De Blanche-Neige et les sept nains, sorti en 1937, à Aladdin en 1993, on est passé de la technique traditionnelle, dite du "cellulo" à celle du dessin assisté par ordinateur.
Avant, le plan était d'abord dessiné au crayon sur du papier et les animateurs décomposaient en différentes étapes chaque mouvement des personnages qui étaient ensuite dessinées sur des calques. Puis les traceurs reportaient les dessins sur des feuilles transparentes en celluloïd. Ces "cellulos" étaient colorés au pinceau par des gouacheurs, et plaqués sur les décors. L'ensemble était alors photographié image par image par une caméra. Tout ce travail était très long puisqu'il fallait filmer 24 images pour obtenir une seule seconde de film !
Aujourd'hui, fini le long travail du dessin à la main nécessité par les premiers Mickey. Le Roi Lion, lui, est entièrement réalisé par ordinateur. L'arrivée de l'informatique a véritablement révolutionné ce travail fastidieux de fabrication. Avec l'ordinateur, tout cela est devenu beaucoup plus rapide. Les dessins tracés au crayon noir sont mis en mémoire puis un technicien, muni d'un crayon électronique, sélectionne sur écran les surfaces à colorier. Facile non ?
Un bon film d'animation doit faire oublier que les héros sont des dessins ou des marionnettes ; le spectateur doit être amusé ou ému comme avec de vrais acteurs.
C'est dans les courts-métrages que le dessin animé est souvent le plus riche et le plus vivant. Des dizaines de personnages farfelus sont nés (cartoons hollywoodiens des années 1940): Tom et Jerry, Bugs Bunny, Félix le chat, Popeye, Betty Boop, Titi et Sylvestre.
L'un des animateurs les plus inventifs est Tex Avery. «Ici, on n'est pas chez Disney! Les copains, vous allez voir ce que vous allez voir!» s'exclame un de ses personnages. Dans les années 40, Tex Avery imagine un monde peuplé d'écureuils fous et d'un loup amoureux du chaperon rouge. Décidément, ce génial animateur aime les gags énormes qui font hurler de rire.
https://www.fleischerstudios.com/
Histoire fleischerstudios.com/history.
Filmographie .fleischerstudios.com/filmography, Cette filmographie contient près de 700 titres , en commençant par le premier film Fleischer en 1915 et en couvrant tous les travaux ultérieurs de Max et Dave Fleischer au cours des années Fleischer Studios
En 1915, Max Fleischer a déposé une demande de brevet auprès de l'Office des brevets et des marques des États-Unis pour une invention qu'il a appelée le Rotoscope; une invention qui révolutionnerait le look des films d'animation… une invention encore largement utilisée aujourd'hui! Le 9 octobre 1917, le United States Patent and Trademark Office a officiellement approuvé la demande de brevet de Max Fleischer:.
Histoire
Au début des années 1910, Max Fleischer était un jeune artiste travaillant pour Popular Science Monthly lorsque son patron, Waldemar Klaempffert, a suggéré à Max de combiner ses compétences mécaniques avec son talent artistique et son intérêt pour la photographie pour améliorer le mouvement rigide et saccadé qui sévissait dans les premiers films d'animation. Le mouvement des personnes était particulièrement irréaliste: les personnages eux-mêmes étaient rigides et leurs membres - et parfois tout leur corps - semblaient apparaître ou disparaître comme par magie de nulle part.
Pour Max - un bricoleur de longue date issu d'une famille de bricoleurs - et qui était depuis longtemps fasciné par le potentiel de transformation de la science encore jeune du cinéma, le défi de trouver une solution à ce puzzle était extrêmement attrayant.
Max a estimé que si les animateurs pouvaient utiliser les images d'un film d'action réelle comme guide, ils pourraient créer une série de dessins qui, une fois enchaînés, auraient un flux plus réaliste. La question était de savoir comment faire de cette idée logique une réalité fonctionnelle et pratique? Ce qu'il fallait, c'était un dispositif permettant à l'animateur de projeter le film, une image à la fois, de manière à ce que l'animateur puisse utiliser l'image comme guide pour son propre travail. La solution était de projeter le film sur le dos d'un petit panneau de verre, permettant à l'animateur de placer une feuille de papier sur la face supérieure du panneau et - image par image - de créer ses dessins en utilisant l'image projetée du mouvement au fur et à mesure qu'elle se dépliait. image par image comme guide. Parce que pendant cette période, le film était tourné à une cadence de 16 images par seconde, cela impliquerait de créer un nombre énorme de dessins: chaque seconde de temps d'exécution nécessiterait 16 dessins différents! Une fois que l'animateur avait méticuleusement dessiné toutes ces images, chacune devrait être photographiée individuellement afin que, une fois enchaînées et projetées, elles créent l'illusion d'un mouvement réel et réaliste. Le dispositif qui rendrait tout cela possible, et qui finira par devenir connu simplement comme le Rotoscope , a été déposé auprès de l'Office des brevets le 6 Décembre 1915 sous le titre Méthode de production Dessins d'image animée.
Max a parlé à son jeune frère Dave de l'idée du Rotoscope. Dave, un monteur de films pour Pathé à l'époque, était également fasciné par l'idée. Ensemble, ils ont relevé le défi de construire l'appareil que Max avait imaginé. Au centre du plan des frères se trouvait un appareil photo, qu'ils n'avaient pas. Heureusement, ce qui leur manquait en termes de financement, ils l'ont plus que compensé par leur détermination et leur esprit novateur. Grâce à leur savoir-faire mécanique et à leur penchant pour le bricolage, les frères ont pu convertir un vieux projecteur Moy à manivelle (hérité d'une entreprise de théâtre en plein air ratée impliquant Max et son beau-frère, Max Bertin, un an plus tôt. ) dans le composant principal de leur appareil. Les frères ont également bénéficié du talent et de la générosité de leurs autres frères: Joe, un maître électricien, et Charlie, un mécanicien, qui ont tous deux offert leurs services. Même la femme de Max, Essie, a contribué au projet, offrant 150 $ , elle avait réussi à sauver de l'argent du ménage.
Maintenant , tout ce dont ils avaient besoin était un endroit pour construire, tester et fonctionnent en fin de compte leur appareil Rotoscope. Ils avaient besoin d'un espace qui serait assez grand, assez bon marché et leur permettrait de travailler la nuit - car ils avaient tous des emplois de jour. Encore une fois, Essie est venu à la rescousse, acceptant de les laisser construire leur invention dans le salon de la famille. Alors que le concept du Rotoscope était relativement simple, trouver comment le faire fonctionner ne l'était pas . Tous les soirs pendant près d'un an, les frères se réunissaient dans l'appartement de Max à sept heures et travaillaient jusqu'à trois ou quatre heures du matin. Le travail de projeter et de créer méticuleusement dessin après dessin après dessin était un travail lent et fastidieux.
Alors que Max avait prouvé sa théorie, il savait aussi que prendre un an pour créer une minute de film n'était pas pratique. Les frères sont retournés à la planche à dessin, déterminés à créer un processus à la fois possible et pratique. Finalement, Max a pu produire environ 100 pieds de film toutes les quatre semaines et il semblait finalement que le Rotoscope avait un potentiel concret et réel. Après avoir créé plusieurs films pour la série Pictograph en 1918/19,Max a commencé à travailler sur sa propre série «Out of the Inkwell». Enfin, le Rotoscope était opérationnel! La star de la série «Out of the Inkwell» de Max était un personnage que les gens appelaient le «petit clown». Le jeune frère de Max, Dave, qui avait déjà travaillé comme clown au Steeplechase Park de Coney Island, est naturellement devenu le clown derrière l'image de clown «rotoscopée» . À l'ère des films muets, ce `` petit clown '' coquin dont les singeries pouvaient être facilement comprises et appréciées sans avoir besoin de langage, est rapidement devenu célèbre en devenant le premier des nombreux personnages emblématiques des Fleischers.
Dave a finalement rejoint Max et les frères ont continué à y travailler jusqu'en 1921, date à laquelle ils sont partis pour créer leur propre studio « Out of the Inkwell, Inc. ». C'est le studio qui deviendra finalement connu sous le nom de Fleischer Studios en 1923, le «petit clown» obtient enfin son nom… Koko! Koko a été un énorme succès pour les Fleischers, à la fois techniquement et artistiquement. Les Fleischers ont continué à utiliser le Rotoscope dans de nombreux autres films. Gulliver a été rotoscopé dans Les voyages de Gulliver
Walter Elias Disney, dit Walt (1901-1966) est producteur, réalisateur, scénariste, et animateur de dessins animés. Il fonda en 1923 la société Walt Disney Company et devint petit à petit l'un des producteurs de films les plus célèbres. Lui et son équipe ont créé un bon nombre des personnages animés les plus connus au monde, dont l'un est considéré suite à une interprétation romantique de plusieurs journalistes comme son alter ego : Mickey Mouse. Ils ont créé les méthodes d'animation les plus modernes qui soient, dont notamment l'usage du celluloïd qui permet à un personnage de se mouvoir dans un décor fixe. Walt Disney est aussi le créateur du premier « parc à thèmes », inventant le concept. S'il ne fallait voir qu'un seul film de lui : on regarde et on regarde encore Blanche-Neige et les sept nains, avant de faire un petit détour lacrymal avec Bambi.
Le premier long métrage d'animation de l'histoire du cinéma, Blanche-Neige et les sept nains, est sorti en 1937. Une date ! Non seulement le film remporte un énorme succès auprès du public mais en plus il participe à la course aux oscars comme les autres films.
Depuis, chaque nouveau film réalisé dans les studios Disney est un événement. Grâce à ce succès, Walt Disney et ses successeurs construisent un véritable empire. Dessin animé rime avec Disney.
Le premier long métrage d'animation de l'histoire du cinéma, Blanche-Neige et les sept nains, 1937
John Lasseter, né en 1957, est un réalisateur et producteur américain de films d'animation. Il est directeur artistique de Pixar Animation Studios et de Walt Disney Animation Studios ainsi que conseiller artistique de Walt Disney Imagineering.
