« INFÂME TRAITRISE ! »
Dimanche 1er Avril 2012
Laisse-moi te raconter ce qui s'est passé à Thun lors du dépucelage à -100 m du Kinkounet, en ce premier jour du mois d'avril 2012 (un chouette poisson plein d'arrêtes, ouais !).
Si un jour je te prête ma moto (ce qui m'étonnerait) et qu'elle n'a pas de freins. Même si je ne t'aime pas (ce qui est certain), je vais te prévenir. Surtout pour préserver l'espoir de retour à l'équilibre des comptes de la Sécurité Sociale...
Si je te refile un préso et qu'il est troué - même si je suis d'un naturel farceur - je vais prendre le temps de t'en informer. Pour soustraire « un » aux 10 milliards de nuisibles qui vont continuer de dévaster notre belle planète. Mais aussi pour éviter que tu ne dissémines partout la collection automne-hiver des bactéries vérolées qui prospèrent sur ton vilain gland charançonné.
Et si on part faire de la chute libre (ce qui ne m'enchante guère), je ne vais pas te refiler un sac Carrefour vide à la place de ton pépin.
Tout ça, parce que je ne suis pas un endoffé. Moi !
L'ôt jour à Marsiglia, v'là t'y pas qu'on constate que mes deux poumons de chez Léon sont vraiment en train de partir en couille. une vraie honte à ce prix, maintes fois hurlée sur le forum. A peine 120 plonges et ils fuient déjà comme des outres crevées, laissant échapper des chapelets de bubulles particulièrement pénibles à supporter sur le plan auditif.
Du coup, dans un élan de bonté d'une pureté cristalline (qui aurait du éveiller ma méfiance) , le J me dit : « te bile pas, je vais récupérer mes anciens chez Cathiard et je te les prête en attendant (quoi Dugenou ? Qu'ils se fassent pousser des ailes ?) ».
Donc un ôt'jour (après celui dont on vient de parler, si tu suis), mon ami, mon frère, l'homme de toute confiance, çui qu'on a prêté serment avec.. à la vie, à la mort, en se mélangeant le sang au Foulak. « Joe la Bite » himself me file sa paire (pas celle à laquelle tu penses, espèce de déviant). Je m'en empare et la fourre ( non, pas là, mais t'es obsédé ou bien ?) directement dans mon sac de plonge, histoire de ne pas l'oublier au dernier moment.
Elle y reste peinard quelques poignées de nuits jusqu'à l'ôt jour. Celui au sujet duquel je cause. le dernier quoi, c'est-à-dire dimanche. t'es con ou t'es bouché à l'émeri ?
Ce jour-là, c'est the Big Day pour l'nouveau. tu sais : çui qui mordille sur UfePe. The King des théories sans fins sur le pourquoi du comment et qui te rend chèvre à force de répondre bleu quand tu dis rouge, vert quand tu dis jaune, etc, etc. Tout ça pour calmer ses angoisses de voir faucher prématurement un destin qu'il envisage glorieux ( encore un qui va finir sous Rohypnol et plomber les comptes du Machin dont on parlait plus haut. Tu vois bien lequel? Ou faut-il que je me répète ?).
Today, le gonze va passer sous la barre (non, ne rêve pas. ce n'est plus qu'un lointain souvenir pour toi, et une bonne nouvelle pour ta rombière qui ne supporte plus que tu relâches systématiquement 10 tonnes de méthane durant ton bref devoir trimestriel. Faut la comprendre Germaine, elle s'en fout que tu louffes pour chauffer le pieu. Aujourd'hui, elle peut se fournir gratos chez TOTAL en Mer du Nord. on est en 2012, mec ! )
Je disais donc : sous la barre mythique des 100 m. Pour un plongeur Kek comme le Kink, la situation ne pouvait plus durer. Il en allait de sa dignité.
Pour le faire frétiller un peu, j'ai prévu de l'amener sur la partie de la falaise de Thun qui plombe direct à -180 m. juste pour qu'il sente bien le vide sous les palmes. qu'il apercoive ce linceul angoissant qui n'attend qu'une chose : qu'un p'tit zizi se laisse aspirer par « l'immensité lacustre » in Joachim du Bellay, (poète français 1522-1560) dans sa célèbre ouvre prophétique : « viens voir mon cul si c'est de la poularde ».
