L'oiseau derrière le chant
Par : Lucie Prévost et Madeline Boyd
Par : Lucie Prévost et Madeline Boyd
Après un long hiver froid, l’arrivée du printemps amène à nouveau une explosion de vie dans les écosystèmes naturels. Les chants des oiseaux migrateurs, qui sont de retour pour la saison de reproduction, peuvent être entendus dans les arbres lors des randonnées dehors. Mais quelles espèces d’oiseaux sont derrière ces bruits? Découvrons ensemble quelques oiseaux de la région d’Ottawa pour mieux apprécier ces animaux de notre quotidien.
Oiseaux de la région
1 - Quiscale commun
J’ai eu la chance d’observer le quiscale commun, un oiseau à tête colorée et iridescente, appartenant à la famille des merles, près de la rivière Rideau. Cette espèce prospère dans les régions de forêts clairsemées en plaçant ses nids dans les arbres parsemés. Bien qu’ils soient omnivores, leur diète consiste surtout de grains comme le maïs et le riz. Par contre, ils peuvent être observés en train de manger des souris, des grenouilles et même d’autres oiseaux! Les mâles et les femelles ont un chant plutôt rauque qu'ils utilisent afin de communiquer. Durant le printemps, ces oiseaux s'accouplent à l’aide d’une stratégie plutôt intéressante. Une femelle est suivie de plusieurs mâles en volant lentement dans les airs et, en prenant de la vitesse, il y a de moins en moins de mâles qui la suivent. Pour faire la cour, le mâle émet des sons et hérisse ses plumes. En plus, le quiscale ne démontre pas beaucoup de territorialité et c’est pour cela que plusieurs paires peuvent créer leurs nids dans une même région. Ce quiscale est un oiseau plutôt commun mais sa population est en forte baisse. Selon les données enregistrées en Amérique du Nord entre 1966 et 2019, il y a eu une baisse cumulative d’à peu près 54%.
2 - Carouge à épaulettes
Habitant près des sources d’eau, le carouge à épaulettes est un oiseau noir avec une tache rouge de chaque côté de son corps (s’il s’agit d’un mâle). En été, ils se contentent de manger des insectes et peuvent fouiller au pied des plantes aquatiques pour trouver les insectes cachés à l’intérieur. Pendant la plupart de la saison de reproduction, le mâle chante à partir d’un perchoir et gonfle la partie rouge de son plumage pour tenter d'attirer une femelle. Ce sont souvent les mâles plus âgés qui paraissent plus attirants, en raison de leur plumage rouge vif. Ces « épaulettes » ont aussi une fonction d’intimidation puisque les mâles ont la capacité de les rendre plus évidentes pour défendre leur propre terrain, ou bien pour les cacher s’ils empiètent sur le territoire d’un autre. En plus, les milieux marécageux où repose cette espèce sont rares, donc plusieurs femelles sont obligées de créer leurs nids dans le territoire d’un seul mâle. Le nid, qui est placé dans les arbustes, est protégé des prédateurs par les deux sexes. Cette espèce est abondante en Amérique du Nord mais est lentement en déclin.
3 - Chardonneret jaune
Avez-vous déjà aperçu un petit oiseau jaune dans les arbustes de la région? Cela pourrait être le chardonneret jaune qui, comme son nom l’indique, est reconnu pour son plumage jaune vif. Moi-même j’ai pu les observer dans le parc Linda Lane et dans les arbres extérieurs de la forêt Pleasant Park. Ce pinson est très particulier avec son alimentation et ne mange presque jamais d'insectes. Il est plutôt friand de graines (surtout celles de la famille des tournesols) et se nourrit directement des plantes, comparativement au carouge et au quiscale qui se nourrissent au sol. Cette espèce ne forme pas son nid jusqu’à ce que les plantes se transforment en graines en raison de leur dépendance à ceux-ci pour nourrir leurs oisillons. Remarquablement, ils peuvent distinguer les chants de plusieurs individus. Il est aussi intéressant de noter que les chants de deux oiseaux accouplés commencent à se ressembler après qu’ils deviennent partenaires, leur permettant de se reconnaître facilement dans de gros groupes.
Effets des humains
Malheureusement, les humains peuvent avoir un impact négatif sur la biodiversité environnante. D’abord, les réflexions sur les fenêtres durant la journée causent les oiseaux de se heurter aux fenêtres, ce qui peut laisser des blessures physiques incapacitantes ou mortelles. Selon le site web du gouvernement, « Au Canada, les collisions contre les vitres tuent entre 16 et 42 millions d'oiseaux par an ». En plus, dans les villes, les nombreuses lumières qui proviennent des maisons, désorientent les oiseaux durant la migration. Ils deviennent confus et peuvent circuler autour des sources de lumière pendant de nombreuses heures, perdant ainsi de l’énergie essentielle à leur trajet. Les lumières artificielles peuvent aussi perturber leurs habitudes de sommeil ou attirer les oiseaux dans les zones urbaines où ils sont plus à risque. Ensuite, l’utilisation de pesticides et d’herbicides affecte indirectement les oiseaux en tuant les plantes et insectes nécessaires pour leur alimentation. Finalement, selon Oiseaux Canada, « les chats tuent plus de 100 millions d'oiseaux chaque année » dans ce pays. Les chats domestiques qui sont laissés librement dehors chassent instinctivement et diminuent ainsi les populations d'oiseaux locaux.
Quel rôle peut-on jouer dans la protection des oiseaux?
Baisser les lumières du crépuscule à l’aube (surtout celles qui pointent vers le ciel)
Mettre des collants anti-collision sur les fenêtres afin de prévenir la réflexion de la lumière
Choisir des modes de jardinage sécuritaires pour les oiseaux
Garder vos chats à l’intérieur ou utiliser une laisse et un harnais
Si vous trouvez un oiseau blessé, vous pouvez l’apporter à Ottawa Valley Wild Bird Care Centre: Bird Emergency — OVWBCC - Ottawa
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