Les Rosacées sont parmi les espèces auxquelles l'Humain est le plus lié. Notre flore intestinale se compose à partir de celles des fruits et des plantes que nous mangeons.
Forme, couleur, odeur, texture, saveur : les fruits ont développé une chair autour de leur graine fertile. La graine voyage ainsi dans le transit intestinal de leur animal hôte et dans la forêt, entre la plaine et la montagne, entre les continents lors des migrations.
Pour les fruits à pulpe, la cueillette régénérative des fruits est aussi simple que de les manger, ingérer, expulser. Pépins ou graines, à chaque animal son diamètre : du pépin pour les oiseaux jusqu'au noyau pour l'Ours. Les graines co-évoluent avec le système digestif de leur animal : forme fuselée, chair gélatineuse, fibreuse voir laxative, cire, pectine, mucilage, ferments, facilitent le transit et l’expulsion de la graine. La graine germe ainsi dans un substrat nutritif vivant.
Les biocénoses communes entre le sol, la graine, le système digestif, l'animal, le fruit, l'arbre et la forêt crée un écosystème : ils partagent des bactéries communes.
La ballade, les chemins et les corridors écologiques forment les liens qui unissent la Foret, le Fruit et l'Animal.
Pour les fruits à coque et les graines à ailettes (samares), c'est différent : la consommation de la noix entraine .
Amande, coque, enveloppe.
L'Arbre et l'Animal développe un lien différent, toujours basé sur le déplacement des fruits et aussi sur leur conservation.
Les noix, les pignons, les samares sont emmenés dans des terriers, des cachettes, sous des rochers, des souches d'arbres, dans des troncs, dans des nids, à la cime des arbres... Dans ces conditions, elles peuvent se conserver ainsi des mois voir des années. Certaines passent l'hiver au sec et hors gel, et germent au printemps prochain lorsque l'animal les déterre et en fait rouler/voler quelques unes de côté, ou un jour, lorsque la cachette se décompose.
Les Écureuils et les Oiseaux sèment aussi des graines en les plantant volontairement dans le sol, contrairement aux idées reçues qui consistent à croire qu'elles sont oubliées.
L'eau, la gravité des terrains en pente, l'érosion et le vent sont aussi des vecteurs de dissémination, sans l'aide des animaux.