En attendant de célébrer cet exploit extraordinaire, nous préparons le matos et j'extrais mes polmones de remplacement de leur sac en plastoc. Et là, stupeur. le temps suspend son vol (oui, oui, c'est bien du Lamartine. Non mais, t'as quitté l'école à 6 ans et tu chausses du 2, ou bien ?) . « euh, dis-donc, c'est quoi ce gros trou, là au milieu ? » .. « euh, ben j'crois bien que normalement c'est la place de l'ADV »...... aaaaaarrrrghhhhhh !!! Mais c'est pas possible, l'emmanché au QI d'anchois m'a filé des poumons dé-mon-tés !!! Y'a rien, nib de zob, macache, walou, juste un rond noir qui me fixe comme l'oil dans la tombe regardait Caïn. un truc de dingue. L'ADV est resté chez lui dans un tiroir. et il ne m'a rien dit !
J'y crois pas !!! J'ai fait 3 heures de route et je ne vais PAS plonger à cause : 1 - de l'immonde félonie du Chambérien et 2 - de ma bêtise crasse au point de ne pas avoir pris UNE minute pour contrôler ce matos.. Mais quel con, mais quel con, mais quel con. etc, etc, etc. Si j'étais costaud, je me bafferais.
En plus, je SAIS que je n'ai pas d'option de rechange. chuis niqué quoi !
Mais soudain, du tréfond du désespoir surgit l'inimaginable. Une voix. Mais oui. c'est LUI. THE Creator himself qui s'exprime par le truchement des vocalises aigrelettes du Kink. Comme quoi, les voies du Seigneur sont vraiment impénétrables, et que LUI seul peut choisir l'heure, le lieu et la gueule du messager. ça fout les foies quand même, DIEU qui te cause via l'hygiène approximative du clapoir de c't'ectoplasme. Tu ne trouves pas ?
Bref, je « L'entends » et IL me dit : « j'ai une idée ».
Tel un pantin désarticulé (expression naze, en vente 2 balles aux puces de St Ouen), le corps marabouté du Kink se précipite dans le coffre de la Panzer Wagen.
De son sac, il extrait : un pénilex ! Woui, mais un péni, par définition, contient un trou, crétin ! Qu'à cela ne tienne, l'acrobate dévisse son piercing à la langue et bouche ledit orifice. en fait, c'est pas vrai. il utilise juste une vis en inox de sa fabrication dont la décence m'interdit d'imaginer l'usage (pas certain que tout le monde soit majeur sur le forum). L'ensemble est verrouillé par un serflex. Il ne reste plus qu'à encapuchonner le trohut.
Pour estimer le niveau de dextérité requise, il suffit que tu te souviennes de la souplesse avec laquelle Zoé la Capverdienne parvenait à dérouler un ciré à la fraise sur ton p'tit bitoniot à l'ardeur défaillante, sans ruiner tes efforts pourtant moultement Cialisés.
C'est beau, mais je reste dubatif quant à l'étanchéité du dispositif et circonspect à l'idée de me balancer à 100 m dans ce plus simple appareil.
Mais là, cherry on top of the cake, mon pt'it Quinquin sort son ultimate weapon de sa malle Houdini (oui, oui, le fameux magicien. tu m'énerves. t'es délabré à ce point là ?) : le ruban PVC de la mort qui tue ! Du Zuper Solide.
Hop, quatre ou cinq tours bien serrés. Un test pression et l'affaire est dans le sac. Il ne reste plus qu'à piloter le Meg en manuel.
Tu vois : c'est comme ça que l'atriau de Divonne s'est fait déberlinguer sur cette falaise de Ouf.
Moi je dis : Kink, Président !
Et je pense que le J gardera un petit souvenir goûtu de notre mésaventure quand je lui aurais rendu ses poumons remplis du seau d'étrons canins que je commence à ramasser, dès aujourd'hui, sur les trottoirs bétonnés qui mènent à mon clapier dédié à la mixité sociale.
