Citation de Gauss à propos de Sophie Germain
« Comment vous décrire mon admiration et mon étonnement, en voyant se métamorphoser mon correspondant estimé M. Leblanc en cet illustre personnage, qui donne un exemple aussi brillant de ce que j’aurois peine de croire. Le goût pour les sciences abstraites en général et surtout pour les mystères des nombres est fort rare : on ne s’en étonne pas ; les charmes enchanteurs de cette sublime science ne se décèlent dans toute leur beauté qu’à ceux qui ont le courage de l’approfondir. Mais lorsqu’une personne de ce sexe, qui, par nos mœurs et par nos préjugés, doit rencontrer infiniment plus d’obstacles et de difficultés, que les hommes, à se familiariser avec ces recherches épineuses, sait néanmoins franchir ces entraves et pénétrer ce qu’elles ont de plus caché, il faut sans doute, qu’elle ait le plus noble courage, des talents tout à fait extraordinaires, le génie supérieur. En effet, rien ne pourroit me prouver d’une manière plus flatteuse et moins équivoque, que les attraits de cette science, qui ont embelli ma vie de tant de jouissances, ne sont pas chimériques… »
EXERCICES
A l'époque (1809), elle a été la seule à s'attaquer à la question posée par l'Institut des sciences et des arts : "donner la théorie mathématique des surfaces élastiques et la comparer à l'expérience ". Ces messieurs scientifiques n'ont pas concourus parce que c'était réputé impossible. (La participation au concours était anonyme, le genre n'était donc pas une question).
Et elle a réussi !
Pourtant, meme après cela, certains savants ont refusé d'échanger avec elle. Pas tous, elle a eu des amis et soutiens célèbres, Fourier et Gauss par exemple, et Legendre.
Son travail est donc à l'origine des travaux qui ont suivi et ont permis à Eiffel de construire sa fameuse tour.
Sophie s'est battue toute sa vie pour ne pas être considérée comme une femme scientifique mais comme une scientifique (tout court).
L'incroyable histoire de l'élève "Leblanc"
Lorsque le digne professeur d'analyse mathématique à l'École polytechnique, Joseph-Louis Lagrange, l’un des plus grands savants de l'Europe, échange des lettres avec Antoine-Augustin Leblanc, élève dans cette École (promotion 1794), il ne se doute pas qu’il est l’objet d’une supercherie. Ces lettres sont exceptionnelles d’un point de vue mathématique. Quand le professeur demande à rencontrer en chair et en os l’élève Leblanc, qu’elle n’est pas sa surprise de voir arriver une jeune fille ! Il s’agit de Sophie Germain (1776-1831), l’une des rares mathématiciennes de son temps. N’ayant pas accès aux grandes écoles, fermées aux femmes, Sophie Germain a usé d’un subterfuge pour néanmoins échanger avec ces grands professeurs ! Lagrange, loin d’être offusqué, deviendra l’ami de Sophie Germain, qui utilisera le nom d’emprunt de Leblanc jusqu’en 1807.