Convention collective Sécurité Privée IDCC1351 - (Les avantages pour le salarié)
Convention collective de la sécurité privée (IDCC 1351)
Ce que vous devez connaître, vérifier et réclamer
L'essentiel en 1 minute
• Vous êtes concerné si IDCC 1351 figure sur votre bulletin de paie : convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité du 15 février 1985 (brochure JO n° 3196).
Code du travail, convention collective, accord d'entreprise :
Le Code du travail est le socle. C'est le minimum de la loi, pour tous les salariés.
Votre convention collective, c'est du plus pour vous.
Elle a été négociée pour votre métier par les syndicats et les employeurs.
Elle apporte en règle générale mieux que la loi : salaires minimums, primes, majorations, repos.
C'est un minimum garanti : votre employeur peut vous accorder plus (dans votre contrat de travail, par exemple), jamais moins.
L'accord d'entreprise, attention !, c'est une affaire entre votre patron et les syndicats de votre entreprise.
Il peut être meilleur que la convention collective, mais il peut aussi l'être moins, notamment sur le temps de travail.
À manier avec précaution. Le garde-fou : il doit être signé par un syndicat, en pratique par un délégué syndical, qui peut aussi être élu du CSE, et ce syndicat doit avoir un poids suffisant dans l'entreprise (plus de la moitié des voix aux élections, ou plus de 30 % avec l'accord des salariés par vote). Dans les petites entreprises sans délégué syndical, l'accord peut se conclure autrement, avec moins de garanties : soyez encore plus attentif.
Le salaire minimum applicable à un agent de sécurité privée n'est pas automatiquement le SMIC : c'est le salaire minimum hiérarchique fixé par la grille de la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351, brochure JO n° 3196), qui doit être au moins égal au SMIC, voire supérieur selon le coefficient et l'échelon.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut horaire s'élève à 12,31 € (soit 1 867,02 € brut mensuel pour 35 h/semaine).
Un salarié classé aux coefficients les plus bas de la grille sécurité privée (catégorie I) peut ainsi se trouver proche du SMIC, tandis que les coefficients supérieurs (agents qualifiés, SSIAP, agents de maîtrise, cadres) bénéficient d'un minimum conventionnel nettement plus élevé.
À vérifier avant toute comparaison :
SMIC - Gouv.fr -> Le taux du SMIC en vigueur.
Convention collective IDCC 1351 - Gouv.fr --> La grille des salaires minima de la convention collective sécurité privée (IDCC 1351), par coefficient et niveau.
⚠️ Les grilles conventionnelles évoluent par accords de branche (souvent en cours d'année) et le SMIC peut être revalorisé en cours d'année en cas de forte inflation : toujours vérifier le taux applicable à la date de la paie concernée.
1. Votre salaire minimum dépend de votre coefficient
L'employeur n'a pas le droit de vous payer en dessous du minimum correspondant à votre coefficient (base : 151,67 heures par mois, soit 35 heures par semaine).
• Trois revalorisations successives (accord du 25 septembre 2023, étendu par arrêté du 20 décembre 2023) : + 5 % en 2024, + 3,2 % au 1er janvier 2025, + 2,8 % au 1er janvier 2026, soit environ 11,4 % cumulés.
• Coefficient 120 (agent d'exploitation qualifié) : 12,42 € brut de l'heure, soit 1 883,85 € brut par mois.
• Coefficient 140 (chef de poste, filtrage, cynophile, SSIAP 1) : 12,96 € brut de l'heure, soit 1 965,78 € brut par mois.
• Ces montants sont hors primes et hors majorations.
2. La prime d'ancienneté (article 9.03)
Elle concerne tous les salariés sauf les cadres. Elle s'ajoute à votre salaire réel et elle est calculée sur le salaire minimum conventionnel de votre qualification (et non sur votre salaire réel), aux taux suivants :
• 2 % après 4 ans d'ancienneté dans l'entreprise
• 5 % après 7 ans
• 8 % après 10 ans
• 10 % après 12 ans
• 12 % après 15 ans
Exemple : coefficient 140 avec 8 ans d'ancienneté = 5 % de 1 965,78 € = 98,29 € brut par mois.
• Le nouveau taux s'applique le mois qui suit la date anniversaire, ou le mois même si vous êtes entré le premier jour travaillé du mois (Cour de cassation, chambre sociale, 16 janvier 2019, n° 17-19.929).
