Conférence organisée par MAI Pourquoi


Stéphanie GIBAUD est une spécialiste des relations publiques.

Elle est devenue sans vraiment le choisir une référence dans la défense des lanceurs d’alerte.

Si elle avait détruit les documents dont son ex-employeur, la banque UBS, lui demandait soudain de se débarrasser en juin 2008, elle aurait été probablement mise en examen. Elle travaillait dans le secteur Communication et Evénementiel / Relations Publiques de cet établissement et ignorait la portée des documents qu'on lui demandait de faire disparaître. Des perquisitions avaient lieu, une enquête était en cours, et elle a refusé de se rendre complice de pratiques illicites.

Elle fait une alerte interne à sa direction sans jamais contacter des journalistes. En état de faiblesse, elle sera repérée par l'Etat français et sera contrainte de communiquer des informations confidentielles qui contribueront à identifier 38.000 comptes offshore à hauteur de 12 milliards d'Euros.

En 2014, Stéphanie Gibaud devient Secrétaire générale de l’association PILA (plate-forme internationale des lanceurs d’alerte). Auteur de « La Femme qui en savait vraiment trop », elle reçoit en 2015 le prix Anticor avant d'être nominée pour le prix Sakharov avec les lanceurs d'alerte Edward Snowden et Antoine Deltour.

Son deuxième ouvrage « La traque des lanceurs d’alerte » a été publié en 2017. Julian Assange a écrit l’introduction de ce livre où le cas d’une cinquantaine de lanceurs d’alerte sont relatés, en France et à l’étranger.

Une conférence animée pour un auditoire alerté

Les lanceurs d’alerte permettent la prévention ou la révélation des failles et dysfonctionnements de nos Etats, de nos systèmes politiques, économiques et financiers. Leur action permet des avancées considérables dans la lutte contre la corruption au plan national ou européen.

Dans nos sociétés, la complexité du droit et du fonctionnement des organisations rend difficile la connaissance des abus, des détournements et des pratiques corruptrices de la liberté et de la démocratie. Renforcer la protection de ceux qui révèlent ces pratiques est devenue indispensable.

La loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique, dite « Sapin 2 », a créé en 2016 un régime général pour la protection des lanceurs d’alerte, en organisant la protection du salarié selon une procédure de signalement à 3 paliers. Elle oblige les entreprises importantes à mettre en place une procédure de recueil des signalements. Mais, hors du cadre du travail, la loi ne prévoit aucune procédure de protection du citoyen, voire du journaliste.

Invitation à Radio 2B au Lycée Rémi Belleau

Stéphanie GIBAUD, est intervenue l’après midi sur la radio du lycée Rémi Belleau à Nogent-le-Rotrou, Radio2B, devant la communauté éducative pour évoquer la place croissante des lanceurs d’alerte dans nos sociétés permettant de mettre en lumière ce qui peut être caché aux citoyens, aux contribuables ou aux consommateurs.

Pour aller plus loin

Quelques pistes sur papier :

  • Stéphanie GIBAUD - La traque des lanceurs d'alerte - Max Milo - ESSAI DOCUMENT – broché - 2017
  • Stéphanie GIBAUD - La femme qui en savait trop - Editions du Cherche-Midi – Documents – broché - 2014
  • Florence HARTMANN - Lanceurs d'alerte. Les mauvaises consciences de nos démocraties - Don Quichotte - NON FICTION – broché - 2014
  • Marie-Noëlle AUBERGER - Oser l'alerte. Sortir du silence au travail - Editions de l'Atelier - Social Echo HC – broché - 2018
  • Mathias GIREL - Science et territoires de l’ignorance - Editions QUAE GIE - broché - 2017
  • William BOURDON - Petit manuel de désobéissance citoyenne - JC Lattès - Essais et documents – broché - 2014

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