La détermination d'une espèce repose sur l'observation (environnementale, macroscopique, microscopique, chimique et maintenant génétique) des différents caractères d'un champignon.
Souvent on appréhende une espèce par une vision globale, mais la seule méthode fiable est l'utilisation de clefs de détermination dichotomiques, qui invitent à l'observation des caractères nécessaires et suffisants, et uniquement ceux-là. Lorsqu'on sera arrivé à un nom, on contrôlera la détermination par la consultation d'un ouvrage illustré et de monographies décrivant l'espèce en détail.
Reconnaître un champignon est une approche à la fois visuelle, tactile et olfactive. Voici quelques notions à étudier servant de base à leur détermination.
La couleur du chapeau
La couleur attire davantage l'œil que la forme. On trouve des espèces entièrement blanches, violettes foncées, jaunes, ocres, roses...
La dimension du chapeau
Certaines espèces ont un grand chapeau (40 cm ou plus) et d'autres une petite taille (2 mm voire moins).
Les formes du chapeau
Les formes des chapeaux sont diverses : Hémisphérique, en entonnoir, Conique ou En coupe...
Le revêtement du chapeau
Les chapeaux peuvent avoir des revêtements Lisse, Fibrilleux, Écailleux ou muqueux
La marge du chapeau
La bordure des chapeaux présente souvent différentes formes. Elles peuvent présenter des stries, des cannelures, un enroulement, être appendiculée ou avoir une cuticule ridée.
L'hyménium est la partie la plus importante du champignon, car il assure sa reproduction. Généralement sous le chapeau cette partie peut prendre plusieurs formes :
Lames
Ces dernières présentes des aspects différents selon l'espèce du champignon :
Couleur initiale qui évolue avec l'âge ;
L'insertion des lames sur le pied est différente d'une espèce à une autre. Elles peuvent être libres, marginées, décurrentes ou adnées.
La texture des lames peuvent être minces, épaisses, serrées ou espacées...
L'arête peut présenter un aspect lisse ou crénelée, une bordure colorée ou fourchue, voire interveinée.
Tubes
Aiguillons
Lisse
Gléba
Position du pied
Central (majorité des champignons) ou Excentrique, voire absence.
Caractères du pied (stipe)
Avec anneau et volve ou avec anneau, mais sans volve ou avec cortine ou réticulé ou avoir une base bulbeuse ou marginée et même être creux.
Formes du pied
Cylindrique ou radicant ou obèse ou claviforme ou napiforme ou torsadé, voire coudé.
Ornementations du pied
Présence de points ou de méchules ou de granulations, mais encore avoir des poils noirâtres ou des marbrures ou des scrobicules voire des sillons.
L'anneau
Fragile ou très développé ou double et même non attaché directement au pied, descendant ou remontant et quelques fois une marge parfois dentée.
Cette dernière peut être cassante et/ou grenue, fibreuse, gélatineuse, voire dégager du lait dont la couleur peut varier au contact de l'air.
Les champignons apparaissent sur toutes sortes de supports tels que les bois morts, les sols acides ou basiques ou calcaires ou argileux ou sur des excréments, voire sur d'autres champignons ou encore sur des êtres vivants ou morts, voire dans les aliments ou des réactions chimiques, ou encore dans de l'eau salée ou non... Ils poussent sous différents couverts végétaux (résineux, feuillus, plantes...) auxquels ils peuvent être associés ou non.
Les champignons poussent toutes l'année. Surtout en Automne (période la plus favorable), mais aussi au printemps, ou encore en hiver, mais aussi en été (rare, sauf dans le Midi).
Solitaires ou en touffes.
Observation subjective selon le ressenti et le vécu de l'observateur, il existe néanmoins quelques référentiels appelés "codes des couleurs" pour transcrire exactement ce qui est vu. Il convient donc de comparer la couleur d'un champignon avec celle d'un nuancier (html ou Kornerup & Wanscher pour en citer quelques-uns) pour parfaire votre observation.
Tout aussi subjective que la couleur, voire plus insidieuse, cette notion évoque un élément familier (farine, pastis, pomme, viande crue, amande amère, pied, terre, produits ménagers, ail, iode...). Il s'agit d'un élément de détermination très important.
