Avec des transports de plus en plus défectueux, les approvisionnements deviennent insuffisants et la main d'œuvre est rare et coûteuse. Le Conseil général de l’Aveyron invite les établissements scolaires à fermer la 2e quinzaine de juin pour que les maîtres et les élèves puissent participer aux travaux des champs. Les élèves du Lycée de Rodez sont d'ailleurs affectés à partir du 17 avril 1917 à la culture de la pomme de terre, des pois, des choux, etc, à la ferme Camonil. Ils travaillent pour l'Ecole des mutilés.
Les écoliers ruthénois plantent pommes de terres dans les jardins publics avec l'aide de la municipalité. Pour ce faire, 20 tonnes de pommes de terre de semence sont envoyées par le ministère en provenance de la Mayenne.
Avec la diminution de certaines denrées, le maire de Rodez invite les bouchers, les maraîchers, les vendeurs d'oeufs à maintenir leurs prix en rapport avec les cours. Peu à peu, les prix de vente sont fixés. De nombreux articles, "La vie chère", fleurissent dans la presse locale. Malgré ces mesures, la hausse des prix des denrées de première nécessité et des produits de la ferme s'accentue tous les jours. A ceci s'ajoute, en 1916, une certaine raréfaction du sucre et du charbon.
Les prix connaissent une hausse très importante, par exemple, avant 1914, le prix du litre de lait de brebis variait de 0,30F à 0,36F pour atteindre en 1918, 1,20F et en 1919 1,74F ; un douzaine d'œufs coûte 1,30F en 1912 et 3,55F en 1918.
Des restrictions sont mises en place pour l'éclairage public, les becs de gaz sont éteints la nuit. La carte d'alimentation est créée au niveau national en avril 1918 et fait suite à la carte de sucre et celle de charbon.
A Villefranche-de-Rouergue, de mai à septembre 1918, 8400 cartes d'alimentation sont établies.