Joyeuses Pâques, bande de pives !
Mururoa ? Une farce !
Samedi 12 Septembre 2009
T'as aimé le spectacle du premier champignon bleu-blanc-rouge, le 13 février 1960 à Reggane (Algérie) ? Tu vas adorer le Beatenbucht à -160m, revisité « by Bernie ».
Ce coup-ci, c'est le Chambérien qui a insisté pour se lever aux aurores. C'est dingue, quand je veux y aller tôt, il se paie ma tronche. Et quand je propose qu'on se la joue « à la cool », il se pointe en pleine nuit. Allez comprendre ! Faut vraiment qu'on entame une thérapie de couple.
Bon ben, je dois reconnaître qu'il avait raison de forcer. Pour la première fois depuis qu'on se rend chez les Stauffis, le parkinge est plein dès 9h45.
Les Belges d'Abyss sont là. Jano et Sergio, les Alsachiens, rappliquent en renfort. Ça bouchonne sec et deux vieux kroums (des pêcheurs ? des amateurs de train électriques ? ou des collectionneurs de petites culottes japonaises ?) sont obligés de se garer sur le trottoir. Je les vois ronchonner dans leur coin. J'imagine les réflexions «Scheisse Französisch, Belgischen Schweinen, etc.. ». Il y a tellement d'amour dans leurs yeux !
Cela dit, on s'en cogne sévère. Nous devons équiper, si possible avant la nuit, tous les BO et toutes les décos de cette plongée de validation de décompression. Ah ouais, j't'ai pas essspliqué. La précédente -170 avait « gratté » un peu et l'organisation de surface branlait sérieusement au manche.
Il fallait revoir tout ça, avant - éventuellement - d'aller plus loin.
On attaque les premières bidouilles. Paf, un joint de robinet de 10 l qui lâche ! Clac, un premier étage qui pète ! Pfffff, un deuxième étage qui foire ! La malédiction est totale : faut toujours que ça merde. Y'a des rEvoïstes revanchards k'ont confectionné des poupées vaudoues de nos pommes ? Ils nous piquent le cul à chaque fois qu'on plonge? C'est pas possible autrement.
Heureusement, on a emporté suffisamment de « spare ». Et finalement, le dispositif de sécu ressemble à quelque chose. Laurent s'empresse de placer tout ça dans l'eau. Reste plus qu'à s'équiper avant de plomber sec: Objectif : -160 m en 11'. Un poil plus à gauche que la dernière fois, droit devant
Allez : Plouf !
« Aïe, aïe, aïe, bonjour la visi de merde ! ». On n'y voit que pouic. Pas grave, j'ai de la route à faire et je n'attends personne. On verra plus bas. Purge à fond et go ! Cher lecteur, t'as déjà foncé sur l'autoroute dans le brouillard ? Forcément, comme la majeure partie des benêts pressés de retrouver bobonne... Allez, ne mens pas ! Ben là, ça fait pareil. Vingt Dieux ! Les pans de roches me sautent à la tronche au dernier moment. J'esquive comme je peux sans ralentir : faut bien tenir le RT.
Dans les -70m : une marche imprévue surgit dans mon champ de vision ! J'inflate comme un malade... la stab, l'étanche... c'est une tentative désespérée de freinage d'urgence... trop tard ! too late !!! Je m'éclate littéralement le groin dans la vase... le champignon atomique consécutif à la collision est monstrueux. Le plus beau de ma carrière! Et c'est un spécialiste qui vous cause.
Juste derrière, le J est pulvérisé par le souffle de l'explosion de peuf. Plus haut, dans les 50m, Laurent est impacté méchamment. Complètement déboussolés, les deux oiseaux se demandent si leur dernière heure n'a pas sonné... serait-ce déjà la fin des Temps ?... Bernie aurait-il fâché les Dieux ?... ouvert la porte des étoiles ?... établi la grande liaison multi- dimensionnelle recherchée en vain par tous les mathématiciens de l'univers? In fine, l'écrevisse ne serait-il pas « LE » messager ? L'archange Gabriel himself venu annoncer l'Apocalypse ? Complètement tourneboulés, ils appellent Môman à la rescousse... Mais, dans le noir absolu, personne ne les entend... les deux angoissés frôlent le collapse total.
