XVIIIe siècle
Structure: Halle échelonnée
Style: Classique
Présentation
L’abbaye des Prémontrés de Jovilliers fut fondée en 1142 par les chanoines réguliers qui reçurent en donation terre et église abbatiale placée sous le vocable de Saint-Pierre-et-Saint-Paul. La nef de l’église et une partie du couvent furent brûlées par les huguenots en 1592, puis les dégradations des gens de guerre et le retour des huguenots en 1611, réduisirent à néant les efforts de restauration jusqu'à la reconstruction de l’abbaye au XVIIIe siècle. En 1731, le dernier abbé régulier, Claude Collin, soutenu par les prémontrés de Pont-à-Mousson et de Jeand’Heurs, mène à bien la reconstruction jusqu’à sa mort en 1743. À la Révolution, monastère et biens furent vendus en lots, transformés en exploitations agricoles, destination qui est toujours celle d’aujourd’hui.
Le façade harmonique est dotée de deux larges tours composées de deux niveaux de style classique ayant chacun un alignement de pilastres. La majorité de ces derniers ont des ébauches de chapiteaux dont l'ornementation ne fut pas réalisée, sauf autour du grand portail où 4 pilastres d'ordre corinthien ont été achevés. Un fronton triangulaire couronne une section centrale en hémicycle dont l'entrée principale comporte également un fronton, mais circulaire. Fenestrages en plein-cintre, niches vides de statues et oculus caractérisent la façade.
Empreinte de la nef halle échelonnée
La nef halle détruite a laissé une empreinte remarquable sur la partie arrière de la façade notamment la toiture à deux pans. Passages sous les combles, départs des voûtes de la structure halle et tribune de l'orgue évoquent cet ensemble disparu.
Empreinte de la nef centrale
D'après les vestiges la nef centrale serait des voûtes d'arêtes de 12,35 mètres de haut composées de colonnes d'ordre ionique. On peut le déterminer par les pilastres avec leur chapiteaux ioniques ainsi que le départ des arcs doubleaux et des voûtes d'arêtes qui sont une réplique murale de la structure halle échelonnée.
Empreinte des deux collatéraux
Les empreintes des voûtes d'arêtes des collatéraux d'à peine 75 cm moins haut que celui de la nef centrale révèlent une silhouette unique pour une église halle classique au niveau régional. La forme générée par les voûtes afin d'obtenir l'égalité d'hauteur avec la nef principale est l'étirement du plein cintre en ellipse que l'on nomme arc surhaussé.
Bases de pilastres
Les bases des pilastres suivent le style classique par la composition des moulures ayant des cavets renversés, piédouches, réglets et tores. Tous identiques sur les vestiges de l'abbatiale, ceux ci peuvent nous renseigner sur l'aspect des bases de colonnes de la nef halle disparue.
Chapiteaux de pilastres
Tout comme les bases des pilastres, les chapiteaux d'ordre ionique avec leurs uniques volutes qui les distinguent de ceux de la façade d'ordre corinthien peuvent indiquer la nature des chapiteaux de la nef halle détruite.
Voûtes
Les voûtes d'arêtes en pierre de taille du cloitre révèlent également la composition de l'abbatiale aujourd'hui disparue.
Configuration de la halle
Vaisseaux: 3
Travées: 5
Avec transept
Chevet à 5 pans
Voûtes d'arêtes
Colonnes avec chapiteaux d'ordre ionique
Bases de colonnes normées
Marques lapidaires: Graffitis, extérieur et intérieur
Dimensions de la halle
Élément remarquable
Remarque
Le vestige de l'abbatiale permet d'observer une coupe en grandeur nature d'une église-halle. Un cas unique qui est hors du commun!