• Certains sites annoncent des taux plus élevés (15 %) : ils ne correspondent pas au texte de l'article 9.03. Le taux le plus haut est de 12 %.
3. Nuit, dimanche, jours fériés : ce qui doit être majoré
• Nuit (de 21 h à 6 h) : + 10 % du taux horaire minimum conventionnel (article 7.01), plus un repos compensateur de 1 % des heures travaillées entre 21 h et 6 h.
• Dimanche : + 10 % (article 7.01 et accord du 29 octobre 2003), calculés sur le taux horaire minimum conventionnel, avant toute autre majoration.
• Nuit + dimanche : les deux se cumulent, soit + 20 %. Exemple au coefficient 120 : une heure un dimanche de nuit = 12,42 € + 1,24 € + 1,24 € = 14,90 € brut minimum.
• Jour férié travaillé (article 9.05) : en plus de votre salaire, vous avez droit à une indemnité égale au montant du salaire correspondant au travail effectué.
Cette indemnité peut être remplacée, au choix du salarié, par un temps de repos équivalent obligatoirement pris dans le mois suivant.
• Le 1er mai : l'article 9.05 renvoie au Code du travail. L'article L. 3133-6 prévoit, en plus du salaire, une indemnité égale à ce salaire, à la charge de l'employeur. Aucun repos ne peut remplacer cette indemnité : elle est payée.
• Sûreté aérienne et aéroportuaire : taux renforcés (notamment + 25 % la nuit et + 50 % le dimanche, annexe VIII).
Exemple de calcul pour les jour fériés : 1 heure travaillée un jour férié ou le 1er mai (coefficient 120, salaire horaire de 12,42 € brut) :
• Jour férié ordinaire, vous choisissez l'argent : 12,42 € (l'heure de travail normale) + 12,42 € (l'indemnité de l'article 9.05) = 24,84 € brut pour 1 heure.
• Jour férié ordinaire, vous choisissez le repos : vous touchez l'heure de travail normale (12,42 €) et vous récupérez 1 heure de repos dans le mois suivant, sans perte de salaire. Vous n'avez pas l'indemnité en argent.
• 1er mai : 12,42 € (l'heure de travail normale) + 12,42 € (l'indemnité de l'article L. 3133-6) = 24,84 € brut pour 1 heure. Pas de repos à la place : l'indemnité est payée.
• Sur une vacation de 8 heures un 1er mai : 8 × 24,84 € = 198,72 € brut, au lieu de 99,36 € un jour normal.
• La différence entre les deux : un jour férié ordinaire, le choix entre l'argent et le repos appartient au salarié. Le 1er mai, il n'y a pas de choix : c'est l'argent.
• Le délai pour récupérer : le repos doit être pris dans le mois suivant le jour férié travaillé. L'employeur ne peut donc pas vous répondre « vous récupérerez quand j'aurai le temps ».
• Le texte ne précise pas ce qui se passe si l'employeur ne vous donne pas ce repos dans le mois.
Dans ce cas, demandez par écrit soit une date de repos, soit le paiement de l'indemnité.
• Si votre taux horaire réel est plus élevé que le minimum, l'indemnité suit votre salaire.
Vérifiez votre bulletin ligne par ligne : chaque majoration et chaque indemnité doit apparaître.
Pour la nuit et le dimanche, la base de calcul est le taux minimum conventionnel, pas votre taux habituel.
Un jour férié ou un 1er mai travaillé sans indemnité, ni repos : demandez pourquoi, par écrit.
4. Vacation minimale de 6 heures depuis le 1er juillet 2026
Depuis le 1er juillet 2026, une période de travail ne peut plus être planifiée ni payée moins de 6 heures (avant : 4 heures).
Cela concerne les agents d'exploitation et de maîtrise des sociétés de sécurité privée, à temps complet comme à temps partiel.
Coupures : si la coupure non payée entre deux services ne dépasse pas 2 heures, c'est une seule période.
Exemple 1 : coupure de 2 heures maximum, peu de travail
Un agent travaille de 8h à 9h, puis de 10h30 à 11h30.
Il a travaillé effectivement 2 heures.
Il sera payé 6 heures (de 8h à 14h).
Exemple 2 : coupure de 2 heures maximum, plus de 6 heures de travail
Un agent travaille de 8h à 12h, puis de 13h à 17h.
