accumulation d'effets mais qui fonctionne finalement comme une vraie drogue, avec son côté euphorisant et sa terrible descente.
Alors tout juste trentenaire, Quentin Tarantino remporte la Palme d'Or des mains de Clint Eastwood, président du jury cette année-là, au nez et à la barbe de Nanni Moretti (Journal intime), Krzysztof Kieslowski (Rouge), Nikita Mikhalkov (Soleil trompeur) ou encore Patrice Chéreau (La Reine Margot). Un prix prestigieux qui permet à Miramax, le studio d'Harvey Weinstein, d'entrer dans la cour des grands. Lors de la remise de la Palme dans le Grand Théâtre Lumière, certains ne manquent pas de huer le réalisateur et son équipe et de crier "quelle daube !", ce à quoi Tarantino répond par un doigt d'honneur. Peu importe : à sa sortie, Pulp Fiction rapporte 215 millions de dollars de recettes pour un budget de 8,5 millions de dollars.
Si Orange mécanique soutient que c'est la société qui est à l'origine de la délinquance chez les jeunes, la presse anglaise de l'époque affirme, elle, que le film pourrait bien avoir déclenché une vague de violence urbaine. Au moment de sa sortie en 1972, l'Angleterre est en effet confrontée à une série inexpliquée de meurtres commis par de jeunes criminels. Croulant sous les lettres de protestation, voire de menaces, Stanley Kubrick décide de retirer son film des salles de cinéma britanniques, malgré un succès retentissant. Pas de souci en France, mais au Royaume-Uni ce n'est qu'en 2000, après la mort du cinéaste, qu'il sera de nouveau projeté.
"J'ai dégusté son foie avec des fèves au beurre et un excellent chianti." Cette phrase compte parmi les répliques cultes du Dr Lecter (Anthony Hopkins) dans Le Silence des agneaux. Surnommé Hannibal le cannibale, le fameux médecin est un ancien psychiatre tueur en série, emprisonné à vie, qui va aider Clarice Starling (Jodie Foster), jeune recrue du FBI, à enquêter sur les crimes d'un serial killer, appelé Buffalo Bill.
Comment un simple film d'exploitation a-t-il pu susciter autant de polémiques ? Interdit dans plusieurs pays, le film d'horreur Cannibal Holocaust présente des meurtres tellement réalistes et sauvages que le réalisateur Ruggero Deodato s'est retrouvé devant les tribunaux pour prouver l'identité de plusieurs acteurs toujours en vie et ainsi démontrer que le film n'était pas un snuff-movie ! En revanche, les mises à mort d'animaux (tortue, singes, cochon...) sont hélas bien réelles. Plusieurs associations de défense des animaux se sont d'ailleurs mobilisées pour interdire le film. Il est finalement sorti en 1981 avec une interdiction aux moins de 18 ans et amputé de ces séquences subversives.
Ce fût à sa sortie un énorme coup de poing, une sorte de documentaire trop réaliste, trop brutal. Le film révéla le monde des banlieues, d'une manière aussi brillante que cruelle. A côté de cela, dix ans plus tard, on le diffusa sur la chaîne parlementaire, à titre documentaire. Encore une fois, le film fut reconnu pour ses qualités mais dénoncé parce que dérangeant...
Précédé d'une réputation sulfureuse aux Etats-Unis et au Festival de Venise, Tueurs nés d'Oliver Stone sort sur les écrans français avec une interdiction pour les moins de 16 ans. L'histoire de ce couple en cavale sans foi ni loi évoque sans détour la fascination que provoque la violence dans les médias de masse. Le film choque, dérange, sans plus, jusqu'à ce que le 4 octobre 1994 un jeune couple, Audry Maupin et Florence Rey, tuent froidement trois policiers et un chauffeur de taxi. Un fait divers ressemblant étrangement à l'odyssée criminelle des personnages du film, qui sera alors jeté en pâture à une certaine presse très agressive accusant Oliver Stone de présenter une violence incitatrice.