Pendant que ces idées saugrenues (oui, oui, j'en conviens) se bousculent dans la tête de mes ingénus zélotes, je m'extirpe comme je peux de ce piège gluant. Je pédale dans la semoule comme un maboul, et je re-bascule dans le schwarz. Les volutes de méfu me rattrapent à toute berzingue... Elles semblent autonomes, animées par leur propre larme de vie. Ces zalopes tentent de me dépasser et de m'envelopper, de m'étouffer peut-être ?... « Non, nein, nicht ! » il faut zenfuir, touchours plus fite, touchours plus bas (chaque fois, ça me fait le coup au Beat : passé 80m, je jacte le schpountz).
Zboing, zbing, je rebondis sur d'autres marches, heureusement moins méchantes. Les coups de palmes font tout de même de sérieux dégâts sur le sol glaiseux. Une colonne de bouse vaporeuse me colle aux basques, comme des fumigènes de Fouga Magister....C'est pas la patrouille de France mais plutôt la patrouille caqueuse !
Devant, la visi est décidemment pourrave, mais j'y vois suffisamment clair pour réaliser que ce coin de la falaise est assez moche. Vraiment rien à voir avec le fabuleux décor situé 100 m plus à droite.
L'avantage, c'est que j'arrive - avec à peine une minute de retard - sur ce qui commence à ressembler au fond. Plat, quoi ! Effectivement, comme décrit par d'autres, il y a pas mal de gros blocs. Dommage que la visi ne soit pas au rendez-vous, ça pourrait être chouette. Bon, pas le temps de s'attendrir : il faut plutôt songer à regagner la surface.
Pour éviter Verdun, je décale gentiment roche main droite. L'avantage, c'est que ça me replace sur la jolie partie de la falaise. Surplombs, failles, etc... Évidemment, je n'ai plus aucune chance de retrouver le J en cas de pépin. Mais avec mon porte-avion de BO, j'ai de quoi voir venir. Dans cette visi de deux mètres, j'ai l'impression d'être immergé dans un cocon. C'est une longue plongée psychologique, replié sur soi-même. Moi, j'aime assez.
Je remonte lentement le long de la falaise, en buvant régulièrement de la bonne eau du lac, jusque dans les 100 m et là !?! une étrange sensation d'humidité commence à me titiller la cuisse gauche.
On a une règle au NPSF, pas de photos ou d'histoires de pipi, zizi, etc... chères au merveilleux monde de la plongée, et aux 2 F en particulier. Sur ce coup-là, je fais une petite exception. En effet, mon « peni » s'est barré et je vais abondamment me pisser dessus pendant 3 heures. Au début ça fait drôle, puis on s'habitue.
Sinon, tout se passe bien, merci. Au 6 m. Lolo vient m'approvisionner en lait concentré et en bananes. Je passe sur O2. Et la sortie est nickel. Cette fois, pas d'erreur. Je ne fais rigoureusement aucun effort. Les potes sortent le Meg et les BO. Je barbotte 15' (le fameux quart d'heure crucial) avant d'attaquer le petit escalier. Plus tard, sacrilège ! j'ingurgite à peine un verre et demi de Foulak pour lisser la déco. Je sais, un tel sacrifice est sans doute un peu « too much », mais je crois vraiment que c'est la bonne manière de faire.
Bernie
LA FALAISE SANS FOND - 4 Juillet 2009
Aujourd'hui, c'est le grand jour : une petite visite au pied du Beat dans les -165 m (pour faire snob, y'en a qui disent Fischbalme. Mais on s'en fout. Tout le monde sait que le Beat, c'est le Beat). L'opération est planifiée au poil. Les Alsaciens (au moins un) seront en sécu. Le J en appui dans l'espace « médian » (-120m). Laurent dans l'espace proche. Bref, l'organisation est top.... sur le papier.
