Samedi 14 Avril 2012
Qui sait qu'aurait pu croire ça qu'est-ce qui allait se passer ?!
Surtout pas Kink (l'autre)
Bon, on disait bien ça et là que ça allait péter, mais lui aussi, quand il est arrivé au monde, il avait pleuré, et chaque jour lui montrait pourquoi. Mais tout roulait quand même, il avait un MEG que son daron avait gagné à la loyale : aux cartes ! ...
Y'avait du rêve, de l'eau, du fond, y'avait qu'à plonger.
Donc il était une fois dans l'ouest ... enfin ... la banlieue ouest ... du Bourget.
Staring Kink dans le rôle de Jésus, L'Ecrevisse dans le rôle de Jo (l'daron), et Captain dans le rôle de Néné. Inspiré du film "Les Démons de Jésus".
Un soir d'la semaine dans son déssaloir rempli de pétales de rose, l'Jo, qui s'paluchait d'la main gauche - comme ça il a l'impression que c'est quelqu'un d'autre qui le fait - passait un coup de grelot à Jésus. Histoire de barjaquer une demie plombe et de faire le point sur la sortie du ouikand.
Les deux compères, bavant à foison sur Néné, décident d'assurer l'coup et de prendre du rabiot en pif, des fois qu'l'autre pingre n'emporte qu'une betterave. Faut dire qu'i' devaient être 4, mais qu'i' en a un qui s'est défilé quand il a vu l'sirop de grenouilles en prévision. Du coup, les charlots se retrouvent à 3 et c'est plus compliqué pour doser l'rouquin. Bref, l'affaire est dans l'sac : un flacon chacun en plus et Jésus prendra aussi du décapant. Rencard est pris pour le samedi matin.
Samedi matin arrive. Jésus déboule peinard sur le site où est-ce que l' Vengeur moisit : chez l'cousin cambrousard du Jo. La tire du daron est là, grande ouverte, mais personne alentour! Une scie à buche se fait entendre au loin. Jésus s'approche et trouve l'autre ramier tout penaud alors que son cousin lui coupe du bois pour sa flambée de la journée. C'était pas du chiqué. L'autre narvalo il crame le bois d'chauffe du cousin qui, lui, se chauffe à la planche.
L'Daron, qu'a surpris son cousin au saut du lit pour lui piquer son bois, la garde en travers car l'autre, Jésus, lui en avait bien causé d'la planche. Mais il n'avait pas voulu ouvrir ses esgourdes.
Jo : Où tu vas ?
Jésus : J'vais charger la tire.
Jo : Et le bois ?
Jésus : Et ba, on finira la s'maine dernière.
Jo : Quoi la s'maine dernière ?
Jésus : Mais non, mais on finira demain.
Jo : Demain, demain, c'est pas aujourd'hui demain ! Si j'remettais tout à demain ce serait l'bordel ici.
Jésus : Ca c'est sur que vu de ton gros fauteuil pourri là, l'bois du cousin ça crame plus vite que tu le scies hein. T'as qu'à t'sortir les doigts du cul et le porter ton bois.
Jo : C'est bien ce que j'dis và. Y'a que des races de morts. A part l'grand Charles. Encore que lui, il l'a joué fine và. Quand il a vu les boches débouler, crois-moi qu'il s'est vite fais la jaquette chez les rosbeef. Encore une belle race de mort cela tiens. Il est rusé l'charlot tu sais. Tu vois, lui et moi on est d'la même graine : on aime l'effort mais on l'pratique pas.
La messe était dite!
Environ 8h50. Le Daron et Jésus arrivent sur le site de la mise à l'eau.
Jésus : Allo, Néné ? Bon qu'est-ce tu fous bordel ? On est déjà là !
Néné : Ouai ben chuis à la boulangerie, je prends les arties et j'arrive.
Jésus : Ok à toute. Dis Jo, comment qu'on fait là ?
Jo : On charge tout dans l'barlu et on met à l'eau après.
Jésus : Ah ?!
Evidemment, il y a plus simple que de soulever un recycleur quasi prêt pour une profonde en lac
froid à 1m50 de haut pour le poser dans un pneu où, comment dire, la place est précieuse !
. Craque, bing, paf. Tout le merdier est dedans. Les deux n'ont plus qu'à enfiler les tenues de beaux gosses et mettre le Vengeur à l'eau.
