J5 : Jeudi 5 juin 2025
Après São Vicente et Seixal visités ces derniers jours, nous voulons pousser aujourd’hui jusqu’à Porto Moniz, à la pointe nord-ouest de l’île, considérée comme la capitale balnéaire de la côte nord. La petite ville est surtout connue pour ses piscines naturelles d’eau de mer creusées dans la roche volcanique. Mais, au-delà de cet atout, elle bénéficie aussi d’une situation géographique privilégiée, s’étendant sur un large promontoire rocheux s’avançant loin dans la mer, avec en arrière-plan les montagnes couvertes de champs cultivés, de jardins en terrasses et de forêts.
C’est justement cet arrière-pays que nous avons prévu d’explorer en parcourant la levada de Ribeira da Janela qui suit le cours de la rivière du même nom qui est aussi la plus longue de l’île (25 km). Nous n’avons néanmoins pas l’ambition de suivre le canal sur toute cette distance, uniquement sur les premiers kilomètres ponctués de jolis points de vue et dépourvus de passages vertigineux et de tunnels.
Nous avons hâte de découvrir l’endroit. Oui, mais ce matin le ciel est extrêmement nuageux et il a dû pleuvoir dans la nuit. Après avoir momentanément repoussé notre départ, nous finissons par prendre la route vers 9 h 30 en espérant une amélioration à l’ouest. C’est le contraire, la météo se dégrade de plus en plus au fil des kilomètres. A l’approche de Porto Moniz, il fait de plus en plus gris. C’est encore pire à Lamaceiros, point de départ de notre randonnée (alt. 400 m), où pluie et nuages bas rendent la visibilité exécrable. Il y a bien quelques voitures déjà garées sur le parking mais nous les verrons repartir les unes après les autres, leurs occupants n’ayant manifestement pas quitté leur véhicule. Nous attendons nous aussi dans la voiture. Seuls deux irréductibles encapuchonnés osent braver le brouillard et la pluie avant d’errer à la recherche de la bonne direction.
Au bout de trois quarts d’heure d’attente, il faut se rendre à l’évidence, il faut renoncer. Pour aller où ? Il est 11 heures, je propose de revenir au bord de mer, peut-être que 400 mètres plus bas il fait meilleur. En tout cas, j’ai une idée en attendant midi et notre déjeuner au restaurant à Porto Moniz.
Côté météo, ce n’est pas la panacée, loin de là. Quand nous sortons de la voiture au parking du Miradouro de Ribeira da Janela, une pluie cinglante nous fouette les membres et transperce nos vêtements de pluie. Bravant les éléments, nous courons malgré tout admirer les formations volcaniques remarquables s’élevant en bord de mer à l’embouchure de la rivière Ribeira da Janela.
Malgré la pluie et le vent, nous n’hésitons pas à prendre un peu de hauteur pour les découvrir sous un angle plus large et constater que l’un des îlots est percé d’une ouverture à son sommet. Cette « fenêtre » (janela en portugais) a d’ailleurs donné son nom à la rivière et à la commune.
A force, midi finit par approcher. Pour nous, c’est alors l’heure de nous diriger vers le centre de Porto Moniz où miraculeusement il ne pleut plus. Après avoir laissé la voiture au parking (payant), nous prenons le temps de déambuler sur le front de mer pour voir à quoi ressemblent ces fameuses piscines d’eau de mer qui font la réputation du lieu.
Les premières dont les bassins épousent les récifs volcaniques déchiquetés sont vraiment naturelles ou presque. Les secondes ressemblent davantage à une piscine classique malgré les rochers qui les entourent. Elles constituent cependant un très bel ensemble balnéaire.
Ces dernières se trouvent au pied du Sea View Restaurant qui est aussi l’établissement que nous avons retenu pour notre déjeuner. Nous pouvons de la sorte profiter du panorama tout en appréciant le contenu de nos assiettes. Le restaurant étant réputé pour allier spécialités méditerranéennes et saveurs japonaises, nous optons à l’unisson pour un filet de bar/confit de poivron/crème de patates douces. Au dessert, même consensus pour un cheesecake fruits de la passion accompagné d’un verre de vin de Madère. Excellent à tout point de vue !
Dessert accompagné d'un verre de vin de Madère 😋
Après le repas, nous nous interrogeons brièvement sur la pertinence de retenter la randonnée de levada abandonnée ce matin. La couleur du ciel toujours très couvert à moyenne altitude et la menace de nouvelles averses vont vite nous en dissuader.
Dans ce cas, nous n’avons pas d’autre choix que de rentrer à Arco où nous gardons la maison une bonne partie de l’après-midi avant de nous dégourdir les jambes, une nouvelle fois, sur un petit bout du « chemin royal ».
Cette journée un peu tronquée aura au moins eu le mérite de reposer mon dos.
Demain nous migrons vers le Sud, ravis de nos premières découvertes et impatients de les poursuivre.