J’ai évoqué précédemment cette particularité propre à Selous de compter de nombreuses étendues d’eau où il y a toujours quelque chose à observer. Alors c’est tout naturellement vers ces plans d’eau que notre guide nous emmène régulièrement et prioritairement. Alors ? Qu’y a-t-il de remarquable ?
A première vue, on ne voit rien, ou si peu, à la surface de l’eau. Pourtant, il est bien là, le crocodile, bien planqué sous la surface.
Attention, le voilà qui s’approche de la berge et il peut même s’en éloigner beaucoup pour se procurer son casse-croûte !
Il partage avec le crocodile le plaisir du bain et parfois on pourrait le confondre avec un rocher affleurant. Vous voyez de qui il s’agit ? Gagné, c’est bien l’hippopotame !
Ces gros mammifères herbivores vivent en groupe et se partagent une portion de lac ou de rivière. A priori, ils ont l’air calmes et placides, passant leur temps à patauger dans l’eau, à bailler et à brouter la nuit. Mais méfions-nous de l’eau qui dort car, quand il s’agit de défendre son territoire ou de mettre en cause l’autorité du chef, les combats entre mâles peuvent être violents, comme l’attestent les profondes cicatrices visibles sur leurs flancs.
Menaçant !
C’est également au bord des lacs que viennent s’abreuver bon nombre d’autres animaux. Ce moment est toujours stressant pour eux, car ils y sont vulnérables et par conséquent jamais vraiment tranquilles, comme ce groupe de buffles, sursautant à l’arrêt du moteur de notre 4 x 4.
Ils se dépêchent de prendre le large, d’autant qu’ils ont, au sein de leur troupeau, un jeune bufflon, à protéger.
S’ils n’y prenaient garde, le petit pourrait terminer entre les mâchoires d’une hyène comme ici…
Trop mangé ?
Un festin qui attire également une foule d'opportunistes !
Quand il y a danger, il vaut mieux filer, surtout quand on a des petits à mettre à l’abri, à l’image de ces phacochères.
Sauve qui peut !
Bébé phaco, sous bonne garde !
Nous ne quittons pas encore la berge du lac car c’est aussi l’endroit idéal pour observer une avifaune très variée qui trouve sa subsistance dans ce milieu. Chacun a sa technique de pêche.
Spatule africaine et aigrette
Ouettes d’Egypte
Grande aigrette et ibis
Vanneau à tête blanche
Héron goliath
L’aigrette ardoisée fait preuve d’une technique et d’une ingéniosité toute particulière, elle pratique la pêche à l’ombrelle.
Pour finir, en levant la tête vers la cime des arbres, le rollier à longs brins, aux couleurs chatoyantes, mérite incontestablement qu’on lui tire le portrait avant de nous éclipser.