Peu de films ont aussi vivement dépeint la gueule de bois qui a réveillé l'Amérique de la guerre du Vietnam. Ce chef-d'œuvre tragique de Michael Cimino a été Lauréat de 5 oscars (dont meilleur film). Ce film de 1978 raconte la vacuité de la guerre et les désillusions de l'Amérique post-sixties.Avant même sa sortie, le film perturbe, notamment lors de sa projection à la Berlinale de 1979 : la scène qui fait scandale ? Celle qui fera la postérité du film et où Christopher Walken et Robert De Niro sont contraints à jouer à la roulette russe devant leurs geôliers viet cong. Dans ce jeu macabre, auquel la chasse au cerf fait écho, on perçoit l'angoisse de la mort, l'allégorie du coup fatal qui finirait par tomber, de la balle qui viendrait faucher le G.I.
La Commission de Classification des Films a décidé, jeudi 29 mai 2008, d'interdire Martyrs aux moins de 18 ans, ce qui équivaut à un véritable suicide commercial. Dès lors, de nombreuses voix se sont élevées contre cette classification, qui avait été notamment utilisée pour Saw 3 en 2006 ou Baise-Moi de Virginie Despentes en 2000. "Concrètement, cela signifie que le film, s'il sort, ne sera pas distribué dans une centaine de salles, mais dans cinq au maximum, ". Wild Bunch, le distributeur français, a même décidé d'annuler la sortie française. La commission de classification est finalement revenue sur son avis, proposant une mesure d'interdiction du films aux moins de 16 ans avec avertissement. .. Le réalisateur précise "choquer ne m'intéresse pas en soi mais il fallait vraiment qu'on ait une sensation physique, organique, de la douleur infligée, sinon on aurait perdu toute idée de gravité de cette violence, ça l'aurait rendu " gadget " (...) Je voulais que chaque coup soit douloureux, non par quelque discours moral sur la représentation de cette violence, mais parce que c'est le sujet même du film
Peut-on rire de la vie de Jésus ? Il faut croire que non, vue la polémique engendrée par ce film...
Si, aujourd'hui, le parfum de scandale qui embaumait La Dernière Tentation du Christ s'est quelque peu évaporé, difficile d'en dire autant au moment de sa sortie en 1988. Choqué par le caractère soi-disant blasphématoire du film de Scorsese, plusieurs catholiques intégristes prennent part à de violentes manifestations de colère : jets de gaz lacrymogène, appel au boycott et même un attentat à la bombe dans le cinéma "Espace Saint-Michel" à Paris qui projetait le film. Que de débordements de la part de conservateurs religieux qui s'attendaient à une lecture simplement fidèle de la bible !
Le film par excellence qui a crée la polémique : trop cru, trop réaliste. Réaliste , ça il l'est : langue de l'époque, violence de l'époque, réalisation froide. La plupart des images sont très éprouvantes. Mais, évidement, là où en tant normal on se serait contenté d'interdire le film aux moins de 16 ans, il fallait que le film porte en plus sur un homme particulier, et non des moindres, Jésus. Il en fallait rien de plus pour mettre les feux aux poudres. Une Eglise déchirée sur la question de savoir si le film et bon ou non, si le Christ ou non a souffert de cette façon. Une communauté juif qui trouvait le message antisémite. Bref, une histoire forcément houleuse...
Le roman avait fait fait parler.... On en attendait pas moins pour le film... Pourquoi ?: - L'attaque ouverte à l'Eglise et à l'Opus Dei - La thèse du mariage de Jésus et de ses enfants - Les amalgames du scénario mêlant Templiers, Papauté, ordres secrets... Que ce soient les historiens, les théologiens, les chrétiens et bien d'autres critiques, ce film, outre sa platitude, est tout simplement scandaleux. En témoigne la musique, jugée trop violente et censurée dans certains pays. Mais, c'est pourtant la seule chose réussie du film...
Il ne faut pas rire avec la religion chrétienne. Malgré la dimension comique adoptée, Film à vocation humoristique sur Dieu et "ses potes". Les catholiques ne plaisantent pas avec ces choses-là. Bien sûr, Dieu était incarnée par la chanteuse Alanis Morisette. Dogma se voit violemment attaqué à sa sortie en 2000 par plusieurs associations chrétiennes, choquées par le caractère délibérément blasphématoire du scénario. En France, des centaines de manifestants se sont réunis devant le château de Versailles pour protester contre le film. En Pologne, une association a porté plainte pour "offense aux sentiments religieux" (une affaire qui s'est retrouvée sans suite)... Voir Dieu incarné par la chanteuse Alanis Morissette n'est pas du goût de tout le monde...
