Auteur : Marie-Magdelaine Davy
Sources : L'homme intérieur et ses métamorphoses, Édition Épi, Paris,1983.
P9 La passage par le creuset est nécessaire. Les traditions parlent volontiers de la notion d'exil de la partie céleste. L'existence est ainsi considérée comme une voie de retour à un état originel incluant une constante décréation. En fait, l'homme est exilé de lui-même ; il est absent de lui, il lui faut apprendre à se retrouver dans le fond le plus abyssal de son être. Depuis longtemps sa nostalgie d'amour et de lumière demeure voilée, il lui faut donc apprendre à se connaître, à savoir écouter l'appel, au-dedans de lui-même, du grain de sénevé, de riz, de moutarde qui veut germer, croître, et qui réclame sa nourriture tel un enfant affamé criant pour signifier sa présence à sa mère qui momentanément l'oublie.
P10 Les mutations, sources de métamorphoses, s'opèrent quand l'homme intérieur naît et découvre en lui-même sa dimension de profondeur ; les énergies transfiguratrices qu'il porte dans le secret jaillissent et deviennent opérantes. [...] Il s'agit moins d'acquisitions que de dépouillements successifs toujours plus amples et plus incisifs. [...] Quand l'homme retrouve son unité primordiale, il s'équilibre dans son corps, son âme et son esprit.
Chaque homme possède sa singularité et sa propre vocation. C'est à lui de choisir un chemin. C'est au sommet seulement qu'il devient possible de découvrir la beauté et la perfection de l'unité. La voie est longue à parcourir et le but rarement atteint.
Chercher constamment une aide extérieure est le plus souvent une fuite de soi-même, le besoin d'être rassuré ou inquiété. [...] Lors des difficultés inhérentes à la vie humaine, le conseil d'un sage peut stimuler mais il n'est efficace que dans la mesure où il est compris et intériorisé ; sinon il devient inopérant et l'attachement seulement humain peut devenir un piège.
P11 Quand il y a recueillement et concentration, l'homme se saisit dans sa solitude, elle est le plus souvent écrasante. C'est pourquoi il tente de chercher sa nourriture au dehors. Qu'il persévère et pénètre dans le mystère de son intériorité, le voici animé, s'abreuvant à la source d'eau vive qui ruisselle en lui.
A cet égard, les Écritures sacrées constituent un enseignement, une nourriture, un guide dans l'aventure de la découverte de soi. [...] Le texte sacré prolonge l'appel du dedans, il en est en quelque sorte l'écho ou plus exactement les mots expriment cet appel sous des formes différentes : « Reviens vers toi-même » ou encore « réveille-toi, toi qui dors » (Ephésiens 5, 14).
P15 La discordance entre le fini et l'infini est durement éprouvée dans la conscience. L'homme est ainsi déchiré, écartelé.
Nàt : On peut voir une correspondance entre le fini : le corps et l'infini : l'esprit.
P16 La recherche de l'intériorité se présente comme une réponse à un appel. Dans toutes les traditions l'appel est constant. [...] Pour le percevoir il faut prêter l'oreille, non celle qui orne le visage, mais l'oreille du coeur qui doit être découverte puis inlassablement éduquée afin de renforcer la finesse de sa qualité d'ouïe.
P17 Le Dieu appelle, le Soi appelle... Ce cri poursuit l'homme indépendamment de ses routes, de l'erreur de ses chemins. « L'Eternel m'a appelé dès ma naissance » (Isaïe XLIX, 1) ; « Je t'ai appelé avant que tu me connusses » (Isaïe, XLV, 4) ; Yahwé m'a appelé dès le sein de ma mère : il a prononcé mon nom » (Jérémie I, 5).