Néné arrive sur son rafiot, fier comme Artaban ! La bassine est vide ou presque. Il n'y pas de mal avec 2 bateaux pour 3 chalands et la majorité du merdier dans la noix du Daron.
On passera les pseudos ennuis de bougie du merdcury de la semaine. Du coup, avec la bassine en renfort, ça rassure. C'était sans compter la tempête qui sévissait sur le Bourget. 0.1 beaufort et 20cm de clapot. Rien à craindre, ça navigue très bien un pneu chargé à quille molle.
Jésus : 'tain Jo, ça secoue tout l'matos, fais qu'que chose !
Jo : Le long de la bande de rive, il y a toujours une petite bande calme. Et zou.
Jésus : Ouais, on va bien s'enfourailler dans un rocher à c't'allure et avec ces vagues. Pour sûr, c'est très calme le long de la bande. Mais pourquoi t'as pas pris l'sillon de l'autre enclume?
Jo : D'habitude c'est bon mais là !?!
La bassine s'éloigne, le sillon disparait presque. Mais le marin d'eau douce la tente quand même pour le sillon.
Jo : Tu vois, le sillon c'est pas mieux !
Jésus : 'tain t'es pas un furet toi hein!
Arrivage sur site, Grande Cale, Néné a quasiment fini d'amarrer son bateau.
Jo, tenant dans ses mains une énorme boule de filasse: Néné, faudrait p't être voir à arrêter ton noud de mouillage un peu mieux que ça !
Jésus, tirant son MEG sur le bord du boudin pour finir de le parer : Oh 'tain ! Chuis dans la merde ! Une plongée sans ouinge à 100m, ça le fait bien, non ?
Jo et Néné en cour: Comment ça sans ouinge ?
Jésus : Entre le chargement et la navigation en mode caterpilar, ma valve de suppression de wing s'est faite déchirer sa race (X_X)
Jo : Meuh non, c'est juste dévissé ! T'a qu'à la revisser et hop.
Jésus à Néné : L'daron c'est vraiment un manche de la bricole, il entrave que dale à rien.
Jésus à Jo : Tu vois, CA ? C'est la base de la purge qu'est pétée au ras, donc plus de pas de vis et le restant est dans la ouinge. C'est mort.
NPSFQQA, nous voila ! Tadaaaaa !
Néné : T'as l'étanche et puis le CCR !
Jo : Ouais, mais ce branque a son étanche sur une S06.
Néné : Moi aussi :0) et alors ?
Jésus : Boah, ça devrait l'faire, et puis si je prends pas les plombs qui compensent la flotta des carbon en cas de sirotage de BO, ça devrait être moins pire.
Le daron, qui vire carrément Daronne sur le coup, est soudain assailli par un relent PADI Dive Master et se met à baver toutes sortes de procédures à la con en cas que l'Jésus y finirait comme un parpaing durant la plongée... Et vas-y qu'il arrête plus de jaqueter, Jésus lui a le caberlot qui bouillonne et frise l'apoplexie.
Jo : . et puis si t'as plus de flotta tu me fais signe, et surtout, tu me laisses faire et je te remonte à MA méthode!
Jésus : Ah oui je vois, tu chercherais pas à m'enfiler en sous-marin à la sauce fédérale via la prise des cuisses ?
Néné : T'as raison, méfie-toi. Il va surement te la faire à la retourne :D
Jo : Ouais bon, ça va ! T'es vraiment un digne membre du NPSFQQA toi maintenant ! Le chat noir in persona !
Néné : Ouais, moi en tout cas tout va bien. Tout fonctionne nickel. Pas de problème depuis plusieurs plongées ! Sauf mon DSV que j'ai pas fermé l'autre fois et que j'ai noyé le CCR correct. La flotte qu'a trempé dans la chaux a bouffé le canister au fond !
Cause toujours beau merle.
Le relent de divemaster persistant, l'Daron refile un coup d'paluche à l'autre, Jésus, qu'est tout empégué dans ce fatras de matos. Un vrai papa poule, mais appréciable sur son rafiot moins pratique que la bassine à ce niveau. Plouf à l'eau.
Néné: Pis tu feras gaffe avec ton CCR au retour en dégréant dans l'eau parce que je connais le coup du gars qu'a oublié de fermer son DSV.
Jésus : Oh l'autre hey, i' m'prend pour une baltringue !
Tandis qu'il ajuste sa flotta comme il peut, Jésus finis ses réglages et essaye de brancher son chauffage. En même temps, les deux autres enfilent leur machine.