Concrètement, il faudrait déjà parvenir à se mettre d'accord pour faire la route. Sur ce point, la crise est récurrente au sein du Comité Central du NPSF. J'aime - maladivement - me lever tôt pour rouler, puis parquer à l'aise sur les sites. Le J préfère - maladivement - garder son rythme de bébé bien réglé, miam-miam, popo, dodo, lever 6h qu'il vente ou qu'il neige.... et rouler les dés pour trouver une place de parc. Y'a jamais moyen de s'entendre. Et avec l'âge, ça ne s'arrange pas. On fera donc route à part. À 1h l'un de l'autre. Cherchez l'erreur. « reduce the CO2 emissions » qu'ils disaient à Kyoto... avec nous, c'est pas gagné !
Une fois sur site, comme d'hab, il n'y a rigoureusement... personne ! Bon ben, le J va encore se foutre de ma tronche. Pas grave, avec Laurent on peut avancer la préparation de la ligne de vie.... et profiter des premiers défilés de Bourbines en Marley Cravidson. Bonjour les bouffons, déguisés en bandits du dimanche, avec les bikes rutilantes à 3 plaques, les bandanas de cake et surtout les ouvreurs en parka fluo siglées HD. Il ne manque plus que le gyro...j'le crois pas. Ouh là là, y font peur les rockers à papa. Sonny Barger, fais-toi installer un tambour de machine à laver dans ton futur cercueil, tu pourras te retourner plus facilement.
Tiens, voilà le fonctionnaire de la plongée extrem', à donf dans sa pigeot... Hilare, comme il se doit, devant le parquinge pour l'heure toujours désert.
L'équipe alsachienne se pointe aussi. Salut Jano... et les autres... qui se précipitent sur leur équipement comme des morts de faim et sautent à l'eau dans les 3' qui suivent ???? Euh, les mecs, nous on ne sera pas prêts avant 1 heure... « pas grave, explique Jano, l'autre tendinite man de la bande, y zan ont prévu une deuxième ». Ah bon ?
Suivent aussi Thierry, Brigitte, Jean-Luc, Tonio et sa cop's... De zou, de zou, comme on dit à Genf, c'est la grande foule.
Laurent (pour l'instant plongeur Air) équipe la ligne de vie de Nx 40, de NX 70 et l'O2. Et après douze mille bricoles, tout le monde se retrouve à palmer en surface pour une descente en pleine eau.
Youp là boum, ça plombe in ze blue. A peine le temps de douter de la validité de mes amers, et on tape pile sur la falaise dans les -40m. Les autres sont là, bien « groupierr » (pour une fois). Hélas, je n'ai pas le temps d'entamer un débat philosophique sur le sexe des Anges. En hommage au premier jour du Tour des Gaules, je passe direct sur le grand plateau.
Adios Amigos ! Les pans de roche défilent de plus en plus vite. La technique du Meg' express est désormais bien rôdée. Laisser filer plein pot, pendant que la main droite envoie de grandes goulées de diluant pour aider l'ADV. Charge à l'électronique de pédaler comme elle peut pour maintenir une PPO2 correcte. Heureusement, elle peut beaucoup, et le HUD suit la cadence. Vert, vert... vert, vert... vert, vert... Les 3 celloches sont bien calées sur 1.2
Un p'tit coup d'oil dans le rétro et j'aperçois, là-haut, les loupiottes de mes potes... Chouettes jeux de lumières pendant que je file dans le schwartz... Jusqu'à -150m, je connais le chemin. Ensuite, c'est l'inconnue. Le fond est-il farci de blocs rocheux comme d'autres l'ont dit ? Si c'est le cas, le décor promet d'être splendide.
Premier ressaut à -150 m. « Ach, za sent le püt » (avec la profondeur, v'là que je me mets à jacter en dialecte lokal). La visi est super sympa. Une petite pente de vase s'annonce dans le powerful faisceau de la Tilly. Un grand coup de rétrofusées en forme d'injection généreuse dans la stab m'évite d'y planter le groin. Tiens ça me fait penser qu'il faudrait que je change le 1er étage à piston qui équipe ma wing. Certes, le travail qu'on lui demande est relativement faible, mais ça ne m'étonnerait pas qu'il me joue un sale tour en forme de givrage, un de ces quatre.
