Le thriller (anglicisme, de l'anglais to thrill, frémir) est un genre artistique très diffusé dans la littérature, le cinéma ou la télévision.
La caractéristique commune des œuvres appartenant à ce genre est de chercher à provoquer chez le spectateur ou le lecteur une certaine tension, voire un sentiment de peur (qu'il doit cependant trouver agréable) à l'idée de ce qui pourrait arriver aux personnages dans la suite du récit.
Cela se fait souvent par des moyens assez stéréotypés, tels que des séquences filmées au ralenti, une action soutenue, un héros doté de multiples ressources ; on y use abondamment du suspense (au cinéma, « thriller » peut être considéré comme synonyme de « film à suspense »), souvent des intrigues secondaires qui viennent contrecarrer le développement de la principale, et de rebondissements de l'intrigue (en particulier dans les dernières scènes, ce qui permet de produire une suite commercialement intéressante). Pour obtenir la tension narrative nécessaire au genre, le récit adopte souvent le point de vue de la victime ou suit de très près ce personnage en relatant ses craintes et ses angoisses. Le genre est apparenté au roman à suspense ou roman de la victime.
En littérature, le genre est d'abord lié à des récits d'aventures policières avec poursuite et complot criminel : c'est le thriller anglais, illustré par Edgar Wallace, John Buchan et J.S. Fletcher. Puis le suspense s'enrichit grâce au développement de la psychologie pour créer autour de la victime un climat de peur, d'angoisse et de terreur. Parmi les premiers à exploiter ce registre, on compte Francis Iles et William Irish, auteurs qui ouvrent la voie à Boileau-Narcejac et Patricia Highsmith.
Au cinéma, le réalisateur Alfred Hitchcock est considéré comme le maître du suspense avec des chefs-d'œuvres tels Sueurs froides (Vertigo), La Mort aux trousses et Psychose. À de nombreuses reprises, Hitchcock fait de la victime un témoin qu'on cherche à éliminer (L'Ombre d'un doute, Les Enchaînés, Fenêtre sur cour), un faux coupable qui ne peut compter que sur lui-même pour se disculper (Les 39 Marches, Le Faux Coupable, La Loi du silence) ou une personne observatrice qui voit peu à peu un piège se refermer sur elle (Soupçons, L'Inconnu du Nord-Express, Les Oiseaux).
Après l'assassinat du Président Kennedy, les thrillers politiques et paranoïaques devinrent très populaires. Au fil des années, le thriller s'est rapproché du film d'espionnage, du film d'horreur (en particulier du slasher) et du film policier. Ainsi, des films comme Le Silence des agneaux de Jonathan Demme, Seven de David Fincher ou Saw peuvent être classés dans la catégorie « thriller », mais aussi dans la catégorie « film policier », car ils mettent en scène une enquête policière.
Un crime n'est jamais parfait, Alfred Hitchcock nous l'a prouvé. D'ailleurs, peu importe le coupable. Ce qui compte, c'est le suspense et l'angoisse ressentis par le spectateur.
Appelez-le Sam Spade, donnez-lui un imper gris, un feutre mou, posez-lui une cigarette au coin des lèvres et placez le comme dans Le Faucon maltais de John Huston dans une situation impossible, entre le Bien et le Mal, entre la loi et le crime. Dans ce film, un détective privé (Humphrey Bogart) est payé très cher pour retrouver une statuette... qui n'a pourtant aucune valeur. Elle sert en fait à multiplier les fausses pistes et accrocher le spectateur au suspense.
Le roi du frisson. Avec Le Faucon maltais naît réellement ce qu'on appelle le film noir. Un genre qui emprunte souvent ses héros aux romans policiers. Parmi les meilleurs films : Laura, Le facteur sonne toujours deux fois, Le Grand sommeil, Gilda, Les Tueurs ou encore Quand la ville dort.
Au moment où le public se tourne vers des films en couleur, plus gais, plus optimistes, l'Anglais Alfred Hitchcock, installé à Hollywood, vient rafraîchir le genre. Il devient le maître incontesté du suspense, le roi du frisson qui cloue le spectateur au fond de son siège, le cœur battant. Chez lui, les raisons de l'enquête sont souvent moins importantes que l'émotion qu'elle suscite. Ses meilleurs films sont Fenêtre sur cour, La Mort aux trousses, Le crime était presque parfait. Aujourd'hui, le polar est toujours vivant et certains cinéastes prennent un malin plaisir à imiter les grands films du genre. Dans Bugsy Malone, ce sont des enfants qui jouent les gangsters des années 20. Et dans Les cadavres ne portent pas de costard, le héros (Steve Martin) croise toutes les grandes stars des films noirs grâce à un astucieux montage.
L'Amérique des gangsters
C'est l'arrivée du cinéma parlant à la fin des années 20 qui permet au crime de faire son entrée au cinéma: le crépitement des mitraillettes, les crissements de pneus sur le pavé mouillé et les sirènes hurlantes des voitures de police donnent un air de vérité au film policier qui intrigue et fait frissonner.
Pendant que l'Amérique plonge dans la grande crise économique de 1929, le film dit de gangsters fait recette: Scarface, Petit César ou L'Ennemi public décrivent l'ascension et la chute de caïds sur fond de prohibition, période pendant laquelle l'alcool était interdit sur le territoire américain.