[...] « Mon nom et ma vocation ne sont qu'un seul et même problème, écrit Jean Starobinski, dans la perspective religieuse l'homme est nommé par Dieu. Pour qu'il y ait vocation, il faut que l'individu ait un nom par lequel il puisse être appelé. » C'est là le nom nouveau de l'entité personnelle inscrit sur la pierre blanche (Cf Apocalypse II, 17). Le nom patronymique est sans importance ; le nom secret se découvre au cours de la démarche intérieure, il porte le contenu d'un appel. Ainsi l'anonymat convient à l'homme intérieur qui, entré dans une autre dimension, savoure dans le mystère le sens de son appel : « Rejoindre son vrai nom n'est pas une tâche moins difficile que rejoindre l'éternité : c'est la même tâche » (Jean Starobinski, les masques du pécheur et les pseudonymes du chrétien, dans Revue de théologie et de philosophie, 1963, IV, p. 335.). L'ignorance du nom est éprouvée comme un exil. Quand l'homme entend son nom, il se sait « appelé au royaume » (Cf. I Thess. II, 12) ; « appelé pour être saint » (Cf. Rom. I, 7).
[...] Ainsi, le texte biblique demande constamment d'écouter : « Écoute, Israël... (Deut., IV, 1) ; le ton devient plus pressant et tendre avec : « Écoute, ma fille... » (Audi filia mea) (Ps. XLIV, 11). [...] C'est donc toujours vers l'intériorité que l'appel se formule et dirige celui qui l'entend.
P20 L'appel entendu provoque une réponse : « Tu m'appelles, me voici. Je viens. » On pourrait dire aussi : « Je m'appelle moi-même » [...].
[...] « Ils quittèrent tout et le suivirent. » Ce texte évangélique (Cf. Matthieu IV, 20) ne signifie pas forcément un changement de lieu, de profession, mais une option pour « l'unique nécessaire » [...].
P21 [...] Le terme qui soit être employé ici est celui de conversion. L'homme se tourne en lui-même vers lui-même.
P24 Pénétrer au-dedans oblige pour s'y tenir la démarche sur une lame de rasoir, donc un état de vigilance et de continuelle attention.
[...] Converti, retourné, l'homme en se différenciant prend conscience de sa singularité. Par lç même il s'évade des données collectives. Cette différenciation aboutit à une sorte de mise à part qui ne saurait engendrer l'orgueil ; bien au contraire, elle s'insère dans une profonde humilité (à vérifier avec les délires prophétiques). Le sujet va porter désormais dans la souffrance et la joie le secret d'une recherche et d'une rencontre.
P25 Le sujet prend conscience de sa propre vocation l'introduisant dans une voie qui est proprement la sienne et non celle d'un autre. Par là même il pénètre dans le silence. Il prend conscience de son irréductible différence. [...] Par contre, en révélant son secret, un danger serait aussitôt suscité : le contact intérieur apparaîtrait rompu. Ainsi, il convient d'accepter durablement cet incognito. Kierkegaard attache tellement d'importance au secret du rapport permanent avec l'infini, qu'il s'abandonnera à une certaine cirtique de la vie monastique ; en se retirant du monde, les moines lui semblent manifester à l'extérieur ce qu'ils devraient tenir secret : « Le vrai sentiment religieux consiste en l'intériorité cachée » (Kierkegaard, Post-Scriptum, Trad. Paul Petit, Paris, 1941, P.343). Kierkegaard oublie que les communauté monastiques rassemblent des hommes portant chacun leur propre secret au sens du prophète Isaïe, disant : « Mon secret est à) moi » (XXIV, 16). Il est bon qu'au dehors il existe des témoins de la sagesse cachée. Il existe partout des « hommes de brume », pour employer le langage d'Héraclite, qu'il est difficile de reconnaître. [...] Ils se mélangent parfois aux autres hommes et ne s'en distinguent pas sinon par ce mystérieux secret qu'ils gardent discrètement dans leur coeur. [...] Le secret est comparable à l'oeuf couvé dans un nid par la poule. Elle s'en évade pour se nourrir et pour se mélanger à ses congénères, mais elle n'en est jamais distraite, son coeur ne cesse pas d'écouter.
