J9 : Lundi 9 juin 2025
J’ai évoqué à plusieurs reprises Curral das Freiras, une vallée que nous avions notamment pu observer depuis le sentier de Boca da Corrida. Il s’agit d’un village perché à 650 mètres d’altitude dans une cuvette érodée, cerné par les reliefs presque impénétrables de l’île.
Un endroit isolé qui a servi de refuge à des religieuses du couvent de Santa Clara qui ont fui la baie de Funchal prise d’assaut par des pirates en 1566. Depuis ce temps, cette vallée porte le nom de vallée des Nonnes (ou des Religieuses).
Nous aurions pu nous y rendre directement en voiture mais comme nous aimons marcher, nous avons préféré l’aborder à pied depuis le lieu-dit Eira do Serrado. Regroupant uniquement un hôtel, un bar et quelques boutiques de souvenirs à 1094 mètres d’altitude, le lieu offre avant tout un belvédère spectaculaire sur la vallée des Nonnes. En outre, les randonneurs peuvent y emprunter un sentier rejoignant Curral, avec un dénivelé à la descente de 475 mètres. Nous ne pouvions pas manquer cette opportunité d’autant que le guide Rother la décrit comme étant « une descente avec de belles vues aériennes ». 😊
Hervé avait d’abord craint qu’une descente continue avec un tel dénivelé puisse être pénible. Des appréhensions qui se sont vite envolées devant la beauté des paysages.
Commençons par la météo du jour : 10,5 degrés seulement à notre arrivée à Eira do Serrado (8 h 30) mais grand soleil et ciel bleu, en dehors d’une petite bande nuageuse sur les cimes du versant nord.
Avant d’entreprendre la descente, nous prenons cinq minutes pour nous rendre sur la plateforme panoramique (en passant devant les boutiques encore fermées à cette heure).
Premières vues grandioses sur la vallée des Nonnes, 450 mètres plus bas, surmontée par le sommet catactéristique du Pico Grande.
De retour au parking, nous nous engageons maintenant, à droite de l’hôtel, sur un sentier presque intégralement pavé qui descend en lacet serré dans une belle châtaigneraie. Quand la forêt s’éclaircit, nous distinguons sur notre droite l’ancienne route qui desservait Curral. Adossée à la paroi rocheuse verticale, elle est en piteux état. Dire qu’il y a quelques décennies c’était la seule voie d’accès à la vallée.
Cherchez l'ancienne voie desservant la vallée
Le chemin continue à serpenter dans la pente, nous dévoilant de nouveaux points de vue sur Curral.
Cherchez l'aire de repos à côté du pylône !
Nous entrevoyons, à nos pieds, une petite aire de repos installée sur un promontoire rocheux à côté d’un pylône électrique, mais pas question de nous arrêter en si bon chemin. Nous poursuivons allègrement tout en nous intéressant à quelques détails botaniques.
Vipérines ou"Fiertés de Madère"
Trifolium angustifolium
Aeonium
Solanum mauritianum
Au bout d’une bonne heure, le chemin débouche sur la route ER10 qu’il suffit alors de suivre pour arriver une dizaine de minutes plus tard dans le centre de Curral. En nous retournant et en levant les yeux vers la crête montagneuse, nous repérons la silhouette de l’hôtel à Eira do Serrado, point de départ de notre parcours ainsi que les zigzags du sentier dans la pente. Comme prévu par le guide rouge, nous avons mis 1 h 20 pour faire cette descente.
Cherchez l'hôtel (dans le creux de la montagne) !
Nous nous installons longuement à la terrasse d’un des snack-bars du centre, non seulement pour prendre un café mais aussi pour réfléchir au moyen de retourner à Eira do Serrado afin de récupérer notre voiture. A pied ? En bus ? Nous optons finalement pour le taxi. Au moment où il arrive, un couple suisse propose de le partager avec nous. C’est parfait !
Une dizaine de minutes sépare en principe les deux destinations mais, à l’approche du belvédère, c’est l’embouteillage sur cette route très étroite. A cette heure, des dizaines de voitures et de cars veulent accéder au lieu ou en repartir. Là-haut, ça grouille de monde, le parking est saturé et le point de vue pris d’assaut. Nous sommes contents de prendre le large !
Direction le bord de mer et plus particulièrement Fajã dos Padres. Auparavant, faisons néanmoins un dernier arrêt dans les terres d’où l’on voit d’ailleurs déjà l’océan.
Miradouro da Malhada
Sur les coups de midi, nous arrivons à proximité de Fajã dos Padres. « Fajã » désigne ces zones isolées au pied des falaises de Madère qui se sont formées suite à de gros éboulements. On y accède par la mer bien sûr mais aussi, dans le cas présent, par un impressionnant téléphérique dont les deux uniques cabines se croisent le long de la paroi abrupte.
Cherchez la cabine du téléphérique !
En bas, une petite exploitation agricole bio, des vignes, quelques maisons dont un gîte, et un restaurant. Justement, c’est dans cet établissement que nous avons prévu de déjeuner. Pour y accéder, nous avons tout loisir de flâner entre jardins fleuris et potagers bien garnis.
Côté mer, on trouve une plage de gros galets et une jetée pour plonger. Il y a même des douches et des vestiaires. On peut aussi louer des transats et des parasols. On verra tout ça après le déjeuner. Pour l’heure, mettons-nous à table.
Nous commandons du rôti de porc mariné à l’orange servi avec des pommes de terre sautées et des légumes du potager de la Fajã. En dessert, cheesecake à la mangue pour moi, cheesecake à la pitanga pour Hervé. Pour info, la pitanga est un petit fruit exotique aussi appelé « cerise de Cayenne ».
Certes, ce n’est pas de la cuisine très fine, mais le cadre est superbe, avec un petit air de bout du monde, nous apprécions beaucoup ! 🤩
A propos de bout du monde, nous faisons soudain un saut dans le passé avec l’apparition de la Caravelle Santa Maria. Il s’agit en effet d’une réplique fidèle de la caravelle du XVe siècle qui permit à Christophe Colomb de traverser l’Atlantique en 1492. Elle a été construite pour l’exposition universelle de 1998 à Lisbonne. Elle est basée dans la marina de Funchal où elle propose des sorties en mer de quelques heures.
Avant de quitter ce petit paradis, nous allons le contempler depuis la jetée. Nous portons alors un regard impressionné sur les à-pics vertigineux qui le bordent.
Il y a quelques personnes dans l’eau et sur la plage. En ce qui nous concerne, nous attendrons d’être de retour à la villa pour profiter de notre piscine sous un ciel par moments voilé, ce qui n’empêche pas le soleil de chauffer. 25 degrés au thermomètre, c’est l’été à Madère !