Quelques coups de palmes sont nécessaires pour survoler l'obstacle. - 160, zut un autre ressaut... Rebelote pour le palmage. Pas génial pour les articulations d'engager un viril exercice de N3 à cette profondeur. Re-zut, j'aperçois encore un ressaut plus bas. Et toujours aucune trace du fond, ni des blocs magiques.
« C'est quoi ce truc à droite ? » Merde, un fil... Non, un paquet de fil... genre dévidoir, emmêlé sur la roche. Coup de projecteur à 180 °. Pute borgne ! Cette saloperie fait des boucles en pleine eau ! Je pensais trouver le paradis et je tombe dans un champ de mines particulièrement malsain. C'est bien ma veine.
« Bon les gars, on ne va pas s'attarder dans ce coin malfamé ». Je fais super gaffe et je file à main droite par en dessous, dans les - 170 m (eh oui, ça paraît bizarre, mais partir dans l'autre sens imposerait de repasser des tours de lampe pour baliser une zone inconnue. « Very time consuming ». Mieux vaut garder le cap dans un secteur déjà défriché). J'ai tout de même la hantise qu'une boucle vicelarde se prenne sur le dessus du Meg ou dans l'un de mes quatre BO. Mais ça passe sans problème.
J'attaque la remontée sous un petit surplomb et, surprise, juste au-dessus, un joli S 80 blanc semble me tendre les bras, couché dans son berceau de vase. J'adore les fortunes de mer, mais la cupidité ne doit pas conduire aux pires extrémités. Décision est prise en un éclair. « Je ramasse le bébé en passant et il doit se clipper direct sur un anneau, sinon je le largue illico », me dis-je dans ma Ford intérieure (cf. Béru, déjà cité ailleurs). Heureusement, la manouvre est accomplie sans coup férir. Me v'là riche !
Il ne reste plus qu'à faire le plus dur. Remonter sain et sauf (y'a quand même une belle colonne d'eau au-dessus). C'est parti, mon kiki. L'ascenseur démarre tranquille. Premier palier : -124 m. Je commence à apercevoir la lueur du phare de J. A force de m'attendre dans les -130m, il empilait des tonnes de paliers et il a commencé son ascension. Il doit être au moins 30 m plus haut. Avec les failles, les éperons rocheux et les surplombs, on fait de jolis jeux de lumière. On se dit coucou, on se fait des Okayyyyy en cercles PADI... c'est mignon tout plein.
La déco se déroule au poil. Jusqu'à 9 m. Là, cet enfoiré d'Explorer me refait le coup de la panne. Soudainement, il annonce « fin de plongée», alors qu'il reste 1 h de paliers. Sympa ! Il m'avait déjà fait ce truc il y a 10 jours en revenant de -145m, alors je me méfiais. En rab, j'ai des tables maisons, un profondimètre + 1 vieil ordi Marès en mode profond + un autre Explorer. Avant d'envisager de sonder avec ces merdes, il faut vraiment prévoir : plan B, C et D. Bon, y'a des moqueurs qui disent que j'aurais pu, au moins, changer la pile. Moi j'dis, les piles c'est cher et surtout ça sert à rien avec ce bazar made in USA. Il trouvera toujours un nouveau truc pour « bugger ». Mieux vaut suivre une « logique floue » (explications détaillées fournies sur demande, mais bien résumées par le sigle N.P.S.F.Q.Q.A.) .
Aux paliers, l'hydratation est assurée par une ingestion régulière de bonne eau du lac de Thun. Ca fout les grosses pépettes à Jano et au J. Ces parfaits citadins, qui lisent trop les journaux
, croient qu'ils sont bons pour une reconversion chez Michou dans le fameux numéro « Jeannette et Jéromine font des galipettes » s'ils boivent autre chose que de la Contrex à 2 roros le litre... Soyons charitables avec ces pauvres victimes de la mode et passons à autre chose !
Quelques goulées de lait concentré fournissent un peu de glucose bienvenu à -6m. Les minutes s'égrènent lentement. Jusqu'à la surface, tout va bien. C'est après que ça va se gâter (un peu).
