La pédagogie par contrat fonctionne, sans équivoque, à partir de contrats de toutes sortes. Dans mon plan de changement, j’ai envie d’instaurer un contrat à caractère académique. Le choix de cet ajout est en lien avec le précédent, c’est-à-dire l’auto-évaluation des connaissances. Ce fonctionnement a pour but de leur faire reconnaître leurs propres difficultés tout en favorisant leur motivation face à l’atteinte d’objectifs qu’ils auront eux-mêmes choisis. C’est en établissant un ou deux objectifs clairs et les moyens à mettre en place pour y arriver qu’ils se mobiliseront. Bien que cela nécessite un accompagnement important au départ, les apprenants développeront leur capacité à reconnaître leurs difficultés et à trouver des moyens variés pour les surmonter. Ils expérimenteront différents rôles alors qu’ils seront rédacteurs de contrat puis évaluateur de leur réussite ou non, mais toujours les principaux acteurs. En ce sens, cette méthode tient compte des principes dispositionnels, positionnels et gestuels de l’apprenant et favorise sa motivation puisqu’elle lui permet d’être actif dans le processus d’apprentissage, car il en choisit certaines modalités (objectifs, échéance, moyens, évaluation, etc.) qui apparaîtront dans son contrat et qui lui sont personnelles (Eïto, 1999; Masciotra & Morel, 2008).
Pour le praticien énactif, cela permet également de favoriser la différenciation pédagogique dans son groupe. Cette différenciation peut se jouer sur deux niveaux, soit les contenus d’apprentissage, soit les processus d’apprentissage. Quel que soit le type de différenciation visé, le contrat est une démarche intéressante pour la mettre en place dans sa classe. Plus précisément, elle fait appel aux capacités métacognitives de l’élève qui doit négocier son contrat de réussite, qu’il soit initié par l’enseignante ou non, et le mettre sur papier. Ainsi, il écrit, parle, réfléchit, propose et agit selon ses propres processus mentaux (Eïto, 1999). Il est libre de gérer son temps à son rythme, et organise comme il le souhaite son programme de réalisation d’objectifs et les moyens qu’il mettra en œuvre pour les atteindre (Eïto, 1999). Cela a un rôle d’importance dans la mobilisation des connaissances qui suivra la rédaction du contrat.
D’autre part, le contrat est un support matériel qui peut être facilement consulté. Ainsi, l’élève peut avoir plus aisément accès aux connaissances, les activer dans sa mémoire et, ultimement, les transférer d’un contexte à un autre (Tardif & Meirieu, 1996). Cela favorisera la réussite du contrat.