L'église Saint-Étienne

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En 1810, Jean-Philippe de Diest, originaire de Jandrain et habitant Marneffe, grand propriétaire terrien, acheta la grande ferme qui avait remplacé l’ancien château et résidence du seigneur de Warisoul, bien visible dans le coin inférieur gauche de la carte de Ferraris page 14. À sa mort, son demi-frère Jean-Nicolas hérita de ses biens. Le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, fut bourgmestre d’Avin de 1858 à 1861. À cette date, il mourut et son fils, également prénommé Jean-Baptiste, reprit l’exploitation et la transforma presqu’entièrement. Il fit construire le château de Diest, dont il sera question plus loin et se consacra surtout à l’élevage de chevaux de concours. Bourgmestre d’Avin pendant de nombreuses années, certains administrés lui reprochèrent d’avoir dilapidé une partie de sa fortune « en péket, en chevaux et en femmes » selon un tract électoral distribué à Avin en 1905. Sa femme, née Maria Claes, donna une partie de sa grande fortune en 1906 pour favoriser la construction de la nouvelle église, du couvent et de l’école adjacente, du presbytère et de la salle paroissiale. Les médisants firent courir le bruit que sa générosité avait pour but de racheter la mauvaise conduite de son époux. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que le don était particulièrement généreux.

L’église Saint-Etienne, de style néo-gothique, a été construite de 1907 à 1908 suivant les plans de l’architecte liégeois Hubert Froment. Le bâtiment est en grès et pierre bleue. La première pierre a été posée le 7 juin 1907 par le Doyen de Hannut. Son inauguration et sa bénédiction, en présence de sa bienfaitrice Mme de Diest, a eu lieu le 15 novembre 1908.

Sa consécration par l’Evêque de Liège, en présence de Jean-Baptiste de Diest, bourgmestre, a réuni près de 4 000 personnes et plus de 100 cavaliers.

Les pierres commémoratives se trouvent dans le porche d’entrée.

La tour, à étage octogonal, et flanquée d’une tourelle, est désaxée, sur le flanc nord de la façade. Le sommet du toit de la tour de l’église, au pied de la croix, se trouve à une altitude de 170,80 m au-dessus du niveau de la mer. La tourelle contient l’escalier conduisant à la tribune(1) et aux orgues (désaffectées) et permettant d’accéder à la tour, aux cloches et à l’horloge. Cette dernière est désaffectée mais a cependant été restaurée en 2010 et 2011 : elle peut fonctionner aux grandes occasions.

(1) En Belgique, la tribune est souvent appelée erronément jubé.


La porte principale encadrée d’un arc gothique en pierre bleue donne accès au porche, séparé des nefs par une double porte.

À gauche de la porte principale s’ouvre une plus petite porte, surmontée d’un tympan présentant un haut-relief du Sacré Cœur et portant la mention « Venite ad me omnes et ego reficiam vos » (Venez vers moi, vous tous, et je vous réconforterai).

Au-delà du porche d’entrée, le long vaisseau comprend trois nefs : la nef principale haute et deux nefs latérales plus basses. Après trois travées, les nefs latérales s’élargissent pour faire place à un court transept. Ensuite les nefs se poursuivent encore d’une travée, avant que la nef principale ne s’ouvre sur un chœur à cinq pans. La sacristie se trouve à droite du chieur.

À l’intérieur du porche se dresse à droite de l’entrée une représentation de la grotte de Lourdes, située dans la petite chapelle aux murs courbes visible à droite de l’église. Au-delà de la grotte se trouve un local de réunion portant le nom du Père Croisier Louis Mesters, qui fut le dernier curé à demeure de 1971 à 1999. En face, sous la tour, se trouvait autrefois le baptistère. Il sert aujourd’hui de remise. Les fonds baptismaux de style néo-gothique, datant de 1910, ont été transférés dans la nef. Le tailleur de pierre n’est pas connu.

Une double porte donne accès à la nef. Les murs de la nef principale sont recouverts de médaillons peints, qui donnent une grande majesté à l’ensemble.

Le plafond est constitué de pavés de terre cuite rouges, ornés de peintures décoratives.

Sur les murs du choeur, l’artiste peintre Gustave Meunier a réalisé vers 1920 des peintures à l’huile. Celle de gauche présente la dernière Cène.

La peinture de droite est une scène du calvaire, avec Marie Madeleine.

Le chœur contient l’autel majeur, de style néo-gothique, datant de 1908. L’autel est en pierre polie, le retable en laiton. Il est l’œuvre de E. M. Pirotte, orfèvre à Liège.

Dans la partie gauche du retable, on peut voir le Christ apparaissant aux pèlerins d’Emmaüs ; la partie droite montre le Sacrifice de Melchisédech.