Réalisé en 1957, Les Sentiers de la gloire n'a pu sortir en toute sécurité en France qu'au milieu des années 1970. Profondément anti-militariste, le film s'attache à établir une critique virulente des dirigeants de guerre. Une démarche plutôt dérangeante. Personne n'a en effet oublié le scandale provoqué par sa projection en Belgique où des anciens combattants sont venus (violemment) huer le film. Résultat : chaque séance est scrupuleusement surveillée par les forces de l'ordre et le distributeur se refuse à présenter le film à la commission de contrôle en France.
Quand Godard sort son film qui critique ouvertement la torture et met en avant l'antimilitarisme, le comité de censure interdit le film durant 3 ans. L’œuvre ouvertement anti-militariste ne semble pas être appropriée au contexte politique de la France à l'époque si l'on en croit le rapport du comité de censure. Sa justification ? " : "A un moment où toute la jeunesse française est appelée à combattre en Algérie, il paraît difficile d'admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié..."
Même si l'histoire de Dupont Lajoie est choquante (après avoir violé et tué une jeune fille, un cafetier tente de faire porter le chapeau à une communauté de maghrébins), le film d'Yves Boisset reste une virulente critique du racisme ordinaire et n'apparaît pas en soit comme scandaleux.. C'est l('histoire d'un homme qui viole et tue une jeune femme avant d'essayer de faire porter le chapeau à la communauté maghrébine du quartier, le message est simplement de critiquer le racisme exacerbé d'une société française. Pourtant, le tournage et la sortie du film ont été ponctués d'événements très violents provoqués par le groupe d'extrême-droite Charles Martel. Les comédiens d'origine maghrébine ont été victimes d'agressions physiques et morales sur le plateau, les bagarres se sont multipliées dans les cinémas. Le film a même été déprogrammé de certaines salles suite à ces affrontements...
Toute la carrière de Pasolini a un parfum de scandale, mais Salo ou les 120 journées de Sodome est peut-être rétrospectivement son film le plus puissant et le plus explicite de toute sa filmographie. Inspiré des écrits du Marquis de Sade, il montre deux heures durant scènes de torture et de scatologie particulièrement dérangeantes. Cependant, le scandale n'aurait pas éclaté si le réalisateur n'avait pas livré dans son oeuvre une métaphore horrible du fascisme. Dans un contexte politique trouble, Pasolini est assassiné le 2 novembre 1975, quelques jours avant la sortie de son film. La police a considéré que le réalisateur avait été tué par un ancien amant. Les proches, eux, sont persuadés d'un crime politique...
Fahrenheit 9/11 est un film américain documentaire réalisé par Michael Moore en 2004, lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes 2004. Revendiqué par Michael Moore comme un acte politique visant à la non-réélection de George W. Bush à la présidence des États-Unis en novembre 2004, ce film est un réquisitoire contre George Bush. Il révèle en particulier que ce dernier et ses partisans ont manœuvré pour assurer leur victoire aux élections américaines en 2000, en truquant le recomptage des bulletins de vote. Le film établit également une part des liens qui existent entre la famille Bush et la famille ben Laden, et comment l'administration américaine a facilité le départ de membres de cette famille après les attentats du 11 septembre 2001. Il expose enfin que la mainmise sur le pétrole irakien serait un des motifs, sinon le seul motif réel, de l'invasion américaine de 2003 en Irak...
«La Chute» présente les derniers jours d'Hitler dans son bunker. C'est entre le 20 avril et le 2 mai 1945 que se joua cette histoire devenue film. Les armées russes encerclaient Berlin, écrasant la capitale sous leur artillerie. Les chars progressaient mètre par mètre vers la chancellerie du Reich où Hitler s'était enfermé avec son entourage proche. Ces journées furent racontées dans l'immédiat après-guerre par deux officiers alliés, l'historien britannique Trevor-Roper, le magistrat américain Mussmano, qui interrogèrent les derniers témoins et participants de la vie dans la chancellerie. Bien plus tard, l'historien allemand Joachim Fest reprit ce thème. S'ajoutèrent les souvenirs vécus du ministre Albert Speer, et de la secrétaire d'Hitler, Traudl Junge. Durant le dernier trimestre de 2004, la projection de ce film a soulevé en Allemagne des problèmes. Fallait-il qu'un Allemand s'emparât du sujet, après soixante ans ? Montrer l'aspect humain d'Hitler, dans la banalité du quotidien, ne risquait-il pas d'éveiller des sympathies ? N'allait-on pas encourager le révisionnisme ? En fait, la critique la plus certaine concerne la valeur d'enseignement historique de cette représentation..