Jésus : Oh putain merdeu! Je viens de percer mon gant avec la prise EO de mon chauffage ! Plus de wing, un trou au gant, je crois que je vais faire plus cool, genre 80-90 max !
Néné : Oh l'autre hey ! T'es un vrai peigne cul !
Jésus : Jo, t'arrive à me filer l'dévidoir qu'est dans la caisse passe que avec cette visi de chiotte en surface, je vais même pas pouvoir trouver le bloc d'oxy au pendeur depuis la falaise en cas de problème ?
Le moulinet récupéré, Jésus finit d'embarquer ses BO et descend le long de l'immennnnnnse bout de 3m50, que lui a filé l' daron pour mettre l'oxy, afin de tirer un fil du bloc à la falaise. Evidemment, elle est tellement lisse que c'est la misère pour accrocher le fil et le moulinet dessus.
Jésus, sous l'eau : Mais qu'est-ce que c'est que ce trou d'chiotte, on voit pas a 1m. 'tain rien pour faire tenir ce fil. Ah bas super, la visi va mieux après 14m.
Finalement, Jésus trouva une faille avec un replat horizontal plein de vase à -9m et où il enfonça son moulinet pour ensuite refaire surface et y retrouver les deux compères prêts à partir.
Jésus : Vu la galère, j'aviserai au fond pour faire 100+ ou pas !
Jo : Bon ben, on descend le long de l'arrête et tu me suis pour aller sur le filet dans les 100+m si on va jusque-là.
Feu ! Après encore quelques galères à 9m pour rebrancher son câble de chauffage qui avait sauté suite au démêlage de sa tête de phare, Jésus commence à plomber gentiment lorsque, vers 80m, des mouvements néphrétiques de lampe l'interpellent alors qu'il suit le daron qui se fait tracter par son os de bonex tandis que lui se la tape sur le béton à grand coup de palmes. A l'ancienne quoi. C'est le Néné ! Il a les yeux hagards illuminés de vert clignotant à toute berzingue et i' fait signe qu'il se casse vers le haut. Conditionné comme un singe au crâne détouré avec des électrodes branchées en direct sur le caberlot, l' Jésus amorce une remontée pour suivre son frangin ; lequel l'arrête aussi sec le fusillant du regard. Retour aux abysses. Une partie du filet se laisse entrevoir, -102m sans ouinge c'est la fête ! Pshiiit, pshiiit, pshiiiit, pshhit, psht, psh, plus rien !
Jésus : 'tain la S06 est vide, connerie de moulinet et de yoyo inutiles.
Quelques signes improvisés au daron et paf, direction la surface ! L'ordi annonce déjà une platée de déco. La visi au fond est superbe, les roches sont belles, de belles langues de glaise blanche sont aussi présentes, ainsi que LA (mini) faille à remonter entre chaque pan de roches dixit le Dive Master.
Les deux compères finissent par revoir l'autre enclume de Néné qui a fini par fouetter son MEG pour lui couper la chique verte hyperoxique. Jésus fera sa remontée exclusivement main gauche jusqu'à -15m où le TTS tombe à 40'. Le Néné n'en croira pas ses mirettes, les deux billes exorbitées à la vue d'un plongeur non motorisé aussi loin sur le site. Qu'à cela ne tienne, le retour se fera sans encombre dans une visi somme toute précaire, cherchant à rester sur 15m afin de tomber sur le moulinet pour le remballer s'il n'a pas bougé de sa vase. Puis la sortie arrive, quelques minutes après les deux autres pour Jésus.
Jo : Alors, belle plonge hein ?
Jésus : Qui sait qu'aurait pu croire ça qu'est-ce qui allait se passer ?!
Néné : Ouais ben si j'vous aurai suivi j'aurai canné parce que mon diluant est à 17%, c'est michton pour faire 100m déjà que à 80m ca rinçait que dalle!
Jésus : Oh l'autre hey, comment qu'il a moutrave dans son calbar ! En tout cas c'est lui le greffier noir hein !
Néné : Au lieu de jaser tu f'rai mieux de veiller ton MEG pour pas qu'i coule ! Allez démarre, sinon ça va jaser.
Jo : Je suis pris d'un doute, la grotte aux Cygnes c'est au Nord ou au Sud ?
