La nature est morte

Avertissement - Ce texte a été produit au début des années 90 lors d’un atelier, suite à une séance d'écriture automatique de 10 minutes, et n’a pas été retouché. Il a seulement été tapé tel qu’il a été écrit.

L’idée de base de ce texte m’est venue en entendant un cri d'oiseau alors que je marchais pour me rendre à l'atelier, un soir de janvier où il faisait particulièrement froid… Lors de cet atelier, nous devions choisir l’une des phrases issues de la séance d'écriture automatique pour démarrer notre premier texte du jour, que l’on devait écrire en moins de 20 minutes.

Cette contrainte, additionnée à l’idée initiale, ont produit ce court texte qui n'est pas une oeuvre de littérature magistrale, mais que j'ai toujours aimé. Essayez d'imaginer la scène: le froid, la neige, un marcheur solitaire, les étoiles qui brillent avec énergie dans un ciel sans nuages...

Relisez-le une ou deux fois, je suis persuadé qu'à chaque fois la scène sera plus claire à votre esprit...

La nature est morte

Le ciel, en écho à la nature, reflète la vie.

Il y a longtemps qu’il n’a pas vu ou entendu d’oiseaux dans le ciel vitreux et limpide. Le ciel est vide; la nature est morte.

Seuls ses pas troublent le silence du petit boisé, la neige faisant, lorsqu’il la foule, son bruit caractéristique des grands froids.

Un vent silencieux et mesquin lui traverse les joues, centaines d’aiguilles invisibles lui écorchant la peau.

Un oiseau laisse soudain échapper un cri.

Peut-être est-ce le contraste avec le silence, ou l’habitude perdue d’entendre de tels cris, mais celui-ci lui semble haut, fort, d’une manière presque disproportionnée. Le cri fut long.

Il arrête de marcher et écoute, mais le silence est victorieux.

Le cri, effectivement très puissant, avait été chargé de toute l’énergie qui subsistait en l’oiseau, sorte de testament qu’il laissait à ceux qui l’avaient côtoyé en ses derniers moments : le vent, la neige, les arbres et le marcheur qui fut, ému, le seul témoin au monde conscient de cette dernière souffrance.

La glace étouffa le cri de l’oiseau, le cri de son apocalypse personnel.