J10 : Mardi 19 septembre 2023
La météo est toujours incertaine aujourd’hui avec des possibilités de pluie en cours de journée. C’est pour cette raison que nous préférons programmer une randonnée pas trop longue et pas trop lointaine, le but étant de revenir à la villa pour la pause méridienne avant de décider de la suite à donner à la journée.
J’ai déjà en tête le parcours qui pourrait convenir. Au-dessus de la petite ville d’Alaró, au sommet d’une falaise couverte de pins et de chênes verts, se dressent les ruines d’une forteresse médiévale. La randonnée du Castell d’Alaró peut s’envisager de trois façons : soit depuis le col d’Orient (3 heures de marche), soit depuis le centre d’Alaró (5 heures), soit depuis le restaurant Es Verger situé en périphérie (moins de 2 heures). C’est vite vu, ce sera la troisième solution. Il faut néanmoins avoir en tête que pour accéder au restaurant en question il faut emprunter une mauvaise route de montagne de quatre kilomètres, étroite et un peu défoncée, où il est parfois difficile de se croiser, tout particulièrement le week-end quand il y a du monde. En effet, cette grosse auberge rustique est une véritable institution très prisée des insulaires pour ses spécialités cuites au feu de bois.
En revanche, pas de problème un mardi. Nous n’avons croisé personne et sommes arrivés à bon port vers 8 h 45 malgré l’état de la chaussée.
Un premier arrêt s’impose avant même d’arriver au parking du restaurant, dans l’un des derniers virages de la route, afin de nous faire une idée d’ensemble du paysage que nous allons traverser.
Cherchez les bâtiments et les ruines sur le haut de la falaise !
Une fois garés, nous revenons un peu sur nos pas, sur la route que nous venons d’emprunter, sur environ 500 mètres, avant de trouver un panneau indiquant la direction du Castell par le GR221. Avant la montée, nous apprécions déjà une première vue sur une partie de la ville d’Alaró et sur les nombreuses collines ponctuant la plaine centrale.
Depuis ce point, l’ancien sentier muletier partiellement pavé part à l’assaut de la falaise, en lacets serrés, franchissant des terrasses d’oliviers sauvages et un versant peuplé d’yeuses.
Au bord du chemin, romarin et bruyères ajoutent une touche colorée à tout cet océan vert.
Au bout d’une quarantaine de minutes, nous atteignons le sommet, immédiatement récompensés par une vue plongeante spectaculaire sur le restaurant Es Verger en contrebas (nous pourrions presque distinguer notre voiture) et les versants boisés qui l’encadrent.
Cherchez le restaurant, le parking et notre voiture 😉
De la forteresse datant des Xe - XIVe siècles ne subsistent que le porche d’accès et quelques murs.
Pourtant, le fort a longtemps été considéré comme imprenable et sa défense est intimement liée à celle du Royaume de Majorque. Après avoir résisté longtemps d’abord aux Maures puis aux Aragonais, le Castell d’Alaró a été anéanti en 1349 au cours de la destruction définitive du Royaume de Majorque par l’un des rois d’Aragon. Il est progressivement laissé à l’abandon bien qu’il ait servi de garnison militaire jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.
Aujourd’hui encore, on est impressionné par son incroyable position en nid d’aigle, prenant appui sur la falaise et dominant la campagne environnante à 750 mètres d’altitude.
Une impression encore renforcée quand notre regard se dirige vers l’Ouest et les sommets les plus prestigieux de la Serra de Tramuntana. Au centre, le Puig Major, point culminant de l’île et des Baléares avec ses 1446 mètres, est reconnaissable à la boule de son radar au sommet. A l’extrême droite, le Puig Massanella, 1364 m, est le deuxième sommet le plus élevé. Waouh, quelle vue époustouflante !
Cherchez la « boule » au sommet du Puig Major !
Le retour se fait par une variante. Depuis l’intersection au pied du Castell, nous nous dirigeons vers le nord jusqu’à Pla des Pouet (alt.685 m) avant de suivre le chemin carrossable nous ramenant au restaurant Es Verger. Nous avons de cette façon réalisé une jolie boucle à partir de l’auberge. La durée comme prévu a été inférieure à deux heures pour un rapport qualité/effort excellent. Bref, une balade facile pour des panoramas remarquables.
Nous rentrons ensuite à la villa pour déjeuner et comme il ne pleut (toujours) pas, une nouvelle sortie est organisée dès le tout début d’après-midi.
Direction la presqu’île d’Alcúdia où un petit bout d’un grand tour à pied (décrit par le guide Rother) a retenu mon attention. Depuis l’aire de pique-nique du Coll de Baix un sentier dessert la plage du même nom que l’on décrit comme une plage de rêve, loin des sentiers battus, uniquement accessible à pied (éventuellement en bateau). Hum, ça nous dit bien ! 😊
Pour atteindre ce lieu retiré, il faut prendre dans le centre d’Alcúdia la Carrer de la Muntanya en direction du col Baix. La route étroite, d’abord bitumée, devient une piste carrossable avant de se dégrader nettement après l’intersection desservant la fondation MSBB. Un premier parking est disponible à cet endroit mais il est à plus de deux kilomètres du col Baix. Nous tentons de nous rapprocher autant que possible du collet sans prendre de risque pour notre Yaris. Finalement, comme d’autres automobilistes, nous nous arrêtons à mi-distance. Nous suivons alors la piste à pied, dépassons le dernier parking avant de grimper en direction du col, du refuge et de l’aire de pique-nique qui l’occupent. Altitude : 128 mètres.
Peu après, le bleu turquoise de la mer commence à se dévoiler à travers un rideau de pins, laissant deviner que la plage n’est pas aussi proche que nous l’avions imaginé. Pourtant un panneau indique que nous sommes sur la bonne voie, presque à la verticale de la plage, bénéficiant au passage d’une vue plongeante sur le croissant de sable. Nous avons hâte d’y être !
Cependant, pour atteindre ce lieu de rêve, il faut encore suivre vers l’est un sentier forestier plat, bien battu mais fortement raviné, bordé par endroits d’une rambarde. Au bout de 400 mètres environ, le sentier plonge plus franchement vers le bord de mer en une série de zigzags. Il est recommandé de ne pas prendre de raccourcis en raison de l’intense érosion de la pente mais de rester sur l’itinéraire principal marqué de points bleus. Il semblerait qu’on s’approche enfin des lieux.
Pas encore ! A environ 50 mètres au-dessus de la mer, le sentier décrit un coude serré sur la gauche. La plage est visible au fond de la baie, mais par où allons-nous devoir passer ?
Par où allons-nous devoir passer ?
A cet instant, nous nous remémorons la fin de la description du guide Rother qui précise, qu’après le coude serré sur la gauche, « vous finissez par rejoindre la Platja en grimpant au milieu de rochers peu praticables ».
Pour nous, l’aventure s’arrête ici. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, beaucoup hésitent avant de rebrousser chemin ! Nous ne nous voyons pas franchir cette masse de rochers rugueux et glissants où il faut par endroits s’aider des mains, d’autant qu’il y a du monde, que nous ne sommes pas chaussés en conséquence (sandales), que la mer commence à être agitée et qu’en plus il se met à pleuvoir légèrement.
Nous arrivons juste à temps à la voiture avant que la pluie ne s’intensifie ! Nous avons par conséquent bien fait de ne pas insister et de rebrousser chemin au bon moment, ouf ! Nous avions l’intention de nous arrêter à Alcúdia mais dans ces circonstances (pluie +++) ce sera pour une autre fois. Retour direct à Inca à l’issue d’une journée malgré tout bien remplie !