Le daron décartonne, c'est l'âge, Jésus et Néné font rien que d'lui r'dire. 1000 plongées au Bourget et cet empafé ne sait plus où il habite, le drame ! Consternant pour Néné !
Après 2 minutes 35 de navigation vers le S.U.D. c'est l'arrivée à la grotte. Contrôle des fafiots et déballage en règle du matos: 3 kil de jaja, une fiole de décapant, du diot indus, du bon cochon blanc, du cochon en saucisson pas sec, du cochon en saucisse aux noix bien sèche, un sangle et du comté jurassien. Bref, il est temps de se flatter la trappe tandis que l'daron est en plein délire tactique avec son feu.
Néné :L'daron, t'es mou des genoux, comment qu'tu tiens c'te hache ?!
Jésus : Il risque sa vie en fendant du bois, le pauvre il entrave toujours que dalle et avec ses 2 pieds d'poule en guise de main ça va finir par saigner !
Ce que Jo ne sait pas, c'est ce que Néné et Jésus ont fomenté dans son dos. Paf, la pive qui sort est BLANCHE ! Et oui, c'est la mine déconfite que l'daron tend son verre pour se rincer de la badoit qu'il vient de s'enfiler en douce, afin de se délecter de pinard transparent comme de l'eau ou presque ; C'est la deuxième traitrise en moins d'un mois !
Le feu tactique ne chauffe rien ! Obligé de rapprocher le banc improvisé pour sentir quelque chose. Suite à l'affront précédent, Jésus avait eu beau jurer de pas s'en mêler, l'appel du feu fut trop fort.
Jo : Ah mais ça va pas recommencer avec vos tipis de peaux rouges hein !
Jésus : Nan, là je fais dans le bucher indien, ça te changera du tactique à mimile, du feu à fonte. Ça va dépoter parce que pour fondre d'la fonte faut envoyer du lourd.
Et 5 minutes plus tard ça chauffe carrément trop. Et hop, 1 rouquin sur le comptoir de chez Foulaq bien sûr. Rien qu'à la vue de la bouteille, l'daron a les mimines qui tremblent ; Et tandis que Néné et Jésus rebougent leur banc, il vide le verre de pinuche du Néné en douce, ni vu ni connu, d'un trait sec dans l'gosier. La peur du manque sans doute, l'alcoolisme pour sûr.
Néné, en bon simplet dégarni, ne remarque même pas cette pirouette. Mais une bouteille et demie plus tard, voilà l'daron qui part s'allonger. Il est bourré, fin cuit, mort, enfin HIVRE mort ! Sous la torture à l'infâme diot grillé industriel, il avouera son larcin à la stupéfaction des deux autres qui n'en croient pas l'état de délabrement et de dépendance avancé de ce qui leur sert de père. La journée se finit dans la joie et l'ivresse après quelques lampées d'une bonne poire qui ravira l'Néné. Le Jo apprécie mais son foie dit déjà non. La peur au ventre de croiser les perdreaux, il ne boira que 2 capuchons comme l'aurait fait l' schbeb du coin.
Depuis cette sortie, l'Néné cherche ses gants en moumoute polaire pour faire du vélo. Pour sûr que c'est l'daron qui lui a barboté. Ce fétichiste se peigne déjà sûrement la girafe dans son bain en se caressant avec les gants du Néné ! ....
Sex Party
Le lac est lisse comme l'était mon derche à l'âge de 3 ans. Miracle de cette fin d'hiver, le barlut du "J" est enfin en ordre de marche (après un arrachement de la coque suivi d'une destruction de l'embase lors de la mini tempête qui dévasta notre terrible Lacus Bourgetus). Tel un Phénix au crâne déplumé, l'Amiral coiffé de sa fameuse raie circulaire - dîte aussi "Chaussée aux Moines" - sort de la brume matutinale pour empoigner fièrement le guidon de sa barcasse. Après des mois de frustration, son regard flou de myope lentillé peut à nouveau contempler le relief de notre côte sauvage chérie. Son menton tendu vers l'azur annonce clairement la couleur: "Bordel, on va finalement pouvoir envoyer les Watts".