En 1983, il est licencié par les Studios Disney, et rencontre Ed Catmull, le créateur et PDG de Lucas film Computer Graphics Group, une division de Industrial Light & Magic.
L'année suivante, en 1984, George Lucas l'embauche dans sa société. Il travaille alors sur le premier film du studio, Les Aventures d'André et Wally B., qui est aussi le premier court-métrage réalisé entièrement par ordinateur de l'histoire du cinéma.
Pixar. L'entité est vendue par George Lucas à Steve Jobs, ancien PDG d'Apple, en 1986, après l'échec critique et commercial de Howard... une nouvelle race de héros. Steve Jobs rebaptise la société en Pixar Animation Studios. Le studio se consacrer entièrement à l'animation 3D. John réalise alors des courts-métrages 3D dont le fameux Luxo Jr. (nommé à l'Oscar et Ours d'agent à la Berlinale), la lampe de bureau qui devient l'emblème des films Pixar.
Le premier long-métrage entièrement en images de synthèse, Toy Story, 1995
Devenu directeur artistique de Pixar, John commence la réalisation de son premier long-métrage en 1991. Le film sort quatre ans plus tard, en 1995 : Toy Story. Les films suivants, 1001 pattes et Toy Story 2 (qu'il réalise également) ainsi que Monstres & Cie et Le Monde de Némo sont autant de succès populaires que d'étapes dans l'amélioration des techniques d'animation numériques. C'est Buena Vista Distribution, organisme de la Walt Disney Company qui distribue les films en salles.
Entre-temps, en février 1999, il est nommé vice-président exécutif de Pixar et en 2004 il est honoré de la prestigieuse récompense « Outstanding Contribution to Cinematic Imagery » donnée par la Guilde des réalisateurs (Art Directors Guild).
En janvier 2006, le studio Pixar est racheté par Disney. John Lasseter devient directeur de Walt Disney Feature Animation et conseiller artistique de Walt Disney Imagineering. Cette année-là, il revient à la réalisation avec Cars : Quatre Roues dédié à Joe Ranft, coréalisateur du film, décédé pendant la production du film lors d'un accident de voiture.
Depuis, Lasseter continue de produire avec succès les long-métrages du studio Pixar : Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Là-haut (2009), Toy Story 3 (2010) et Cars 2 (2011).
Dès sa nomination à la tête de Walt Disney Feature Animation en 2006, John Lasseter rénove en profondeur Walt Disney Imagineering.
Pixar Animation Studios est une société américaine de production de films en images de synthèse (en Californie). À 2009, le studio a remporté vingt-deux Oscars du cinéma, quatre Golden Globes et trois Grammy Awards ainsi que de nombreuses autres récompenses. Le studio est surtout connu pour ses longs métrages d'animation en images de synthèse créés avec PhotoRealistic RenderMan, sa propre version de l'interface de programmation de rendu RenderMan utilisée pour générer des images de haute qualité.
Pixar a été créé en 1979 sous le nom de Graphics Group, un service de la Lucasfilm Computer Division (division informatique de Lucasfilm) avant d'être acheté par le cofondateur d'Apple, Steve Jobs, en 1986.
La Walt Disney Company a racheté Pixar en 2006.
Le studio a réalisé plus de dix longs-métrages, qui ont débuté avec Toy Story en 1995, et chacun d'eux a reçu un succès critique et commercial. Pixar a poursuivi l'expérience de Toy Story avec 1001 Pattes en 1998, Toy Story 2 en 1999, Monstres et Cie en 2001, Le Monde de Nemo en 2003 ( à ce jour, le plus gros succès commercial de Pixar), Les Indestructibles en 2004, Cars en 2006, Ratatouille en 2007, WALL•E en 2008 et Là-haut en 2009 (le premier film de Pixar présenté en Disney Digital 3-D). Le onzième film de Pixar, Toy Story 3, est sorti en 2010.
Les six films de Pixar sortis après la création de l'Oscar du meilleur film d'animation en 2001 ont tous été nominés pour la récompense et quatre d'entre eux, Le Monde de Nemo, Les Indestructibles, Ratatouille et WALL•E, l'ont remporté.
Aardman Animations est un studio de production britannique de films d'animation célèbre pour ses personnages en pâte à modeler Wallace et Gromit. Les studios Aardman sont basés à Bristol. Ils ont été fondés en 1972 par David Sproxton et Peter Lord, et le nom le plus connu qui y soit attaché est celui du réalisateur Nick Park.
Longs métrages
Les studios Aardman ont été fondés en 1972? Personnages fétiches : Wallace et Gromit.
Pour réaliser un film de marionnettes, il faut d'abord créer un vrai décor miniature. Puis l'artiste anime, image par image, des personnages en volumes, semblables à des poupées, dont les membres sont articulés.
C'est cette technique que Tim Burton, le réalisateur de Batman, a utilisée pour son film. L'étrange Noël de Monsieur Jack (1994) dans lequel il raconte l'opposition entre le monde d'Halloween (la fête des sorcières célébrée par les enfants dans les pays anglo-saxons) et celui du Père Noël. Pour créer les marionnettes il a d'abord fallu dessiner l'ensemble des 74 personnages. Puis celles-ci ont été fabriquées autour d'une armature d'acier et d'aluminium. Par exemple, Jack, le héros, a nécessité plusieurs douzaines de marionnettes à lui tout seul. Le travail n'est pas terminé puisqu'il faut passer ensuite à l'animation image par image: pour que les marionnettes bougent à l'écran, il faut les déplacer imperceptiblement entre chaque prise de vue.
Aujourd'hui, les caméras sont pilotées par ordinateur. Mais finalement, c'est quand même l'habileté de l'animateur qui fait la qualité du film.
Félix le Chat (Felix the Cat) est un personnage de dessin animé américain de la période des films muets, créé par Otto Messmer et Pat Sullivan. Il est un chat tuxedo noir et blanc anthropomorphe. Le personnage apparaît pour la première fois dans le court-métrage muet Feline Follies en 1919.
Depuis le succès de la série originale, Il a été devenu le premier personnage de l'animation à parvenir au niveau de popularité suffisant pour attirer de l'audience du cinéma. Il a acquis en 1920 une renommée qui rivalisait avec celle de Charlie Chaplin.
La première parution régulière de Félix en bandes dessinées dans les journaux du dimanche se fait dans le Daily Sketch en Angleterre, en 1923, dans une série hebdomadaire de 12 épisodes. C'est Otto Messmer qui l'a crayonnée et encrée. King Features Syndicate autorise la série à la republication dans toute l'Amérique.
Felix le Chat est apparu dans de nombreux comics chez plusieurs éditeurs ( Dell Comics de 1948 à 1951, Toby Press (61 numéros) de 1951 à 1955, Harvey Comics (57 numéros qui vont du numéro 62 au 118) de 1955 à 19615 ).
Félix le Chat dans son apparence moderne, depuis la fin des années 50
Looney Tunes est une série de dessins animés, diffusé depuis le 19 avril 1929 propriété de la Warner Bros. (WB). Cette série a été produite en compagnie des Merrie Melodies. Les personnages de la Warner deviennent également connus sous le nom « Looney Tunes ». Looney Tunes est une variation de Silly Symphonies, le nom des séries de courts-métrages musicaux de Walt Disney. Looney Tunes possédait originellement les compositions musicales des aventures des personnages Bosko et Buddy.
Plus tard, les courts-métrages Looney Tunes relatent les aventures de célèbres personnages tels que Bugs Bunny, Daffy Duck, Porky Pig, Elmer Fudd, Sylvestre (Grosminet), Speedy Gonzales, Titi, Marvin le Martien, Taz, Bip Bip et Coyote, Charlie le coq, Sam le pirate, Pépé le putois, Mémé, Gossamer et bon nombre d'autres personnages.
Originellement produite par Harman-Ising Pictures, Looney Tunes a été produite par Leon Schlesinger Productions et Tex Avery de 1933 à 1944, date à laquelle Leon Schlesinger a vendu ses studios à Warner Bros. Les studios, rebaptisés Warner Bros. Cartoons, continuent la production jusqu'en 1963. Les Looney Tunes étaient externalisés à DePatie-Freleng Enterprises de 1964 à 1967, et Warner Bros. Cartoons réassume sa production de la série durant les deux dernières années.
De 1942 jusqu'à 1969, Looney Tunes est la plus populaire des séries de dessins-animés au cinéma, dépassant même la popularité de Disney, ainsi que de ses autres rivaux. Début 1960, les courts-métrages étaient rediffusés dans différentes émissions de télévision qui rappellent par la suite l'énorme popularité qu'avait connue la série durant de nombreuses décennies avant d'être rachetée par Turner Broadcasting System.
La chaîne télévisée Cartoon Network a rediffusé les courts-métrages durant 12 ans, depuis sa création en 1992 jusqu'en 2004. Les cartoons étaient diffusés sur Cartoon Network même, mais aussi sur sa chaîne sœur Boomerang, spécialisée dans les « animations classiques ». Au fur et à mesure, la série disparaît des chaînes. En novembre 2009, Cartoon Network rediffuse de nouveau les Looney Tunes, mais arrête leur rediffusion au début de l'année 2010. Bon nombre de DVD sont commercialisés sous la licence Time Warner.
Producteur : Max Fleischer, Réalisation : Max et Dave Fleischer, Scénario : Max et Dave Fleischer, Animation : Willard Bowsky, Thomas Goodson...
Il existait un Site officiel : bettyboop.com/
Une sirène nommée Betty Boop qui, depuis sa première apparition en 1930 sous le pinceau des pionniers de l'animation Max et Dave Fleischer, a captivé tous ceux qui ont croisé son chemin. Cette charmeuse aux joues rondes et aux grands yeux innocents reste l'icône même du glamour et a apporté à l'univers du cartoon une fraîcheur et une invention dont l'influence a été déterminante. Encore aujourd'hui, la sensualité extravertie de cette poupée jazzy, son espièglerie charmante et surtout son irrésistible Boop-boop-a-doop continuent de ravir tous les publics.
