📆 2 octobre 9h-12h 🧭Bois Guillaume
Parce que la transition écologique ne peut se faire sans transition économique, cette Fresque permet de comprendre pour agir. Elle s’adresse directement aux principaux acteurs économiques d’un territoire : dirigeant-es, salariés, élu-es, chargé-es de mission…
Ce matin, les membres du Club Inné se sont retrouvés à Bois-Guillaume pour une session collective et introspective autour de la Fresque de la Transition Économique (FTE). Cet atelier vise à mieux comprendre les modèles économiques actuels et à identifier les dynamiques à l'oeuvre, dans le déjà-là pour aller vers des démarches plus durables et résilientes.
L'objectif de la matinée était de se pencher sur l'un des six registres fondamentaux d'un modèle économique : la Valeur (Proposition de Valeur). Les échanges, riches et sincères, ont permis de mettre en lumière les tensions, les attentes et les pistes d'action concrètes pour avancer collectivement.
À l'instar de la Fresque du Climat, la FTE est un outil pédagogique et ludique qui permet, en mobilisant des cartes et un processus d'animation structuré, de comprendre les leviers et les freins de la transformation économique. Elle invite les participants à sortir de leur posture d'expert* pour se concentrer sur leurs expériences quotidiennes professionnelles et personnelles. L'enjeu n'est pas l'atteinte d'une solution opérationnelle immédiate, mais bien l'enrichissement mutuel, le partage de pratiques et la prise de conscience : quels sont nos croyances ? où y-a-t-il de la ressource ?.
"Nous sommes tous dans l'économie", rappelait Amélie Colombel, animatrice de la fresque (et accompagnatrice EFC)
L'atelier a rapidement mis en évidence des dilemmes centraux dans la construction d'une nouvelle proposition de valeur :
La discussion a opposé le modèle classique de Marketing (orientant et entretenant la logique de consommation) à celui de la Co-conception de solutions. Si l'intégration des parties prenantes (habitants, usagers, entreprises) dans la construction est largement souhaitée, sa mise en œuvre se heurte au facteur temps et aux impératifs de rapidité des entreprises.
Le défi de la Commune : M. Philippe-Emmanuel Caillé, chargé de la transition écologique et énergétique à Bois-Guillaume, a souligné l'engagement de la ville sur l'innovation (notamment avec l'ADEME sur TETE et le projet de Communauté d'Énergie). Cependant, il a fait part des difficultés à "embarquer" les entreprises et des "rejets" de la population sur certains sujets, confirmant la nécessité d'associer usagers et acteurs économiques.
La voie des "domaines de pointe" et du systémique : Il a été noté que la co-conception fonctionne mieux dans les domaines à forte expertise ou "de pointe". De manière générale, le groupe a pointé la nécessité d'évoluer vers un modèle systémique où le sujet temps est central et son évaluation est une problématique en soi.
Le débat s'est intensifié sur les modes de pensée qui structurent la notion de valeur : est-elle dans le prix (logique standardisation/prédictive) ou dans les effets utiles (logique d'usage) ?
Le pouvoir des croyances : La valeur de la marque reste puissante, s'inscrivant dans un modèle de croyances fort. Le prix, en tant que repère prédictif et standardisé, est une "facilité" que l'on privilégie, laissant les alternatives "mises de côté".
Le Partenariat : L'émergence du concept de "lifetime customer" a été vue comme une direction prometteuse, transformant le client en partenaire de l’entreprise. Cela repose sur la confiance et le temps long, reconnaissant que le coût d'acquisition d'un nouveau client est souvent supérieur à celui de la fidélisation. C'est le passage d'une transaction à une volonté de créer de la valeur ensemble.
La photo de la restitution illustre l'importance du "partage du risque" et du "partage de l’intention" (visibles sur la partie centrale). Il a été conclu que ce partage nécessite un espace de régulation et doit être intégré dès le contrat initial pour être efficace. C'est l'essence même de l'engagement dans une transition : être capable de rebond et de résilience face à l'instabilité (comme l'indiquent les notes manuscrites : "mieux vaut l'instabilité de l'instable" et "capacité de rebond / résilience").
En conclusion, si la vaste étendue du sujet a pu générer une certaine frustration chez certains participants, le sentiment général fut celui de l'enrichissement mutuel et de l’optimisme.
Deux mots-clés ont marqué la fin de l’atelier : détermination et patience. La transition est jugée "possible parce que c’est déjà là", mais nécessite de constamment provoquer les opportunités d’échange et de discussion pour "amener à prendre conscience" et éviter l’"entre soi".
La tâche est difficile, mais c'est précisément ce qui la rend plus motivante.
Contactez le Club Inné : contact.efcinnenormandie@gmail.com