Quelques jours plus tôt, j'ai spontanément hurlé "Sieg Heil" en réceptionnant mon du Bô, du Bon, du Bonex (souvenir d'un quinqua qui, jeunot, regardait trop par les vitraux du métro parigot) . Eh oui, j'ai fini par craquer pour cette merde qui coûte le PNB du défunt Royaume d'Annam (ah le soupir de l'annamite soumise alanguie sur sa couche de bambou)... Ceci dit, y'a pas à tortiller du c... pour ch... droit, quand on voit la qualité du matos made in Schpounz land, on comprend le succès de la percée des Ardennes... Pourvu que ça dure... allez soyons fou... 10 plonges sans pépin, ça serait d'ja bien (et sans doute le record du NPSF').
Fô dire que vous zavez raté un max d'épisodes foireux qui ont conduit à cette longue absence, tant la répétition des caguades a fini par me pomper le dard. Pour ceusses que ça intéresse, je torche vite un petit flashback.
Episode 1:
Vouglans, juillet 2010. Après moult dysfonctionnements électriques, le "vieux" (à peine 60 plonges !!!) scoot Diverite me laisse brutalement en rade, juste au moment de partir équipé avec mon demi-quintal d'attirail Kek. Moi chuis comme ça, un coup de sang et faut que la cause de l'emmerdement dégage illico. Conséquence: Robert le Chauve hérite, sur place, de cette ruine juvénile.
Ci-dessous, LA photo du moment où je décide que notre brève histoire est terminée (d't'façons, j'l'ai jamais aimée c't'enclume).
Sur le coup, le J se marre, tout heureux de récupérer ma bestiole gratos. A cet instant, je sais bien ce qui se passe dans le tréfonds de son choufleur irradié: "ce benêt de Bernie a vraiment deux mains gauches. Si ça se trouve, c'est que dalle. Une 'tite réparation. Deux , trois transistors à 5 euros et je relance le bestiau". "
"Pôv' bébé rose, me dis-je en contemplant sa face de Lune réjouie, t'as pas encore pigé que l'obus est gravement marabouté ?"
Effectivement, quatre jours plus tard, l'affreux Jojo manque de se laisser entrainer dans le Grand Trou Noir. "Paf", en pleine immersion, mon ex-machine devient maboule et se met à turbiner à une vitesse effarante. Dugommier se croit malin en arrachant illico la goupille de sécurité. "Dans l'cul Lulu, lui répond le DPV , toute mon électronique a fondue et les commandes ne répondent plus... Démerden zie!". Pour sauver sa misérable carcasse, l'autre buse a l'heureux reflexe de lui planter le nez dans la vase jusqu'à ce que l'incendie finisse de consummer l'intérieur du bazar. L'épitaphe sera sobre: "Adieu gros résidu de chiasse", lui dit-on en compissant le carton destiné au Docteur Coro (j'attends de pied ferme la suite de l'aventure).
Episode 2:
le Bourget, décembre 2010. L'hiver arrive. Ca caille velu et je suis tout heureux de récupérer mon chauffage Golem/Lola de retour de SAV (panne après 8 plonges). Petite immersion prévue aux Meuniers. Je me dis que ça va être sympa. Tu parles ! Au début, ça chauffe au poil. Puis la température monte... et n'arrête plus de grimper ! J'essaie toutes les positions du commutateur: Macache ! Là encore, la machine infernale ne répond plus. Malédiction totale. Je me retrouve dans les -80 m carrément en train de rôtir. Obligé d'arracher le cordon en vitesse. Lequel cordon va fumer dans l'eau tout le reste de la plonge ! Grosse colère du Bernie contre le gars Jakub de chez Golem qui m'envoie gratos un nouveau pack batterie.
Episode 3 (tj en cours):
le J et moi , avons toujours trois Explorer en rade (donc 3000 $) bloqués depuis des mois chez Melton qui joue à la marmotte. Malgré notre insistance, même en proposant de raquer, y'a pas moyen de rapatrier ces foutues saloperies (qui vont sans doute retomber en rideau dans la foulée). Du coup, on doit serrer les fesses et continuer de risquer notre peau avec les deux Explo-bouses qui nous restent. Lesquelles, il faut le souligner, refusent obstinément de communiquer avec le monde extérieur (pas de connexion PC, pas de changement de gaz possible, pas de paramétrage). Faut avoir le moral, les mecs, j'vous le dis !
Conclusion: Malgré le geste de Jakub, en ce qui me concerne, le business avec les USA , c'est FINI. Quand ça tourne au vinaigre, y'a pas de recours contre ces mecs (Diverite n'a jamais répondu au moindre mail et je n'ai jamais pu obtenir le mec du SAV au tél).
