Poésie en été


Après nous avoir mieux fait connaître Jacques Prévert, Robert Desnos et Blaise Cendrars, Dominique LEMAIRE, comédien, écrivain, renouvelle sa collaboration avec Poésie en été et « Mai Pourquoi ». Pour le plaisir de dire, pour la musique des mots, pour les voyages, les errances, les révoltes… Et pour le partage.



Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

Et les ressacs et les courants ; je sais le soir,

L’aube exaltée ainsi qu’un vol de colombes,

Et j’ai vu quelques fois ce que l’homme a cru voir.

Le bateau ivre (1871)



L’histoire de Rimbaud, c’est l’histoire d’un premier de la classe que ses maîtres destinaient aux plus nobles fonctions. Le petit Jean Nicolas - Arthur n’est que son troisième prénom - collectionne les prix d’excellence en littérature et en composition latine. Il a tout pour réussir, tout pour rejoindre l’élite dans les plus prestigieuses écoles parisiennes.

Mais c’est en fugueur que le petit Arthur monte à Paris en 1870 – il n’a pas seize ans. C’est en vagabond qu’il est enfermé à la prison de Mazas.

L’histoire de Rimbaud, c’est l’histoire d’un jeune homme plein de promesses que d’autres ont faites à sa place. Lui ne tiendra que celle qu’il s’est faite à lui-même : arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens. La poésie n’est que l’un des chemins. Il ne l’explorera que de 1871 à 1875...

Le bateau ivre, Le dormeur du val, Les illuminations, Une saison en enfer… Il suffira de cinq années à Rimbaud pour parachever son œuvre. Cinq années d’amitiés et d’aller-retours de Charleville à Paris. Paris assiégé par les Prussiens, Paris enflammé par la Commune, Paris de l’absinthe et des poètes. C’est à Paris que le jeune homme rencontre Paul Verlaine, avec qui il se réfugiera Londres suite à une altercation avec un photographe que Rimbaud, ivre, a blessé d’un coup de canne-épée.

Le 10 juillet 1873, de retour à Bruxelles, Arthur menace de quitter Paul. Sous l’emprise de la boisson, Verlaine brandit un pistolet et tire. Il sera condamné à deux années de prison.

En 1875, comme il tente de prendre des nouvelles de la production littéraire de celui qui fut son compagnon, Ernest Delahaye, un ami de collège de Rimbaud lui répond : « Des vers de lui ? Il y a beau temps que sa verve est à plat. Je crois même qu’il ne se souvient plus du tout d’en avoir fait ».

La fin est d’un baroudeur. De la Suède à la corne de l’Afrique, Rimbaud se fait soldat, marin, déserteur, commerçant en armes ou en café. Aden, le Harar, Djibouti… L’homme aux semelles de vent a déserté la poésie pour la recherche de l’inconnu. Les fleuves impassibles le débarquent à Marseille le 20 mai 1891. Il y mourra le 10 novembre.

Lu dans la presse

Pour aller plus loin

Quelques pistes sur papier :

Arthur RIMBAUD - Poésies complètes - Le Livre de Poche - Classiques - poche - 1998

Arthur RIMBAUD - œuvres complètes - Editions Flammarion - GF - poche - 2016

Arthur RIMBAUD - Je ne suis pas venu içi pour être heureux - correspondances - Editions Flammarion - GF - broché - 2015

Sarah COHEN-SCALI - Rimbaud, le voleur de feu - le Livre de Poche - Le Livre de Poche Jeunesse - poche - 2014

Stanislas FUMET - Arthur Rimbaud : Mystique contrarié - Editions du Félin - Les marches du temps - broché - 2005

Sur la toile :