Ce site est une invitation à la balade photographique dans Canet-en-Roussillon (Canet de Rosselló en Catalan).
L'inquiétude... par Catherine Sirol présidente de A.P.V.Z.H 66
"Oui, l'étang de Canet était un bel étang, un étang respecté, au bord duquel on se taisait, on observait et on rêvait."
1954 : Les aménagements touristiques sont prioritaires.
On envisage la création d'un "port d'abri" pour les bateaux de mer au droit de Saint Nazaire, il faut aussi de l'espace pour les immeubles, pour les routes et les parkings... Il faut assécher les contours de l'étang de Canet.
Ce n'est plus de l'eau qui doit y couler, c'est du béton.
Il faut donc y rendre prisonniers les alluvions charriés par les rivières d'amont. il faut donc empêcher que l'étang se "vide" dans la mer.
En 1974, et à seul fin de faire échec au mouvement naturel d'ouverture et de fermeture du "Grau", on créée une digue de blocs de granit, perpendiculaire à la tramontane, au Sud de Canet pour contrarier le courant provoqué par la tramontane qui, seul, permettait de chasser dans la mer les limons et alluvions excédentaires qui allaient "nourrir" les plages Nord de saint Cyprien;
autre conséquence : un banc de sable au large de la côte sur plusieurs kilomètres, au droit de la plage, qui perturbe le trafic des bateaux de pêche en mer.
Pour protéger l'étang, les riverains décident de le confier au Conservatoire du Littoral dont la vocation prioritaire est d'intervenir sur les grandes zones humides menacées par l'homme.
Les riverains vendent.
Entre mars 1978 et décembre 1982, le Conservatoire du Littoral est devenu propriétaire de 894 hectares de l'étang de Canet, dont 450 ha cédés à prix modiques par le domaine de l'Esparrou.
De nouvelles constructions y sont désormais impossibles, mais en 1989, il est créé un "parcours de santé" : le piétinement de 15 à 20 000 personnes par an détruit la flore, cause la disparition de la végétation qui fixait les dunes, tandis que le sable, prisonnier des vannes, achève de combler le chenal du grau.
En 1990, alors que le fonctionnement naturel du "grau" a fait ses preuves des siècles durant, il lui est substitué des vannes mécaniques de 15 mètres de large. La largeur initiale du Grau était de 100 m; les vannes mise en place ne peuvent, par hypothèse, assurer la purge nécessaire de l'étang; elles vont au contraire favoriser son comblement; elles sont mises en oeuvre sur un mur de béton, ce qui a pour conséquence directe de remonter les limons de 80 cm.
Ce n'est pas suffisant : on rallonge de plusieurs mètres la digue de granit qui contrarie le courant.
Le comblement s'accentue : seuls pourraient désormais s'évacuer vers la mer les limons en suspension, mais ils sont à contre courant.
"Garrotté", l'étang s'asphyxie; passée de 1,80 m à 30 cm de profondeur, voire 2 cm par endroits, les poissons n'y survivent plus.
Il ne se "lave" plus dans la mer, il ne purge plus ses limons, mais la mer passe au dessus des vannes; l'étang se sale; les terres alentour sont salées, stériles.
Le 14 août 1996, pour la première fois, SIX TONNES de poissons morts sont retirés de l'Agouille de la Mar. Récidive en 1999 sur l'étang.
Il se pollue aussi.
Le détournement du canal d'Elne dans l'Agouille de la Mar réalisé en 1995 a pour conséquence le déversement dans l'étang les eaux usées des communes d'amont dépourvues de stations d'épuration, ou pourvues de stations insuffisantes; il amène également des effluents toxiques qui ont eu pour effet de détruire la totalité des herbiers qui faisaient la richesse de l'étang et qui étaient la nourriture des migrateurs.
La faune qu'il ne nourrit plus, notamment l'avifaune migratrice le déserte.
La superficie de l'étang, inchangée pendant plusieurs siècles s'est réduite de 480 hectares...
Enfin, lorsque l'eau monte, elle inonde alentour.