Bref, c'est un poilounet tendus qu'on s'immerge avec le J pour cette plonge de reprise, en priant la Madone pour que tout se passe le moins mal possible.
Premier point positif: la visi est top. Cell check à 6m ... Y'a la numéro une qui fait un peu sa folle, mais elle finit par se calmer et elle s'aligne gentiment sur ses copines sans faire d'histoires (elle a compris que chuis pas d'humeur).
Je démarre le Bonex et j'engage d'entrée ma figure favorite: la descente en tire-bouchon. Y'a pas mieux pour visser à la verticale. A ce rythme, la rupture falaise-vase est vite atteinte dans les huitante. J'attends l'arsouille qui rapplique en fouettant son UV 18.
C'est parti en patrouille pour ce grand moment de la plongée du Bourget: l'enchaînement de surplombs situé dans les nonante. Quand les toits se terminent, on saute une bosse de vase lunaire et l'on continue en rasant la base de la falaise. Un coup d'oeil à mon coucou: de bleu, c'est déjà l'heure de se barrer. Ma confiance dans l'Explo est très moyenne. Des fois, il a le hoquet et te pose un petit "reset" vicieux en pleine déco, et puis je réalise que j'ai oublié mes tables. Une déco de mémoire sur 15/20' dans les 100m, je sais faire à peu près... mais plus, je vois pas bien.
On attaque donc notre remontée pépère sur les superbes pans de falaise lisse. Un classique, un peu méditatif, dans cette ambiance "spéciale" lacustre, un chouïa mortifère, qui rebute d'instinct quelques "Hommes", notamment du calibre de Marou (un corse pourtant, mais d'nos jours on peut plus compter sur personne ).
Et d'un coup, les mecs, c'est Rio, Copacabana et tout le toutim. Dans les soixante, sur un replat de roche, on tombe sur une grosse partouze. Ca pine dans tous les coins. Les lottes - animal au gout de vase d'habitude plutôt placide - sont en folie. Et vas-y que je te frotte, et que ceci et que cela (j'ai trop d'pudeur, j'peux pas décrire ce que je vois)... du Straight, du Gay, du Trans-bi-lesbien... C'est la grande Pride Savoyue. Avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure. Et nous, on se pointe pile poil au bon moment. Jamais vu un truc pareil... aussi décomplexé... En bareback en plus... c'est dingue. Ah les vaches... zont pas peur des maladies... Ach, c'te orgie ! Dans un coin , y'en a un gros tas, au moins vingt, qui forniquent en vrac. C'est Sodome et Gomorrhe, pas moins. A côté, les aimables fessées du Père Albert (France Inter, Albert Algoud) sont à classer dans la bibliothèque Rose, juste à côté du Manuel des castors juniors.
Vingt Dieux, c'est les hormones passablement chaboulées qu'on se farçit la suite de la déco - en disant merci, au passage, au père Wienke sans qui il serait impossible d'assister à pareil spectacle. Eh oui les filles, à 60m, au RGBM, on est au palier !
La suite ? super cool, dans 15 m de visi à foncer entre les bancs d'ablettes, de goujons et autres poiscailles sur-excités par nos lumignons. Au scoot, on fait des zig, des zag et des figures dignes de la French Patrol. ll manque juste la méfu, heureusement cf. paragraphes précédents. A noter que l'UV 18 n'a rien à rendre au Bonex coté vitesse. En revanche question poids et autonomie, y'a pas match.
La fin ? ben, vous croyez quoi bande de dégénérés ? Au Foulak bien sûr...et contrairement aux bonnes résolutions d'antan, on torche la boutanche. Le foie gras du Sud-Ouest... de la Pologne est vraiment moyen, mais la finition se révèle de haute volée en rafales de Tomme Cerronnée (appelée ainsi parce que l'on fait intervenir de petits acariens à 6 pattes dénommés cerrons qui accélèrent l'affinage de la croûte, dixit le Web).
En Haute-Savoie, c'est le genre de bout de frometon jaunasse, acide et pourri qu'on file en rigolant aux Monchus tout en leur faisant croire que c'est le fin du fin de la production locale "pour les vrais amis". Ben je dois reconnaitre, qu'en Savoie, c'est le Top. Moi qui ai l'habitude de tout savoir sur tout, sur ce coup là, chuis battu... Merci le Romejé, j'ai découvert un truc !
Allez la bise, bonne nuit et Joyeuses Pâques.
Bernie (qui pleure à jamais son San-A)