En français,
Le finastéride, un inhibiteur de l’enzyme 5alpha‐réductase, prescrit pour l’hyperplasie bénigne de la prostate et l’alopécie androgénétique, induit une grande variété d’effets secondaires pendant le traitement et lors du sevrage, comme le dysfonctionnement sexuel et les troubles cognitifs et psychologiques, induisant le syndrome post-finastéride (PFS).
Ici, nous avons exploré les effets comportementaux de ce médicament chez des rats mâles adultes après un traitement par finastéride subchronique (20 jours) et à l'arrêt du médicament (1 mois). Nous avons utilisé de multiples paradigmes comportementaux, y compris le test en plein champ et le labyrinthe plus élevé pour évaluer l’activité et l’anxiété des locomoteurs, et un test de recherche de nouveauté pour évaluer le comportement exploratoire et les tendances d’évitement de l’approche.
Nos résultats ont révélé une dichotomie entre effets immédiats et retardés du finastéride. Alors que les effets après le traitement subchronique étaient légers, des altérations comportementales importantes ont émergé lors du retrait du traitement. En particulier, une hyperactivité prononcée, une diminution de l'exploration du centre en plein champ, et un évitement marqué de nouveaux stimuli, indiquant collectivement un phénotype comportemental anxiogène, ont été révélés. Ces résultats, qui montrent une image d'une vulnérabilité accrue, sont en accord avec les rapports cliniques du PFS, mettant en évidence la pertinence de notre modèle pour cette condition. De plus, les données décrites ici renforcent l'importance de surveiller les patients non seulement pendant le traitement, mais aussi après l'arrêt du traitement par le finastéride.
Collectivement, nos résultats fournissent des preuves convaincantes que, bien que le finastéride ait des effets comportementaux immédiats limités pendant le traitement chronique, l’arrêt du médicament entraîne des changements comportementaux persistants caractérisés par une hyperactivité et une augmentation des comportements anxieux. Ces résultats, en plus de montrer une image d'une vulnérabilité accrue, s'alignent sur les rapports cliniques dans le PFS et soulignent l'importance de surveiller les patients non seulement pendant le traitement, mais aussi après l'arrêt du traitement par finastéride. Malgré l'utilisation généralisée du finastéride pour le traitement de l'AGA (allopécie androgénétique) et de l'HBP (hypertrophie bénigne de la prostate), les conséquences neuropsychiatriques à long terme de ce médicament restent largement inconnues, en particulier après l'arrêt du traitement. Nos résultats soulignent la nécessité de poursuivre la recherche sur les mécanismes neurobiologiques sous-jacents à ces effets persistants post-arrêt, en particulier en se concentrant sur le rôle des stéroïdes neuroactifs et de la fonction GABAergique.