P26 Du fait de sa condition, l'homme est soumis à une loi d'évolution. Cette évolution se présente comme un perpétuel perfectionnement. [...] Sa vocation exige qu'il réponde à sa finalité : il est perfectible et peut atteindre son but : se déifier. [...] Tel est me seul désir que l'homme puisse conserver en lui et constamment nourrir : celui d'oeuvrer pour conquérir sa plénitude.
P27 Un certain matérialisme est difficile à vaincre, on peut facilement croire qu'un changement de lieu ou de métier favoriserait un nouveau type de vie. [...] La distance extérieure n'est qu'un faux alibi, la correction doit se produire au-dedans. C'est dans le face à face en soi-même et uniquement là que les modifications s'accomplissent. Seul un niveau de conscience lucide permet de le constater. (La fuite dans les hashram subit la même critique) [...] Certes le retrait peut devenir profitable, il est un allié, mais son importance n'est pas décisive, il est un adjuvant et rien de plus.
P27 L'appel concerne l'homme à titre personnel, il s'adresse nommément et fait pénétrer dans l'intériorité, [...]. [...] Retenir ce qui nous tient est un dur labeur, car il suffit d'un rien pour que nous laissions tout échapper.
P28 [...] De même « couver » le son de l'appel reçu et qui correspond d'ailleurs à ce qui est ressenti intérieurement peut sembler aisé. Mais la mouvance dans laquelle l'homme habituellement se situe empêche de le conserver. Nous laissons échapper. Nous oublions... C'est pourquoi il convient de revenir sans cesse sinon à l'appel lui-même du moins au choc qu'il a déclenché ; la compréhension est nouvelle et ne se répète jamais de la même manière. [...] Lors de la rencontre nous avons reçu un ébranlement, nous voici « retournés » au sens même du mot conversion. [...] Quand l'homme est pris de vertige devant la révélation qu'il reçoit grâce à l'appel, il éprouve un bonheur à nul autre comparable. [...] Lors de la rencontre, l'âme à sa fine pointe était aveuglée par excès de lumière, quand la communication est rompue, l'homme marche à tâtons par cécité, par surdité aussi car l'oreille du dedans accompagne le regard chassieux dans sa misère. [...] Toutefois il y a un événement qui s'est passé dans la profondeur de l'être. Il y laissera les traces de son passage, tels des pas sur une terre humide. Celles-ci sont comparables à des sortes de brûlures, quelque chose a été consumé sans laisser toujours des cendres. La place est nette et la demeure du dedans a été purifiée. D'autres purifications seront nécessaires, elles viendront en leur temps à condition de vivre suspendu à leur apparition.
P29 Ecrasé, perdu, orphelin, l'homme est souvent incapable d'attiser le feu qui pourtant, en lui-même, n'est jamais éteint. [...] l'attente constitue par elle-même une fidélité, car elle se situe dans l'espérance. Elle deviendra béatifiante quand surviendra la rencontre.
L'homme est à la recherche de son pays natal. [...] Le « pays natal » désigne le fond de l'être ; il est donc constamment présent. [...] Souvent, ce qui est le plus proche exige d'être cherché comme un secret enfoui. Le retour au pays natal signifie une entrée dans la patrie originelle.
P30 L'approche du retour vers le pays natal ne s'accomplit pas sans dommage. Les séismes et les tremblements de terre qu'ils provoquent peuvent sembler momentanément menacer l'équilibre, tout au moins entraîner des troubles psychiques quand l'individu n'est pas prévenu des dangers, d'ailleurs plus apparents que réels, dans la mesure où il sait les affronter. Tant que l'être se débat, il est menacé. Là encore, l'abandon est la seule issue. [...] La « lumière sur le sentier » dont parle le Psaume (CIII, 105) ne se révèle qu'à celui qui consent à marcher au-dedans de lui-même.
P31
« Il n'y a point de yoga pour qui mange trop
Point du tout pour qui ne mange pas,
Ni pour qui est porté à trop dormir,
Ni non plus pour qui veille, ô Arjuna.
Qui est modéré dans la nourriture et la conversation
Qui est modéré dans l'allure et les actes,
Qui est modéré dans le sommeil et l'éveil,
Pour lui l'union existe qui tue les douleurs ». Bhagavad Gîtâ, Ch. VI.
