Évolution des pratiques en technologie éducative et en formation à distance
Adopter des pratiques inclusives, tant pour les enseignants que pour les apprenants
Dans Évolution des pratiques en technologie éducative et en formation à distance (2020), Isabelle Savard retrace l’itinéraire intellectuel d’un champ en quête d’identité, constamment tiraillé entre individualisation et standardisation, rigueur et flexibilité. Son propos montre que l’ingénierie pédagogique a longtemps oscillé entre fascination technologique et exigence d’une pédagogie cohérente, centrée sur l’apprenant.
L’auteure insiste sur la transformation du rôle de l’étudiant, désormais coconcepteur de son parcours, et sur l’émergence d’une logique de compétences. Le référentiel de la TÉLUQ illustre cette mutation en avançant que le concepteur pédagogique doit assumer de multiples rôles, concepteur, conseiller, gestionnaire, facilitateur, chercheur, et développer des compétences transversales en gestion et en collaboration interprofessionnelle.
La pandémie a agi comme révélateur et accélérateur, contrainte brutale à la formation à distance, elle a fait basculer des enseignants réticents vers des pratiques inédites, souvent bricolées, mais qui ont ouvert un horizon de transformation. Toutefois, l'auteure garde une prudence salutaire : sans bilans rigoureux ni volonté institutionnelle, le « renouvellement incontournable » pourrait rester superficiel.
En conclusion, elle propose trois mots pour la décennie à venir : flexibilité, diversité, collaboration.
Cinq ans plus tard, son intuition apparaît en partie confirmée.
Flexibilité : devenue incontournable, notamment avec l’essor de l’hybridation.
Diversité : les pratiques pédagogiques se sont enrichies (pédagogies actives, intelligence artificielle éducative), mais persistent de fortes disparités d’accès et d’appropriation, rappelant que la diversité proclamée n’est pas toujours synonyme d’inclusion.
Collaboration : elle a progressé, surtout via l’interdisciplinarité et le travail en communautés de pratique, mais demeure fragile face à la tendance des institutions à cloisonner et à standardiser.
En somme, la chercheure avait vu juste dans les tendances, mais la réalité démontre que ces promesses sont inégalement tenues : la flexibilité s’impose, la diversité s’expérimente, et la collaboration reste une aspiration plus qu’une norme. Le défi est désormais de transformer ces principes en cultures durables (sic), au-delà des effets de conjoncture.