Suite au départ des hommes, les femmes deviennent les responsables du foyer, de la ferme, voire de l'entreprise. Le mois d'août est une période intensive de travaux agricoles : moissons, vendanges, etc.
Lors du décès des soldats, les bureaux de bienfaisance locaux, viennent en aide à certaines familles en attribuant une allocation.
Après le conflit, 600000 veuves ont eu ce statut au niveau national, dont plus de 6000 Aveyronnaises. Mais le décalage est grand entre la modicité de son montant et le coût de la vie, ainsi que la lenteur de son attribution et le besoin urgent de cet argent.
L'absent
Dans les demeures isolées
Vit le souvenir de l'absent.
On le voit, on lui parle, on sent,
Au bruit des heures désolées,
Dans sa tristesse inconsolée,
Qu'il est bien là, toujours présent...
Dans les demeures isolées,
Vit le souvenir de l'absent.
Gabriel Ducos
Les épouses de combattants ou de prisonniers de guerre sont souvent sans ressources et isolées. Le salaire du foyer était le plus souvent fourni par la seule activité du mari et elles ont à leur charge un ou plusieurs enfants, généralement en bas âge.
Dès le début des hostilités, l'Etat fournit une allocation journalière aux femmes restées seules au foyer, soit au début du conflit 1,25F par jour plus 50 centimes par enfant. La situation de ces familles est bien souvent difficile quand on sait qu'une boîte de chocolat en poudre coûte 2,45F.
C'est pourquoi certaines prennent le chemin de l'usine, et souvent des usines d'armement pour devenir les célèbres "munitionnettes" car les salaires sont les plus attractifs.
Aidées des hommes plus âgés ainsi que de leurs enfants, elles assurent le maintien de l'activité qui fait vivre le foyer. D'autres deviennent infirmière ou s'engagent dans la gestion des hôpitaux temporaires. Elles mettent en place des séances récréatives pour distraire les pensionnaires mais surtout pour récolter de l'argent pour le fonctionnement de ces structures. Ainsi plusieurs spectacles sont présentés au théâtre mais aussi en extérieur au kiosque du Jardin public.
Les infirmières oeuvrent sur le front occidental comme le front d'Orient. Ainsi, Mlle Baduel d'Oustrac (1875-1946), native de Laguiole, est infirmière-major à bord du Charles-Roux, hôpital chirurgical flottant de l'armée française d'Orient en février 1915. Elle était membre du comité de Rodez, au titre de présidente d'honneur à partir de 1913. Pour son action, elle a été décorée de la Croix de guerre et de la Légion d'Honneur.
L'exposition Toulonjacoise sur la Guerre de 14-18 a reçu la visite de M. Maurice Mangé, vénérable monsieur de 83 ans.
Il est le fils d'un père blessé à Verdun en 1916, et d'une mère infirmière, originaire de Villefranche. Elle soignait avec dévouement les nombreux blessés dans les tranchées. Une idylle est née entre le soldat et l'infirmière. Après guerre, le soldat a cherché dans toute la France dévastée l'infirmière, qui s'appelle Marie Lemoine. Et ils se sont mariés. La fin de l'histoire est plus belle que le début et elle est porteuse d'espoir...
Ci-dessous, Marie Lemoine et ses décorations gagnées à Verdun.
Durant la guerre, la cantatrice Emma Calvé, donne plus de 30 concerts aux Etats-Unis en 1915 et 1916 au profit de la Croix-Rouge. Rappelons qu'Emma Calvé était une cantatrice mondialement célèbre, née à Decazeville.Des poupées, confectionnées et habillées avec ses châles de théâtre sont mises en loterie. Plus tard, elle est vice-présidente de l'oeuvre des aveugles de guerre de Villefranche-de-Rouergue.