Avec Lolita, le livre est déjà sulfureux en lui-même, passion entre un homme mûr et une adolescente. Il n'en fallait pas plus pour provoquer le scandale dans le milieu puritain américain. Pourtant, pour une fois, Kubrick avait pris des précautions, dans la suggestion des scènes, dans le choix de l'actrice, mais le film fut censuré. Kubrick parlera lui-même d'un gâchis, disant que s'il avait su, il n'aurait pas tourné ce film. On reprochera aussi le film de pervertir l'esprit du livre en insistant sur la dépravation... Le film est aujourd'hui un classique et une référence.
Considéré comme le premier film pornographique à bénéficier d'une distribution classique en salles au début des années 1970, Revendiqué comme un film porno chic, avec une audience bien plus large que les sex-shops et que les cinémas X. Deep Throat est l'histoire d'une femme qui n'arrive pas à obtenir de satisfaction sexuelle, jusqu'à ce qu'un médecin (après examen approfondi) découvre son clitoris enfoui dans le fond de sa gorge. Charmant me direz-vous, mais mine de rien pour 25000 dollars de budget, environ 600 000 000 de dollars de recettes (jusqu'à aujourd'hui), soit un des plus gros succès du cinéma américain. Le film a réussi à s'immiscer dans les salles de cinéma classiques de l'époque... L'acteur Harry Reems est condamné par la justice américaine pour avoir joué dans le film, puis relaxé, et l'actrice principale, Linda Lovelace, harassée par son image de star du porno, s'évertue à interdire la diffusion du film.
"Le plus grave n'est peut-être pas d'oser montrer ce spectacle dégoûtant, c'est de jouer de ce dégoût pour détruire le respect de soi-même et le respect de la vie" s'insurge un critique de Télérama après la projection de La Grande Bouffe au Festival de Cannes en 1973. Le film de Marco Ferreri, virulente critique de la société de consommation, présente des scènes de scatologie entrecoupées de séquences quasi-pornographiques. La presse cannoise hurle au scandale au point qu'une mini guerre se crée entre ceux qui détestent et ceux qui défendent le film. Alors que les journalistes se chamaillent, les spectateurs assurent un joli succès au film sans le moindre remous. Un scandale "créé de toute presse" en somme.
Le goût pour la provocation de Lars von Trier peut aussi le desservir. Affiches promotionnelles montrant des femmes en plein orgasmes, bande-annonce osée, tout était réuni pour que le film fasse le buzz autant que scandale. Toute l'année 2013 fut terrible vis-à-vis de ce film alors qu'il n'est sorti qu'en 2014...
Évidemment, quand on utilise une femme magnifique comme un instrument de séduction mortel, ça plait pas à tout le monde. Avant même sa sortie, la communauté lesbienne des Etats-Unis avait fustigé l'image de la femme bisexuelle antihommes. De plus le fameux meurtre au pic à glace a inspiré un fait divers glauque quelques années plus tard.
Baise-moi est l'un des derniers scandales cinématographiques qu'on ait connu en France. Après une sortie "normale", le film de Virginie Despentes accumule tant de scènes de violence et de sexualité explicite que l'association "Promouvoir", dirigée par le patron du mouvement de Bruno Mégret, et plusieurs parents font pression auprès de la censure pour retirer le visa d'exploitation du film et lui conférer un classement X. Accusé d'être un film porno porté sur le grand écran, et Interdit au départ aux moins de 16 ans, le film fera l'objet d'une très brève diffusion dans les salles des grands distributeurs français (3 jours). . La presse et plusieurs personnalités du cinéma s'opposent violemment à cette mesure. Le comité de classification et le Ministre de la culture trouvent un compromis avec la création d'une nouvelle interdiction, celle aux moins de 18 ans, qui permet au film de poursuivre une carrière en salles.
