À la manière des bilans de la pédagogie institutionnelle, j’aimerais instaurer des périodes d’auto-évaluation des connaissances sur le plan académique. Cela prendra une forme toute simple. Suite à un nouvel enseignement ou à un exercice mettant en œuvre une nouvelle notion ou un nouveau concept, je demanderai aux élèves de m’indiquer, à l’aide d’une main, comment ils évaluent leur propre compréhension ou aisance face à ce nouvel apprentissage. Cela me permettra de prendre connaissance de leur avancée et de leur propre capacité à évaluer leurs forces ou leurs défis. Je me servirai de cette rétroaction ponctuelle pour ajuster le tir. Est-ce que cette notion nécessite plus d’exemples, d’exercices ou de manipulation ? Est-ce que certains élèves ont besoin de travailler certaines habiletés métacognitives afin de reconnaitre la perte de sens ou la reconnaissance de leur propre difficulté ?
Tel que le soutient (Perrenoud, 2002), la mobilisation est un travail de l’esprit et ne s’opère pas de façon magique. Que ce soit à partir d’observations, d’hypothèses, d’inférences, d’analogies, de comparaisons ou d’autres opérations cognitives et métacognitives, il s’agit là d’un processus complexe. Le raisonnement encouru lors de la rétroaction est intéressant puisqu’il permet une réorganisation des connaissances visant une meilleure mobilisation future. De plus, cette méthode me permet d’être une praticienne énactive puisqu’en la mettant en place, je favorise la réflexion des élèves sur leurs dispositions aux apprentissages et sur leur niveau de maitrise de soi (Masciotra & Morel, 2008). En effet, ce raisonnement permet à l’apprenant de mieux se comprendre comme moyen pour mieux mobiliser. Il est davantage capable de s’observer dans une situation donnée et de s’y ajuster.