Betty Boop apparaît le 9 août 1930 dans le dessin animé Dizzy Dishes puis dans une douzaine de dessins animés, comme personnage secondaire anonyme, notamment aux côtés du chien vedette Bimbo, lequel aura en définitive une renommée plus modeste. À ses débuts, dotée de longues oreilles tombantes mais déjà très maniérée, elle hésite entre une identité de chienne anthropomorphe et de jeune femme cabotine et délurée. C'est à partir de 1931 qu'elle est la vedette de plusieurs aventures sous le nom de Betty Boop.
Première héroïne de dessin animé, représentée sous les traits d'une petite femme brune aguicheuse et sensuelle (qui n'est pas sans rappeler Marilyn Monroe - laquelle reprendra avec un grand retentissement le fameux gloussement affecté poo-poo-pee-doo de la reine du glamour de celluloïd -, bien que ce soit la chanteuse Helen Kane qui ait été utilisée comme modèle), elle est devenue un sex-symbol de l'âge d'or de l'animation américaine. Mais, à cause de sa jupe trop courte et de certains épisodes avec ses compagnons, Betty Boop a été censurée pendant quelque temps (le temps que le studio rallonge sa robe ...).
Elle a chanté dans plusieurs films mêlant parfois prises de vues et animation dotés d'un sous-titrage avec bouncing ball, véritable ancêtre du karaoké, adaptant des chefs-d'œuvre de la chanson réaliste et du jazz, comme Minnie the Moocher de Cab Calloway, dans des animations d'une grande fantaisie. Sa voix était doublée par Margie Hines et Mae Questel dans les années trente. Mae Questel doubla encore Betty Boop en 1988 dans Qui veut la peau de Roger Rabbit.
Elle a fait connaître Popeye le marin dans les années 1930. Celui-ci avait fait une apparition dans l'un des dessins animés dont elle était la vedette et, le grand public l'ayant beaucoup apprécié, il naviguera dès lors de ses propres voiles.
Icône mondiale du 7ème art, Betty Boop demeure la seule héroïne véritablement rescapée de l'Histoire de l'animation, pouvant se targuer d'avoir plusieurs générations de spectateurs acquis à sa cause. Elle reste également le seul personnage dont nul ne saurait, encore aujourd'hui, ignorer l'existence (éclipsant même d'autres personnages tels que Marge Simpson ou la Jessica de Qui veut la peau de Roger Rabbit... dans lequel Betty Boop se payait précisément le luxe d'une apparition !).
Les trouvailles visuelles et sonores amusantes sont légion dans les courts des frères Fleischer, jouant avec les limites de l'écran tout autant qu'elles défient les lois de la raison, à l'image de ce canard rôti haché de manière tellement systématique que le mobilier sur lequel il est préparé devient partie intégrante de la préparation et finit par se transformer en véritable train à vapeur, permettant au cuisinier malin de prendre la poudre d'escampette face à un client particulièrement mécontent !
Soutien-gorge sexy, guêpière et petites fesses rebondies, Betty apparaît surtout incroyablement (dé)culottée pour l'époque de production, les tous premiers courts datant de 1930, soit avant la mise en place du code Hays (ce n'est en aucun cas vulgaire, mais la notion d'érotisme n'est jamais loin). Bandits de grand chemin, sales gosses et escrocs notoires, Betty évolue dans un univers peu reluisant peuplé de trognes patibulaires, ce qui la rend d'autant plus attachante, son physique de femme-enfant perdu dans un monde de brutes tranchant avec un caractère assurément bien trempé. Vamp sur scène (elle minaude et ponctue chaque apparition du fameux Boop-boop-a-doop), nature le reste du temps (on la voit volontiers, chez elle, se couper les ongles de pieds), la délicieuse Betty n'est pas à un paradoxe près : croqueuse d'hommes impénitente, elle n'en reste pas moins fidèle à l'adorable Pudgy. Betty apparaît humaine, tout simplement. Période noir et blanc ou période couleurs, l'héroïne reste scandaleusement jolie et joliment scandaleuse.
Il existe un Coffret Collector en 5 DVD : Durée : 13 h 30 mn, Année de prod. : 1930-39, Produit par : les frères Fleischer
Popeye (ˈpɒpaɪn. 1) est un comic strip créé par E. C. Segar sous le nom The Thimble Theatre (« Le théâtre de poche ») et distribué à partir du 19 décembre 1919 par King Features. À l'origine parodie des serials mélodramatiques et du théâtre de boulevard, The Thimble Theatre évolue rapidement vers l'aventure humoristique. C'est avec l'apparition du marin borgne Popeye en 1929 qu'elle commence à connaître le succès.
Devenue en 1931 The Thimble Theatre Starring Popeye, sa popularité connaît un nouveau bond deux ans plus tard avec l'adaptation en dessin animé des aventures de Popeye par les Studios Fleischer. Les pages réalisées par Segar et le personnage de Popeye sont dans le domaine public canadien depuis le 1er janvier 1989, européen depuis le 1er janvier 2009.
Brutus et un officier de recrutement dans le court-métrage d'animation I'm in the Army Now des Studios Fleischer (1936).
Après la mort de Segar en 1938, la série a été poursuivie sous forme de comic strip comme de comic book par divers artistes dont l'assistant de Segar Bud Sagendorf (1948-1994) et l'auteur underground Bobby London (1986-1992). Elle a fini par prendre le nom Popeye au cours des années 1970. Depuis 1994, Hy Eisman est responsable de la page dominicale. Le daily strip a été arrêté en 1992 mais des rééditions de Sagendorf sont toujours diffusées dans la presse américaine. Quant au comic book, sa dernière version en 2012-2013 a été écrite par Roger Langridge et illustrée par divers auteurs.
Popeye a été traduit dans le monde entier dès les années 1930, y compris dans le monde francophone. Les histoires de Segar publiées entre 1929 et 1938 ont été rééditées en album aux États-Unis dès le milieu des années 1930 et sont encore largement disponibles, la dernière édition intégrale en date étant celle de Fantagraphics (2006-2011). L'édition française la plus exhaustive est celle de Futuropolis, dans les années 1980.
Les Studios Fleischer (1933-1943) puis Famous (1943-1957) ont réalisé plus de 230 courts-métrages animés et trois moyens-métrages qui ont eu à leur époque une très grande popularité. Plusieurs téléfilms et séries télévisées animées ont également été créés par la suite, dont Popeye the Sailor (1960-1962), The All-New Popeye Hour (1978-1983), Popeye, Olive et Mimosa (1987). Un seul film a été réalisé pour le cinéma, la comédie musicale de Robert Altman sortie en 1980 Popeye, écrite par Jules Feiffer d'après les strips de 1936.
Un dessin animé en images de synthèse est en développement depuis 2010. La plupart de ces productions ont été diffusées dans le monde entier.
Frederick Bean « Fred / Tex » Avery (26 février 1908 - 26 août 1980) était un réalisateur de films d'animation. Il est à l’origine du style farfelu des cartoons hollywoodiens des années 1940. Avery a travaillé pour les studios Warner Bros. et MGM et est surtout connu pour créer des univers aux situations délirantes. Parmi ces personnages, on peut citer Bugs Bunny, Daffy Duck, Droopy ou Casse-noisettes<;
Bugs Bunny a été créé par plusieurs dessinateurs dont Ben Hardaway. Il apparut pour la première fois à l'écran dans Porky's Hare Hunt (1938) de Ben Hardaway et Cal Dalton.
Il devint le personnage que nous connaissons aujourd'hui sous la plume de Tex Avery dans A Wild Hare (1940), produit par Chuck Jones.
Le prorotype de Bugs Bunny
Bugs Bunny dans All This and Rabbit Stew en 1941
À l'origine, il devait s'appeler Happy Rabbit mais, suivant la suggestion de Mel Blanc (la voix originale de Bugs Bunny, auteur de la phrase classique : « Eh, what's up, doc? » c'est-à-dire en français « Euh, quoi de neuf docteur ? »), il fut baptisé comme son créateur Ben Hardaway, dont le surnom était Bugs.
À partir de 1962, Bugs apparut dans 159 films et gagna même un Oscar pour Knighty Knight Bugs (1958). C'est une figure emblématique de la Warner Bros. Animation ; il figure souvent à côté de son logo. En version française, c'était Guy Piérauld qui assurait la voix de Bugs Bunny.
Bugs Bunny est un lapin gris aux postures humaines qui passe son temps à grignoter des carottes, à creuser la terre et à se jouer de ses ennemis. Son génie tient du fait qu'il arrive toujours à embrouiller son adversaire et à lui échapper même si pour cela il doit déjouer les lois de la nature, car il est le maître de son dessin animé. C'est le côté absurde de Bugs Bunny, comme dessiner une porte dans un mur et puis l'ouvrir, qui le rend inoubliable. Ses ennemis (ou complices) : Elmer Fudd le chasseur, Sam le Pirate, Marvin le Martien, Daffy Duck et occasionnellement, Vil Coyote. Le canari Titi fait quant à lui partie de ses amis. Sa phrase fétiche est : « Euh, quoi de neuf, docteur ? », et dans la version originale : « Eh, what's up, doc? »1. L'expression était en fait employée par une bande de collégiens dont Tex Avery faisait partie, au Texas. Avery déclara qu' « À cette époque, on appelait tout le monde Doc.». La façon dont Bugs Bunny tient sa carotte, fait référence au cigare de Groucho Marx des Marx Brothers1. Il a aussi brièvement incarné Groucho dans Slick Hare.
Bugs Bunny a été classé numéro 1 parmi les 50 meilleurs personnages de dessin animé dans un top 50 américain. Il possède une étoile sur le Walk of Fame. En 1997, il est le premier toon représenté sur un timbre-poste des États-Unis.