D'une violence insoutenable, Irréversible fut l'un des films les plus controversés du Festival de Cannes, notamment à cause d'une scène de viol explicite de 9 minutes avec Monica Bellucci et une autre de meurtre extrêmement réaliste. De nombreux spectateurs quittèrent ainsi la salle quelques minutes seulement après le début de la projection du film et la polémique enfla rapidement dans la presse. Le film sortit pourtant sans encombre en mai 2002, simplement accompagné d'une interdiction aux moins de 16 ans.. Mais le film est devenu, dès lors, un film culte.
Avec un thème pareil, traitant du viol des enfants, forcément, le film allait faire son petit effet. Exemple d'une association australienne (l'Australian Family Association) qui a milité d'arrache-pied pour interdire purement et simplement le film en Australie. Un "manuel" pour les violeurs disait-elle. Cette tentative de censure n'a cependant pas abouti. Le film fût interdit aux moins de 18 ans. Notons que les scènes de viols en question ont été monté a posteriori. Les enfants jouant dans le film n'avaient d'ailleurs pas le même script que les adultes, ce qui limite -tout de même- le scandale de faire jouer à des enfants un tel sujet.
Lars von Trier est sans aucun doute le maître des films controversés : ambiance glauque, dépravation morale et physique, références obscures voire diaboliques. La première scène d'Antichrist est déjà en soi un condensé de tout ce qui fait scandale dans nos sociétés : un gosse voit ses parents copuler, ils se tue en se jetant de la fenêtre, et les deux adultes continuent, sous musique douce et ambiance très esthétisante leurs ébats.... Le ton est donné. On peut s'attarder longuement sur la sortie de ce film qui révèle bien la "folie" du réalisateur. A cannes, il fit scandale, on lui reprocha d'associer sexe et mutilation. Il rétorqua être de toute façon le meilleur réalisateur du monde. Finalement, on lui attribua un antiprix, pour misogynie. Isabelle Hupert souhaita lui attribuer la Palme d'or, mais d'autres s'y opposèrent. Le film polémique par excellence.
En France on aime bien le scandale. Outre les huées classiques lors des projections cannoises, la critique sait aussi se montrer outrée, conservatrice et acerbe. Ici, le film traite d'une adolescente de 17 ans qui se prostitue, non pas pour l'argent, mais pas plaisir. Une fille qui se cherche. Ozon fut immédiatement accusé de sexisme, de misogynie, et j'en passe. Et pourtant, c'est vraiment beau...
On continue sur les questions sexuelles houleuses. Plantons le décor : une Australie idyllique, des plages de sables fins, une forêt luxuriante. Deux jeunes adolescents grandissent ensembles, protégés par des mères aimantes. Mais voilà, un jour, l'un des deux séduit la mère de l'autre. S'ensuit des relations étranges et passionnelles entre adolescents et femmes mûres. Inutile de dire que le film a immédiatement clivé. Le comble : beaucoup de critiques reprochèrent le style convenu et sans audace du sujet sulfureux. Il faudrait savoir !
On trouve l'une des plus plus récentes représentations de l'homosexualité dans Dallas Buyers Club, qui raconte l'histoire vraie et touchante de Ron Woodroff, un hétérosexuel diagnostiqué VIH+ dans les années 80. La relation de l’intolérant Ron avec le travesti homosexuel Rayon est émouvante et elle pousse à la réflexion. L’acteur Jared Leto a d’ailleurs reçu un Oscar pour sa performance dans ce film, très applaudie par la communauté gay.
Un autre film qui a défié les limites de l'homosexualité dans le cinéma est Brokeback Mountain, sorti en 2005. Avec ses scènes d'amour entre deux hommes comme on en voit rarement, le film a choqué et étonné les spectateurs du monde entier, tout en traitant de la question des préjugés contre les homosexuels de façon précise et délicate.