Il a travaillé effectivement 8 heures.
Il sera payé 8 heures, et il a droit au panier.
Exemple 3 : coupure de plus de 2 heures
Un agent travaille de 8h à 10h, puis de 13h à 17h.
Il a travaillé effectivement 6 heures.
Il sera payé 9 heures (de 8h à 17h), et il a droit au panier.
À retenir : jusqu'à 2 heures de coupure, le patron paie le temps travaillé, avec un minimum de 6 heures.
Au-delà de 2 heures de coupure, il paie toute la journée, du début du premier service à la fin du dernier.
À retenir : jusqu'à 2 heures de coupure, la coupure n'est pas payée. Au-delà de 2 heures, toute la coupure est payée.
Exclus : astreintes, sûreté aéroportuaire, vacations courtes dues à un temps partiel thérapeutique, formations, réunions, visites médicales, heures de délégation et entretiens.
Panier : dû dès 6 heures de travail effectif réellement faites, continues ou non.
Un accord d'entreprise peut y déroger : lisez le vôtre.
5. Durée Maximale du travail ,12h00 et pas une minute de plus !
La durée maximale d'une vacation est de 12 heures.
Le Code du travail fixe la durée quotidienne maximale à 10 heures.
La convention collective de la sécurité privée la porte à 12 heures pour les services comportant une présence vigilante : c'est la limite.
Au-delà de 12h00, il faut l'autorisation de l'inspecteur du travail, (ou, en urgence, une régularisation immédiate auprès de lui), et c'est à l'employeur d'en apporter la preuve.
6. Repos quotidien, 11H00 Mini ,
• Repos quotidien obligatoire : 11 heures consécutives minimum entre deux vacations (article L. 3131-1 du Code du travail).
5. Les primes et indemnités (montants 2026)
• Panier : 4,48 € par vacation (annexe IV, article 6), à partir de 6 heures continues de vacation. Ce montant correspond à celui de 2025 (4,36 €) revalorisé de 2,8 %.
• Entretien des tenues : 8,78 € nets par mois (8,54 € en 2025), versés 11 mois sur 12 (accord du 31 août 2018), au prorata pour un temps partiel.
• Cynophile : indemnité d'amortissement et d'entretien du chien de 1,41 € par heure de travail effectif de l'équipe homme-chien.
Ces montants sont revalorisés régulièrement : comparez-les à l'avenant en vigueur.
6. Maladie, accident, prévoyance et santé
• Maintien de salaire conventionnel en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale.
Le montant et la durée dépendent de votre catégorie et de votre ancienneté : annexe IV, article 8 (agents d'exploitation, employés administratifs, techniciens) ; annexe V, article 7 (agents de maîtrise) ; annexe VI, article 8 (cadres).
• Le salaire pris en compte est celui que vous auriez perçu si vous aviez travaillé, hors primes et indemnités de remboursement de frais.
Les prestations de la Sécurité sociale et de la prévoyance sont déduites du complément de l'employeur.
• Le barème (pourcentage et durée selon l'ancienneté) est dans l'article de votre annexe : lisez-le sur Légifrance avant de calculer ce qui vous est dû.
• Prévoyance de branche : si vous n'avez pas l'ancienneté requise dans l'entreprise mais que vous avez cumulé l'ancienneté professionnelle définie à l'article 14.2, la garantie intervient à partir du 31e jour d'arrêt continu. Si l'arrêt atteint 40 jours, elle est versée rétroactivement à compter du 11e jour.
• Complémentaire santé collective obligatoire (accord de branche du 3 juin 2013). L'employeur en finance au minimum 50 %.
Envoyez votre arrêt de travail dans les 48 heures. Un retard peut vous coûter votre complément de salaire.
7. Le client change de société : la reprise du personnel
Dans la sécurité privée, la perte d'un marché au profit d'un concurrent n'entraîne pas automatiquement le transfert de votre contrat au titre du Code du travail.
C'est l'avenant du 28 janvier 2011 qui vous protège.
• L'entreprise entrante doit reprendre 100 % des salariés transférables ayant 4 ans d'ancienneté contractuelle ou plus, et 85 % des autres, arrondis à l'unité inférieure (article 2.3.2). En sûreté aérienne et aéroportuaire, c'est 100 % (article 2.3.3).
