Le monde fou, fou, fou, des premiers comiques
Charlie Chaplin, Laurel et Hardy ou Buster Keaton ont en commun de savoir nous faire rire. Pourtant, ils ne s'y prennent pas de la même manière.
En 1895, Louis Lumière tourne le premier gag de l'histoire du cinéma : L'arroseur arrosé. Victime d'une mauvaise plaisanterie, un jardinier est aspergé par son propre tuyau d'arrosage. Dès qu'il est né, le cinéma a su faire rire. Dans les années 10, à Hollywood, le réalisateur Mack Sennett est célèbre pour ses petits films de deux bobines qui font hurler de rire le public et dans lesquels des troupes de policiers (les Keystone Cops) se livrent à d'ébouriffantes courses-poursuites. Un peu plus tard, Mack Sennett, dont le studio est surnommé "l'usine du rire américain", donne sa chance à un jeune Anglais de 22 ans, fraîchement débarqué aux États-Unis: Charlie Chaplin.
Vous avez été mon maître» avoua un jour Charlie Chaplin à Max Linder, sans vous, je n'aurais jamais fait de cinéma. . A la veille de la première guerre mondiale, ce Français est un des rois du burlesque. Il invente des films à gags construits autour de Max, un jeune homme élégant. La trouvaille de génie de Chaplin, c'est Charlot. Avant de réaliser des longs-métrages, Chaplin tourne des dizaines de petits chefs-d'œuvre muets où l'on retrouve Charlot à ses débuts: vendeur, prisonnier évadé, policier... Chaplin est un formidable mime. Sans un mot, juste avec les expressions de son corps et de son visage, il arrive à tout dire: la joie, l'amour, la peur, la solitude. Il sait aussi détourner les objets de leur emploi usuel. Avec lui, des petits pains deviennent des chaussons de danse (La ruée vers l'or). Malgré les mésaventures qui lui arrivent, Chariot ne perd jamais son sens de l'humour: il sait mieux que personne faire passer les spectateurs du rire au larme.
L'autre grand maître du burlesque s'appelle Buster Keaton. On le surnomme "L'homme qui ne rit jamais". « A mes débuts, racontait-t-il, je me suis aperçu que plus je restais impassible au milieu des pires difficultés, plus les gens riaient ». Il a pris le parti de Chaplin compose la panoplie de son vagabond en fouillant dans une malle à costumes: un chapeau melon trop petit et un pantalon trop grand, sans oublier la célèbre canne. conserver ce visage à l'expression parfois triste. Dans tous ses films (Sherlock Junior, Le Mécano de la "General", Le Cameraman), le personnage de Buster Keaton a un problème de taille: les objets lui sont hostiles. Pour les vaincre, il doit déployer une grâce de funambule.
Un maigre et un gros. Stan Laurel, le maigre et Oliver Hardy, le gros, forment à partir de 1925 un formidable duo comique, spécialiste des catastrophes en tous genre et des destructions en chaîne. On leur doit l'une des plus fantastiques batailles de tartes à la crème (paraît-il plus de 3000 tartes) dans La Bataille du siècle. Leur comique, à la différence de celui de Buster Keaton a su résister à l'arrivée du parlant et fait rire depuis plusieurs générations.