Retraite (mes droits au départ)
Retraite du salarié du secteur privé : à quel âge partir et combien toucher
Situation au 30 septembre 2026 (Assurance retraite + retraite complémentaire Agirc-Arrco)
L'essentiel en 1 minute
• Pour partir, il faut avoir atteint l'âge légal de votre génération.
Pour toucher la retraite de base à taux plein (50 %), il faut en plus avoir le nombre de trimestres exigé, ou attendre 67 ans.
• Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la hausse de l'âge légal est suspendue jusqu'en 2028 : l'âge légal est de 62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois pour les personnes nées de 1964 à 1968, et de 64 ans pour celles nées à partir de 1969.
• Le nombre de trimestres exigé est de 170 à 172 selon votre année de naissance (172 trimestres = 43 ans de cotisation).
• Retraite de base = salaire annuel moyen (vos 25 meilleures années) × taux (50 % maximum) × (vos trimestres ÷ trimestres exigés).
Elle ne peut pas dépasser 2 002,50 € brut par mois en 2026 (hors surcote).
• Retraite complémentaire Agirc-Arrco = nombre de points × 1,4386 € (valeur du point en 2026).
• On peut parfois partir avant l'âge légal : carrière longue, incapacité permanente d'origine professionnelle, compte professionnel de prévention (C2P), handicap, amiante.
• Fil rouge de cette fiche : tous les exemples chiffrés sont calculés pour une personne née en 1967 (âge légal 63 ans et 6 mois, 172 trimestres, salaire annuel moyen de 28 000 € brut).
Vous pouvez refaire le calcul avec votre génération grâce au tableau ci-dessous.
Attention : la suspension est temporaire. Les règles peuvent encore changer. Vérifiez toujours votre situation personnelle sur info-retraite.fr avant de prendre une décision.
Que faire concrètement, étape par étape
1. Créer ou ouvrir votre compte sur info-retraite.fr et télécharger votre relevé de carrière (rubrique « Ma carrière »).
2. Vérifier chaque année : trimestres manquants, employeurs oubliés, périodes de chômage, de maladie ou d'apprentissage non comptées. Gardez vos bulletins de paie : ils servent de preuve quand une période n'apparaît pas.
3. Faire une estimation dans « Mon estimation retraite », en changeant l'âge de départ pour comparer plusieurs scénarios.
4. Regarder si vous avez droit à un départ anticipé (carrière longue, incapacité permanente, C2P). Ne comptez pas dessus sans avoir confirmation de votre caisse.
5. Déposer votre demande 4 à 6 mois avant la date choisie (délai indiqué par plusieurs sites d'information ; référence à vérifier auprès de votre Carsat). La pension prend toujours effet le 1er jour d'un mois.
6. Ne pas arrêter de travailler (démission, rupture) avant d'avoir la confirmation écrite de vos droits par vos caisses.
Piège fréquent : partir « à l'âge légal » sans avoir tous ses trimestres entraîne une décote définitive, c'est-à-dire une pension réduite à vie.
À quel âge peut-on partir à la retraite ?
L'âge légal est le minimum pour demander sa retraite. Il dépend de votre date de naissance. Voici le tableau applicable aux pensions qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026 (pour les générations 1964 à 1968, ce sont les règles issues de la suspension) :
• Nés du 1er janvier 1958 au 31 décembre 1960 : 62 ans, 167 trimestres.
• Nés du 1er janvier au 31 août 1961 : 62 ans, 168 trimestres.
• Nés du 1er septembre au 31 décembre 1961 : 62 ans et 3 mois, 169 trimestres.
• Nés en 1962 : 62 ans et 6 mois, 169 trimestres.
• Nés en 1963 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres.
• Nés en 1964 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres (avant la suspension : 63 ans et 171 trimestres).
• Nés du 1er janvier au 31 mars 1965 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres (avant : 63 ans et 3 mois, 172 trimestres).
• Nés du 1er avril au 31 décembre 1965 : 63 ans, 171 trimestres (avant : 63 ans et 3 mois, 172 trimestres).
• Nés en 1966 : 63 ans et 3 mois, 172 trimestres.
• Nés en 1967 : 63 ans et 6 mois, 172 trimestres.
• Nés en 1968 : 63 ans et 9 mois, 172 trimestres (avant la suspension : 64 ans).
• Nés à partir du 1er janvier 1969 : 64 ans, 172 trimestres.