• La reprise se fait dans les mêmes conditions de salaire, de coefficient et d'ancienneté.
• Pour être « transférable » (article 2.2), il faut notamment : avoir plus de 50 % de son temps de travail sur le site sortant et au moins 900 heures de vacation sur les 9 derniers mois (au prorata pour un temps partiel) ; détenir la carte professionnelle ou le récépissé de demande ; être en CDI (ou en CDD de remplacement d'un salarié transférable) ; ne pas être en préavis ; ne pas avoir été déclaré inapte au poste ; être à jour des formations réglementaires.
• Des sites indiquent encore « 13 mois » : c'était une règle temporaire, qui a pris fin le 30 avril 2021. Conservez vos bulletins de paie et vos plannings.
8. Congés
• 30 jours ouvrables par an (2,5 jours par mois de travail effectif).
• La période de prise des congés est étendue à 12 mois : vous avez toute l'année suivant la période de référence pour les poser.
• Agents de maîtrise : 2 jours supplémentaires dès 5 ans d'ancienneté, 3 jours dès 8 ans, 4 jours dès 12 ans.
• Cadres : 2 jours supplémentaires dès 3 ans, 3 jours dès 5 ans, 4 jours dès 8 ans (ancienneté appréciée au 1er juin de l'année des congés).
• Les agents d'exploitation n'ont pas de jours supplémentaires d'ancienneté prévus par la convention.
• Événements familiaux (mariage, naissance, décès…) : congés rémunérés, sans condition d'ancienneté, sur justificatif.
9. Ce que la convention ne vous donne pas
• Pas d'indemnité de licenciement conventionnelle : c'est l'indemnité légale qui s'applique. Méfiez-vous des sites qui annoncent un barème plus favorable.
• Départ à la retraite : une indemnité est prévue par les annexes de la convention, selon votre catégorie et votre ancienneté. Consultez le barème exact avant tout départ.
10. Votre check-list bulletin de paie
• « IDCC 1351 » est-il bien mentionné ?
• Niveau, échelon et coefficient sont-ils corrects ?
• Votre salaire de base est-il au moins égal au minimum de la grille en vigueur ?
• La prime d'ancienneté apparaît-elle, au bon taux ?
• Les heures de nuit, de dimanche et de jours fériés sont-elles majorées ?
• Le panier et l'entretien des tenues sont-ils versés ?
• Depuis le 1er juillet 2026, aucune vacation n'est-elle payée moins de 6 heures ?
11. Comment agir si un droit n'est pas respecté
• Demandez par écrit la régularisation (e-mail, puis courrier recommandé avec accusé de réception), en citant l'article de la convention et en joignant vos bulletins de paie.
• Faites-vous aider : représentants du personnel, défenseur syndical, inspection du travail.
• Saisissez le conseil de prud'hommes si nécessaire. Les rappels de salaire peuvent être réclamés sur les 3 dernières années (article L. 3245-1 du Code du travail).
N'attendez pas : plus vous laissez passer de temps, plus vous perdez de mois de rappel de salaire.
Sources officielles
• Légifrance : convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité du 15 février 1985 (IDCC 1351), notamment les articles 7.01 (nuit et dimanche), 9.03 (prime d'ancienneté) et 9.05 (jours fériés), les annexes IV (dont l'article 6 sur le panier et l'article 8 sur la maladie), V, VI et VIII, l'accord du 29 octobre 2003 (dimanche), l'accord du 31 août 2018 (tenues), l'avenant du 28 janvier 2011 (reprise du personnel, articles 2.2, 2.3.2 et 2.3.3) et l'accord salarial du 25 septembre 2023.
• Code du travail : articles L. 3131-1 (repos quotidien de 11 heures), L. 3133-6 (1er mai) et L. 3245-1 (prescription des salaires).
• Journal officiel : arrêté du 20 décembre 2023 (extension de l'accord salarial) ; arrêté du 27 mai 2026 publié au JO du 5 juin 2026 (vacation minimale de 6 heures).
• Code du travail numérique (code.travail.gouv.fr) : fiches « Entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351) ».
Avertissement
Cette fiche est une information générale à but pédagogique. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les montants et les règles évoluent : vérifiez toujours la version en vigueur sur Légifrance. Votre contrat de travail ou un accord d'entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables. En cas de litige, faites-vous accompagner par un professionnel du droit ou par un défenseur syndical.