Numérique en formation : des mythes aux approches critiques
L’article de Fluckiger, Numérique en formation : des mythes aux approches critiques, 2019, pose la question du comment expliquer la persistance des discours technocentrés sur le numérique éducatif, malgré l’absence de preuves empiriques solides ? L’auteur identifie trois mythes, l’existence d’un « numérique » homogène, ses prétendus effets mesurables et son pouvoir de transformation de l’école, qui fonctionnent comme une rhétorique politique et marchande plus que comme des vérités scientifiques.
Ces mythes se maintiennent par la convergence d’intérêts (politiques, industriels, ingénieurs) et par une demande sociale d’expertise qui enferme la recherche dans la question réductrice de « l’efficacité » (Cf. Albero & Thibault, 2009). À rebours, l'auteur appelle à une posture critique assumée, qui rappelle, à la suite de Stiegler, que le numérique est à la fois promesse d’émancipation et risque de prolétarisation cognitive (Cf. Stiegler, 2010).
Dès lors, la véritable question n’est pas de savoir si « le numérique marche », mais de déterminer quelles valeurs éducatives il sert et quels rapports de pouvoir ses usages reconduisent ou transforment.