J7 : Samedi 7 juin 2025
Nous avons deux impératifs ce matin. Premièrement, trouver un itinéraire dans un environnement ouvert. Deuxièmement, quitter la villa tôt et ne pas y revenir avant le début de l’après-midi car un rallye automobile se déroulera dans les rues de Ribeira Brava, notamment dans notre rue qui sera inaccessible pendant la durée de l’événement.
Partir tôt ne nous pose pas de problème d’autant qu’il fait grand beau temps. Dès 8 heures, nous filons en direction de la montagne, plus précisément vers Boca da Corrida, à une trentaine de minutes de notre lieu d’hébergement. C’est depuis ce col que nous avons l’intention de parcourir le sentier PR12 en direction du col d’Encumeada, un itinéraire qui fait partie de ce réseau de chemins ancestraux (Caminho Real) mais qui n’est actuellement ouvert que sur les 3,5 premiers kilomètres. Ça nous convient parfaitement ! L’essentiel est d’évoluer dans un espace ouvert en profitant de beaux points de vue. De ce côté-là, nous serons largement servis !
Arrivés à Boca da Corrida à 8 h 30, ce n’est pas la foule de certaines destinations précédentes, mais nous trouvons déjà un autre véhicule garé sur le petit parking qui compte à peine une dizaine de places. Altitude : 1235 mètres.
Derrière la chapelle, nous suivons à mi-droite le sentier pavé indiqué PR12. Il grimpe fortement par quelques marches bordées d’un somptueux parterre de fleurs, essentiellement des vipérines faux-plantain qui déroulent leur tapis violacé des deux côtés du chemin telle une haie d’honneur.
Vipérines faux-plantain
Par endroits, nous avons du mal à nous frayer un passage entre ces épaisses rangées de plantes herbacées qui m’arrivent au-dessus de la taille, auxquelles se mêlent aussi quelques chardons. Je ne suis donc pas mécontente de porter un pantalon long 😉.
Très vite, notre souhait de trouver de belles vues dégagées se concrétise. Merveilleuse vue sur la chaîne montagneuse centrale avec, en ligne de mire, le sommet caractéristique du Pico Grande (« téton » à l’arrière-plan), 1654 mètres d’altitude.
Cherchez le Pico Grande, reconnaissable à son sommet en forme de téton !
En nous retournant, nous constatons que quatre voitures stationnent à présent au parking de Boca de Corrida. La vue s’élargit aussi jusqu’à la côte en nous laissant entrapercevoir la jetée du port de Câmara de Lobos. Un incendie en août 2024 a malheureusement laissé quelques traces sur les buissons au premier plan.
Cherchez le parking de départ !
Derrière nous, nous voyons aussi arriver les premiers poursuivants, un couple de Hollandais qui va finir par nous dépasser, avant de croiser l’occupant de la première voiture garée au col, un Suisse déjà sur le retour.
Depuis le chemin, nous entendons sonner neuf coups (9 heures) à l’église dans la vallée. Notre regard plonge alors vers le village de Curral de Freiras (que nous évoquerons encore ultérieurement) situé 600 mètres plus bas, dans cette vallée encaissée aussi appelée Vallée des Nonnes.
Vue sur la vallée des Nonnes
A l’ouest, la cascade de nuages marque le col d’Encumeada qui aurait pu être notre point d’arrivée si le sentier avait été ouvert dans son intégralité. C’est également là que nous avions démarré notre randonnée d’hier. Nous remarquons aussi les lacets de la route ER105 desservant le plateau Paul da Serra d’où dépasse une rangée d’éoliennes.
Cherchez les éoliennes sur le plateau !
Vue encore plus large y compris sur le Pico Grande qui trône majestueusement face à nous.
Après le passage d’un col (Passo de Ares) par une sente étroite et un peu aérienne, le chemin longe le pied de l’imposant Pico do Serradinho (alt. 1443 m) en décrivant un large lacet pour se diriger vers Boca do Cerro (= col de l’Âne, 1297 m), terminus de notre randonnée.
