J8 : Dimanche 15 septembre 2019
Nous quittons notre villa gomérienne alors qu'il fait encore nuit. Par delà l'océan, le jour commence tout doucement à se lever, entourant Ténérife et son volcan d'un halo orangé.
Comme à l'aller, le ferry de la compagnie Naviera Armas assure notre transfert vers l'île voisine, accompagné à l'entrée dans le port de Los Cristianos par un groupe de dauphins. Très bonnes conditions de traversée, malgré un retard de presque une heure sur l'horaire prévu.
La maison que nous avons louée (sur la côte nord de Ténérife) n'étant à notre disposition qu'en milieu d'après-midi nous bénéficions d'une grosse demi-journée pour commencer à appréhender l'île.
Quelques généralités :
D'origine volcanique comme toutes les îles des Canaries, Ténérife surpasse de loin toutes ses voisines en surface (2057 km2) et en altitude (3718 mètres). Elle présente un paysage très varié : sec et désertique au sud, humide au nord et richement boisé sur les mi-hauteurs jusqu'à la région de haute montagne située autour du volcan. Le cœur de l'île est le Pico del Teide avec son imposante caldera de près de 16 kilomètres de diamètre.
Paradoxalement, des stations balnéaires très urbanisées et quelques grandes villes côtoient des régions restées très naturelles et très sauvages.
C'est ce que nous sommes venus constater.
C'est pourquoi, après avoir récupéré une Seat Leon auprès du loueur Cicar, nous décidons de consacrer cette première journée au sud de l'île, n'ayant pas prévu d'y revenir par la suite. Justement, en retrait des stations balnéaires se dresse une montagne emblématique du Sud, le Conde (1001 mètres) depuis lequel on jouit, dixit notre guide, d'une vue splendide sur toute la côte sud-ouest ainsi que la partie sud-ouest de la Caldera et du Teide.
Par conséquent, direction Arona à une dizaine de kilomètres de la côte pour nous lancer immédiatement à l'assaut du Conde. Malheureusement, des coups de feu et les mises en garde de deux randonneuses locales finissent par nous dissuader de poursuivre. En ce dimanche matin c'est chasse aux… perdrix ! Bien que nous ne puissions pas vraiment être confondus avec ce type de volatiles, les conditions ne nous paraissent pas réunies pour randonner en toute sérénité.
Mais pas question de renoncer à toute idée de randonnée. Il faut simplement changer notre fusil d'épaule (!) et reprendre en voiture la direction de Güimar, plus précisément de Puertito de Güimar, sur la côte Est où j'ai déjà ma petite idée.
Nous voilà donc embarqués sur l'autoroute longeant une suite de zones portuaires et industrielles, de champs d'éoliennes, dans un trafic intense dont nous avions perdu l'habitude. Ça nous change de l'ambiance paisible de La Gomera !
Heureusement, à destination, le dépaysement nous attend.
En effet, le Malpais de Güimar est une réserve naturelle spéciale, un immense champ de lave résultant de l'éruption il y a 10 000 ans du volcan Montaña Grande et s'étendant du pied de la montagne jusqu'à la mer.
Dans cet univers sombre et hostile, les cactus candélabres ont trouvé un terrain particulièrement favorable à leur épanouissement.
Quand le sentier rejoint puis longe l'océan, nous découvrons toute une série de formations sculptées par la lave : tunnels, coulées, boursouflures et arches rocheuses. En dépit du relief acéré de la côte, de nombreux baigneurs ont investi les moindres recoins en ce dimanche.
De là, dos à la mer, le regard peut porter par dessus l'étendue de lave jusqu'au cône volcanique de 300 mètres de haut de la Montaña Grande à l'origine de tout ce chaos.
Cette agréable balade côtière au sein d'un étonnant paysage volcanique se termine dans le petit port de Güimar où il est temps de mettre les pieds sous la table pour un solide déjeuner en terrasse sur la place centrale animée par un groupe de danseurs de tango.
Pour résumer, nous avons mis deux heures pour effectuer cette randonnée de 7 kilomètres et 150 mètres de dénivelé, répertoriée dans le guide Rother Ténérife sous le numéro 11.
Puis c'est l'heure de rejoindre notre lieu d'hébergement à El Sauzal sur la côte Nord de l'île.
Avec cette grande villa dans un quartier résidentiel, équipée d'une piscine privée (cette fois uniquement pour nous), nous sommes à nouveau bien tombés…
… sans parler de la vue sur le prestigieux cône du Pico del Teide, sur l'étage boisé à ses pieds, et sur toutes les habitations dégringolant depuis La Orotava jusqu'à Puerto de la Cruz, l'une des plus anciennes stations balnéaires de l'île.
Le volcan figure bien sûr à notre programme des prochains jours. Pour le moment, nous prenons plaisir à le contempler de loin avant de nous extasier devant l'éclairage subtil distillé par le soleil couchant.
Distance parcourue dans la journée (en voiture) : 135 kilomètres.