Autoformation en outils d’intelligence artificielle générative :
un levier pour guider et optimiser la conception pédagogique
L’article de Naffi et Montufar (2025) s’inscrit dans le mouvement actuel de reconfiguration des pratiques éducatives sous l’effet de l’intelligence artificielle générative (désormais IAg). À travers une expérimentation menée à l’Université Laval, les auteures interrogent la pertinence d’une autoformation guidée, articulant exploration autonome et encadrement réflexif, pour soutenir une appropriation éthique et critique de l’IAg dans la conception pédagogique.
Mobilisant les travaux de Knowles (1975) sur l’apprentissage autodirigé, de Vygotsky (1978) sur la médiation sociale (cf. ZPD) et de Schön (1994) sur la pratique réflexive, l’étude démontre que l’autonomie ne se construit qu’à travers un soutien structuré et des espaces d’échanges entre pairs. Ces interactions contribuent à restaurer la confiance professionnelle ébranlée par la performance technique de l’IAg, tout en réaffirmant la singularité de l’intelligence humaine capable de discernement, d’empathie et de contextualisation (Zouinar, 2020).
Si l’IAg apparaît comme un levier de créativité et d’efficacité, les auteures en soulignent lucidement les limites épistémiques et éthiques : fiabilité incertaine des contenus, biais algorithmiques, risque de dépendance et inégalités d’accès. En ce sens, leur réflexion dépasse la simple dimension instrumentale pour proposer une véritable éthique de la réflexivité numérique, où la technologie devient un partenaire de pensée critique plutôt qu’un substitut cognitif.
L’intérêt de cette contribution tient à sa capacité à penser l’autoformation comme un processus socio-technique régulé, où l’enseignant assume un rôle de médiateur entre autonomie, responsabilité et éthique. Toutefois, l’article invite à repenser la formation à l’IAg non pas comme une adaptation fonctionnelle, mais comme une transformation du rapport au savoir et à la technique, fondée sur la réflexivité, la vigilance et la conscience critique.