Succès conséquent avec un box-office mondial de 178 millions de dollars, couvert de prix notamment un Lion d'or au festival de Venise et trois Oscars, ce film réalisé par Ang Lee ("Tigre et dragon" ) a pourtant suscité une énorme controverse aux États-Unis. C'est une scène célèbre qui a déclenché l'ire des conservateurs. La controverse a démarré en 2006 dans l'Utah où un propriétaire de multiplexe, Larry H. Miller a sorti de sa programmation le film au dernier moment en apprenant qu'il traitait d'une romance entre deux hommes. Miller se justifiait à l'époque en estimant que le film était dangereux pour les "valeurs familiales". Différents chroniqueurs de la célèbre chaîne conservatrice Fox News se sont ensuite emparés de l'affaire en développant l'argument que le film servait les intérêts des lobbies homosexuels à Hollywood. Des groupes de pression catholiques conservateurs ont de leur côté mené des campagnes de dénigrement du film. La polémique s'est poursuivie jusqu'aux Oscars. Même si le film a gagné trois statuettes (meilleur réalisateur, meilleure adaptation, meilleure musique)
Le suicide assisté est un thème récurrent dans les films européens. Par exemple, Mar Adentro, sorti en 2004, est un film particulièrement poignant qui raconte l'histoire vraie de Ramón Sampedro, le pêcheur paraplégique qui avait demandé à ses amis de l'aider à mourir. De même, Amour, film sorti en 2012, raconte l'histoire touchante du lent déclin d’une femme après un accident vasculaire cérébral, qui conduit son mari à l’euthanasier pour mettre fin à sa douleur.
Il s'agit incontestablement de l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma érotique. A travers la passion explicitement sexuelle entre Sada et Kichizo, le réalisateur Nagisa Oshima livre une réflexion sur les pulsions qui animent l'être humain en s'inspirant d'un fait divers ayant défrayé la chronique au Japon dans les années 1930. Malgré la libération sexuelle, en 1976 il est encore difficile de définir clairement les limites de la pornographie. L'Empire des sens est ainsi resté interdit de diffusion dans son pays d'origine jusqu'en 2001.
Scandale Buñuel, épisode 1. Après Un Chien andalou, le réalisateur poursuit sa collaboration en 1930 avec l'artiste surréaliste Salvadore Dali pour L'Âge d'or. Anarchiste au possible, le film de Buñuel critique violemment la patrie, la religion et les valeurs familiales. Alors que la censure s'est déjà chargée de couper les scènes les plus sulfureuses, L'Âge d'or sort dans un cinéma parisien. C'est le drame. Les ligues d'extrême droite protestent, détruisent les tableaux surréalistes exposés dans le cinéma et saccagent l'écran. Le comité de censure se rend compte de la portée subversive du film et l'interdit. Une interdiction de projection qui ne sera levée qu'en 1981.
Dans La Bataille d'Alger, Gillo Pontecorvo parvient à traduire avec un souci d'objectivité une page importante de la guerre d'Algérie. Avec peut-être un peu trop de pertinence d'ailleurs puisqu'il ne manque pas de faire grand bruit lors de sa sortie en salles. Le scandale n'est pas provoqué par les autorités françaises, ni par la censure mais par un groupe de combattants de l'Union française exerçant de fortes pressions envers les exploitants du film. Divers incidents préoccupants enregistrés (menaces, écrans de cinéma lacérés, bobines détruites) ont conduit l'Etat à retirer le film de l'affiche jusqu'en 1981.
Ce sont encore une fois les scènes de sexe, très crues (comme la célèbre scène de "sodomie au beurre" improvisée sans en avoir informé à l'avance Maria Schneider qui en fut traumatisée), qui ont été mises en cause dans ce film où l'on peut voir Marlon Brando dans l'un de ses plus beaux rôles. Le Dernier Tango à Paris a en effet fait l'objet d'attaques très vives à sa sortie en 1972, pourtant en pleine période de libération sexuelle et des mœurs. Certains pays de l'Union Européenne l'ont ainsi classé X, tandis qu'il fut interdit au moins de 18 ans en France. L'Italie, patrie de Bernardo Bertolucci, l'a elle purement et simplement interdit en salles. Le cinéaste s'est même vu un temps déchu de ses droits civiques.