Je sors la tronche. J'aperçois le pote Laurent tout sourire en polo d'été. Le J fait un passage. Et pis c'est tout. Les Alsaciens se sont cassés en vitesse sans faire de deuxième Pl. Les autres gonzes sont en smoking, le verre à la main. Le barbeque s'annonce sympa. C'est la teuf, quoi ! Ça me fout les boules. Mais comme je ne veux surtout pas déranger cette belle assemblée, je me tape la remontée de la ligne de vie, des BO et, comme l'orage menace, le rangement express du matos, tout de même aidé par Laurent.
Arrachement des ongles, coups de serpillière mouillée, électricité sur les roubignoles... la terrible enquête interne des redoutables « bouf carottes » du NPSF conclura, Ô surprise !, au malentendu général.
Ceci dit, dans la vie, quand on fait des conneries, on paie. « Pas d'effort après la plongée, qu'y disent dans les livres»... Ben, faut écouter... et surtout appliquer. Bon, ce coup-ci, c'est pas trop cher payé : quelques marbrures violettes sur le bide, toux (because PPO2 haute longtemps) et légère fatigue pendant 1 heure. 24 h après : faibles courbatures sur les abdos et à l'épaule droite (en fait, là où la combi fait quelques points de pression) et léger odème du gras du bide. Le tarif standard, quoi ! « Circulez, dit une petite voix, quelque part dans les nuages, ça ira pour cette fois ! ».
Allez, on y retourne un de ces jours, pour voir ces satanés blocs ?
Bernie
Epilogue : lundi matin, petit rdv prévu de longue date chez mon sympathique médecin hyperbare : J.Y. Berney, désormais en charge du caisson de Genève. C'est aussi un plongeur. On cause. Pour résumer, les problèmes qu'il traite - hors accident avéré - sont principalement liés au manque d'hydratation et ... aux efforts APRES la plongée. Certes, il y a une bonne dose de foramen dans la liste, mais tout de même.
On a vu le Diable !
18/04/2009
En sortant de l'eau, on s'était dit : pas de CR. En effet, pour une fois, toto bene. Y s'est rien passé. Rien de cassé. Rien de croustillant à se mettre sous la dent. Jusqu'à.. Vous n'allez pas en croire vos mirettes !
C'est tôt matin que la Panzer Divizione 74 se pointe au rdv NPSFesque du Beat. Hop, vite équipé. Bonjour Kink. Au revoir Kink. C'est parti pour un petit palmage souple et décontracté vers le « vrai » site. Sous l'eau, histoire de changer, c'est le Jérôme qui ouvre la marche. Tout comme d'hab, le pépère descend tranquilos. Comme d'hab, son oreille coince dans les -100, puis re-belote dans les -110. En fait, je viens d'apprendre que Totor ne sait pas passer ses oreilles. Il attend que ça force pour se pincer le groin. Ben forcément, des fois c'est trop tard et ça bloque (par charité, no comment please !). Finalement, sans trop de souffrances, on parvient quand même à laprofondeur prévue en passant par un beau petit replat de vase lunaire.
La remontée est absolument de toute beauté. A la retourne, on enquille les rangées de monstrueux surplombs, les dalles déversantes. A cet endroit, le Beat est un gigantesque escalier à l'envers. Parfois, un léger nuage immaculé nous entoure. Ce sont quelques bubulles relâchées plus bas qui nous rattrapent aux paliers profonds. D'abord emprisonnées dans les immenses toits de roches, elles s'infiltrent par quelques fissures opportunes, levant au passage la fine couche de farine qui tapisse le tombant.
Plus haut, la déco s'annonce longuette. La visi est moyenne et ça caille encore un peu. Voilà, voilà.sinon, quand est-ce qu'on passe à table ?
En surface, c'est royal. Ca fait un bon moment que Nic et Kink sont sortis de leur belle plonge. Ils ont soigné l'hôtellerie.
