Le bassin houiller de Decazeville est fortement impliqué dans l'effort de guerre car toutes les entreprises orientent leurs productions vers le domaine de l'armement ou de produits destinés aux armées. Les Aciéries et Usines métallurgiques construisent ainsi des obus de divers calibres, mais aussi des baïonnettes, des rails, des cuisines roulantes, des grenades, dont une à fusil dénommée "Vlven-Bessière" ou "V-B". Cette grenade a été élaborée par l'ingénieur Arts et Métiers, Gustave Bessière natif de Marcillac, et Jean Vlven, industriel de Vlllefranche-de-Rouergue. Deux fonderies d'obus de 220mm et 280mm sont d'ailleurs ajoutées au cours de l'année 1915.
Les hommes mobilisés, les entrepreneurs recherchent des ouvriers de diverses origines et engagent aussi nombre de femmes et d'enfants, ainsi que des ouvriers étrangers, et des prisonniers de guerre. Plus d'une dizaine de nationalités différentes vivent en Aveyron durant la guerre : Espagnols, Italiens, Polonais, Grecs, Autrichiens, Allemands, Serbes, des Tunisiens, etc.
Ainsi à Capdenac-gare, les Chemins de fer du Midi emploient pour l'entretien des locomotives des ouvriers chinois.
La verrerie de Boisse-Penchot fournit du verre à vitre destiné aux appareils photographiques de l'armée, soit des opérateurs, des clichés aériens d'observations ou encore des services de santé. Les filatures fournissent des draps de laine pour l'armée, Les tanneries millavoises fabriquent en plus des gants, des chaussures, des bottes, des ceintures ou des courroies et autres objets de gainerie.
Si ces grandes usines sont prévues dans le plan de mobilisation, Il est nécessaire de faire appel aux entreprises privées pour fournir l'intendance. Certaines fournissent indirectement aussi les structures militaires ou les associations caritatives œuvrant pour soutenir les soldats sur le front comme en captivité. C'est notamment le cas de la conserverie Raynal & Roquelaure qui vend ses conserves aux comités d'entraide pour les blessés ou mobilisés et aux coopératives militaires du front.
Dans les usines decazevilloises, certains ouvriers sont affectés spéciaux, c'est-à-dire mobilisés dans l'entreprise car ils ont un savoir-faire indispensable pour faire fonctionner les ateliers correctement. Tous les ouvriers sont nécessaires pour fabriquer 400 obus de 220 par jour et en usiner 120.
Si les femmes travaillaient déjà dans certaines manufactures comme les conserveries ou les filatures, elles sont aussi employées en masse et deviennent ce que l'on appelle des "munitionnettes".
Certaines entreprises pour inciter le consommateur à acheter leurs produits, donnent des noms à consonance patriotique à des séries de conserves ou de boîtes de gâteaux. Nombre de ces publicités avec un poilu ornent les dernières pages des journaux nationaux comme régionaux.