Bon à savoir. Pour la génération 1964, les premiers départs rendus possibles par la suspension interviennent à partir du 1er octobre 2026, puisque la pension prend effet le premier jour du mois.
Les personnes parties avant le 1er septembre 2026 restent soumises aux anciennes règles.
Vérifiez que votre estimation sur info-retraite.fr affiche bien les nouveaux paramètres : certains outils privés ne sont pas à jour et affichent encore l'ancien âge.
Trimestres et taux plein : ce qu'il faut savoir
• Une année compte au maximum 4 trimestres, même si vous avez beaucoup gagné.
Le trimestre est validé selon le salaire soumis à cotisations (montant revalorisé chaque année ; il correspond à 150 fois le Smic horaire, référence à vérifier sur legislation.lassuranceretraite.fr).
• Comptent aussi comme trimestres : maladie, accident du travail, maternité, invalidité, chômage (indemnisé ou non, dans certaines limites), service national, et les trimestres accordés pour les enfants.
• Taux plein (50 %) : vous partez avant 67 ans avec le nombre de trimestres exigé, tous régimes confondus, ou vous partez à 67 ans quel que soit votre nombre de trimestres.
• Décote : si vous partez avant 67 ans sans avoir tous les trimestres, le taux de 50 % baisse de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres.
Le taux minimum est donc de 37,5 %.
• Surcote : si vous continuez à travailler après l'âge légal et après avoir atteint le nombre de trimestres exigé, votre pension augmente de 1,25 % par trimestre entier supplémentaire (soit 5 % par an).
• Il est possible de racheter des trimestres (études, années incomplètes), dans la limite de 12 sur la carrière (référence à vérifier auprès de la Carsat ; le coût dépend de votre âge et de vos revenus).
Partir avant l'âge légal
Quatre grandes situations permettent de partir plus tôt. Elles ont chacune leurs conditions et il faut les vérifier une par une.
1. La retraite anticipée pour carrière longue
• Condition de début de carrière : avoir validé 5 trimestres (4 si vous êtes né au dernier trimestre de l'année) avant la fin de l'année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans.
• Il faut aussi une durée de cotisation suffisante. Les trimestres de C2P sont comptés comme cotisés. Depuis le 1er septembre 2026, les trimestres liés aux enfants sont pris en compte comme réputés cotisés dans la limite de 2.
• Âge de départ si vous avez commencé avant 20 ans (règles applicables aux pensions qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026) :
– Nés en 1964 : 60 ans et 6 mois (170 trimestres).
– Nés du 1er janvier au 31 mars 1965 : 60 ans et 9 mois (170 trimestres).
– Nés du 1er avril au 30 novembre 1965 : 60 ans et 9 mois (171 trimestres).
– Nés du 1er au 31 décembre 1965 : 60 ans et 8 mois (171 trimestres).
– Nés en 1966 : 60 ans et 9 mois (172 trimestres).
– Nés en 1967 : 61 ans (172 trimestres).
– Nés en 1968 : 61 ans et 3 mois (172 trimestres).
– Nés en 1969 : 61 ans et 6 mois (172 trimestres).
– Nés en 1970 : 61 ans et 9 mois (172 trimestres).
• Pour les autres paliers, les âges de départ de référence sont 58 ans (début avant 16 ans), 60 ans (avant 18 ans) et 63 ans (avant 21 ans). Les durées exactes exigées varient selon la génération : utilisez le simulateur de Service-Public ou d'info-retraite (référence à vérifier).
• Le taux plein s'applique : pas de décote si vous remplissez les conditions.
2. La retraite anticipée pour incapacité permanente d'origine professionnelle
• Elle concerne les personnes atteintes d'une incapacité permanente d'au moins 10 % à la suite d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail (les lésions doivent être identiques à celles d'une maladie professionnelle). Un accident de trajet n'ouvre pas ce droit.
• Si le taux est d'au moins 20 % : départ possible dès 60 ans.
• Si le taux est entre 10 % et 19 % : départ possible 2 ans avant l'âge légal de votre génération. Il faut avoir été exposé aux facteurs de risques pendant au moins 17 ans et une commission pluridisciplinaire vérifie le lien entre l'incapacité et le travail (elle n'est pas exigée pour les 4 facteurs sortis du C2P : postures pénibles, vibrations, manutentions manuelles, agents chimiques dangereux).
• La retraite est alors calculée à taux plein (50 %), quel que soit votre nombre de trimestres.