Fabienne nous a préparé THE BBQ. Sauciflards variés, Blanc de Neuchâtel « non filtré ». Côte de boeuf. De bonnes saucisses de chez Kink. Du claquos et du gruyère de Montagne. Du Croze, du Corse, deux types de Foulak. Pas de soucis : y'a du matos. Le soleil est de la partie. Les plongeurs picolent et se racontent leurs histoires à la noix. Je fais l'étalage de toute ma science de la PPO2, de la PPN2 et autres théories. L'assistance est médusée par mes compétences extraordinaires.. et se demande comment je suis toujours vivant : hi, hi, hi, j'ai des tas de secrets. J'vous les dirais pas. En fait, le J et mézigue on rejoue en permanence Pierre Bellemare dans « la tête et les jambes ». Moi, c'est les gambettes. Lui c'est : « The Brain ». Y me téléguide à distance. Vous l'avez compris, on déconne en pleine insouciance. Ça gazouille. Le Bonheur quoi !
Ce qu'on n'avait pas remarqué, c'est qu'il y a une bande de DIR qui rôde dans le coin. Les v'là qui sortent de la baille avec leurs SCR. Moi ces gonzes, ils me foutent le blues et je viens de piger pourquoi. En fait, tout leur système est philosophiquement basé sur la mort. L'idée de base, ce n'est pas le plaisir, l'exploration ou les poissons multicolores. Non, l'axe pivotal du business DIR, c'est l'ombre de la Faucheuse qui plane en permanence sur le plongeur et qu'il faut repousser jusqu'à l'obsession.
Et pour ça, tout est effectivement très bien pensé. Chaque détail a été analysé et fait l'objet d'un décret technique que la secte se doit d'appliquer. Au début je croyais - en bon Allobroge indiscipliné - que c'était leur côté milicien qui me faisait gerber. Ben non, c'est juste que ce sont des putains de croquemorts. Par construction mentale, il ne peut pas y avoir de joie chez ces gens-là.
Et là, on est tombé sur de beaux spécimens. Schpounz, natürlich. Blancs comme des navets. Autistes et décorés de frais par Halcyon. Y'en a un, c'est le Joker de Batman. Sa face de Lune a gardé le sourire figé que Jablonski lui a tailladé au coupe-fil, C'était juste avant qu'il ne le transforme en esclave sexuel. D'ailleurs, c'est aussi une histoire de soumission consentie c't'équipe. mais on digresse (comme d'hab). Restons concentrés sur notre Joker parce que, là, ça va aller très vite.
Le mec s'approche de nous (on aurait dû se méfier, un DIR ne parle à personne). Il nous demande un verre de vin !!! Vingt dieux, là on aurait dû cogner direct, sulfater par précaution. Mais non, on est sidérés. Soudainement, il fait -80°. Le lac de Thun est plongé dans les ténèbres, comme dans l'éclipse de Tintin. Le temps s'est arrêté. Les oiseaux ne chantent plus. On lui répond mécaniquement kek choz comme : « Warum nicht, mit freundliche grüssen ».
Comme nous tous, le Romejé a le chou congelé. Ses billes de loto roulent dans le vide. Sa bouche dessine un anus de dindon. Son visage n'est qu'une statue de sel. Heureusement, son cerveau reptilien lui commande un réflexe salvateur. En slow motion, comme à Hollywood, il pose le super Calades 2005 de m'sieur Foulak et saisit le p'tit Croze (no offence mate) de Kink. Il ne verse qu'une courte rasade au ravi de la crèche. Ouf ! Le J c'est notre héros : le Dino Zoff du NPSFQQA. Le dernier rempart.
Parce que notre bref nouvel ami ne trinque pas avec nous. Non, il nous tourne sèchement le dos et se casse avec le gobelet. Et là. il... non, je peux pas . momento. faut que je me mouche. l'émotion. là. il. rince son détendeur avec le Croze !!!
Zavez bien lu : Le gogol a dé-sin-fec-té son matos avec du pinard, qui titre à peine 12.5° ?!? C'est pas possib un sacrilège pareil.
C'est le Créateur himself qui nous impose cette épreuve ultime. Yes, pigé, c'est un test. « Il » nous regarde, assis sur son nuage. Pour bien montrer au Très -Haut qu'on sait se tenir, on se contente de se payer la tronche de nos voisins d'un jour... Mais c'était limite.
Bernie