Massacre à la tronçonneuse a failli ne jamais voir le jour en France. Réalisé en 1973, le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper connaît sept années de longues négociations avec la censure, tant la violence apparaît comme exacerbée et efficace. "Plus qu'une invitation à la violence, ce film est, à la vérité, une introduction à la folie" conclut la commission. Le film est sur le point de recevoir le redoutable classement X, plusieurs personnalités politiques (Françoise Giroud, Jack Lang) participent aux projections de la commission... Massacre à la tronçonneuse obtient finalement son autorisation de diffusion en salle en 1981. Tout va bien !
Double scandale pour Pasolini et son sulfureux Théorème. Présenté (sans l'accord du réalisateur !) à la Mostra de Venise en 1968, le film reçoit à la surprise de tous le prix de l'Office Catholique International du Cinéma. Malgré cette consécration, le Vatican interdit formellement à ses fidèles de voir le film puisque selon le communiqué officiel, "[il] ne respecte pas la sensibilité du peuple chrétien...". Choqué par la sensualité exacerbée du film, un avocat romain ne compte pas laisser le film suivre une carrière tranquille au cinéma. Il intente un procès à Pasolini et exige six mois d'emprisonnement pour pornographie. Le réalisateur est finalement acquitté.
Scandale Buñuel, épisode 2. Recevoir une Palme d'or à l'unanimité ne protège pas forcément le film d'éventuels détracteurs, surtout si ces derniers sont le Vatican et la justice italienne ! Viridiana (1961) en a fait les frais. Considéré comme sacrilège et blasphématoire, le film de Buñuel est interdit de diffusion en Italie. Le Vatican et les autorités décident de saisir les copies et de condamner le réalisateur à un an d'emprisonnement au cas où il pénètrerait sur le territoire ! Le film ne pourra être diffusé en Espagne qu'en 1977, deux ans après la mort de Franco.
Autre film à avoir fait scandale au Festival de Cannes, Funny Games (1998) montre deux adolescents séquestrer et torturer une riche famille en vacances. Une débauche réaliste de violence sadique que Michael Haneke voulait ainsi dénoncer, alors que certains festivaliers lui ont justement reproché d'en faire l'apologie. Un malentendu que le cinéaste a voulu clarifier en réalisant un remake de son propre film en 2008, Funny Games U.S. (avec Naomi Watts et Tim Roth), afin de toucher le public américain qu'il visait à l'origine. Résultat : les deux films ont été interdits en France au moins de 16 ans.
Rares sont les films qui, avant d'être terminés, provoquent déjà un scandale national. C'est notamment le cas de La Religieuse de Jacques Rivette. Avant même le tournage, la commission de contrôle émet quelques réserves sur l'adaptation par Rivette de la nouvelle sulfureuse de Diderot. Les religieuses de France, les associations de parents protestent déjà publiquement. Le film est tourné et les passions sont loin d'être calmées. Sous la pression des associations religieuses et des politiques, le film est totalement interdit de diffusion en France. Après de multiples contestations de la part des intellectuels, le film finit par sortir en salles en 1967, assorti d'une interdiction aux moins de 18 ans.
Cinéaste largement controversé aux Etats-Unis, Michael Moore passe au crible les travers de la société américaine, notamment avec Sicko, documentaire dans lequel il s'attaque en 2007 au système de santé américain faisant passer les profits avant la vie. Comment le gouvernement va-t-il pouvoir punir ce mauvais élève de la nation républicaine ? En l'accusant d'avoir bravé l'embargo instauré à Cuba ! Pour les besoins du tournage, le réalisateur a en effet emmené une dizaine de secouristes américains sur le territoire cubain où il est interdit de dépenser des dollars. Il a ainsi fait l'objet d'une enquête au sein du FBI.
David Cronenberg n'y est pas allé de main morte en transposant le roman culte de science-fiction écrit par James Graham Ballard. Dans Crash, il met en scène un couple qui réalise ses fantasmes en provoquant des accidents de voiture. En compétition officielle à Cannes en 1996, le film est sifflé lors de sa projection. Et copieusement hué lorsqu'il reçoit le Prix spécial du jury.
Le scandale sera pourtant de courte durée et ne perturbera nullement la sortie du film en salles, simplement accompagnée en France d'une interdiction au moins de 16 ans.
Sens critique. Ces films clivants et controverses aux petits airs de scandale https://www.senscritique.com/liste/Ces_films_clivants_et_controverses_aux_petits_airs_de_scanda/435260