Le dessus du tabernacle est orné du Calvaire.

La lampe d’autel, en laiton coulé et verroterie, date de 1910. Sa hauteur est de 140 cm. Le dinandier est inconnu.

Au fond des nefs secondaires, du côté du chœur, se trouvent deux autels latéraux, en pierre et laiton également. Ils sont également l’œuvre de E. M. Pirotte de Liège et ont été érigés peu après 1912. Au-dessus de celui de gauche, on peut admirer une Vierge à l’enfant, en plâtre polychromé, datant de 1875. Elle est l’œuvre du marchant d’objets liturgiques J. Hans-Beaujean de Liège.

Au-dessus de l’autel de droite trône la statue de Saint Étienne, le saint patron de l’église.

Entre l’autel latéral gauche et le chœur se dresse contre le mur un grand Christ en croix, haut d’environ 2,50 mètres. Il date de 1869. Le sculpteur n’est pas connu.

Dans la nef latérale gauche, la chaire de vérité, de style néo-gothique, date de 1908. Le sculpteur est inconnu.

Les deux confessionnaux sur le mur du fond de l’église, de part et d’autre de la porte, sont de style néo-gothique. En chêne, ils datent de 1908. Le sculpteur est inconnu.

Un chemin de croix constitué de 14 peintures à l’huile sur toile décore la nef de l’église. Elles datent de 1897. Le peintre n’est pas connu.

Plusieurs statues religieuses décorent la nef. Datant de 1876, la statue de l’apôtre Pierre, en plâtre polychromé, provient de chez J. Hans-Beaujean, marchand d’objets liturgiques à Liège. Elle a une hauteur de 1,20 mètre.

Celle de saint Jean-Baptiste, avec un agneau à ses pieds, également en plâtre polychromé, date de 1880 et provient de la firme Henri-Gérard de Namur. Elle mesure 1,42 mètre.

Plus ancienne, la statue de saint Étienne, le saint patron de l’église, provient de Liège. Elle a été réalisée par un sculpteur qui ne nous est pas connu, entre 1701 et 1725. Sa hauteur est de 1,40 mètre. Elle provient vraisemblablement de l’ancienne église d’Avin.

D’autres statues encore décorent la nef.

Les fonds baptismaux de style néo-gothique, datant de 1910, se trouvent à présent dans la nef.

Les vitraux qui décorent les fenêtres méritent également l’attention. Plusieurs d’entre eux ont été restaurés en 2013.

Les vitraux ci-dessous décorent le chœur. Il est déplorable que le temps ait effacé une partie de certains détails d’entre eux.

Les vitraux suivants se trouvent de part et d’autre du « transept ».

La nef est également décorée de huit vitraux dont un est encore en restauration.

Là encore les détails de certaines scènes ont été abîmés par le temps.

Près de l’autel latéral droit se trouvent les bancs qui étaient réservés aux familles de Diest et de Looz-Corswarem, propriétaires des châteaux du village.

À l’arrière des bancs dédiés à la famille de Looz-Corswarem, est placé un obiit(2) (forme raccourcie du latin obivit qui signifie « il est mort »). Il s’agit d’une peinture ou d’une enluminure dont le fond est de couleur sombre, souvent noir, peint la plupart du temps sur un panneau de bois dont la forme est un carré sur pointe. Elle indique l’année de décès et, parfois aussi, de naissance, ainsi que les armoiries de la personne. L’obiit était placé devant le cercueil pendant l’enterrement, puis placé dans l’église. Sur cet obiit, la double armoirie indique qu’il s’agit d’une dame. À gauche, on reconnaît les armoiries de la famille des comtes de Looz-Corswarem ; à droite celles de la famille des barons de Loë. Il s’agit en fait de l’épouse du comte Georges de Looz-Corswarem, qui était née baronne Alex de Loë. Elle est décédée le 24 janvier 1925.

(2) On trouve aussi l’écriture obit

Au-dessus du porche d’entrée se trouve la tribune, qui porte toujours les grands orgues. Hélas ceux-ci sont désaffectés depuis des années et leur remise en état coûterait fort cher. Les tuyaux d’orgues se trouvent en fait à l’intérieur des meubles, les tuyaux visibles étant des artefacts en bois.

Les peintures de cette partie de l’église ont hélas été fortement abîmées par des infiltrations d’eau provenant du toit. Ce dernier a été réparé depuis, mais la remise en état du bâtiment coûte cher et prend du temps.

Entre les orgues, on peut observer trois vitraux, qui se trouvent en façade au-dessus des grandes portes.

Dessin de Madame Jeanine MUNTEN de l’Atelier Garance