Face à l'abîme
Par : Edith René
Par : Edith René
Au bord du précipice, mon abscisse
À l’origine, songe de longues nuits passées
À me démener, yeux à demi-fermés, penchée
Sur une pile de devoirs sans fin, des calculs, des dessins
Des théorèmes et des fonctions, des gribouillis dans les marges
Le dos courbé, je désespère. L’algèbre est infinie
Ce précipice est mon abscisse
À l’origine, signe d’un nouveau début
Suis la formule, elle sera géôlière
Souviens-toi des étapes, elles seront chaînes
Préserve l’ordre, il sera tyran
Trouve la valeur de x; elle détient ta solution
Elle seule saura te sauver
Sécurité, stabilité
N’oublie jamais que tu seras évaluée
Suis l’ordre qui t’a été imposé
Et tu ne regretteras jamais rien
Mais qui peut prétendre imposer un ordre à l’existence?
Ils oublient, tous, que leurs chiffres ne sont que constructions
Et leurs équations ne sont qu’inventions
Je ne suivrai pas vos ordres, variables indéterminées
Vos valeurs me resteront à jamais inconnue