Le premier prototype (ou embryon) de Bugs Bunny, qui n'a jamais reçu de nom, apparaît dans le cartoon Porky's Hare Hunt, sorti le 30 avril 1938, co-réalisé par Cal Dalton et Ben Hardaway1 ; dans ce cartoon, il est opposé à Porky Pig le chasseur. Porky est face à une proie moins pressée de fuir que de rendre fou son chasseur4. Il s'agit du remake de Porky's Duck Hunt réalisé par Tex Avery5 où Daffy Duck, un petit canard noir, est remplacé par un petit lapin blanc, qui est loin d'avoir l'aspect bien connu de Bugs, mais qui en a déjà la rouerie espiègle. Le lapin est doté par Mel Blanc d'une voix et d'un rire qui ressemblent à celui de Woody Woodpecker.
A Wild Hare, dessin animé dirigé par Tex Avery et sorti le 27 juillet 1940, est considéré comme le premier cartoon où à la fois Bugs et Elmer prennent leur apparence bien connue. C'est dans ce dessin animé que Bugs émerge la toute première fois de son trou de terrier et pose la fameuse question « Quoi d'neuf, docteur ?» à Elmer, qui, de photographe, est devenu chasseur. Joe Adamson, historien de l'animation, considère A wild hare comme le court métrage qui marque le début officiel de la série avec Bugs Bunny8. C'est aussi dans ce dessin animé que Mel Blanc donne la voix caractéristique nasillarde au lapin, qui sera la référence par la suite.
En 1942, Bugs est devenu la vedette suprême de la série Merrie Melodies, série qui était à l'origine un format prévu pour des personnages créés à l'occasion dans des courts métrages. En effet, durant l'époque de la collaboration entre Harman et Ising (l'entreprise Harman-Ising), aucun personnage conçu jusqu'alors n'avait rencontré de succès durable, malgré de nombreuses tentatives.
C'est en 1937, avec Schlesinger, qu'apparaissent de nouvelle créatures à plus longue durée de vie, comme dans les dessins animés de Bugs, tel celui dirigé par Fritz Freleng : The Wabbit Who Came to Supper et ceux dirigés par Robert Clampett : The Wacky Wabbit et Bugs Bunny Gets the Boid (où apparaît un nouveau personnage récurrent : Beaky Buzzard). Bugs Bunny Gets the Boid est aussi le dessin animé où la morphologie de Bugs est légèrement corrigée, avec des dents moins proéminentes et une tête plus ovale. L'homme qui l'a modifié est Robert McKimson, animateur travaillant sous les ordres de Robert Clampett. Cette légère re-création n'a existé dans un premier temps qu'avec les cartoons fabriqués par l'unité de production de Robert Clampett, puis par la suite, a été validée aussi par les autres directeurs de production, Freleng et Frank Tashlin étant les premiers à l'adopter.
Tom et Jerry (Tom and Jerry) est une série de courts-métrages animés américaine, initialement créée par les réalisateurs William Hanna et Joseph Barbera et diffusée depuis le 10 février 1940 sur CBS.
La série, centrée sur les deux principaux protagonistes Tom et Jerry et qui s'inspire de la comédie slapstick, est l'une des séries mondialement célèbres et les mieux accueillies par la presse spécialisée.
Au tout début, Hanna et son complice Barbera produisent 114 courts-métrages de Tom et Jerry aux studios Metro-Goldwyn-Mayer entre 1940 et 1957. Entre temps, ils sont récompensés sept fois par l'oscar du meilleur court métrage d'animation. À la suite de la fermeture du studio MGM en 1957, MGM renouvelle la série avec Gene Deitch à la réalisation de 13 courts-métrages Tom et Jerry aux studios Rembrandt Films entre 1961 et 1962. Tom et Jerry devient par la suite la série à plus haut revenu, surpassant les Looney Tunes. Chuck Jones produit 34 nouveaux courts-métrages aux studios Sib-Tower 12 Productions entre 1963 et 1967. Deux nouveaux courts-métrages sont produits en 2001 et en 2005, totalisant ainsi 163 courts-métrages.
Un nombre de séries dérivées ont été créées et incluent, The Tom and Jerry Show (1975–1977), The Tom and Jerry Comedy Show (1980–1982), Tom et Jerry Kids (1990–1994), Tom et Jerry Tales (2006–2008), et le Tom et Jerry Show (2014). Le premier long-métrage dérivé de la série s'intitule Tom et Jerry, le film paru en 1992 avant la diffusion d'une douzaine de téléfilms entre 2002 et 2017.
Disney classiques
Au Japon :
Pixar
En France
Snow White and the seven Dwarfs
USA, 83 mn
Synopsis : Il était une fois une très belle princesse nommée Blanche-Neige. Sa belle-mère, la reine, sentait qu'un jour la beauté de la jeune fille dépasserait la sienne. Aussi, par méchanceté, elle l'habillait de guenilles et l'obligeait à accomplir de pénibles travaux. Régulièrement, la reine demandait à son miroir magique de lui dire qui était la plus belle du monde. Lorsqu'un jour celui-ci lui répondit : "Blanche-Neige", elle entra dans une colère folle et intima l'ordre à son garde-chasse d'emmener la princesse dans la forêt et de la tuer...
Commentaire : Il ne lui suffisait pas d'avoir donné naissance à Mickey, le premier dessin animé parlant du monde. Quelques années après, Walt Disney rêva du premier long métrage d'animation en Technicolor de l'histoire du cinéma. Autour de lui, ce ne fut que scepticisme et pronostics de faillite. Qui donc s'intéresserait à un « cartoon » d'une heure et demie ? La première mondiale de Blanche-Neige eut lieu le 21 décembre 1937 au Carthay Circle Theater de Los Angeles et fit un triomphe. Même succès pour la première projection parisienne, le 4 mai 1938 au Mari-gnan. En 1939, tonton Walt savoura définitivement sa victoire et sa revanche sur tous les incrédules moqueurs qui avaient perdu leur âme d'enfant : il remporta un oscar spécial pour avoir créé un genre nouveau de cinéma. Il en reçut huit, plus exactement : un grand et... sept petits ! Comme quoi Hollywood sait honorer ses génies.
Le diamant de Walt est-il éternel ? Hei li, hei lo, il l'est, et ce ne sont pas les sept petits mineurs à gros nez qui vont nous contredire. O miroir au mur, c'est vrai que jamais princesse n'eut beauté plus parfaite et plus pure. O sommeil de mort, jamais méchante reine ne fit mieux croquer la pomme à tort. Et si les chansons sont trop roses, et les princes, qui viennent bien un jour, un peu trop pâles, le reste de cette œuvre pionnière née il y a soixante-treize ans est si précieusement émerau-de, rubis, jais et saphir, que le temps reste impuissant à l'affadir.
Réalisateur : Ford Beebe, James Algar, Norman Ferguson, Wilfred Jackson, Hamilton Luske, Paul Satterfield, Samuel Armstrong
Synopsis : Sur quelques notes de musique un monde fantasmagorique se dessine. La «Toccata et Fugue en ré mineur» de Bach se pare de couleurs abstraites en un festival d'images avant que la faune et la flore d'une forêt imaginaire n'entament une représentation du «Casse-Noisette» de Tchaïkovski. Apparaît alors Mickey Mouse en «Apprenti sorcier» de Dukas, aux prises avec les objets qu'il a animé. L'aventure remonte le temps sous l'impulsion musicale de Stravinski, et de son «Sacre du Printemps», pour laisser place aux créatures mythologiques inspirées par la «Symphonie pastorale» de Beethoven et aux animaux qui parodient un ballet sur la «Danse des heures» de Ponchielli. Moussorgski invite à une «Nuit sur le Mont-Chauve», enchaînée avec l'«Ave Maria» de Schubert...
Commentaire : A sa sortie, le film de Disney est un fiasco. Trop ambitieux ? C'est le complexe de l'amuseur : les foules lui sont acquises mais il aimerait tant être reconnu comme un artiste sérieux... Après le triomphe de Blanche-Neige et les sept nains et de Pinocchio, Walt Disney se lance en 1938 dans son grand œuvre : une illustration animée des grands airs de la musique classique qu'il conçoit comme « un concert filmé ». Rien n'est trop beau pour ce projet hors normes, comme la mise au point d'un procédé acoustique révolutionnaire, le « Fanta-sound », dont le coût va mettre en péril les finances du studio. Constamment spectaculaire, Fantasia est constitué de six sketchs aux univers graphiques radicalement contrastés, de la figuration très sage (la Symphonie pastorale de Beethoven avec ses adorables licornes) à l'abstraction audacieuse (Toccata et fugue en ré mineur de Bach). Si les mésaventures de Mickey dans L'Apprenti sorcier (Dukas) et l'hilarant ballet des hippopotames de La Danse des heures (Ponchielli) séduisent le public en 1940, les enfants sont terrifiés par la violence des dinosaures dans Le Sacre du printemps (Stravinsky) et le sabbat infernal d'Une nuit sur le mont Chauve (Moussorgski). Résultat : Fantasia fait un four et Walt Disney doit renoncer à son rêve de film en évolution permanente, qui aurait été complété par de nouveaux sketchs musicaux au fil du temps. Un rêve que reprendra à son compte son neveu Roy un demi-siècle plus tard, avec la mise en chantier du tout aussi ambitieux Fantasia 2000. Sans plus de réussite commerciale, et avec beaucoup moins de talent.
Film d'animation réalisé en 1940 par Ben Sharpsteen , Hamilton Luske
Synopsis : Voilà des années que Geppeto, un marionnettiste de génie, a appris à vivre seul, en compagnie de ses marionnettes. Un jour, devenu bien vieux, il décide de sculpter un garçonnet qu'il nomme Pinocchio. Une nuit, la Fée Bleue se présente devant le pantin et lui donne la vie. Pinocchio n'est pourtant pas encore tout à fait un vrai garçon. Pour le devenir, il devra apprendre les leçons de la vie, à commencer par l'interdiction de mentir. Pour l'aider dans ses épreuves, il est guidé par Jiminy Cricket, qui joue le rôle de sa conscience...