Tout aussi subjective également, certains aspects de cette notion présentent des gouts parfois facilement reconnaissables tels que l'âcre (irritante) l'âpre (astringente) ou l'amer ou être insipide ou nauséeuse ou encore farineuse ou douce...
ATTENTION
il ne faut pas avaler le petit morceau prélevé que l'on a posé sur la langue.
L'étude de la sporée permet bien souvent d'éviter des erreurs grossières. En effet, la couleur des spores est extrêmement importante pour l'identification des champignons ;
Le principe est très simple, mais est chronophage. Pour ce faire, on dispose sur une feuille de papier blanc ou une feuille de plastique transparente (un rhodoïd fera l'affaire) le chapeau du champignon à plat (coté hyménium). Le tout est placé à l'abri des courants d'air. Après quelques heures, les spores projetées vont colorer la surface utilisée. Il suffira de rassembler les spores en tas pour déterminer leur couleur à l'aide d'un nuancier).
Tout aussi important que les autres notions, la détermination avec des produits chimiques peut aider à la détermination des champignons. Ainsi certaines substances chimiques liquides ou solides produisent des réactions colorées lorsqu'elles sont appliquées sur le chapeau d'un champignon, ou sur le pied ou sur la chair.
Ils sont détaillés dans le tableau ci-dessous (liste non exhaustive).
ATTENTION
Ces ractifs chimiques sont parfois dangeureux, toxiques ou corosifs.
Il faut donc toujours les manipuler avec précaution.
Le matériel fongique peut être soumis à un examen microscopique. Il est donc toujours préférable de travailler sur du matériel vivant, car leurs caractères diffèrent de ceux du matériel mort.
L'identification microscopique se concentre souvent sur les caractères des spores et des cellules qui les produisent (basides et asques). D'autres éléments importants, comme les cystides, les paraphyses et les soies, peuvent également être présents dans l'hyménium (palissade de cellules parallèles). Les types d'hyphes composant la chair sont aussi importants, notamment chez les polypores.
Le caractère microscopique clé utilisé dans l'identification des champignons est la forme, la taille et les ornements des spores.
Il est relativement facile de préparer des lames minces pour l'observation microscopique des champignons, car les hyphes sont peu cohérents et ne sont pas disposées en trois dimensions comme les cellules végétales. Avec de la pratique, on obtient de bons résultats. Généralement, plusieurs préparations doivent être réalisées pour avoir une vue d'ensemble et il ne faut pas hésiter à réaliser des dessins ou prendre des photos de vos observations, voire des captures d'écran si le matériel le permet. L'utilisation d'une loupe binoculaire permet de réaliser des coupes fines plus facilement à l'aide d'une lame pointue et tranchante, voire d'une pince très fine.
Les produits chimiques sont utilisés pour provoquer également des réactions utiles à l'identification microscopique.
L'Observation initiale est réalisée habituellement dans l'eau. Pour les éléments difficiles à distinguer, des colorants et des réactifs peuvent être ajoutés tels que du KOH (lessive de potasse), de l'ammoniaque, du réactif de Melzer (colore en bleu ou en brun vineux ), du réactif de Lugo (mêmes réactions que le Melzer), du rouge Congo (colore les parois en rouge) ou encore du bleu coton (réaction bleue).
ATTENTION
Ces ractifs chimiques sont parfois dangeureux, toxiques ou corosifs.
Il faut donc toujours les manipuler avec précaution.
Un exemple d'observation microscopique réalisée à la société mycologique du béarn, en mai 2026, avec du "rouge congo" :
Psathyrella spadiceogrisea trouvée à Herrère le 26/04/2026. Le champignon est bien grignoté par les limaces !
Psathyrella spadiceogrisea
vue microscopique, on y aperçoit des cystides.
Psathyrella spadiceogrisea
En augmantant le zoom vusur des cystides
Psathyrella spadiceogrisea
En zoomant encore, vue sur des Basides tétrasporiques
De nombreuses espèces fongiques sont très difficiles à identifier en se basant uniquement sur des caractères morphologiques. Le séquençage ADN doit souvent être effectué pour une identification précise. En effet, de nombreux de groupes de champignons sont beaucoup plus riches en espèces qu'on ne le pensait auparavant. Un grand nombre des « nouvelles » espèces sont presque identiques morphologiquement aux autres espèces de leur genre.
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