3. Le compte professionnel de prévention (C2P), l'ancien compte pénibilité
• Qui a un C2P ? Tout salarié du privé avec un contrat d'au moins 1 mois, exposé à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels au-delà des seuils. Le compte est ouvert automatiquement : l'employeur déclare l'exposition chaque année (via la DSN de décembre).
• Les 6 facteurs qui donnent des points : travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif à cadence contrainte, bruit, températures extrêmes, activités en milieu hyperbare. Les seuils du travail de nuit et des équipes alternantes ont été abaissés par décret en août 2023 ; le nombre exact de nuits est à vérifier sur compteprofessionnelprevention.fr.
• Combien de points ? 4 points par an et par facteur d'exposition si le contrat couvre l'année civile, sinon comptés par période de 3 mois (exemple officiel : 3 facteurs pendant un an = 12 points). Certaines sources parlent d'un plafond de 8 points par an ou de 100 points sur la carrière : référence à vérifier.
• Les 20 premiers points sont réservés à la formation (pour parvenir à un emploi moins exposé). Seuls les points au-delà de 20 peuvent servir à la retraite.
• Retraite : 10 points = 1 trimestre d'assurance supplémentaire, dans la limite de 80 points = 8 trimestres. Demande possible à partir de 55 ans.
• Effet : ces trimestres permettent de partir jusqu'à 2 ans avant l'âge légal, limitent la décote et comptent comme trimestres cotisés pour la carrière longue. Un plancher d'âge (62 ans dans certaines sources) peut s'appliquer : référence à vérifier auprès de la Carsat.
• Autres usages des points : formation, passage à temps partiel avec compensation de salaire (10 points = compensation d'un mi-temps pendant 4 mois), projet de reconversion.
• Comment faire ? Consulter et utiliser ses points sur compteprofessionnelprevention.fr, ou envoyer le formulaire cerfa n° 15511 à la Carsat.
Exemple (fictif). Un salarié né en 1967 travaille de nuit pendant 25 ans, avec un seul facteur : 25 × 4 = 100 points. Il en met 20 en formation. Il lui reste 80 points, soit 8 trimestres de majoration. À 55 ans ou plus, il peut demander à les utiliser pour partir jusqu'à 2 ans avant l'âge légal de sa génération (63 ans et 6 mois pour 1967). Voir le cas 7 des exemples chiffrés.
Comment vérifier vos points C2P
1. Allez sur compteprofessionnelprevention.fr, rubrique « Mon espace salarié », et créez votre espace personnel. Vous y voyez tout de suite votre solde de points et vous pouvez faire une demande d'utilisation.
2. Attendez ou demandez votre relevé annuel de points : il est envoyé chaque année, à partir de juin environ, par voie électronique (dans votre espace) ou par courrier.
3. Comparez avec vos années réellement exposées : nuits travaillées, équipes alternantes, bruit, températures extrêmes, travail répétitif. Un facteur non déclaré = des points en moins.
4. Si vous ne trouvez aucun compte alors que vous avez travaillé de nuit ou en équipes, ne concluez pas que vous n'avez pas de droits : demandez à votre employeur s'il a déclaré vos expositions, et par écrit.
5. Gardez des preuves : plannings, bulletins de paie (majorations de nuit, primes d'équipe), contrat, attestations, avis du médecin du travail, DUERP de l'entreprise si vous y avez accès.
L'obligation de l'employeur
• L'employeur doit évaluer chaque année l'exposition de ses salariés aux 6 facteurs de risques, au regard des seuils fixés par décret. Il doit le faire pour tous les salariés du privé dont le contrat dure au moins 1 mois.
• Si un salarié dépasse un seuil, l'employeur doit le déclarer dans la DSN (déclaration sociale nominative). Cette déclaration n'est pas mensuelle : elle se fait une fois par an, avec la DSN de décembre (à transmettre début janvier de l'année suivante). Si le salarié part en cours d'année, elle se fait le mois qui suit son départ.
• Les points sont calculés à partir de cette déclaration : sans déclaration, pas de points. Le salarié n'a aucune démarche à faire pour que son compte soit ouvert.
• Corrections : l'employeur peut corriger une déclaration par la DSN jusqu'en avril de l'année suivante. Une correction favorable au salarié peut être faite jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'année d'exposition (N+3).
• Contrôles : les caisses peuvent contrôler l'exactitude des déclarations et de l'ampleur de l'exposition, et procéder à un redressement dans les trois années civiles suivant l'année concernée (article L4163-16 du Code du travail). Les pénalités applicables à l'employeur en cas de manquement sont à vérifier (référence à vérifier).