Commentaire : Pinocchio est seulement le deuxième long métrage d’animation de Disney après Blanche-neige et les sept nains. Il sera suivi la même année de Fantasia, une année magique pour ce jeune studio même si le public ne fut pas toujours au rendez-vous. La très bonne surprise de ce Pinocchio vient du fait qu’il s’agit d’une adaptation plutôt fidèle, chose devenue particulièrement rare chez Disney. Mieux encore, le côté superflu et répétitif de certains chapitres de l’œuvre initiale de Carlo Collodi (intitulée « Histoire d’une marionnette » a été grandement allégée pour obtenir un récit beaucoup plus cohérent. Néanmoins, on peut regretter que l’esprit satirique inhérent à l’œuvre de Collodi soit aussi ténu dans l’adaptation tout de même un peu édulcoré qu’en a fait Disney. Ainsi, la bûche magique d’origine inconnue est remplacée par la fée bleue. Gepetto n’est plus un vieux misérable esseulé mais un vieux bonhomme joufflu avec un chaton et un poisson. Le criquet faisant office de conscience, au lieu d’être sauvagement écrasé par le pantin, devient son fidèle compagnon doublé d’un élément comique. Le renard et le chat, de fieffés capitalistes deviennent deux gros imbéciles. Et puis tout le côté animal de Pinocchio a été remplacé par de la simple naïveté. De même, le côté initiatique et didactique de la métamorphose humiliante en âne qui éclairait le conte est rapidement évacué par l’aventure de la baleine et l’inévitable happy end. Toutefois. Pinocchio demeure une des plus belles réussite de Disney, tant par la richesse de son animation que par l’universalité de son propos.
Synopsis : Une grande effervescence s'empare des hôtes de la forêt. Un petit prince nommé Bambi vient de naître. Sous la bienveillance de sa mère, le jeune faon, avec ses pattes encore fragiles, sa démarche incertaine, mais avec une curiosité infinie, part à la découverte de son futur royaume. En gambadant dans la forêt avec son amie Féline, il croise son père pour la première fois. C'est le grand Prince de la Forêt, un vénérable cerf craint de tous les animaux. Mais au cours de cette sortie, il entend aussi des coups de feu tirés par chasseurs...
Réalisateur : Wilfred Jackson, Clyde Geronimi, Hamilton Luske
Musique : Paul J Smith et Oliver Wallace
Synopsis : Orpheline, Cendrillon vit avec sa belle-mère et ses deux horribles demi-soeurs, Javotte et Anastasie. Celles-ci n'hésitent pas à lui confier toutes les tâches ménagères, et surtout les plus ingrates. Lorsque le prince Michel organise un grand bal auquel il invite tout le royaume, la marâtre interdit à Cendrillon de se rendre à la fête. Mais la marraine de la jeune fille, une bonne fée, vient à son secours. D'un coup de baguette magique, elle transforme ses guenilles en robe somptueuse et fait d'une citrouille un superbe carrosse. L'enchantement ne durera que le temps de la soirée et, à minuit, tout redeviendra comme avant. L'arrivée de Cendrillon fait sensation au palais, et le prince Michel tombe immédiatement amoureux de la belle inconnue...
Commentaire : Treize ans après Blanche-Neige, Walt Disney adaptait un nouveau conte de Perrault. Le scénario n'évitait ni le mélo, ni la guimauve. Mais la galerie des méchants est savoureuse, avec une marâtre grimaçante flanquée de deux filles stupides. Et Disney s'avère, une fois de plus, le roi du personnage secondaire avec Gus le Gaffeur et Jack la Débrouille, deux souris fébriles et paniquées, en butte aux persécutions de Lucifer, un abominable matou. Cendrillon compte deux scènes d'anthologie : l'apparition de la marraine, fée rondelette qui transforme l'héroïne en princesse parée pour le bal. Et la fabrication improvisée d'une robe par tous les animaux qui swinguent au grenier. Un délicieux classique.
Réalisateur : Hamilton Luske
Synopsis : Peter Pan est un enfant joyeux, surdoué, et toujours prêt à aider les autres. Il a un don particulier : celui de se mettre à voler lorsqu'il pense à une chose agréable. Un jour, une fée appelée, la «Fée clochette» prend contact avec Peter Pan. Il doit l'aider à retrouver des enfants, prisonniers sur l'île des enfants perdus. Il doit en outre leur trouver une maman. Ce sera la jeune Wendy. Mais avant cela, Peter Pan doit combattre le terrible capitaine Crochet ainsi qu'un féroce crocodile...
Commentaire : Peter Pan est le 18ème long-métrage d'animation et le 14ème « Classique d'animation » des studios Disney.
Avant que Walt Disney ne porte Peter Pan à l'écran, force est de constater qu'il manquait un petit quelque chose dans tous les longs métrages d'animation de la compagnie : un personnage masculin intrépide et attachant auxquels les jeunes garçons pouvaient s'identifier. Le seul autre exemple du genre pourrait être Pinocchio, mais il n'a ni la prestance ni le charisme de l'inimitable Peter Pan, reconnaissez-le ! L'histoire est à la base adaptée d'une pièce de théâtre écossaise écrite par James Matthew Barrie en 1904. L'une des étonnantes particularités de cette pièce : Peter Pan était toujours incarné... par une femme à chacune des représentations. Tandis que la fée Clochette n'était au mieux qu'une simple rayon de lumière, les spectateurs s'imaginant ainsi voir virevolter une fée pourtant inexistante. La version portée à l'écran par Walt Disney fait un choix résolument radical. Elle rend à Peter son statut de véritable garçon - une première à l'époque -, et surtout, elle personnifie l'inoubliable Clochette, tout en lui donnant une « voix » sous la forme de tintements de clochettes.
Clochette est assurément la vedette majeure de ce film, alors que celle-ci est incapable de prononcer le moindre mot. Gesticulant à tout va pour exprimer ses émotions, la ravissante fée est pleine de vie ! Tour à tour jalouse, espiègle, impatiente, détestable, elle reste dans tous les cas de figure vraiment adorable ! Pas étonnant qu'elle soit devenue l'emblème des studios Disney, dépassant largement les frontières de ce long métrage. Peter Pan offre d'ailleurs un autre personnage incontournable : l'irascible Capitaine Crochet. Crochet bénéficie d'une aura jusque là jamais vu dans les précédents longs métrages, c'est en effet le tout premier « méchant » qui n'attire pas l'antipathie du spectateur. Malgré ses crises de nerfs mémorables, et malgré ses plans machiavéliques pour mettre la main sur Peter, Crochet semble plutôt être une sorte de mentor, presque un père, débordé par ce jeune adolescent insouciant et insaisissable qui se fait un grand plaisir de le tourner en bourrique. Ce sentiment est d'ailleurs accentué par l'aspect comique de sa personnalité, surtout quand il se fait poursuivre par le célèbre crocodile. Crochet devient tellement pitoyable par moment, qu'on finit par ne plus le percevoir comme un méchant, d'autant qu'il sait faire preuve d'un raffinement certain.
Peter Pan innove beaucoup sur son aspect esthétique mais aussi technique. Le film offre ainsi deux véritables mondes totalement opposés. Le film s'efforce d'abord de retranscrire avec une étonnante exactitude la réalité, particulièrement la maison de Wendy, Jean et Michel. Quand Peter s'invite dans la chambre des enfants, le film offre une transition douce vers le monde irréel. Les personnages prennent leur envol au dessus de Londres, la fantaisie s'invite peu à peu au fur et à mesure de leur périple. La sensation de pesanteur des personnages est d'ailleurs étonnante, prouvant que le film a bénéficié d'une réalisation impeccable. Alors que le monde réel semble froid et lugubre, le pays imaginaire est au contraire chaleureux et lumineux. Il ne pouvait sans doute pas en être autrement, puisque ce monde est censé être figé en dehors de la ligne temporelle. Toute personne qui y séjourne ne peut donc plus vieillir et peut y vivre éternellement. Mais ce monde aux apparences idylliques a aussi un énorme revers, Jean et Michel vont d'ailleurs l'expérimenter à leur dépend : plus on s'y amuse, et plus on oublie sa vie passée.
Il est intéressant de se pencher sur l'aspect musical de Peter Pan. Chaque personnage se voit en effet attribuer un thème musical qui lui est propre. La flûte de pan, tout naturellement, accompagne ainsi régulièrement chaque apparition de Peter. Les enfants perdus bénéficient de leur propre ritournelle, il est en d'ailleurs de même pour les pirates, les indiens, Clochette, et Crochet. Pour autant une seule de ces mélodies reste imprégnée dans notre mémoire, parce qu'elle est superbement burlesque. Je suis sûr que vous savez de laquelle je parle. Oui, c'est bien le tic-tac du crocodile ! Peter Pan comporte aussi plusieurs chansons très divertissantes. Notons d'ailleurs que le film ayant bénéficié de deux doublages français différents, ces chansons y sont adaptées différemment sur l'une et l'autre version. Par exemple, on entendait dans la version de 1953 « Nous suivons le guide », alors que c'est désormais « A la file indienne » que chantonnent les enfants lorsqu'ils parcourent le pays imaginaire.
Le scénario de Peter Pan offre une aventure pleine de rebondissements, de suspens et de bravoure qu'il est difficile de ne pas apprécier. Les diverses séquencent s'enchaînent de façon fluide sans laisser le spectateur perdu dans l'intrigue. Il faut dire que l'équipe Disney fut tellement échaudée par les critiques acerbes (particulièrement britanniques) envers Alice au pays des merveilles que tout a été mis en ouvre pour offrir une adaptation tout aussi respectueuse de la pièce de théâtre que dans le style propre aux films Disney. Le film est accessible aussi bien par les enfants et les adultes, tout en donnant réellement envie d'aller faire un tour au pays imaginaire pour y rencontrer les gens bizarres qui y vivent. Il offre une panoplie de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Peter Pan reste donc un film de très grande classe qui n'a pas pris la moindre ride. Que lui souhaiter de plus sinon une longue et éternelle reconnaissance par n'importe quelle génération de spectateurs ?