Mais d’abord offrons nous dans ce dernier tronçon les panoramas les plus spectaculaires du parcours. A l’ouest, nouvelle vue en direction d’Encumeda et du plateau qui le domine. A l’est, l’impressionnant massif montagneux central regroupant les sommets les plus renommés et les plus élevés de Madère : le Pico Arieiro (1813 m) reconnaissable à la boule de son radar, le Pico das Torres (1831 m) et ses pointes acérées et, entre les deux, le Pico Ruivo (1861 m), point culminant de l’île.
La cascade de nuages marque l'emplacement du col d'Encumeada
Cherchez... la boule du radar = Pico Arieiro, les pointes acérées = Pico das Torres et entre les deux, la croupe massive = Pico Ruivo !
Encore quelques pas et nous voici arrivés devant le panneau indiquant qu'il est interdit de poursuivre sur ce même sentier (zone brûlée).
Cet endroit se trouve néanmoins au carrefour de deux autres itinéraires : une descente vers la vallée de Curral de Freiras et l’ascension du Pico Grande. En ce qui concerne Curral das Freiras, nous nous y rendrons prochainement par un accès différent. Quant au Pico Grande, son ascension est réservée à des randonneurs très expérimentés, ce qui semble être le cas d’un groupe de marcheurs locaux qui viennent de s’y engager.
Nous en profitons pour faire une pause et nous restaurer avant de rebrousser chemin tout comme le couple de Hollandais qui nous avait précédés. Il va falloir économiser notre boisson pour le retour, nous avons presque vidé nos deux gourdes. Aujourd’hui il fait plus chaud que d’habitude et le parcours exposé au soleil en permanence est plus ardu que les précédents.
Alors qu’à l’aller nous n’avions croisé qu’un seul randonneur, il y a maintenant de plus en plus de monde au fur et à mesure que nous revenons vers Boca da Corrida. Les nuages aussi se font de plus en plus pressants de sorte que tout ce monde risque d’être gêné par un manque significatif de visibilité. Nous nous félicitons d’avoir démarré tôt et d’avoir ainsi pu bénéficier de la meilleure fenêtre météorologique.
Les nuages vont d’ailleurs nous tenir compagnie à nous aussi durant le pique-nique que nous prenons, installés sur les marches de la petite chapelle, au col de Corrida. Nous en profitons pour faire le bilan de cette randonnée, un merveilleux parcours où les beaux points de vue se sont succédés comme nous l’avions souhaité. Nous avons couvert ces 7 kilomètres A/R en 3 h 25 (pauses comprises) en absorbant un dénivelé de 385 mètres. Pour nous une belle performance ! 🙂
Les nuages sont également au rendez-vous sur la côte, ce qui ne nous empêche pas de continuer à jouir d’un point de vue impressionnant sur les versants pentus de l’île et leur aménagement urbain, au Miradouro Cruz de Caldeira.
Miradouro Cruz de Caldeira
D’après les informations que nous avions reçues, la course automobile devrait être terminée en ce début d’après-midi, nous devrions donc pouvoir réintégrer notre villa sans encombre. Cependant, en approchant du quartier, nous comprenons que nous n’avions pas eu les bonnes informations, le rallye n’a pas encore débuté, il commencera à 15 heures. Le programme de notre après-midi est par conséquent tout trouvé. 😉
En réalité, le départ va encore se faire attendre, le temps de vérifier et de revérifier les conditions de sécurité du circuit. Cela nous laisse le temps de faire plusieurs longueurs dans notre piscine avant de nous installer en première ligne pour assister au spectacle.
Hurlements de moteurs, pétarades à la décélération, coups de freins brutaux et crissements de pneus vont rythmer le passage incessant de ces bolides pendant une partie de l’après-midi.
Petite idée de l'ambiance dans la courte vidéo qui suit...🤩
Pendant les premiers tours nous trouvons l’attraction amusante mais, à force, elle finit par nous donner le tournis et nous casser les oreilles. Alors quand tout ce boucan s’arrête enfin (après plus de deux heures) nous retrouvons avec bonheur le calme et la sérénité des abords de notre villa pour le restant de la soirée.