• L'employeur reste aussi tenu par son obligation générale de prévention des risques professionnels (évaluation dans le document unique, DUERP).
Si vous n'êtes pas d'accord avec vos points (recours)
1. Première étape : l'employeur. Le salarié doit d'abord adresser une réclamation écrite à son employeur, par un moyen qui prouve la date de réception (lettre recommandée avec accusé de réception, par exemple). Un formulaire de réclamation existe sur le site du C2P.
2. L'employeur a 2 mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, la réclamation est réputée rejetée.
3. Deuxième étape : la caisse. Après un refus (exprès ou implicite), le salarié a 2 mois pour saisir l'organisme gestionnaire du C2P (la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail, Carsat, ou la caisse d'assurance maladie selon les cas).
4. Délai pour contester : selon les informations publiées par l'Assurance maladie, la réclamation doit être faite dans les 2 années suivant la fin de l'année d'exposition contestée (référence à vérifier, le texte exact du délai est à contrôler sur legifrance.gouv.fr).
Important : le salarié ne peut saisir la caisse qu'après avoir contesté auprès de son employeur (article L4163-18 du Code du travail). Ne sautez pas cette étape et gardez une preuve de chaque envoi. Agissez vite : plus le temps passe, plus les preuves de l'exposition sont difficiles à réunir.
Un délégué syndical ou un élu du CSE peut vous aider à rédiger la réclamation et à réunir les pièces.
4. Autres départs anticipés
• Handicap : départ possible dès 55 ans avec un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % (ou qualité de travailleur handicapé) et une durée d'assurance et de cotisation suffisante.
• Amiante : cessation anticipée d'activité entre 50 et 60 ans pour les salariés d'établissements listés ou atteints d'une maladie liée à l'amiante.
• Inaptitude au travail : à l'âge légal, le taux plein peut être accordé même sans tous les trimestres (référence à vérifier auprès de la Carsat).
Combien touche-t-on ? La retraite de base (Assurance retraite)
La formule officielle est : salaire annuel moyen × taux × (durée d'assurance ÷ durée exigée pour le taux plein).
• Salaire annuel moyen : moyenne des salaires bruts de vos 25 meilleures années. Tous les éléments de rémunération comptent (base, primes, heures supplémentaires). Chaque salaire est plafonné au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € par an en 2026) puis revalorisé. L'année du départ n'est pas prise en compte.
• Enfants : depuis les pensions qui prennent effet au 1er septembre 2026, le calcul se fait sur les 24 meilleures années si vous bénéficiez de majorations pour 1 enfant, et sur les 23 meilleures années si vous en bénéficiez pour au moins 2 enfants.
• Taux : 50 % maximum (taux plein), diminué de la décote si vous n'avez pas tous vos trimestres et que vous partez avant 67 ans.
• Durée : si vous avez moins de trimestres que le nombre exigé, la pension est proportionnelle (exemple : 158 trimestres sur 170 exigés = 158/170).
• Maximum : la pension de base ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale de l'année du départ, soit 2 002,50 € brut par mois en 2026. La surcote et certaines majorations (par exemple 10 % pour 3 enfants) peuvent faire dépasser ce plafond.
• Minimum (minimum contributif) : en 2026, 756,29 € brut par mois (9 075,50 € par an), porté jusqu'à 903,94 € brut par mois en cas de carrière complète avec au moins 120 trimestres cotisés. Il faut partir à taux plein, avoir demandé toutes ses retraites, et le total des pensions ne doit pas dépasser 1 410,89 € brut par mois (montant indiqué par Service-Public ; un autre document officiel évoque un montant différent au 1er juin 2026 : référence à vérifier).
• Revalorisation : la pension est revalorisée chaque 1er janvier selon l'évolution des prix à la consommation hors tabac.
• Les pensions sont soumises à la CSG, la CRDS et la Casa, sauf exonération.
Exemples chiffrés (cas fictifs, montants bruts)
Les chiffres ci-dessous sont des illustrations simplifiées, toutes calculées pour une personne née en 1967. Pour une autre génération, changez l'âge légal et le nombre de trimestres exigés (voir le tableau plus haut).
Votre relevé de carrière et votre simulation sur info-retraite.fr restent les seules références.
La base de tous les exemples : la génération 1967. Personne née le 15 mars 1967.