P31 Ne connaissent la dimension de profondeur située dans le coeur que ceux à qui elle se révèle dans son immensité et sa splendeur. Quand elle séduit, l'homme quitte tout pour entreprendre l'itinéraire du dedans. [...] Pérégriner dans la dimension du dedans exige une condition préalable, celle de la découvrir ; à cet instant précis les attachements illicites s'évanouissent.
P32 [...] L'essentiel est d'être suspendu à cette dimension intérieure souvent accablante au départ mais qui deviendra le tremplin d'une extension plus vaste. Car plus un homme se situe au dedans, plus il est incarné. Loin de le séparer des autres, la dimension intérieure découverte unit à tous les hommes dans un sens universel. C'est grâce à cette dimension de profondeur que l'homme devient capable de discerner la Présence divine en lui, de comprendre non pas intellectuellement mais avec tout son être que le Royaume des cieux est aux-dedans (Cf. Luc XVII, 21).
[...] Par la connaissance de ses propres déficiences, il peut ainsi saisir la longueur du chemin [p33]qui lui reste à parcourir. Éclairé du dedans, se connaissant parfaitement, cette connaissance de soi le rend lucide.
« Lorsqu'un homme élevé entend la Voie
Il l'embrasse avec zèle.
Lorsqu'un homme médiocre entend la Voie
Il l'écoute et l'oublie.
Lorsqu'un homme grossier entend la Voie
Il éclate de rire.
La Voie, s'il ne riait pas, ne serait plus la Voie. »
Lao-tseu, La voie et sa vertu, trad. P. Leyris, Paris, 1949, p. 41.
P33 Celui qui opte pour l'intériorité doit avoir pour compagne durant ses premiers pas la solitude. Nul ne saurait l'éviter. On peut se donner le change et se livrer à un jeu de mascarade, chercher des dérivatifs. Ce sont là des détours : on chemine seul en raison de sa singularité ; l'isolement prend sa signification par rapport à la multitude.
P34 Certains individus, obsédés par l'Absolu, ont pris une conscience douloureuse d'un pseudo-christianisme au sens d'une civilisation dite chrétienne. Une véritable religion doit comporter un engagement total modifiant à la fois l'homme extérieur et l'homme intérieur.
P35 Échappent à ce danger « les nobles voyageurs ». L'expression « nobles voyageurs » appartient à Milosz. Il l'utilise dans Les arcanes, quand il écrit : « Le Rien est le mot de reconnaissance des Nobles Voyageurs. C'est l'entrée et la sortie du labyrinthe. » Citant ce texte, Paul Bazan écrit : « Les Nobles Voyageurs c'est le nom ésotérique que se donnent les Initiés. Voyages immobiles dans l'intériorité d'une méditation, d'un approfondissement, jusqu'à mi-hauteur d'une cinquième dimension, mesure d'un autre monde, tout proche, tout autre et incommunicable. » Paul Bazan, O. V. De L. Milosz « Noble Voyageur », dans Les Cahiers de l'Herméneutique, 1, Paris, 1973, p. 19.
Milosz se réfère certainement au texte de Luc : « Un homme noble partit pour un pays lointain afin d'y obtenir un royaume et il revint ensuite » (XIX, 12).
P36 L'homme noble est appelé ainsi car il est devenu un « et reconnaît Dieu et la créature dans l'Un » (Maître Eckhart, Les Traités, Trad. De Jeanne Ancelet-Hustache, Paris, 1971, P. 144).
P37 Les Nobles Voyageurs sont des hommes comme les autres, [...]. Il est vide de son passé, vide de désir. Les faits enregistrés dans sa mémoire ne sauraient l'encombrer, il ne les retient pas. L'obéissance du Noble Voyageur est totale, elle concerne la reconnaissance des lois secrètes régissant la démarche intérieure. [...] Le Noble Voyageur se tient constamment dans un état de disponibilité. Il ignore où il va et quel est son devenir.