Autrefois, 16 kilomètres de canaux collectaient dans le "Cagarell" toutes les eaux de ruissellements de Canet pour les ramener à l'étang et, de là, à la mer, par le grau ;
Aujourd’hui, l'étang n'absorbe plus ces eaux qui inondent alentour et les efforts pour les contenir dans des bassins de rétention sont vains : l'accumulation de limons compactés a relevé le fond de l'étang de presque 1 m; il est aujourd'hui plus haut que l'agouille...
La destruction de ce plan d'eau par la main de l'homme a des conséquences dramatiques sur sa flore et sa faune, migratoire ou permanente, des conséquences dangereuses pour l'homme au regard des zones inondables qu'elle génère.
L'étang de Canet fait partie des 87 zones humides d'importance majeure pour la France avec le diagnostic de "dégradation significative".
Il n'est pas trop tard pour reconstruire ce qui a été détruit.
Il suffit de rétablir un échange naturel entre l'étang et la mer, en permettant à nouveau la purge régulière de l'étang par vent d'Ouest et en empêchant la mer de rentrer par vent d'Est... Vite!
L'installation de nouvelles vannes plus performantes sur l'étang de Canet par Monique RUDELLE correspondante de l'Indépendant (11/04/2014).
"préserver l'étang de Canet afin de le transmettre aux générations futures"
L'Agglo Perpignan Méditerranée, gestionnaire de l'étang de Canet, site naturel remarquable classé « Natura 2000 », va procéder au remplacement des vannes qui assurent, au cœur du grau des basses, la communication entre la lagune et la mer.
Très « fatigué » après plus de 20 ans de services, l'ancien équipement a, qui plus est, été fortement endommagé lors de la tempête marine de mars 2013.
Six nouvelles vannes, plus petites, mieux adaptées aux contraintes de pression et de salinité vont être posées dans les prochaines semaines. Elles permettront de réguler plus efficacement la hauteur d'eau et les autres paramètres essentiels à la gestion de l'étang de Canet.
Réalisées sur-mesure, dotées d'un joint assurant une parfaite étanchéité, composées d'un inox adapté au milieu marin, les nouvelles vannes seront au nombre de six, contre trois actuellement. Ce doublement va permettre de réduire la pression exercée sur chaque équipement et d'autoriser la manipulation de celles-ci, même lorsqu'une des deux se trouvera ensablée. Les opérations d'ouverture et de fermeture, réalisées ponctuellement selon un protocole précis tenant compte de la période de l'année, des conditions physico-chimiques de l'étang et des circonstances climatiques, se trouveront dès lors très largement facilitées par la pose de ce nouvel équipement.
Au-delà de cette opération spéciale, rendue nécessaire par l'obsolescence de l'ancien dispositif, les travaux d'entretien réguliers du grau, initiés par l'Agglo ces dernières années, seront également poursuivis. Il est en effet nécessaire de procéder régulièrement à un « curage » du chenal afin de dégager le sable qui s'y accumule lors des « coups de mer ».
Ces interventions, tout comme l'investissement de 105.000 euros mobilisé aujourd'hui pour remplacer les vannes font partie intégrante de la gestion de cet espace. Contrôlés par ces dernières, les échanges entre la mer et l'étang doivent en effet s'opérer selon un protocole précis, acté par l'ensemble des acteurs de la lagune lors de son classement en site européen « Natura 2000 ».
Ainsi, la manipulation des vannes est effectuée par les agents-gardes du littoral de l'Agglo en fonction d'un certain nombre de critères, parmi lesquels on trouve en premier lieu le niveau d'eau dans la lagune, mais aussi la salinité, la température, les périodes de migration des poissons ou encore les facteurs météo.
A travers cette action, mais aussi l'entretien et la surveillance du site au quotidien, sa valorisation auprès de tous les publics, la fédération de plusieurs syndicats des eaux autour d'un « contrat d'étang » et toutes les autres initiatives menées depuis 2001, La Communauté d’Agglomération Perpignan Méditerranée assure la gestion de cet espace naturel remarquable depuis cette époque, et s'efforce de préserver l'étang de Canet afin de le transmettre aux générations futures.