Pour cette génération : âge légal de 63 ans et 6 mois (départ possible au plus tôt le 1er octobre 2030, la pension prenant effet le 1er du mois), 172 trimestres exigés pour le taux plein, taux plein automatique à 67 ans (mars 2034).
Salaire annuel moyen de ses 25 meilleures années (revalorisé) : 28 000 € brut, soit sous le plafond de la Sécurité sociale.
Tous les trimestres sont validés à l'Assurance retraite.
Cas 1 – Taux plein. Il part à 63 ans et 6 mois avec 172 trimestres.
Retraite de base : 28 000 × 50 % × (172 ÷ 172) = 14 000 € par an, soit 1 166,67 € par mois.
Cas 2 – Décote. Il part à 63 ans et 6 mois avec seulement 164 trimestres.
Il lui en manque 8 (172 – 164). Décote : 8 × 0,625 % = 5 %, donc taux de 45 % au lieu de 50 %.
Retraite de base : 28 000 × 45 % × (164 ÷ 172) = 12 013,95 € par an, soit environ 1 001 € par mois.
La décote est définitive : elle s'applique à vie.
(Le calcul de la décote retient le plus petit nombre entre les trimestres manquants pour le taux plein, ici 8, et ceux qui manquent pour atteindre 67 ans, ici 14.)
Cas 3 – Il attend 2 ans pour supprimer la décote.
Même personne : il continue à travailler jusqu'à 65 ans et 6 mois, valide environ 8 trimestres de plus (4 par an) et atteint 172 trimestres.
Retraite de base : 28 000 × 50 % × (172 ÷ 172) = 14 000 € par an, soit 1 166,67 € par mois.
Écart avec le cas 2 : environ 1 986 € par an, soit environ 165,50 € par mois.
En contrepartie, il a travaillé 2 ans de plus et la pension est versée 2 ans plus tard : à chacun de comparer selon sa santé, son emploi et son budget.
Cas 4 – Il attend 67 ans sans compléter ses trimestres.
À 67 ans, le taux de 50 % s'applique automatiquement, sans décote, même avec 158 trimestres par exemple.
Retraite de base : 28 000 × 50 % × (158 ÷ 172) = 12 860,47 € par an, soit environ 1 071,71 € par mois.
Sans décote ne veut pas dire sans perte : la pension reste proportionnelle au nombre de trimestres (158 ÷ 172).
Cas 5 – Surcote. Il part à 63 ans et 6 mois avec 172 trimestres, mais continue à travailler 4 trimestres civils entiers de plus.
Sa pension est majorée de 4 × 1,25 % = 5 %. Retraite de base : 14 000 × 1,05 = 14 700 € par an, soit 1 225 € par mois.
Cas 6 – Carrière longue. 61 ans
Même personne, qui a validé 5 trimestres avant la fin de l'année de ses 20 ans (soit avant fin 1987) et qui réunit 172 trimestres cotisés (les trimestres de C2P et, depuis le 1er septembre 2026, jusqu'à 2 trimestres pour enfants, comptent comme cotisés).
Pour la génération 1967, l'âge de départ carrière longue (palier des 20 ans) est 61 ans : départ possible dès le 1er avril 2028, à taux plein. Retraite de base : 28 000 × 50 % × (172 ÷ 172) = 14 000 € par an, soit 1 166,67 € par mois, mais versée 2 ans et demi plus tôt que dans le cas 1.
Cas 7 – Avec le C2P.
Même personne, qui a travaillé de nuit pendant 25 ans avec un seul facteur : 25 × 4 = 100 points.
Elle en met 20 en formation.
Il lui reste 80 points, soit 8 trimestres de majoration (10 points = 1 trimestre). Si elle a 164 trimestres réels, avec les 8 trimestres du C2P elle atteint 172 trimestres et évite la décote du cas 2.
Le C2P permet de partir jusqu'à 2 ans avant l'âge légal, donc au plus tôt vers 61 ans et 6 mois pour la génération 1967 (plancher d'âge éventuel à vérifier auprès de la Carsat : référence à vérifier). Elle doit avoir 55 ans au moins pour demander l'utilisation de ses points.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco
Elle s'ajoute à la retraite de base pour tous les salariés du privé (cadres et non-cadres). Elle fonctionne par points.
• Acquisition : chaque année, vos cotisations sont transformées en points.
Points acquis = cotisations ouvrant droit ÷ salaire de référence (prix d'achat du point : 20,1877 € en 2026).
La cotisation qui donne des points est de 6,2 % du salaire jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (tranche 1) et 17 % entre 1 et 8 plafonds (tranche 2).