Le film a connu deux doublages différents à sa sortie cinéma, le 18 décembre 1953 et lors de sa ressortie cinéma en 1992 (puis sur toutes les éditions vidéos à partir de 1996). Lors de sa sortie cinéma initiale en France, le film portait le titre de Les aventures de Peter Pan. Pourtant, ce titre a été purement et simplement abandonné par la suite, pour une raison inconnue.
Lady and the Tramp
Synopsis : Lady est un ravissant cocker, cadeau de noël de Jim Chéri à sa femme Darling. Choyée, entourée de l'affection de cette famille, son bonheur était parti pour durer. Mais en confiant leur maison à la tante Sarah au moment de la naissance de leur bébé, les époux Darling déclenchèrent un véritable enfer dans la vie de Lady. Flanquée de deux abominables chats sournois, la vieille dame rendait le jeune cocker responsable de tous les dégêts dans la maison. N'y tenant plus, elle lui acheta même une muselière et Lady, de peur, prit la fuite...
Synopsis : La princesse Aurore, fille du roi Stéphane, vient de naître. Tout le royaume est invité à se pencher sur son berceau. Flora, Pimprenelle et Pâquerette, trois bonnes fées, en font de même. Mais Maléfique, une sorcière aux pouvoirs immenses, fait soudainement son apparition, dénonçant le fait qu'elle n'ait pas été conviée à la cérémonie. En guise de représailles, elle annonce à l'assistance que le jour de ses 16 ans, la jeune princesse se piquera le doigt avec le fuseau d'un rouet, et qu'elle en mourra...
One Hundred and One Dalmatians
Réalisateur : Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wolfgang Reitherman
Musique : George Bruns
Synopsis : Compositeur et célibataire endurci, Roger, le maître du dalmatien Pongo, tombe amoureux de la jeune et jolie Anita, elle-même propriétaire d'une chienne, Perdita. Comme les jeunes gens, les deux toutous décident de fonder un foyer. Bientôt, Perdita donne vie à des chiots, tous plus adorables les uns que les autres. La méchante Cruella, une amie d'Anita, est intéressée par la peau des petits. Cette terrible femme met au point un plan machiavélique pour enlever et s'approprier les chiens. Pour Pongo, Perdita, Robert et Anita, il faudra jouer serré pour déjouer les pièges de Cruella, avide d'argent...
Commentaire : A sa sortie - en 1961 - c'est un événement. D'abord, Les 101 Dalmatiens est le premier film des studios Disney qui rompt avec la tradition des contes de fées et des fables : à sa façon, candide mais cruelle, c'est presque un polar. Imaginez une centaine d'adorables petits chiots " dognappés " par une méchante Anglaise, décidée à se faire un manteau de fourrure en " peau de toutou " ! Jamais pareil sujet n'avait encore été traité dans un film pour enfants ! Ensuite, c'est le premier long métrage à utiliser le procédé du Xerox. Il permet le transfert, par photocopie, du crayonné et donne plus de souplesse et de vibrations au trait. Un résultat éblouissant : le graphisme du film dépasse de cent coudées tous les précédents Disney ! Enfin, dernier coup d'audace, à l'heure où la couleur fait une entrée fracassante sur les écrans, les studios ont résolument donné la vedette à cent un petits chiens noir et blanc ! Les décors sont sobres, les personnages, pastel. La seule à bénéficier d'un traitement de faveur, c'est Cruella, la voleuse de petits chiens, flamboyante de méchanceté. Mobilier, voiture et garde-robe : chez elle, tout est noir et pourpre. Clinquant. Les 101 Dalmatiens est un formidable clin d'oeil au monde de l'enfance. Et un monument d'humour. En donnant la vedette à Pongo et Perdita, les parents des petits chiots enlevés, puis à la gent canine londonienne entière, les studios Disney cèdent, en réalité, le pouvoir aux enfants. Les petits chiots de Pongo et Perdita ont tout emprunté de leur comportement, et le sergent Tips, un matou de gouttière, et son supérieur, le vieux colonel, un vieux briard à moitié sourd, sont bien plus malins que les humains adultes. Trente-quatre ans après sa sortie, le film a un petit côté kitsch. Suranné. Mais son charme est intact, et l'on se prend à regretter le bon vieux temps, où les films d'animation se préoccupaient, d'abord, de nous faire rire et rêver sans chercher à nous en mettre plein la vue
Réalisateur : Wolfgang Reitherman
Synopsis : Le tigre Shere Khan est de retour dans la jungle. Les loups s'inquiètent : le sinistre félin ne risque-t-il pas de s'en prendre à Mowgli, le «petit homme» qu'ils ont recueilli et élevé ? La panthère Bagheera, qui régente ce petit monde, décide de ramener le jeune garçon chez les siens : là-bas, il sera en sécurité. Mowgli, bien sûr, n'a aucune envie de quitter la jungle ; et c'est à contre-coeur qu'il suit Bagheera. La noble panthère et son petit protégé rencontreront toutes sortes de créatures plus ou moins sympathiques : Kaa, un serpent rusé, Hathi, un respectable pachyderme, Baloo, un ours aussi farfelu qu'attachant, une bande de macaques turbulents, sans oublier Shere Khan lui-même...
The AristoCats
Synopsis : Paris, 1910. Madame de Bonnefamille, millionnaire excentrique, vit seule entourée de ses chats : Duchesse et ses trois petits, Marie, Toulouse et Berlioz. Un jour, elle convie son notaire pour léguer toute sa fortune à ses compagnons à quatre pattes. Cependant, une clause du testament stipule qu'à la mort des chats, ses biens iront à son maître d'hôtel, Edgar. Ce dernier, entendant la nouvelle, décide d'éliminer ces héritiers. Après leur avoir administré une drogue, il les emporte à la campagne avec la ferme intention de les noyer…
Beauty and the beast
Synopsis : Belle est une jeune fille sensible et imaginative, qui passe ses journées plongée dans la lecture et qui repousse obstinément les avances de Gaston, un bellâtre musclé et vaniteux. Un seul homme compte dans sa vie : son père, Maurice, un inventeur farfelu. Un jour, ce dernier s'étant perdu la nuit dans la forêt, doit se réfugier dans un château pour échapper à une meute de loups. Irrité par son intrusion, le maître des lieux, une Bête gigantesque et terrifiante, le jette dans un cachot. Pour sauver son père, Belle accepte de prendre sa place.
Réalisateur : John Musker, Ron Clements
Musique : Alan Menken
Synopsis : Aladdin est un garçon des rues débrouillard. Il est tombé follement amoureux de la princesse Yasmine, la fille du sultan. Mais s'il veut gagner le coeur de la belle, il lui faut d'abord se débarrasser de l'infâme vizir Jafar, qui s'est mis en tête de s'emparer du royaume. Aladdin part en guerre contre cet homme terrible, qui fomente d'odieux plans maléfiques. Aidés par un astucieux génie sorti d'une lampe dont Aladdin s'est emparé, le jeune homme et ses amis, le singe Abu et un tapis volant magique, vont tenter de contrer les plans de l'horrible Jafar. Ils ne sont pas au bout de leur aventure...
Commentaire : Un feu d'artifice sur fond de décor oriental ! C'est Aladdin, le dernier dessin animé arrivé de chez Disney. Cette fois, pas d'alibi pseudo-poétique pour réunir les familles, au moment des fêtes de fin d'année. Inspiré du fameux récit de Shéhérazade, Aladdin est un cartoon endiablé, mâtiné de comédie musicale, sans temps morts et hilarant. Un régal ! D'accord : les auteurs ont amplement puisé dans les archives de la maison. C'est fou les ressemblances graphiques entre Aladdin et d'autres succès signés Disney. Jaffar, le vizir félon, par exemple, a la même silhouette que la sorcière de La Belle au Bois dormant. Son sceptre, lui, évoque le serpent hypnotiseur du Livre de la jungle. Quand Aladdin est transformé en prince par le Génie sorti de la lampe, on pense à la marraine étourdie de Cendrillon, habillant sa filleule pour le bal. Et quand le vizir grandit, jusqu'à devenir une puissance maléfique, on revoit, trait pour trait, le démon d'Une nuit sur le mont chauve, dans Fantasia. Parfois même, les scénaristes n'ont pas hésité à « copier sur le voisin » : Aladdin, dans la caverne aux merveilles, ressemble à Harrison Ford qui avance parmi les pièges d'Indiana Jones et le temple maudit. Et quand le Génie, transformé en abeille, souffle son texte au jeune héros qui courtise la princesse Jasmine, c'est un hommage au cinéma (et au théâtre !) français : on pense aussitôt à Cyrano, venant en aide à Christian, sous le balcon de Roxane... Dernière référence (et avouée, celle-là !) : Tex Avery. C'est l'ombre qui plane le plus sur Aladdin. Depuis quelques années, les troupes de chez Disney ont rajeuni. Une nouvelle génération d'animateurs, nourris aux gags délirants des loups lubriques du grand Tex, est arrivée. Avec Aladdin, ils semblent avoir voulu réaliser le cartoon le plus loufoque de la décennie. Un exemple : le Génie. C'est lui, la vraie star du film. Chaque fois qu'il jaillit de la lampe magique, tel un magicien halluciné au corps en caoutchouc, il déchaîne des tempêtes de rires. Les auteurs ont eu l'idée (... géniale) de lui faire parodier une foule de personnages. Il tire une langue démesurée, qui devient grand escalier de music-hall ; il se dédouble, devient meneur de revue, hôtesse de l'air, tailleur, maître d'hôtel, présentateur de jeux télé... Le plus souvent, il a les traits de Robin Williams. Mais, en une fraction de seconde, il se fait le visage de Groucho Marx, d'Arnold Schwarzenegger, de Jack Nicholson... (1). La deuxième star d'Aladdin, c'est le tapis magique. Il est muet, mais ses mimiques expressives, quasiment humaines, deviennent autant d'irrésistibles gags visuels. Le mélange est détonant, le rythme, étourdissant. Devant cette virtuosité, le spectateur sort étourdi, mais ravi. Avec plus de deux cents millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, Aladdin est déjà le plus gros succès de l'histoire du dessin animé - Bernard Génin (1) Dans la version anglaise, c'est Robin Williams, déchaîné, qui lui prête sa voix. C'est en le faisant improviser que le dessinateur Eric Goldberg a eu l'idée de donner au Génie les traits de Robin Williams
Film d'animation de John LasseterUSA,
Commentaire:
Film incontournable de l'histoire de l'animation, Toy Story a porté le dessin animé en images de synthèse au rang d'art total. A la baguette, Pixar faisait ses premières armes et sidérait le monde entier grâce à sa maîtrise technique et à son sens de la narration.