P38 Par manque de connaissance d'eux-mêmes peu d'hommes sont capables de s'engager pour toute leur existence.
P40 Les vrais moines, [...] savent qu'en raison de leur option, c'est à eux que s'adresse la parole du Christ : « Vous n'êtes point de ce monde » (Jean XV, 19).
P45 Eveillé, le coeur de l'homme intérieur devient capable d'aimer. Nouveau, il répand un amour neuf qui ne rencontre aucune limite, ne se heurte à aucune frontière. L'amour solaire se donne sans distinction, il répond à la capacité de chacun. [...] « Connaitre l'homme, c'est connaitre l'univers », dit l'adage hermétique, par la connaissance de soi l'homme intérieur parvient à la connaissance de l'univers et grâce à son intériorisation unifiante sa vue dépasse la connaissance confuse provenant de l'extériorité.
P46 Certes l'amour est au service de la justice, il ne saurait accepter le moindre compromis.
P47 L'Évangile conseille l'amour des ennemis et des persécuteurs (Mat. V, 44 ; Lc. VI, 27, 35). Or il n'existe plus d'ennemi pour celui qui se situe au-delà de la dualité, il n'est plus pour lui de persécuteurs. [...] Tant qu'il différencie et catalogue, il n'a pas subi la métamorphose qui le fait passer au-delà de toute dualité ; l'engouement de l'amour ne s'est pas effectué en lui.
P48 L'amour de l'homme libéré libère. En sa présence les noeuds se dénouent, les chaînes tombent. Il se produit un recouvrement de l'innocence et celle-ci est éprouvée même par les animaux (Daniel). [...] Le sage n'enchaîne pas, il apporte la liberté.
P49 La somnolence de son intelligence et sa perpétuelle inattention le placent en marge de ses obligations quotidiennes. Le sujet attribue aux autres et aux événements extérieurs le malaise extrême das lequel il se trouve. Il est le responsable mais il ignore le plus souvent sa propre carence ; c'est pourquoi il rejette sur autrui les causes de ses mésaventures et de ses échecs.
P51 Pour al-Kindi, combattre la tristesse exige de cultiver en soi un état de mécontentement ; celui-ci permet de prendre de la distance à l'égard des événements susceptibles de provoquer des sentiments anxieux. [...] ce que nous avons, qui nous est laissé, pourrait néanmoins nous être repris. Moins on possède moins on rencontre d'occasions de tristesse, car la crainte de la perte est dans ce cas privée d'objet.
P52 Au lieu de vivre dans l'instant présent, l'homme abandonné à la tristesse se projette dans un lendemain imaginaire qui le saisit d'effroi. Ressentir une perpétuelle inquiétude, qu'on ne cesse d'alimenter, détruit l'âme.
L'homme atteint par ce mal se déplaît dans son intériorité ; pour y échapper, il cherche de constantes compensations dans le sommeil, la nourriture, l'oisiveté, les bavardages – moins à l'extérieur qu'avec lui-même. Il discourt au-dedans, devient ainsi son perpétuel et inlassable interlocuteur.
P53 Tel un cancer qui se généralise, le sujet atteint par ce mal, ne trouve pas en lui un espace si minime soit-il qui n'aurait pas été envahi ; rien n'est sain. Il se sent entièrement entamé, tel un fleuve totalement pollué. L'amélioration survient quand il prend la décision de sortir de son état. Les remèdes sont la prière, la concentration, l'humilité, le travail manuel ou intellectuel, la fixation de l'attention ; l'ascèse extérieure et intériorisée. L'évasion par la distraction est souvent une faiblesse.
[...] L'homme intérieur a la faculté de pouvoir constamment devenir neuf au sens où les péchés rouges comme le pourpre deviennent blancs comme la neige (Cf. Isaïe I, 18).
P54 Midi désigne le passage entre deux dimensions de la journée correspondant à la montée et à la descente du soleil.
P96 Plus l'homme est amoureux de la lumière, plus il découvre en lui-même sa propre obscurité. Il plonge dans ses ténèbres son regard lucide.