• Calcul de la pension : nombre total de points × valeur de service du point, soit 1,4386 € en 2026.
Cette valeur est gelée depuis le 1er novembre 2024 (pas de revalorisation au 1er novembre 2025).
Une éventuelle revalorisation peut intervenir au 1er novembre 2026 : référence à vérifier sur agirc-arrco.fr.
• Exemple : 5 000 points × 1,4386 € = 7 193 € par an, soit environ 599 € par mois. Il faut environ 8 341 points pour 1 000 € brut par mois.
• Points gratuits : dans certains cas (chômage indemnisé, maladie, maternité), des points sont attribués sans cotisation.
• Aucun minimum garanti en complémentaire : le montant dépend uniquement de votre carrière.
• Bonus-malus : partir dès l'obtention du taux plein peut entraîner une minoration temporaire de 10 % pendant 3 ans de la complémentaire (dans la limite de 67 ans), tandis que travailler plus longtemps peut donner une majoration temporaire.
Les conditions exactes sont à vérifier sur agirc-arrco.fr (référence à vérifier).
Exemple d'ordre de grandeur (fictif, même personne née en 1967).
Avec 28 000 € brut par an, on acquiert environ 28 000 × 6,2 % ÷ 20,1877 = 86 points par an.
Sur 43 ans (172 trimestres) à ce niveau de salaire, cela donne environ 3 698 points, soit 3 698 × 1,4386 = environ 5 320 € par an, soit environ 443 € par mois.
Avec la retraite de base du cas 1 (1 166,67 €), le total brut serait d'environ 1 610 € par mois. Votre carrière réelle sera différente (salaires variables, points gratuits, cotisations d'avant 2019 converties) : consultez votre relevé de points.
Points de vigilance
• La suspension de la réforme est temporaire (jusqu'en 2028) et pourrait être modifiée par une nouvelle réforme. Les générations 1966 et suivantes gardent le calendrier décalé prévu à la reprise.
• Les montants (plafond de la Sécurité sociale, minimum contributif, valeur du point) changent chaque année : vérifiez ceux de l'année de votre départ.
• Un trimestre manquant peut retarder votre départ de plusieurs mois. Demandez la régularisation de votre relevé le plus tôt possible.
• Les montants indiqués sont bruts. Le net dépend des prélèvements sociaux et de votre situation fiscale.
• Le régime général ne couvre pas tout le monde : fonctionnaires, indépendants et certains régimes spéciaux ont d'autres règles.
Sources officielles à consulter
• Service-Public : « Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? » (service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18825)
• Service-Public : « Montant de la retraite du salarié du secteur privé » (service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21552)
• Service-Public : « Départ à la retraite en carrière longue : vos droits à partir de septembre 2026 » (service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18997)
• Service-Public : « Des changements dans les bonifications de retraite liées aux enfants » (service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A19025)
• Service-Public : « Utilisation du C2P pour la retraite du salarié » (service-public.fr/particuliers/vosdroits/F36326) et site compteprofessionnelprevention.fr
• Net-entreprises : « C2P : comprendre le compte professionnel de prévention » (déclaration DSN et corrections) ; Code du travail, articles L4163-1 et suivants, notamment L4163-16 (contrôles), L4163-18 et R4163-34 (contestation) sur legifrance.gouv.fr
• Service-Public : « Retraite du salarié handicapé » et retraite pour incapacité permanente (service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1355)
• Service-Public : « Qu'est-ce que la surcote ? » (service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F19643)
• Agirc-Arrco : « Chiffr'Agirc-Arrco 2026 » (agirc-arrco.fr)
• Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (Légifrance) ; décrets n° 2026-699 et n° 2026-700 du 29 juillet 2026 ; décret n° 2026-345 du 8 mai 2026 (carrière longue)
• Simulateur et relevé de carrière : info-retraite.fr ; assistance Assurance retraite : 39 60
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Chaque situation étant particulière, aucune information contenue dans ce document ne peut remplacer l’analyse individualisée d’un dossier tenant compte des faits, des preuves, du contrat de travail, de la convention collective applicable et des circonstances propres à chaque affaire.
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En cas de difficulté ou avant toute démarche importante (contentieux, rupture du contrat de travail, transaction, procédure disciplinaire, etc.), il est recommandé de consulter un professionnel compétent (avocat, défenseur syndical, conseiller du salarié ou service juridique spécialisé) afin d’obtenir un avis adapté à votre situation personnelle.