Dans les histoires du cinéma, Toy Story figurera à jamais comme le premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse. Aujourd'hui, on est beaucoup moins impressionnés qu'à l'époque par la prouesse technique, mais on reste bluffés par la richesse du scénario, sorte de « guéguerre des joujoux » moderne, qui démarre dans une chambre d'enfant. Le tour de force, c'est d'avoir créé l'illusion de la vie et des sentiments chez des personnages entièrement virtuels. Chaque séquence est un morceau de bravoure. Filmée comme un raid militaire, l'expédition des petits soldats chargés de commenter le déballage des cadeaux est irrésistible. La course-poursuite finale avec un camion de déménageurs n'a rien à envier à Indiana Jones. La virée inquiétante chez Sid, le sale gosse qui a fait de sa chambre un laboratoire pour jouets mutants, est un grand moment d'inventivité. Pas un instant le rythme ne faiblit. Extra.
A Bug's Life
Réalisateur : John Lasseter, Andrew Stanton
Musique : Randy Newman
Synopsis : Une certaine agitation règne dans la fourmilière. Pour la première fois en effet, la princesse Atta, qui a succédé à la reine, doit fournir le tribut annuel de la colonie à la nuée de sauterelles du terrible Le Borgne. Bien décidé à effectuer sa part du travail, Tilt fait du zèle. Mais par un concours de circonstances particulièrement malheureux, il détruit le montant de l'impôt déjà collecté pour Le Borgne et ses sbires. Ce qui était prévisible arrive alors : la nuée de sauterelles débarque et, n'ayant rien à emporter, menace de revenir et de piller la colonie. Tilt, honteux de sa responsabilité dans l'affaire, décide de prendre la route et de rassembler seul le montant de la dîme...
Commentaire 1001 pattes: “Les Sept Mercenaires” au pays de “Microcosmos”. Tilt, une fourmi bricoleuse, fait une grosse gaffe qui provoque la fureur du chef d'un bataillon de sauterelles. Conseil de guerre dans la fourmilière : Tilt part recruter des mercenaires pour protéger les siens. Il revient en compagnie d'une coccinelle, une chenille bedonnante, deux poux, une mante religieuse, une veuve noire... Mais il y a comme un malentendu : ces vaillants guerriers ne sont que les artistes d'un cirque en déroute et ils se cherchent un nouveau public... Sur ce quiproquo, John Lasseter, grand précurseur du film en images de synthèse (de Toy Story à Monstres & Cie), organise une cascade de situations cocasses, avec avalanche de rebondissements de plus en plus spectaculaires, dont le crescendo est irrésistible. Visuellement, le spectacle est splendide (voyez l'intérieur de la fourmilière, recouvert de champignons d'un bleu lumineux qui brillent comme autant d'abat-jour). A l'échelle des personnages, un cours d'eau asséché et parsemé de cailloux devient Grand Canyon du Colorado. Avec l'arrivée silencieuse des sauterelles dans la brume, le film touche au fantastique ; et l'apothéose du combat aérien final sur fond d'orage déchaîné est à couper le souffle. Un conseil : ne pas manquer les derniers plans du générique final, qui culmine en un bêtisier hilarant.
Film d'animation de Chris Buck et Kevin Lima
Scénario : Tab Murphy, Bob Tzudiker, Noni White, d'après Tarzan, seigneur de la jungle. d'Edgar Rice Burroughs. .
Avec les voix de Valérie Lemercier, Muriel Robin, Emmanuel Jacomy, Gérard Rinaldi.
Commentaires : Spectateurs seniors, oubliez Johnny Weissmuller, sa minivague, ses allures de statue grecque en slip peau de chamois. Ce Tarzan-ci porte crânement une tignasse pleine de dreadlocks, s'enorgueillit d'une souple musculature de triathlète croisé avec un danseur du Bolchoï et, surtout, d'une bonne bouille tout en longueur. Dessiné avec grâce et malice, ce moderne Adonis des forêts exotiques surmonte bien des embûches : tout petit déjà, il évite la noyade, dans les bras de ses parents naufragés (occasion d'une spectaculaire scène inaugurale, où le navire en perdition enflamme ciel et mer). Un peu plus tard, il échappe aux appétits d'un léopard mal intentionné grâce à la compassion d'une brave maman singe. La suite, tout le monde ou presque la connaît. Orphelin adopté par les grands primates, Tarzan grandit en force et en astuce, invente son fameux cri, cause le gorille couramment, rencontre une jolie exploratrice (elle, Jane...).Chez Disney comme ailleurs, cette légende s'enrichit d'un gentil message écolo, assorti d'une nostalgie un brin rousseauiste (le bel et bon sauvage, la forêt vierge, nouveau jardin d'Eden). Mais surtout, avec sa ribambelle de personnages secondaires drôles, colorés, formidablement expressifs, sa tendresse pétillante, le film déborde de fraîcheur, d'énergie et d'inventivité. Une vraie fête, calibrée au poil (d'éléphant) près, aussi luxueuse et luxuriante que les décors.
John Lasseter, Ash Brannon, Lee Unkrich
Histoire originale : J. Lasseter, Peter Docter.
Scénario : A. Stanton, Rita Hslao. Doug Chamberlain et Chris Webb.
Musique : Randy Newman.
Avec : Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack
Synopsis : Woody, le cow-boy à la démarche déhanchée, reste le jouet préféré d'Andy, même si aujourd'hui Buzz partage cette amitié. Toujours chef de bande, Woody protège et rassure tous les jouets de la chambre. Kidnappé par un collectionneur sans scrupules, Woody va découvrir qu'il fut jadis une vraie star. Après maintes péripéties, il va être confronté à la décision la plus importante de sa vie: rentrer chez lui pour retrouver Andy et les jouets ou rester pour devenir une pièce rare de musée.
Commentaire : C'est le grand retour de Woody et de ses copains jouets. John Lasseter lui a inventé un passé qui le projette dans un temps où la télé était encore en noir et blanc, et notre cow-boy cool, une star ! Vedette adulée d'un feuilleton pour enfants, on l'a décliné en produits dérivés, dont ce jouet sympa qu'il est aujourd'hui. Il en est baba. Et tout bouleversé de retrouver ses partenaires d'antan. Lasseter, loin de dupliquer une formule gagnante, approfondit, enrichit l'univers de totale fantaisie qu'il a créé de toutes pièces grâce à l'ordinateur et un sens peu commun du spectacle. De cette idée de scénario habilement développée et prolongée d'une réflexion jamais mièvre sur la vie, la fidélité, l'amitié, naissent des gags en rafales, d'incessantes échappées vers un deuxième degré jubilatoire. Subtil va-et-vient entre ce que l'on attend avec curiosité et ce qui relève de l'inspiration la plus débridée. Goût du détail qui ajoute du piquant à un plan sans jamais entraver le mouvement. Et, surtout, capacité à faire « exister » des personnages attachants, drôles et tout sauf virtuels. Peu de films ont su prendre avec autant de sérieux le cinéma de pur divertissement.
Monsters, Inc.
Réalisateur : Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich
Musique : Randy Newman
Synopsis : Grâce à un très ingénieux système de placards, une équipe de monstres, travaillant pour Monstres & Compagnie, pénètre toutes les nuits dans le monde des humains pour terrifier les enfants et récolter leurs hurlements. Ces cris de terreur sont ensuite transformés en énergie pour alimenter Monstropolis, une ville peuplée de monstres. Le Terreur d'élite le plus réputé s'appelle James P. Sullivan, surnommé Sulley. C'est un énorme monstre à cornes à la fourrure verte parsemée de taches violettes. Il est souvent accompagné de Mike Wazowski, un cyclope en forme de pomme verte. Mais une nuit, Sulley se rend compte qu'un des placards est mal fermé. Et, en ouvrant complètement la porte, il laisse entrer Bouh, une petite fille qui passe son temps à larmoyer...
Commentaire : Après Toy Story (1 et 2), les studios Pixar sont allés fouiller dans la pénombre de nos souvenirs, là où nichent les « monstres », fidèles colocataires de toutes les chambres d'enfants. Les voilà donc qui sortent enfin du placard. Un coming out éclatant, virtuose, tout en pastels pop, vert amande, orange Malabar et mauve sucette. C'est le « pays joyeux des monstres gentils ». Si ces créatures tricéphales, quintupèdes ou mandibulées terrorisent le bambin, c'est par nécessité : à Monstropolis, le cri d'enfant est l'unique source d'énergie. Chaque nuit, une armada de portes de placard s'ouvrent sur notre monde, et des « pros » s'en vont exploiter le précieux gisement. Las ! le mioche pétoche moins qu'autrefois. C'est la crise du cri. Les pêcheurs de trouille sont amenés à prendre de plus en plus de risques. Car l'humain est, paraît-il, toxique... Sullivan et son drôle d'assistant, Bob Razowski, étudient la question. Une nuit, l'une des portes fonctionne dans l'autre sens, livrant passage à l'horreur : une petite fille... S'ensuit une course trépidante, d'une invention cocasse à l'autre, du pastiche à la pure poésie. Ces monstres sont faits de la matière réversible de l'enfance, un côté peluche, un côté obscur. Le film capte leur fonction essentielle : objets transitionnels ambigus, mais finalement rassurants.
Film d'animation de Brad Bird.
Synopsis : Rémy, le jeune rat gastronome, veut devenir cuisinier. Ni l'incompréhension de sa famille, ni le fait d'appartenir précisément à l'espèce animale la plus haïe dans une cuisine ne pourront le détourner de son rêve : être le nouveau grand chef parisien. Pour approcher du piano, il va prendre le contrôle d'un grand dadais roux et mou, commis aux poubelles et incapable de faire cuire un œuf.
Commentaire : Cela faisait longtemps qu'un film n'avait pas célébré avec autant d'allant et de kitsch éclatant la France, sa cuisine et Paris, capitale du goût, où la tour Eiffel clignote, la Seine miroite, les quais sont propices aux confidences. Ratatouille fait penser plus d'une fois à Un Américain à Paris, de Vincente Minnelli. Mais avec un rongeur à la place de Gene Kelly et l'art des fourneaux au lieu de celui des pinceaux.
Gestes dirigés et maladresses à gogo : l'association du « petit chef » et de sa marionnette, au sens propre du terme, relève du meilleur burlesque. Bavard et érudit en matière culinaire, le scénario, quant à lui, révèle un fond particulièrement goûteux derrière le classique accomplissement du petit héros.
Brad Bird (le créateur des Indestructibles) tire la langue à la malbouffe et nous fait saliver devant le monticule rutilant de pétales de tomates, lamelles de courgettes, émincé d'aubergines et dentelles de poivrons, dont la saveur traverse l'écran.
Autre « fléau » : la critique, ici personnifiée par un chroniqueur gastronomique morbide, sec et sans cœur. Il connaîtra la révélation : une ratatouille madeleine de Proust le ramènera à son enfance et le convertira à la volupté. Ce régal de film s'inscrit donc en faux contre le cliché en vigueur : non, le critique n'est pas un être qui boude son plaisir et retient ses émotions...
Réalisateur : Andrew Stanton
Musique : Thomas Newman
Synopsis : Au XXIIe siècle, la Terre n'est plus qu'une immense décharge à ciel ouvert. Toute vie a disparu de la surface de la planète. Au milieu de ce dépotoir, Wall-E, un petit robot éboueur fonctionnant encore, poursuit la tâche pour laquelle il a été programmé. Un jour, un vaisseau se pose non loin. Une ravissante «robote» en débarque. Se sentant seul, Wall-E entreprend d'établir le contact avec elle. Mais il ne réalise pas qu'elle a une mission des plus importantes à mener : vérifier que toute forme de vie végétale n'a pas entièrement disparu de la surface du globe. C'est alors que Wall-E lui offre une petite plante récemment trouvée entre les immondices..
Commentaire : Le sauvetage de l'humanité par un petit robot « éboueur ». Il fallait oser, le réalisateur Andrew Stanton et son équipe l'ont fait : le film s'ouvre sur un océan de déchets, encore et encore, à l'infini. Situer un conte pour la jeunesse (même s'il peut aussi séduire les spectateurs plus âgés) dans une immense décharge vide, saturée de débris du monde moderne, est une vraie gageure. C'est que, sous sa croûte de crasse, la Terre est devenue une planète morte, abandonnée par l'espèce humaine. Littéralement seul au monde (à l'exception d'un cafard affectueux), le vaillant petit robot Wall-E continue encore et toujours le travail pour lequel il a été programmé : compacter des ordures. Ce héros tout rouillé est un doux rêveur, collectionneur de souvenirs sentimentaux, tel ce bout de bande-vidéo du film Hello, Dolly ! qu'il repasse en boucle dans sa tanière... Cette chronique quasi muette de la solitude et de la débrouille façon Robinson Crusoé - avant que Wall-E s'envole dans l'espace vers les humains -, constitue la plus belle part du film.
Grâce à la 3D et au talent des artistes de Pixar, les panoramas y sont ébouriffants : gratte-ciel parmi les gratte-ciel, d'immenses agglomérats de détritus, vestiges d'une frénésie consumériste, se dressent partout, à perte de vue. Hier, le péril atomique, aujourd'hui la pollution... A chaque époque ses cauchemars.
Réalisateur : Lee Unkrich
Musique : Randy Newman
Synopsis : Le temps a passé. Andy a grandi. Il a maintenant l'âge d'entrer à l'université et n'a plus touché à ses jouets depuis longtemps. Avant de partir de chez lui, Andy décide de mettre tous ses jouets dans un carton, lequel sera monté au grenier. Il ne gardera avec lui que son fidèle Woody. Mais à la suite d'une erreur, les jouets se retrouvent dans une crèche, à se laisser diriger par le vieux Lotso, un ours rose parfumé à la fraise. Maltraités par les enfants, bien trop jeunes pour savoir prendre soin d'eux, les jouets se préparent à organiser leur évasion. Ils sont vite rejoints par d'autres joujoux, animés de la même ambition...
Commentaire :
Qui n'a pas gardé dans un coin de placard ses jouets préférés ? Les créateurs du studio Pixar, eux, n'ont jamais cessé de s'amuser avec les leurs, depuis Toy Story, en 1995. Tels des Gepetto de l'ère numérique, ils réalisaient le fantasme de tous les enfants : donner vie aux jouets. Comment ont-ils réussi, avec les années, à maintenir le rythme, l'humour, la virtuosité technique, là où d'autres sagas s'épuisent ? Autrefois flambant neufs, les personnages de Toy Story sont désormais... usagés. Le scénariste a eu l'idée futée de prendre en compte ce « vieillissement ». Obsolètes, nos héros échouent dans une garderie, aux prises avec une « mafia » de jouets locaux dirigée par un vieil ours en peluche.
Plus que jamais, ces hilarantes péripéties jouent avec une foule de références. Comme par exemple Ken et Barbie, irrésistibles caricatures nunuches et kitsch. Drôle mais aussi émouvant, le film traite du sentiment de perte, de la peur de l'abandon. L'ours maléfique est ainsi passé du « côté obscur » depuis que sa petite maîtresse l'a oublié dans un champ. Des sentiments troubles, des méchants tourmentés qui font régner une ambiance de dictature... Comme les héros doivent s'échapper de ce mini-enfer, les voilà qui rejouent La Grande Evasion, lors d'une scène spectaculaire dans l'immense brasier d'une décharge. C'est une autre constante des trois épisodes de Toy Story : de tout petits héros dans un monde de géants, juste à l'échelle de l'enfance
Frozen
Réalisateur : Chris Buck, Jennifere Lee Musique : et Christophe Beck
Synopsis : « La Reine des neiges » conte le destin d’Elsa, princesse d’un fjord du Nord frappée par une terrible malédiction : tout ce qu’elle touche se transforme en glace. Elle refuse donc tout contact physique avec ses proches, au risque de leur geler le cœur de façon irrémédiable, mais elle va tout de même finir par plonger son royaume dans un hiver éternel. Sa jeune sœur, Anna, va alors entreprendre un périlleux voyage dans les montagnes en compagnie d’un bûcheron, d’un renne et d’un bonhomme de neige facétieux pour tenter de mettre fin à la malédiction.
Commentaire : Un vent de fraîcheur souffle chez Disney. On voyait déjà, depuis quelques films, le savoir-faire du studio Pixar — acquis par le géant américain en 2006 — pour les personnages secondaires rigolos (le cheval de Raiponce). Dans cette adaptation (très) libre du conte d'Andersen, le gugusse le plus drôle est un bonhomme de neige démontable, cousin du M. Patate de Toy Story. Pour la première fois, on sent aussi l'influence de Marvel, le studio des superhéros, racheté, lui, en 2009.
C’est une vieille partition : dès les premiers courts-métrages animés produits sous sa houlette — « Oswald le lapin chanceux » (1927) ou « Steamboat Willie » (1928) —, Walt Disney insista pour que la musique ait une valeur aussi importante que les images. Un principe qui fut également de mise avec « Blanche-Neige » (1937), premier long-métrage animé du studio, et les suivants. Pourtant, au fil des années, le studio a eu tendance à lever le pied sur les ritournelles dans ses films, jusqu’à parfois faire carrément l’impasse. Mais « la Reine des neiges », qui sort aujourd’hui en France, marque un retour au dessin animé musical, avec pas moins de huit chansons interprétées par les personnages principaux et secondaires du film. Et quelles chansons! Enlevées, entraînantes et jouées plein pot lors des projections, elles contribuent pleinement à faire de cette histoire de princesses venues du froid un très grand Disney. Des décors somptueux
Adapté d’un conte d’Andersen et de légendes nordiques, le film bénéficie d’un graphisme extrêmement soigné qui colle magnifiquement à son histoire, pour lequel les animateurs du studio se sont rendus en Norvège afin de s’inspirer des costumes folkloriques locaux, des paysages somptueux (fjords, montagnes, lacs…) et des arts décoratifs du pays. Le tout au service d’un scénario qui, s’il est ancré dans le conte traditionnel, s’avère d’une grande modernité grâce à ces deux princesses de choc, aussi impétueuses que têtes brûlées.
Et puis, il y a les fameuses chansons, qui rythment cette histoire sur un tempo endiablé. Le studio a fait appel au duo américain montant de la comédie musicale, Robert Lopez et son épouse, Kristen Anderson-Lopez, compositeurs du musical « The Book of Mormon » qui cartonne actuellement à New York et Londres. De même, pour l’adaptation française du film, le studio a préféré recruter — à l’exception notable de Dany Boon qui interprète le bonhomme de neige Olaf — des chanteurs issus de comédies musicales plutôt que des comédiens pour doubler les personnages. De bonnes idées, qui concourent à faire de « la Reine des neiges » un remarquable dessin animé musical, que Walt Disney aurait entièrement approuvé. Ce qui tombe bien : Walt avait déjà eu lui-même le projet d’adapter le conte d’Andersen à l’écran.